Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven


1er novembre
 
La Fête de
TOUS LES SAINTS
(Solennité de la Toussaint)




"Sois comme une présence consciente de Jésus
au milieu de tant de détresses.
Même si tu te sens peu de chose,
le Seigneur te veut saint.
 Il a besoin de ta faiblesse pour approcher les gens
et montrer la puissance de son amour."
(Extrait d'une lettre du roi Baudouin à un ami)


 Introduction 


Historique:

La vénération des saintes et des saints tient une grande place dans les liturgies actuelles.

Leur culte s'est développé dans tous les rites à partir de la fin du IVème siècle et du début du Vème, période à laquelle on a commencé à en faire mémoire dans la Prière Eucharistique.
Il s'agissait d'abord des martyrs de l'Eglise locale, puis d'autres particulièrement célèbres.
Après l'époque des persécutions, des non-martyrs et des ascètes leur ont été associés.

Une fête de tous les saints est attestée dans certaines Eglises d'Orient (Ephèse et Antioche en particulier) - d'où elle passa ensuite à Rome.

Célébrée primitivement le premier dimanche après la Pentecôte, elle fut transférée au 1er novembre lorsque Grégoire le Grand (pape de 590 à 604) fixa  les Quatre-Temps de printemps au cours de cette semaine-là.

Le 13 mai 610, Boniface IV (pape de 608 à 615) transforma en église dédiée à "Marie et tous les saints" le Panthéon de Rome.

Enfin Grégoire IV (pape de 827 à 844) fit prendre par l'empereur d'Occident Louis le Pieux (ou le Débonnaire, fils de Charlemagne, né en 778, empereur en 814, 840) un décret qui fixait définitivement la fête de Tous les saints à la date du 1er novembre.
Célébration locale à Rome, elle devint rapidement solennité commune à toute l'Europe latine.

Présentation liturgique:

Il s'est agi, d'abord, de réunir dans une même célébration l'ensemble des saints dont aucun Catalogue (le "Martyrologe" - au sens étymologique de "parole sur les témoins": rappelons-nous en effet que le mot "martyr", du grec μαρτυρος désigne tout "témoin", tout "confesseur" de sa Foi) ne parvenait à établir la liste complète. 

Photo: Christian de Chergé, prieur du monastère trappiste de Tibhirine (Algérie), assassiné avec sept de ses frères le 21 mai 1996.

On englobait ainsi les saints locaux, mais aussi les saints inconnus, anonymes, dont la multitude, dit l'Apocalypse de saint Jean (Première Lecture: Ap 7,2-4;9-14) est innombrable, "de toutes nations, races, peuples et langues". Leur cohorte s'accroît sans cesse en ce temps où, invisiblement, se construit le Royaume.
Seul les distingue "l'ange qui monte  du côté où le soleil se lève" pour marquer du sceau le front des serviteurs de Dieu.
Il faudra attendre le jour de la manifestation du Fils de Dieu pour qu'on reconnaisse ceux qui étaient, déjà sur terre, les enfants de Dieu.

Une chose est sûre: on y trouvera tous ceux que Jésus a déclarés "Heureux" (Evangile: Mt 5,1-12a), non en raison de leurs pénibles conditions d'existence sur terre - mais parce que Dieu est avec eux!

Les pauvres de cœur, les doux, les affligés, les affamés et assoiffés de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix, les persécutés pour la justice connaissent un sort semblable à celui de Jésus.

Mais lui seul a pleinement vécu l'idéal des Béatitudes...

Portée théologique:

« L'appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur été ou leur rang », rappelle le concile de Vatican II (Lumen gentium n°40).
La fête de la Toussaint en est l’éclatante illustration. Elle nous montre que la sainteté a mille visages, avec ou sans auréole !
La plupart des saints sont humbles et discrets – et en ce jour nous remercions Dieu pour les saints de nos familles, de nos paroisses, de nos milieux professionnels…

Nous croyons trop souvent que la sainteté est héroïque, qu’elle exige de grands efforts, des renoncements, et cela peut nous effrayer. Or la sainteté n’est pas un sacrifice, c’est une offrande  de nous-mêmes à celui qui nous a aimés le premier. Loin d’être surhumaine, la sainteté est profondément humaine et humanisante. Elle est « logique, car elle nous fait suivre notre pente naturelle d’enfants de Dieu : ressembler à nos Pères. N’avons-nous pas d’ailleurs le meilleur des guides en la personne du Fils bien-aimé ?

Toussaint, dans la lumière pascale. 
Saint Paul n’hésitait pas à appeler ses frères dans la foi des « saints ». Dans ses épîtres, il s’adresse « à tous les saints en Jésus Christ qui sont à Philippes » (Ph 1,1), « aux saints par vocation » (Rm 1,7) qui sont à Rome. Les premiers chrétiens étaient-ils plus saints que nous ? Non, sans aucun doute, puisque Paul ne manquait pas d’arguments pour les ramener sur les voies d’une vie authentiquement chrétienne.  Alors comment osait-il les appeler « saints » ?
Le baptême est une plongée dans la mort et la résurrection du Christ et, finalement, une plongée dans sa propre sainteté : le chrétien n’est donc « saint » que parce qu’il est plongé dans la sainteté du Christ – et devenir saint à l’image du seul Saint est sa vocation ; n’oublions pas que le mot « vocation » vient du latin vocare = appeler : le chrétien est appelé à être saint. 

Saints par grâce.
La sainteté est donc un appel lié au baptême. C’est un resplendissement de la grâce pascale, l’aboutissement du salut en chacun de nous. Aucun homme ne l’acquiert par effort, mais bien par la grâce que le Christ dispense dans la puissance de sa résurrection ; et cette grâce est toujours à l’œuvre dans chaque croyant, elle le sera jusqu’au « Jour du Seigneur », quand il sera « tout en tous », Saint parmi les saints.  
La sainteté n’est pas une œuvre humaine, elle est une qualité divine dans laquelle l’Esprit Saint nous introduit. Elle vient à nous dans le jaillissement du mystère pascal ; elle est l’expression, dans l’ordinaire des jours, de la vie nouvelle en Dieu. Elle est le cœur de notre vie chrétienne. C’est pourquoi l’Eglise honore tous ceux qui ont pris au sérieux l’appel de leur baptême.

Une fête  de la sainteté.
La fête de la Toussaint nous fait donc contempler l'Eglise sous l'angle heureux de sa réalisation dans la gloire. « Vêtus de robes blanches, ils suivent l'Agneau et partagent sa joie ». La fête de la Toussaint nous donne de contempler 

 Les Textes   

• Première Lecture :Ap 7,2-4;9-14.


L'Apocalypse, détail de "Saint Jean à Patmos"
(volet de droite d'un triptyque de Hans Memling - Hôpital Saint-Jean - Bruges).
Dans la partie gauche, "le ciel", on remarque le Christ-Agneau, avec d'abord autour de lui "les quatre vivants" : à gauche, le lion (identifié ensuite à Marc), puis le bœuf (Luc), l'homme (Matthieu), l'aigle (Jean); ensuite, en un second cercle, les "Anciens", au nombre de douze. Devant le Christ, un ange ou sans doute saint Jean lui-même, déjà glorifié, semble nous le montrer.
Dans la partie gauche, "la terre" , on remarque en particulier, dans le ciel, la "Femme" dans sa mandorle, et le dragon qui tente de s'attaquer à elle; et saint Jean - plus grand que les autres personnages - puisqu'il ne fait pas partie de la "vision" - exactement parallèle par sa gestuelle à l'"ange" de la partie gauche: lui aussi nous "montre" ce qu'il voit. Des morts sont sortis de leur tombeau . On distingue également les "cavaliers".

La première vision dévoile la face cachée de l'étape terrestre de l'avènement du salut.
La seconde, l'accomplissement céleste du dessein de Dieu.
Le temps présent est une période de rémission: le jugement est remis à plus tard.
144000 = 12x12x1000 est un nombre de plénitude: aucun ne sera laissé pour compte de ceux qui appartiennent à Dieu. La vision de la grande liturgie du ciel révèle que les élus seront une multitude incalculable, et qu'ils viendront de partout.
Si les deux scènes contemplées par saint Jean se déroulent sur deux plans, céleste et terrestre, comme dans l'illustration, on passe sans cesse de l'un à l'autre: ce qui advient ici-bas a son retentissement dans le ciel.

De saint Jérôme, Lettre LIII, sur l'Apocalypse:
L'Apocalypse présente un livre scellé de sept sceaux (Ap 5,1)*. Présente-le à un homme lettré, il te répondra: "Je ne peux pas le lire, il est scellé."** Combien nombreux sont ceux qui imaginent être lettrés: ils tiennent en mains un livre scellé, qu'ils ne peuvent pas ouvrir, à moins que n'ouvre les sceaux celui qui détient "la clef de David: elle ouvre et nul ne ferme, elle ferme et nul n'ouvre." (Ap 3,7)***

* Καὶ εἶδον ἐπὶ τὴν δεξιὰν τοῦ καθημένου ἐπὶ τοῦ θρόνου βιβλίον γεγραμμένον ἔσωθεν καὶ ὄπισθεν, κατεσφραγισμένον σφραγῖσιν ἑπτά.
Καὶ Puis - εἶδον je vis - ἐπὶ τὴν δεξιὰν dans la main droite - τοῦ καθημένου de celui qui était assis - ἐπὶ τοῦ θρόνου sur le trône - βιβλίον un livre - γεγραμμένον écrit - ἔσωθεν en dedans - καὶ ὄπισθεν et en dehors - κατεσφραγισμένον scellé - σφραγῖσιν ἑπτά de sept sceaux.
Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux.
** Jusqu'au IVème siècle, les ouvrages étaient écrits sur des rouleaux de papyrus. Terminés, ils étaient enroulés comme un parchemin, puis scellés. Pour les lire, il fallait donc les "desceller".
*** τάδε λέγει ὁ ἅγιος, ὁ ἀληθινός, ὁ ἔχων τὴν κλεῖν Δαυΐδ, ὁ ἀνοίγων καὶ οὐδεὶς κλείσει, καὶ κλείων καὶ οὐδεὶς ἀνοίξει
τάδε λέγει Voici ce que dit - ὁ ἅγιος le Saint - ὁ ἀληθινόςle Véritable - ὁ ἔχων celui qui a - τὴν κλεῖν Δαυΐδ la clef de David - ὁ ἀνοίγων celui qui ouvre - καὶ οὐδεὶς et personne - κλείσει ne fermera - καὶ κλείων celui qui ferme - καὶ οὐδεὶς et personne - ἀνοίξει n'ouvrira
Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira.


• Psaume :Ps 24 (hébraïque), 23 (LXX, Vulgate et liturgique), 1-6.

Voici le peuple immense de ceux qui ont trouvé Dieu.

Traduction :
Verset 1.
לדוד מזמור ליהוה הארץ ומלואה תבל וישבי בה׃
לדוד De David - מזמור mélodie - ליהוה à YHWH -  הארץ la terre - ומלואה et son plein - תבל monde - וישבי et habitants - בה en lui
Psaume. De David. A YHWH la terre et sa plénitude, le monde et tout son peuplement;
Verset 2.
כי־הוא על־ימים יסדה ועל־נהרות יכוננה׃
כי־ car - הוא lui - על־ sur - ימים mers - יסדה il l'a fondée -  ועל־ et sur - נהרות fleuves - יכוננה il l'affermit
c'est lui qui l'a fondée sur les mers, et sur les fleuves l'a fixée.
Verset 3.
מי־יעלה בהר־יהוה ומי־יקום במקום קדשו׃
מי־ qui - יעלה montera - בהר־ dans la montagne de - יהוה YHWH - ומי־ et qui - יקום se lèvera - במקום dans le lieu - קדשו de sa sainteté
Qui montera sur la montagne de YHWH? Et qui se tiendra dans son lieu saint?
Verset 4.
נקי כפים ובר־לבב אשר ׀ לא־נשא לשוא נפשי ולא נשבע למרמה׃
נקי innocent - כפים de paumes - ובר־ et pur de - לבבcœur - אשר qui - לא־ ne pas - נשא a porté - לשוא en vain - נפשי mon âme - ולא et ne pas - נשבע il a juré - למרמה pour ruse
L'homme aux mains nettes, au cœur pur, son âme ne se porte pas vers des riens, il ne jure pas pour tromper.
Verset 5.
ישא ברכה מאת יהוה וצדקה מאלהי ישעו׃
ישא il portera - ברכה bénédiction - מאת d'avec - יהוה YHWH - וצדקה et justice - מאלהי du Dieu de - ישעו son salut
Il emportera la bénédiction de YHWH et la justice du Dieu de son salut.
Verset 6.
זה דור [דרשו כ] (דרשיו ק) מבקשי פניך יעקב סלה׃
זה ceci - דור la génération - דרשו (kétivדרשיו de ses cherchants - מבקשי les demandants - פניך de ta face - יעקב Jacob - (סלה sélah-pause)
C'est la race de ceux qui Le cherchent, qui recherchent ta face, Dieu de Jacob.

Remarques :
Verset 2.
Sur ce thème, voir, par exemple, "Les récits de création en Mésopotamie", le texte 27.
Verset 3.
Voir la page sur "La montagne qui touche le ciel".
Verset 5.
Sur la צדקה-Tsedaka, la justice, voir en cliquant ici et ici.
Verset 6.
Kétiv et qéré: voir ici.


• Deuxième Lecture :  1Jn 3,1-3.

Seule la foi permet de reconnaître le Fils de Dieu dans l'homme Jésus, et la condition d'enfants de Dieu dans celle des disciples.
Le retour du Christ rendra manifeste son identité profonde et, du même coup, ce que sont "dès maintenant" les chrétiens.
Cette certitude et cette espérance donnent aux disciples la force d'agir avec assurance, et de marcher vers "ce qui ne paraît pas encore clairement", en dépit de l'hostilité et des contradictions du monde.



• Evangile :Mt 5,1-12a

"Heureux!":
Ils sont du bon côté, ils sont bien placés!
Ils doivent donc se réjouir par avance, tous ceux qui ont l'assurance d'avoir une "grande récompense dans les cieux", ceux qui "ont lavé et purifié leurs vêtements dans le sang de l'Agneau" (cf. Ap 7,14).
Voilà ce que proclament les Béatitudes - qui ne font en aucune façon l'apologie de la pauvreté imposée, des persécutions subies, du mépris ou de la calomnie dont on est l'objet à cause du Christ...


Méditation - 1
(Voir aussi la page : "Saint(e)s"?...)

     En ce dimanche où nous fêtons tous les saints, Dieu nous invite à contempler tous ceux et celles qui ont répondu à son amour en donnant l’entièreté de leur cœur et de leur vie. Contemplation non pas des saints pour eux-mêmes mais contemplation de l’amour vivifiant de Dieu dont a rayonné toute leur existence. Bien souvent, dans notre pensée, leur état bienheureux au ciel nous laisse supposer que leur vie fut sans histoire ou même parfois angélique sur terre. Au contraire ! En relisant leur histoire nous voyons que rien ne leur fut épargné mais leur confiance en Dieu leur a permis de dépasser humblement les obstacles. 

     Qu’est-donc qu’un saint ?

     Notre époque nous ramène systématiquement à une vision de l’homme uniquement centrée sur lui-même :
Nous devons être beau, intelligent, cultivé, capable de tout, excellent en tout domaine, forcené du travail, efficace en tout engagement. Et si nous n’avons pas la gloire, la richesse et la santé, nous faisons partie de cette humanité peu intéressante qui n’est destinée qu’à subir l’action de plus forts et dont la vie ne suscitera aucune évocation dans le livre des destins humains illustres. Oui, tout semble n’exister que pour exalter l’homme et amener l’humanité à se dépasser continuellement pour offrir comme seul devenir la nécessité d’être des surhommes adulés. Malheur à qui ne correspond pas à ces critères !

     Heureux les pauvres de cœur, heureux les doux, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les pacifiques, les persécutés, les insultés à cause de moi, le Royaume des cieux sera leur récompense !

     Telles sont les paroles que nous adresse Jésus pour signifier le devenir de l’homme et indiquer celui qui pourra espérer être revêtu de la sainteté de Dieu.

     Contradiction flagrante avec l’esprit du monde : Jésus ne retient pas la force et la perfection en l’homme comme signe de salut, mais il désigne toutes les valeurs qui expriment la faiblesse de l’homme comme lieu de passage pour découvrir Dieu et accéder à sa sainteté : le Royaume sera à eux, ils seront consolés , ils obtiendront miséricorde, ils verront Dieu.

     Qu’est-ce donc qu’un saint ?

     Non l’homme parfait par lui-même mais celui qui devient parfait en Dieu grâce au Christ, celui dont l’amour laisse l’amour de Dieu devenir sa seule source de Vie.

     Merci Seigneur, d’inscrire ton amour dans le cœur de tant d’hommes et de femmes connus, reconnus par l’Église et aussi inconnus, sauf dans ton cœur. Ils nous montrent que, quoi que nous ayons fait, ta sainteté peut nous rejoindre et nous rendre saints.

     N’oublions pas de laisser Dieu devenir saint en nous.

     Pour conclure j’aimerais vous lire une traduction des béatitudesdu Père Stan Rougier des Foyers de Charité de Marthe Robin, et qui expriment l’élan que Dieu attend de nous:

1) Il est vraiment vivant, celui qui s’en remet à Dieu ; il est capable d’aimer.
2) Il s’accomplit, celui qui accepte ses limites ; il est entré au royaume de l’amour.
3) Il est vraiment vivant, celui qui a mal aux autres ; Dieu essuiera ses larmes
4) Il s’accomplit, celui que le souci de l’homme et de la gloire de Dieu ne laissent jamais tranquille ; il sera ébloui.
5) Il est vraiment vivant, celui qui déborde de tendresse ; la tendresse de Dieu débordera sur lui.
6) Il s’accomplit celui qui regarde les êtres tels qu’ils sont ; il verra Dieu tel qu’il est.
7) Il est vraiment vivant celui qui s’acharne à réconcilier les frères ennemis ; il sera né de Dieu.
(d'après le Père About, Radio-Vatican)


Méditation - 2

Réflexion
1.Y a-t-il visage plus doux que celui de Mère Teresa de Calcutta, celui de Jean-Paul II, des religieuses cloîtrées, ou des malades qui offrent au Seigneur leurs souffrances ?
Celui qui a déjà croisé le regard d’une de ses personnes n’a jamais vu de visage plus serein, plus heureux. Celui qui connaît une personne qui vit les béatitudes en renonçant au monde et à ses plaisirs comprend pourquoi Jésus-Christ nous propose cet étrange chemin de bonheur.
Les béatitudes sont une des folies les plus illustres et les plus insolites de l’histoire de l’humanité. Mais c’est une folie de Dieu : une folie qui apporte la joie dans cette vie et dans l’autre. Saint Paul nous dit : la folie de Dieu est plus sage que les hommes. ( 1 Corinthiens 1:25)
2.Bienheureux sommes-nous tous quand nous arrivons à vivre l’Evangile : quand, par pauvreté d’esprit, nous donnons l’aumône aux nécessiteux ; quand nous préférons être honnête plutôt que de gagner un sou de plus en fraudant ; quand nous préférons dire du bien du prochain plutôt que de le critiquer ; quand nous savons chasser de notre cœur tout rancœur, toute amertume et toute soif de vengeance ; quand nous regardons les autres avec des yeux innocents, sans préjugés et avec confiance.
3. Les béatitudes nous montrent que Jésus n’est pas venu pour nous juger mais pour nous montrer le chemin qui mène à Dieu. Ne limitons pas notre vie chrétienne à l’accomplissement de quelques règles strictes afin d’éviter le châtiment éternel. Jésus est venu pour nous apporter l’amour, pour que dès aujourd’hui nous commencions à en jouir et à le partager avec d’autres. Le chrétien qui vit ainsi découvre qu’il a dans son cœur le secret du bonheur, que le monde ignore.

Prière
Jésus, donne-moi de vivre selon tes béatitudes et de posséder ainsi la vraie joie.

Résolution
Revoir les béatitudes et essayer de vivre aujourd’hui l’une d’entre elles.
(d'après catholique.org)

Pour prolonger la méditation  

- Du Premier Testament :
- Ps 1,1: « Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s'arrête pas sur la voie des pécheurs, Et qui ne s'assied pas en compagnie des moqueurs. »
- Ps 31,2: « Heureux l'homme à qui l'Éternel n'impute pas d'iniquité, Et dans l'esprit duquel il n'y a point de fraude!. »
- Ps 33,9: « Sentez et voyez combien l'Éternel est bon! Heureux l'homme qui cherche en lui son refuge! . »
- Ps 39,5: « Heureux l'homme qui place en l'Éternel sa confiance, Et qui ne se tourne pas vers les hautains et les menteurs! . »
- Ps 40,2: « Heureux celui qui s'intéresse au pauvre! Au jour du malheur l'Éternel le délivre. »
- Ps 64,5: « Heureux celui que tu choisis et que tu admets en ta présence, Pour qu'il habite dans tes parvis! Nous nous rassasierons du bonheur de ta maison, De la sainteté de ton temple. »
- Ps 83,6: « Heureux ceux qui placent en toi leur appui! Ils trouvent dans leur coeur des chemins tout tracés.»
- Ps 88,16: « Heureux le peuple qui connaît le son de la trompette; Il marche à la clarté de ta face, ô Éternel! »
- Ps 93,12: « Heureux l'homme que tu châties, ô Éternel! Et que tu instruis par ta loi. »
- Ps 111,1: « Heureux l'homme qui craint l'Éternel, Qui trouve un grand plaisir à ses commandements. »
- Ps 143,15: « Heureux le peuple dont l'Éternel est le Dieu! »
- Ps 145,5: « Heureux celui qui a pour secours le Dieu de Jacob, Qui met son espoir en l'Éternel, son Dieu! »

- Du Nouveau Testament :
- Rm 8,11: « Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait; rien ne vous serait impossible. »
- Ga 5,25 : « Vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus Christ. »

D'un théologien ancien : 

Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381), chanoine régulier, Les Sept Degrés de l'Amour

Avec tous les saints
      Dans la vie éternelle, nous contemplerons avec les yeux de l'intelligence la gloire de Dieu, de tous les anges et de tous les saints, ainsi que la récompense et la gloire de chacun en particulier, en toutes manières que nous voudrons. Au dernier jour, au jugement de Dieu, lorsque nous ressusciterons avec nos corps glorieux par la puissance de notre Seigneur, ces corps seront resplendissants comme la neige, plus brillants que le soleil, transparents comme le cristal... Le Christ, notre chantre et maître de chœur, chantera de sa voix triomphante et douce un cantique éternel, louange et honneur à son Père céleste. Tous nous chanterons ce même cantique d'un esprit joyeux et d'une voix claire, éternellement et sans fin. La gloire de notre âme et son bonheur rejailliront sur nos sens et traverseront nos membres ; nous nous contemplerons mutuellement de nos yeux glorifiés ; nous entendrons, nous dirons, nous chanterons la louange de notre Seigneur avec des voix qui ne défailliront jamais.
      Le Christ nous servira ; il nous montrera sa face lumineuse et son corps de gloire portant les marques de la fidélité et de l'amour. Nous regarderons aussi tous les corps glorieux avec toutes les marques de l'amour avec lequel ils ont servi Dieu depuis le commencement du monde... Nos cœurs vivants s'embraseront d'un amour ardent pour Dieu et pour tous les saints...
      Le Christ, dans sa nature humaine, mènera le chœur de droite, car cette nature est ce que Dieu a fait de plus noble et de plus sublime. A ce chœur appartiennent tous ceux en qui il vit et qui vivent en lui. L'autre chœur est celui des anges ; bien qu'ils soient plus élevés de nature, nous les hommes nous avons davantage reçu en Jésus Christ avec qui nous sommes un. Lui-même sera le pontife suprême au milieu du chœur des anges et des hommes, devant le trône de la souveraine majesté de Dieu. Et il offrira et il renouvellera devant son Père céleste, le Dieu tout-puissant, toutes les offrandes qui furent jamais présentées par les anges et par les hommes ; sans cesse, elles se renouvelleront et continueront à jamais dans la gloire de Dieu.

- De théologiens modernes :

- A.M. Besnard, Homélie (1978) 
Quelle chose curieuse se passe ici. Tous ceux qui ont mis en pratique ce secret du bonheur ont vérifié son efficacité, si j'ose dire. Ceux-là nous les appelons les saints: il n'en est pas un qui n'ait avoué connaître la joie profonde. Aucune doctrine de vie ne peut présenter à son actif autant de témoignages palpables, enregistrables. S'il s'agissait d'un produit commercial, son succès serait immédiatement assuré. Mais non. Nous préférons chercher le bonheur par cent recettes qui n'ont jamais fait leurs preuves et ne les feront jamais, plutôt que d'essayer d'être tout bonnement disciples de Jésus.

- Jacques Maritain, Lettre à des Petits Frères de Jésus (1975)

Comme le Verbe incarné avait sur la terre une vie divine et humaine à la fois, de même les bienheureux au ciel sont entrés dans la vie divine par la vision, mais ils y mènent aussi [...] une vie humaine glorieuse et transfigurée. Il y a entre eux [... une] communication intellectuelle (sans parole bien sûr) dépendant du libre arbitre de chacun. Chaque bienheureux est maître des pensées de son cœur et les ouvre librement à qui il veut [...] Au ciel, il y a des événements qui se passent: de nouveaux bienheureux arrivent, arrivent constamment de la terre pour naître à la vie éternelle, ils sont accueillis par les autres, des amitiés s'établissent [...] Tout cela fait une fameuse histoire, dans une durée bien différente de notre histoire à nous. L'amour que les saints avaient sur la terre pour ceux qu'ils "aimaient", ils l'ont gardé au ciel, transfiguré, non aboli par la gloire [...]






Vous vous rappelez le mot de sainte Thérèse de Lisieux: "Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre". Ce mot va singulièrement loin, dans le sens qu'on pourrait appeler l'humanisme des saints, même au ciel.


- Gertrud von Le Fort, Hymnes à l'Eglise (1951) 
Tes saints sont comme des héros étrangers, et leurs visages sont comme une écriture inconnue.


- ROME, lundi 2 novembre 2009 - La fête de la Toussaint permet de « raviver l’espérance dans la vie éternelle », a fait observer Benoît XVI avant la prière de l’Angelus de dimanche, qui coïncidait avec cette solennité liturgique. Le pape a rendu grâce pour les saints prêtres, connus et inconnus. La Toussaint, a souligné le pape, « invite l’Eglise pèlerine sur la terre à goûter de manière anticipée la fête sans fin de la Communauté céleste, et à raviver l’espérance dans la vie éternelle ».  Le pape a évoqué le monument romain du Panthéon - vieux de 1400 ans - devenu une église dédiée à Marie et à tous les martyrs, puis à tous les saints : « Le temple de toutes les divinités païennes était ainsi converti à la mémoire de ceux qui, comme le dit le Livre de l’Apocalypse, ‘viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau’ (Ap 7,14). Par la suite, la célébration de tous les martyrs a été étendue à tous les saints ».  Le pape a rendu grâce pour les saints prêtres, connus et inconnus : « En cette Année sacerdotale, je suis heureux de rappeler avec une vénération particulière les saints prêtres, à la fois ceux que l’Eglise a canonisés, en les proposant toujours comme des exemples de vertus spirituelles et pastorales ; et ceux - bien plus nombreux - qui sont connus du Seigneur. Chacun de nous conserve le souvenir reconnaissant de l’un d’entre eux, qui nous a aidés à grandir dans la foi et nous a fait ressentir la bonté et la proximité de Dieu ».  En français, Benoît XVI a ajouté : « Aujourd’hui nous célébrons la multitude des saints qui intercèdent pour nous auprès de Dieu. Dans cette multitude, il y a aussi tous ceux et toutes celles qui se sont efforcés d’accomplir la volonté divine en œuvrant pour le Royaume* ».  Le pape a souligné que l’appel à la sainteté est un appel au bonheur : « Aujourd’hui comme hier Jésus appelle au bonheur les hommes et les femmes qui, dans leur cœur et dans leur vie, acceptent l’action de Dieu ».  « Que l’exemple des saints soit pour nous un encouragement et que la Vierge Marie nous guide sur les chemins du bonheur éternel ! Bonne fête de la Toussaint ! » a conclu le pape.
Anita S. Bourdin
* Voir page "Saint(e)s"?
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