Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Le Temps Ordinaire
Années C


Les dimanches


Deuxième dimanche

Chaque année, au moment d'entrer dans la longue série des dimanches du Temps ordinaire, la liturgie est célébrée devant une sorte de grande fresque, tirée de l'Évangile selon saint Jean. On y contemple successivement:
- le Seigneur auquel le Précurseur rend témoignage (années A);
- Jésus entouré de Jean, Simon et André, qui décident de le suivre (années B);
- cette année: le "premier signe" accompli par Jésus, au cours de noces auxquelles il a été invité avec Marie et ses disciples, à Cana en Galilée.

<- Détail des Noces de Cana (1303-1309), Giotto - Chapelle des Scrovegni, Padoue.
Marie semble demander au "maître du repas" son avis sur le vin qu'on vient de lui apporter.
En revanche, l'époux (reconnaissable à sa couronne: aujourd'hui encore, lors de la liturgie du mariage dans les rites orientaux, les mariés sont couronnés par le célébrant), qui n'a pas vu d'où provenait le bon vin, semble étonné par l'interpellation du "maître du repas".

A l'intervention de sa mère, qui a pressenti avec délicatesse dans quelle confusion vont se trouver les époux, Jésus change en excellent vin l'eau versée dans six grandes cuves de pierre. Il le fait sans éclat, au point qu'en dehors de Marie et des serviteurs personne, ni le "maître du repas" ni l'époux, n'ont compris d'où provenait le bon vin servi à la fin du repas. Manifestement, l'évangéliste a rapporté ce "commencement des signes que Jésus accomplit" en raison de sa valeur symbolique, soulignée par plusieurs notations.

Les Textes:
Première Lecture - Is 62,1-5; Psaume - Ps 96/95,1-3;7-8a;9a;10a; 10c; Deuxième Lecture1Co 12,4-11; Evangile - Lc 6,17;20-26

__________________________________________________________________

Troisième dimanche

Aujourd'hui commence la lecture de l'Évangile selon saint Luc, qui caractérise les années C.
Comme on a pu le lire dans l'introduction à cet évangile (à cette page), l'auteur déclare avoir écrit "καθεξῆς - de façon suivie" des événements qui ont déjà été rapportés par des "αὐτόπται - personnes qui ont vu de leurs propres yeux"; "παρηκολουθηκότι ἄνωθεν πᾶσιν ἀκριβῶς - après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine", il a donc fait œuvre d'historien - mais pas au sens moderne du terme: il n'a pas rapporté les événements dans un ordre chronologique, ni dans un cadre géographique stricts. Il a adopté le plan qui - tout en restant fidèle à l'authenticité des faits - lui a semblé le mieux correspondre à son propos: permettre au lecteur de reconnaître "λόγων τὴν ἀσφάλειαν - la certitude des enseignements" qu'il a reçus par ailleurs.
Saint Luc commence son exposé de la vie publique de Jésus (Evangile: Lc 1,1-4; 4,14-21) par la première intervention doctrinale de celui-ci: "ἦλθεν εἰς τὴν Ναζαρέτ, οὗ ἦν τεθραμμένος, καὶ εἰσῆλθε κατὰ τὸ εἰωθὸς αὐτῷ ἐν τῇ ἡμέρᾳ τῶν σαββάτων εἰς τὴν συναγωγήν - Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du Sabbat". Il a été investi lors du baptême dans l'eau du Jourdain (voir à cette page et à celle-ci) de la "δύναμις τοῦ Πνεύματος - puissance de l'Esprit" et depuis lors sa "φήμη ἐξῆλθεν καθ᾿ ὅλης τῆς περιχώρου περὶ αὐτοῦ - renommée s'est répandue dans tout le pays d'alentour". Il est donc normal qu'on lui demande de faire la lecture prévue ce jour-là pour l'office synagogal (voir à cette page), puis de la commenter - en tant que rabbi de passage.
Or il s'agit d'un texte d'Isaïe (Is 61,1-2) annonçant un envoyé de Dieu, chargé de porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, la lumière aux aveugles, et la liberté aux prisonniers et aux opprimés.
Mais Luc ne retient du commentaire de Jésus que l'affirmation centrale: "σήμερον πεπλήρωται ἡ γραφὴ αὕτη ἐν τοῖς ὠσὶν ὑμῶν - Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie". Voilà donc, d'emblée, Jésus présenté tel que les chrétiens le reconnaissent: il est, personnellement, l'accomplissement des Écritures.
La seconde partie de l'œuvre de saint Luc, les Actes des Apôtres, montre comment cette Parole s'est répandue et a engagé, dans le monde entier, une multitude d'hommes et de femmes à s'attacher au Seigneur (Ac 5,14).
Cet élan missionnaire de l'Eglise exige que chacun, sans chercher à se faire valoir personnellement, mette au service de tous les dons, les charismes, qu'il a reçus de l'Esprit, afin que grandisse le corps entier dont le Christ est la tête (Deuxième Lecture: 1Co 12,12-30).
Ce dimanche remet devant les yeux des croyants l'idéal et la vocation de la Communauté rassemblée (Première Lecture: Né 8,1-4a;5-6;8-10) autour de la Parole de Dieu (Psaume: Ps 19,8-10;15)
__________________________________________________________________

Quatrième dimanche

Comme dimanche dernier, la liturgie d'aujourd'hui met les fidèles en présence de Jésus, assis dans la synagogue de Nazareth (Evangile - Lc 4,21-30) où il a proclamé ouverte l'ère de grâce annoncée par le prophète Isaïe.Dans un premier temps, les auditeurs (exaspérés par l'occupation romaine, et attendant un "messie" qui viendrait les en délivrer) accueillent favorablement cette déclaration: "Ils lui rendaient témoignage" (v.22), ce qui signifie: "ils se rangeaient de son côté".
Mais à ces bonnes intentions succède aussitôt le doute: d'où peut bien venir cette sagesse dont fait preuve "le fils de Joseph", le charpentier du village?
Jésus sait les pensées de ses auditeurs, il a vu leurs regards étonnés ou narquois... Démasqués, ils sont "furieux" (v.28) de s'entendre assimiler à ceux qui rejetaient les prophètes (qui - heureusement! - avaient Dieu avec eux: Première Lecture - Jr 1,4-5;17-19; Psaume - Ps 71,5-8;15;17;19).
Alors les gens de Nazareth veulent faire périr Jésus (v.29); mais c'est librement - à son heure - qu'il prendra lui-même la direction de Jérusalem où il doit mourir (Lc 9,51).
Dans cette sorte d'introduction à l'ensemble de l'œuvre évangélique de Luc, affleurent plusieurs des grands thèmes qui le caractérisent.
<- Le jour de la Présentation au Temple, Syméon a déclaré que Jésus, "lumière des nations", serait "signe de contradiction" pour un grand nombre (Lc 2,32;34). Par ailleurs, l'universalisme du Salut est une insistance de l'évangéliste; enfin, il ne faut pas oublier que les Actes des Apôtres est la seconde partie de l'œuvre de saint Luc, qui se plaît à montrer comment la mission se situe dans la continuité de celle du Seigneur. Rejetés comme lui par leurs concitoyens, les Apôtres seront amenés à prêcher l'Évangile au-delà des frontières de leur pays.
Le prophétisme, celui des missionnaires et celui des communautés chrétiennes, ne s'accommode pas d'un provincialisme étroit, d'un particularisme borné: le rappel de la conduite de Dieu-Fils doit sans cesse retentir dans l'assemblée chrétienne réunie pour célébrer le mystère du Salut.
Ce qui fait l'unité des communautés ecclésiales, et de l'Eglise entière, c'est la charité sans limite (Deuxième Lecture - 1Co 12,31 - 13,13). Ceux qu'elle anime - loin de garder jalousement les dons reçus de Dieu, de se replier frileusement sur leurs propres intérêts de peur de les perdre - doivent désirer plus que tout voir le plus grand nombre possible en bénéficier. La foi s'étiole et finit par s'éteindre quand on ne la partage pas.
__________________________________________________________________

Cinquième dimanche

Le tableau que l'Évangile met aujourd'hui devant nos yeux (Évangile - Lc 5,1-11) montre Jésus dans une attitude hiératique, qui évoque déjà celle du Ressuscité.
Luc en effet passe sans transition du titre de "Maître" à celui de "Seigneur"; Pierre "tombe aux pieds" de Jésus: ce titre et cette prosternation annoncent l'attitude des disciples lors de l'Ascension.
Placée aux premières pages de son évangile, cette scène correspond aux intentions de saint Luc: elle invite à aborder le lecture de l'Évangile en confessant la véritable identité de celui auquel les disciples ont donné leur foi (voir l'introduction au troisième dimanche du TO-C à cette page et les notes sur Lc 1,1-4 à cette page).
Par ailleurs, Luc, qui est aussi l'auteur du Livre des Actes des Apôtres, a vu dans cet épisode - qu'il tient de la tradition - un certain nombre de traits qui se vérifient dans la vie ecclésiale.
L'enseignement que les croyants ont reçu vient de Jésus qui parlait à la foule, avide d'écouter sa parole.
L'abondance de la pêche évoque l'extraordinaire succès de la prédication apostolique, et justifie par avance l'audace des Apôtres, devenus "pêcheurs d'hommes", qui pousseront au large pour s'efforcer de gagner au Christ le plus grand nombre possible de leurs auditeurs.
Cette tâche aurait de quoi les effrayer. Mais Jésus leur dit "Soyez sans crainte": cela suffit à leur donner l'audace de tout abandonner pour le suivre, quel que soit leur passé.
Un "homme aux lèvres impures" n'a-t-il pas été choisi comme "messager" par YHWH (Première Lecture - Is 6,1-2a;3-8)?
Un "persécuteur" comme Saül n'a-t-il pas été choisi pour annoncer la Bonne Nouvelle (Deuxième Lecture - 1Co 15,1-11)?
Ils ont pu le faire parce que Dieu était avec eux (le psalmiste en rend grâce au Seigneur: Psaume - Ps 138,1b-5;7c-8), et qu'ils se sont montrés disponible pour accomplir leurs missions respectives.
Aujourd'hui encore, il faut faire confiance au Seigneur et, "sur son ordre", jeter à nouveau les filets - même après de longues nuits de travail infructueux.
La contemplation du Christ, et la scène de la pêche miraculeuse doivent raviver le courage, la confiance et l'élan missionnaire des communautés chrétiennes (et de leurs membres, individuellement) - que l'apparente inutilité des efforts consentis pourrait affaiblir...
__________________________________________________________________

Sixième dimanche

La liturgie d'aujourd'hui (Première Lecture - Jr 17,5-8; PsaumePs 1,1-4;6; Deuxième Lecture - 1Co 15,12;16-20; Evangile - Lc 6,17;20-26) situe l'assemblée dominicale au cœur de la vie croyante et de son mystère: Dieu seul donne à l'existence humaine de porter un fruit qui demeure.
Celui qui met en lui son espérance et sa confiance est donc assuré de pleinement s'épanouir, quoi qu'il arrive; au contraire, se détourner de lui et chercher un confort illusoire dans des choses caduques et des êtres de chair conduit à la ruine  de l'âme.
Il en va de même pour les plantes, qui poussent rapidement et ont une belle apparence lorsque la saison est favorable (ceux qui ont vu fleurir un désert savent combien les couleurs des fleurs sont intenses!) mais qui s'étiolent lamentablement dès que le temps change. D'autres, beaucoup plus modestes, trouvent le terrain qui les maintient vivaces et resplendissantes à longueur d'année.
Ce que proclame un oracle du Livre de Jérémie, beaucoup d'autres auteurs bibliques le disent également, spécialement les psalmistes qui chantent à l'envi la sagesse de ceux qui mettent leur foi, leur confiance en Dieu.
Le "Discours sur le plateau" (traduit à tort - voir notes sur l'Évangile - "dans la plaine") tel que le rapporte saint Luc s'adresse directement aux foules. A des personnes un peu en marge de la société, méprisées des "grands", il dit: "Heureux, sautez de joie: vous êtes maintenant dans l'indigence, le mépris; un jour vous aurez votre récompense; tandis que ceux qui sont aujourd'hui 'du bon côté' déchanteront". 
La portée sociale de ces paroles est indéniables.
Mais elles ne font pas l'apologie de la misère (dont il faudrait prendre son parti en attendant "un monde meilleur"), non plus qu'elles ne condamnent ceux qui ont acquis quelque bien par leur travail - deux interprétations qui ont eu cours tour à tour.
En effet, lorsqu'il décrit la communauté chrétienne idéale, saint Luc dit qu'elle se caractérise par le partage des biens, de telle sorte que nul ne soit dans le besoin (Ac 2,44-45), ce qui est l'application de la notion de la צדקה tsedâqâh
du Premier Testament.
Mais ceux qui "maintenant"partagent la condition du Christ humilié, bafoué, seront également associés "demain" à sa gloire auprès du Père - car c'est "à cause" de son abaissement que le Seigneur a été "élevé au-dessus de tout" (Ep 2,5-11).
Si la mort devait nous laisser tels que nous sommes dans cette vie, dit saint Paul, nous serions "les plus malheureux des hommes", parce que nous aurions cru en vain. Mais non! Le Christ est ressuscité et nous aurons part à sa vie. Il est notre espérance. C'est par rapport à lui que nous devons tout apprécier.
__________________________________________________________________
__________________________________________________________________

En cette année 2013, nous sommes passés
- du Cinquième dimanche du Temps Ordinaire (10 février)
- au Temps de Carême (13 février au 30 mars),
- puis au Temps de Pâques-Pentecôte (du 31 mars 25 mai),
- à la Sainte Trinité - qui marque le retour au Temps Ordinaire - le dimanche 26 mai;
- au Saint-Sacrement, le dimanche 2 juin;
- et (après le Sacré-Cœur, le vendredi 7 juin) au Dixième dimanche du T.O., le dimanche 9 juin.
__________________________________________________________________
__________________________________________________________________

Dixième dimanche

Première Lecture - 1R 17,17-24
Psaume - Ps 29/30,3-6;12-13
(à cette page: http://www.y-mailliet-le-penven.net/TEHILIM---PSAUMES-1.html)
Deuxième Lecture - Ga 1,11-24
Evangile - Lc 7,11-17

__________________________________________________________________


Onzième dimanche

Première Lecture - 2S 12,7-10;13
Deuxième Lecture - Ga 2,16;19-21
Evangile - Lc 7,36 - 8,3

La foi en la miséricorde de Dieu qui ne désire rien tant que pardonner les péchés s'exprime, tout au long de la Bible, en images et en termes variés, parfois d'une audace extraordinaire. Le pardon accordé par Dieu est, en même temps, d'une efficacité créatrice: il change le coeur de celui qui l'accueille, crée en lui un coeur pur, le renouvelle au plus profond de son être (cf. Ps 51,12). Seul le Créateur peut pardonner ainsi. La Bible ne laisse aucun doute à ce sujet - non plus, d'ailleurs que le Sacrement de la pénitence et de la réconciliation d'aujourd'hui. La parole de pardon fait toujours appel à l'autorité de Dieu: "Le Seigneur a pardonné ton péché".
S'il s'était contenté de prêcher la miséricorde divine et d'exhorter les pécheurs à la conversion, Jésus aurait parlé comme les prophètes. Mais à une pécheresse venue le rencontrer dans la maison du pharisien qui l'avait invité, il déclare: "Tes péchés sont pardonnés. Ta foi t'a sauvée".
Il y a là bien des sujets d'étonnement:
- l'audace de cette femme qui entre dans la maison d'un "pur";
- son comportement;
- plus encore, la parole de Jésus qui pardonne les péchés.
Les chrétiens que nous sommes pourraient être tentés de se laisser imprégner par les sentiments premiers que cette scène suscite, et, par exemple, s'indigner de la réaction du pharisien... sans penser à celle qu'ils auraient si une prostituée notoire ou en "tenue de travail" entrait dans une église durant l'Eucharistie, remontait l'allée centrale sans rien dire et sans se préoccuper des membres de l'assemblée, s'agenouillait en pleurs au pied de l'autel, et y faisait brûler un encens de grand prix, ou y répandait des litres du parfum le plus cher...
Saurions-nous ne pas oublier que tous, dans l'assemblée réunie autour de la Table du Seigneur, nous sommes des pécheurs pardonnés par la foi en Jésus Christ, et non à cause de nos mérites ou de nos bonnes actions?...
L'attitude de Jésus nous invite à purifier le regard porté sur les autres.
Lui, le Juste, il n'humilie pas les pécheurs, mais les accueille avec une extrême délicatesse. Il sait que l'amour de Dieu peut être grand même chez les pécheurs - d'autant plus grand qu'ils ont été pardonnés de nombreux péchés.
L'Eucharistie est bien une "action de grâce" (sens étymologique du mot) pour l'infinie miséricorde de Dieu révélée en Jésus Christ, dont toutes et tous avons à proclamer la Bonne Nouvelle.
__________________________________________________________________

Douzième dimanche

Première Lecture - Za 12,10-11a;13,1
Deuxième Lecture - Ga 3,26-29
Evangile - Lc 9,18-24
    
    Toute proclamation de foi en Jésus, Fils de Dieu, qui vit et règne avec le Père et l’Esprit Saint pour les siècles des siècles est vaine, si elle ne conduit pas à « suivre » celui qu’on acclame ainsi, à « marcher à sa suite ». Il faut en outre comprendre que ces deux expressions doivent être prises dans leur double acception, concrète et figurée. Ici, il s’agit donc à la fois de se conformer, intellectuellement et moralement à son enseignement, de prendre sa doctrine comme ligne de conduite ; et de parcourir un véritable chemin en portant sa croix, en « renonçant à soi-même », en « perdant sa vie » pour ressusciter avec le Christ.
   Tout au début, les disciples de Jésus, avant de recevoir à Antioche le nom de « chrétiens » (Ac 11,26), ont  été appelés « les adeptes de la Voie » (Ac 9,2). Cette « voie », c’est le Christ lui-même, Chemin, Vérité et Vie. Pour y accéder, il faut passer par la porte du repentir que la grâce suscite chez ceux qui, « levant les yeux » vers l’homme qui a été transpercé, reconnaissent en lui le « fils unique » dont le sang lave de la souillure du péché.
   Cette union au Christ s’opère sacramentellement  lors de la réception du baptême. Plongé dans les eaux purificatrices, le croyant naît à la vie nouvelle, qui vient du Christ. Ici, les mots doivent être entendus au sens concret le plus fort : comme le Fils de Dieu s’est « dépouillé de lui-même » et a pris la condition humaine (Ph 2,7), au baptême les hommes se dépouillent de leur condition de pécheurs pour « revêtir le Christ », « l’homme nouveau ». Devenus par lui et avec lui des « fils de Dieu », ils entrent en possession de l’héritage promis à Abraham et à sa descendance. Du même coup, les barrières, les différences entre Juifs et païens, esclaves et hommes libres, hommes et femmes sont abolies. « Tous, nous ne sommes plus qu’un dans le Christ Jésus ».
   Tel est le mystère de renouveau radical et d’unité universelle que célèbre l’Eucharistie, Mémorial de la mort, de la résurrection et de l’exaltation du Christ. En distribuant la communion, saint Augustin disait : « Deviens ce que tu reçois : le corps du Christ ! »

Vraiment, perdre sa vie pour le Seigneur c’est la sauver.

Prendre sa croix « chaque jour » c’est aller pas à pas vers sa Pâque et la nôtre.
__________________________________________________________________

Treizième dimanche

Première Lecture - 1R 19,16b;19-21
Deuxième Lecture - Ga 5,1;13-18
Evangile - Lc 9,51-62

Saint Luc a fait œuvre d'historien, mais aussi d'auteur.
Il ne porte pas un regard froid sur des faits considérés comme simples objets de curiosité ou même, seulement, comme riches d'enseignements pour le présent.
La lecture et l'examen des informations et des témoignages recueillis l'ont particulièrement rendu sensible à la relation étroite entre, d'une part, les paroles et les actions de Jésus, et, d'autre part, ce qui s'est passé dans l'Église après la Pentecôte.
L'enseignement, les initiatives et les actes des Apôtres, la vie des communautés chrétiennes, leur activité missionnaire, l'extraordinaire diffusion de l'Évangile (= la "Bonne Nouvelle") dans le monde entier s'enracinent directement dans les paroles, la vie, l'activité et les initiatives de Jésus. Pas le moindre hiatus: l'œuvre de Jésus se prolonge et se déploie aujourd'hui selon ses intentions, sous la conduite de l'Esprit envoyé aux siens par le Ressuscité.
C'est ce qui ressort, en particulier, de la manière dont saint Luc a rassemblé, dans le cadre littéraire d'une longue montée à Jérusalem, l'ensemble du ministère de Jésus après ses débuts en Galilée. Le terme de cette route est fixé: la Ville de pèlerinage, celle où aura lieu la Pâque de mort-résurrection du Seigneur. Son tracé, en revanche, est sinueux. Il se découvre progressivement, et dépend de circonstances imprévues - comme un accueil chaleureux qui retient les marcheurs, ou au contraire un refus d'accueil.
Pour s'engager sur cet itinéraire à la suite du Christ, il faut, comme lui, faire preuve de courage, de résolution, il faut répondre à son appel sans tergiverser, et tout abandonner - car rien ne doit lui être préféré.
Pour autant, la vie de nomades que Jésus propose à ses disciples n'est ni morose, ni triste. La joie déborde du cœur des chrétiens, qui veulent la faire partager au monde entier.
L'évangéliste insiste sur le caractère radical des exigences de l'Évangile parce que, il le sait d'expérience, il vaut vraiment la peine de se lancer dans l'aventure, sans autre loi que celle de l'amour, sans autre maître que l'Esprit, dans une communauté fraternelle où chacun, selon ses moyens et ses charismes, contribue au bien de tous. Il a vu comment certains allaient jusqu'à se dépouiller allègrement de leurs biens, pour les mettre à la disposition des Apôtres qui les distribuaient à ceux qui étaient dans le besoin (Ac 2,44-45). Saint Luc a aussi été témoin du climat de sérénité, de paix et de bonheur qui régnait dans les Églises animées de cet idéal - ainsi que de l'extraordinaire rayonnement de celles-ci (Ac 5,14).
Puisse-t-il en être ainsi parmi nous!...
__________________________________________________________________

Quatorzième dimanche 
 
Première Lecture - Is 66,10-14c
Deuxième Lecture - Ga 6,14-18
Evangile - Lc 10,1-12;17-20

Parmi les nombreux disciples groupés autour de lui, Jésus, après une nuit passée en prière, en a choisi douze, les « Apôtres ». Mais cette élection n’a pas fait des Douze un groupe fermé. Des témoins de ces temps-là ont rapporté à saint Luc que le Seigneur avait désigné un groupe de 70 ou 72 disciples anonymes : 72, comme le nombre de clans issus de Noé qui repeuplèrent la terre après le déluge (Gn 10). Jésus les a envoyés « devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller ». Les instructions qu’il leur donne, identiques à celles que les Douze ont reçues, comme le message qui leur est confié, montrent clairement qu’ils sont vraiment chargés d’annoncer l’Évangile, et pas seulement de préparer matériellement le passage de Jésus.  
Saint Luc a certainement retenu cette information parce qu’il a vu, dans la mission des Soixante-douze, une préfiguration de ce qui a été fait après la Pentecôte. Alors, en effet, des disciples, appelés eux aussi « apôtres », ont été investis du même ministère. Par la suite, d’autres, nombreux, leur ont encore été associés. Les  Soixante-douze constituent ainsi les prémices des missionnaires et des prédicateurs qui porteront la Bonne Nouvelle de la paix de Dieu à toutes les nations, jusqu’au jour où Satan, définitivement vaincu, « tombera du ciel comme l’éclair ».  
Ces envoyés du Seigneur parcourront la terre entière et non plus seulement les villes et localités du petit pays où Jésus a lui-même exercé son ministère. De toutes les nations ils feront un seul peuple de Dieu rassemblé autour de la croix, leur « seul orgueil ». Ils apportent à ceux qui les reçoivent la joie et la paix promises par les prophètes, en particulier Isaïe, les œuvres qu’ils accomplissent accréditant leur message. Par ailleurs, saint Luc mentionne dans son évangile la présence de femmes auprès de Jésus, au pied de la croix et lors de son ensevelissement. Ce sont aussi des femmes qui ont les premières appris la nouvelle de la Résurrection, l’ont apportée aux disciples. Et dans son livre des Actes, il fait mention d’autres femmes qui jouèrent un rôle important dans les premières communautés chrétiennes : le nom de certaines a été conservé.  
La mission des Soixante-douze donne ainsi, à l’avance, une image de l’Église missionnaire telle que l’a voulue le Seigneur.
__________________________________________________________________

Quinzième dimanche
 
Première Lecture - Dt 30,10-14 
Psaume - Ps 19/18,8-11 
Deuxième Lecture - Col 1,15-20 
Evangile - Lc 10,25-37

Cette période de l’année est, pour beaucoup de chrétiens, l’occasion de rencontres imprévues, au cours desquelles ils abordent, avec des inconnus de la veille, des sujets importants dont ils ne parlent pas habituellement.  
Et voici que les évangiles proclamés les dimanches d’été rapportent une série d’enseignements donnés par Jésus au gré des rencontres faites comme au hasard, sur les routes de Jérusalem.  
Un jour, un docteur de la Loi lui demande ce qu’il doit faire pour avoir part à la vie éternelle. C’était « pour le mettre à l’épreuve », comme on le fait parfois en nous posant une question de cet ordre. La réaction de Jésus est exemplaire. Au lieu de donner une réponse – et en bon rabbi qu’il était – il demande à son tour à son interlocuteur : « Que penses-tu toi-même ? Que lis-tu dans la Loi ? » Le docteur n’hésite évidemment pas. L’énoncé du double commandement de Dieu et du prochain – rappelé au début de la prière juive récitée tous les jours (le Sh’ma Israël) – vient spontanément sur ses lèvres.  
Comme souvent aussi dans de tels cas, la première question en préparait une autre : « Qui est mon prochain ? » Cet homme pieux s’attendait peut-être à ce que Jésus lui donne une liste précise des personnes à l’égard desquelles il avait des devoirs stricts. Quoi qu’il en soit, Jésus n’entre pas dans les perspectives d’une quelconque casuistique : il raconte une parabole pour amener à poser le problème autrement. Une certaine manière de comprendre le commandement de l’amour pour tous pourrait en effet aller de pair avec une pratique de fait très restrictive : tous en général bien sûr, mais dans des circonstances particulières seulement. Et l’on risque de se cacher derrière la Loi pour avancer ces circonstances amenant des restrictions…  
Or ce que Jésus veut faire comprendre c’est : « Tu dois agir de telle manière que chacun, en toute circonstance, reconnaisse en toi son ami ». N’est-ce pas ainsi que Dieu fait ? Il nous a secourus, lorsque nous gisions sur la route, écrasés, mourants, sous le poids de notre péché…
« Va, et fais de même ».  
La Loi de Dieu écrite n’est pas un ensemble de prescriptions et d’interdictions détaillées ; elle doit imprégner l’esprit et le cœur. Alors, en toute circonstance, ainsi imprévue soit-elle, pas la moindre hésitation sur ce qu’il faut faire ou éviter. Agir partout et toujours comme Dieu à l’égard de tous et de chacun, comme le Christ « image du Dieu invisible ».
Telle est la Loi.
__________________________________________________________________

Seizième dimanche
  
Première Lecture - Gn 18,1-10a
Deuxième Lecture - Col 1,24-28
Evangile - Lc 10,38-42

La Bible prône de mille manières la valeur religieuse de l'hospitalité. C'est toujours, en quelque sorte, Dieu qu'on reçoit dans l'hôte accueilli: il pourrait bien être, à son insu, porteur d'un message du Seigneur.
Ainsi en fut-il pour Abraham.
Les évangiles attestent qu'à diverses reprises Jésus a explicitement et solennellement déclaré qu'on l'a accueilli en recevant ses envoyés, mais également un petit ou un pauvre. Il a dit aux Soixante-dix (ou Soixante-douze) de s'en remettre à la bonne volonté des personnes rencontrées sur leur chemin de prédicateurs du Royaume: leur hospitalité vaudra aux habitants de la maison où on les aura accueillis le don - bien plus précieux que l'or ou l'argent - de la paix messianique.
Jésus lui-même a bénéficié du bienfait et du réconfort de l'hospitalité. Le Livre des Actes des Apôtres et les Épîtres de saint Paul de leur côté mentionnent avec reconnaissance l'hospitalité accordée aux missionnaires de la Bonne Nouvelle.

Voici que, reçu dans la maison des deux sœurs, Jésus laisse Marthe faire seule le service, et déclare même que Marie, assise à ses pieds pour l'écouter, a choisi la meilleure part, qui ne lui sera jamais enlevée. 

<- Le Christ dans la maison de Marthe et  Marie - 1570-75 - Le Tintoret (Venise, 1518-1594) - Alte Pinakothek, Munich.

Cette attitude du Seigneur et ses propos surprennent: ne se montre-t-il pas injuste et même ingrat à l'égard de Marthe qui s'évertue à bien le recevoir?...
Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit; les paroles de Jésus ne doivent pas être prises comme faisant peu de cas du zèle de Marthe.
Il ne s'agit pas davantage - bien que cela ait été souvent dit - d'établir une hiérarchie entre "vie active" et "vie contemplative".
Il s'agit ici d'un enseignement valable pour tous et toujours. L'écoute de la Parole dans la foi a, et doit garder, la priorité absolue. Bien sûr, cela impose des choix, des renoncements. Mais ce n'est pas affaire de répartition de temps, ou de conflit de devoirs. Sans en négliger ni en mépriser aucun, il est absolument nécessaire de s'asseoir régulièrement aux pieds du Seigneur, dans l'attitude du disciple attentif à sa Parole - qu'il faut ensuite mettre en pratique au milieu des multiples occupations de la vie et du service des autres.
Rien, pas même les souffrances ou l'inaction - imposée par une incarcération comme celles qu'a connues saint Paul - la maladie ou les infirmités ne doit détourner de cet accueil primordial du Seigneur, toujours premier servi!
__________________________________________________________________

Dix-septième dimanche  
Première Lecture - Gn 18,20-32
Deuxième Lecture - Col 2,12-14
Evangile - Lc 11,1-13


Jésus, rapporte saint Luc avec une insistance particulière, passait des nuits entières à prier dans la solitude. Quel était le contenu et la forme de ce longs entretiens avec Dieu? Les disciples ont dû souvent se poser la question.
__________________________________________________________________

Dix-huitième dimanche 
 
Première Lecture - Qo/Ec 1,2; 2,21-23 
Deuxième Lecture - Col 3,1-5;9-11 
Evangile - Lc 12,13-21 
La longue "montée de Jésus à Jérusalem" se présente, dans l'évangile selon saint Luc comme une sorte d'itinéraire catéchétique. Il serait certes vain d'essayer de répartir cet "exposé suivi" des enseignements du Seigneur en sections rigoureusement découpées, consacrées à des sujets bien déterminés; mais ils ne se suivent pourtant pas sans ordre. La rédaction se développe selon une logique interne très subtile qui correspond à l'intention pédagogique de l'évangéliste. C'est ainsi que les quatre étapes parcourues ce dimanche et les dimanches suivants pourraient s'intituler: "En toutes choses, considérer la fin", ce dernier mot désignant ici le terme de la vie terrestre.
Lorsque l'heure est venue, que reste-t-il de ce qui a demandé tant de peine, de fatigue?
Dans l'au-delà vers lequel nous allons inexorablement, tous, nous n'emporterons rien des richesses, des biens péniblement amassés.
Alors faut-il dire pour autant: "Tout est du vent. La vie ne vaut pas d'être vécue"?
Les réalités d'ici-bas n'ont pas de consistance en elles-mêmes, mais seulement en raison de leur poids d'éternité. Alors les réflexions apparemment désabusées de l'Ecclésiaste s'avèrent paroles de sagesse.
Cependant Jésus fait écho de manière plus concrète et plus positive à cette manière de voir. Sollicité d'arbitrer une querelle d'héritage, il dit à la foule qui l'entoure: "Gardez-vous de toute âpreté au gain, car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas ses richesses". Pour illustrer ce propos, il prend l'exemple d'un riche exploitant agricole qui n'a d'autre préoccupation que de stocker ses abondantes récoltes. "Il est fou! Il mourra avant d'avoir eu le temps de jouir de ses richesses, et sans savoir qui en bénéficiera après lui".
Mais Jésus n'en reste pas là. Ce qui compte, ajoute-t-il, c'est de se faire "riche pour Dieu", sans préciser comment. L'évangéliste ne laisse pourtant aucun doute à ce sujet, et donne dans les Actes des Apôtres des exemples de bonne manière de faire. On devient riche "pour Dieu" dans la mesure où on ne garde pas jalousement pour soi les richesses acquises. Leur meilleur usage consiste à s'en défaire pour les distribuer aux pauvres. Et cela s'entend de tous les biens, pas seulement des possessions matérielles. "Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre!" dit saint Paul...
__________________________________________________________________
N'oublions pas, le 6 août, de fêter la Transfiguration du Seigneur
(voir cette page)
__________________________________________________________________

Dix-neuvième dimanche 
 
Première Lecture - Sg 18,6-9
Deuxième Lecture - Hé 11,1-2;8-19
Evangile - Lc 12,32-48
L’Exode, première grande étape de la marche des croyants vers la libération définitive, est la promesse et le gage de la victoire du bien sur le mal, du salut des justes de tous les temps unis dans la même espérance. Par la célébration annuelle de la Pâque, toutes les générations participent à cet événement et en accueillent les fruits. La célébration sacramentelle de ce haut fait de Dieu donne d’entrer dans la dynamique du plan divin, qui se déploie au long des siècles. Nous pouvons donc dire en toute vérité, transportés de joie et dans l’action de grâce : « Aujourd'hui, c’est la Pâque du Seigneur ! Il nous appelle à partager sa gloire, et réalise les promesses auxquelles les Pères ont cru avant nous ».  
En effet, « la foi est le moyen de posséder déjà ce qu’on espère et de connaître des réalités qu’on ne voit pas », ce qui revient à dire deux fois la même chose – car, dans le langage biblique, « connaissance » signifie « union intime », « communion profonde ». La lumière de la foi fait entrevoir – dans les réalités d’hier dont on fait mémoire et dans celles d’aujourd'hui – les prémices de ce qui apparaîtra demain en plein jour. Voilà pourquoi le fait de n’être qu’un « petit troupeau » à miser sur l’invisible ne doit pas décourager.  

Quiconque entreprend une grande randonnée ne s’encombre pas de bagages inutiles. Lorsqu’il s’agit de la marche vers le Royaume, il faut se défaire des possessions terrestres pour disposer, à l’arrivée, d’un « trésor inépuisable » que personne ne peut ravir : l’or, inoxydable, de la charité.  
Nul ne connaît à l’avance la durée de cet exode, ni le moment de la venue du Fils de l’homme. Loin de faire perdre patience, cette incertitude doit stimuler le zèle à s’acquitter fidèlement des tâches fixées par le Seigneur lors de son départ. Les « intendants » préposés à la tête de la communauté des pèlerins ont une responsabilité particulière au service de ceux qu’ils ont mission de conduire et de stimuler de leur exemple. Mais chacun – quelle que soit sa place dans la « caravane » – aura à répondre de l’usage fait des dons reçus.  

Et au terme du voyage, le Maître fera asseoir à la table de ses noces ceux qui auront bien travaillé, et il servira lui-même ses convives. N’est-ce pas ce qui se passe déjà lors du repas eucharistique ?
__________________________________________________________________
__________________________________________________________________
En cette année 2010, l'Assomption de la Vierge Marie, le 15 août (à cette page), tombe un dimanche; celui-ci aurait dû être le "Vingtième dimanche du TO" - mais la solennité de l'Assomption "prend le pas" sur la célébration du dimanche ordinaire.
Le dimanche 22 août sera donc le "Vingt-et-unième dimanche du T.O.".
__________________________________________________________________
__________________________________________________________________

Vingt-et-unième dimanche

Première Lecture - Is 66,18-21
Deuxième Lecture - Hé 12,5-7;11-13
Evangile - Lc 13,22-30
Au rythme de sa marche vers Jérusalem, Jésus donne à ceux qui le suivent des enseignements sur la conduite de leur existence terrestre:
- ils doivent avoir toujours devant les yeux la fin de leur vie (18ème dimanche)
- et la perspective du retour du Seigneur (19ème dimanche)
- auquel il ne faut préférer rien ni personne (20ème dimanche - Lc 12,49-53).
La question du nombre des sauvés vient alors assez spontanément à l'esprit. mais elle se heurte à une difficulté insurmontable: concilier la miséricorde infinie de Dieu et sa justice. En outre, les raisons qui amènent à la poser s'avèrent souvent plus ou moins suspectes: veut-on se rassurer à bon compte, en se disant qu'on sera de toute façon du nombre infini des élus, ou au contraire (voire alternativement!) entretenir la peur de l'enfer?
Dieu veut que tous soient sauvés - proclame la parole du Seigneur entre autres par l'oracle du Livre d'Isaïe lu ce dimanche. C'est pour cela qu'Il a pris l'initiative de choisir un peuple, chargé de témoigner de son dessein: rassembler les hommes "de toutes nations et de toutes langues". Il  lui a prescrit de ne considérer aucun des habitants du pays, quelle que soit son origine, comme un étranger ou un citoyen de seconde zone, car les païens sont tous appelés, eux aussi, à devenir "une offrande agréable à Dieu". Cette dimension cultuelle tempère la notion de peuple élu, et récuse celle d'un prosélytisme de conquête, agressif, qui - consciemment ou non - fait plus ou moins fi de la liberté personnelle. Dieu, lui, propose sans imposer; qui fait le mal se condamne lui-même.
La vie conforme à la volonté divine ne va certes pas sans épreuves. Mais elles n'ont absolument rien d'arbitraire: ce sont des "leçons" destinées à éduquer ceux qui les acceptent, à leur éviter de s'engager sur des routes dont la facilité est illusoire, parce qu'elles mènent à la ruine.
Au lieu de se poser des questions dénuées de sens sur le nombre des élus, il faut plutôt se conduire de façon à être reconnu digne d'en faire partie!
L'Eucharistie, mystère du Christ entré dans la gloire du Père au terme de la route de Jérusalem, donne aux chrétiens force et courage pour vivre ici-bas de telle sorte qu'un jour s'ouvre pour eux la porte étroite de la Cité d'en haut.

Polyptyque du Jugement dernier – 1446-52 – R. van der Weyden (1400-1464) – Musée de l'Hôtel-Dieu, Beaune
<- Détail: La porte (étroite!) du Royaume
__________________________________________________________________


Vingt-deuxième dimanche

Première Lecture - Si 3,17-18;20;28-29
Deuxième Lecture - Hé 12,18-19;22-24a
Evangile - Lc 14,1a;7-14
L'orgueil et l'arrogance discréditent radicalement toutes les apparences d'une qualité. L'humilité au contraire en garantit l'authenticité. Elle rend "plus aimable qu'un bienfaiteur" dit Ben Sirakh le Sage. En outre, les humbles rendent gloire à la Toute-Puissance de Dieu, à qui ils s'en remettent. La situation des orgueilleux est "sans remède", ils ne peuvent trouver grâce devant Dieu tant que "la racine" de ce mal n'a pas été arrachée de leur cœur.
Par son exemple comme par son enseignement, Jésus a proclamé que Dieu élève les humbles et confond les orgueilleux (ainsi que le chante le Cantique de Marie, Lc 1,51;53). L'occasion lui en a été fournie, en particulier un jour où il prenait un repas chez un pharisien. Il dit d'abord une parabole en voyant des invités choisir les premières places, au risque de se voir refoulés au dernier rang si quelqu'un de plus digne qu'eux se présente. En parlant ainsi, Jésus ne donne pas un conseil - somme toute assez banal - de savoir-vivre.
"Qui s'élève sera abaissé, qui s'abaisse sera élevé".
Cette sentence montre que l'enseignement de cette parabole - comme celui de toutes les autres - porte sur la foi, sur la manière dont les disciples doivent se comporter dans la perspective de l'accès au Royaume.
Le Jugement dernier - Détail des Scènes de la vie du Christ – 1451-52 Fra Angelico (env.1400-1455) Museo di San Marco, Florence
"Les premiers seront les derniers"
"Ne te mets pas à la première place, de peur qu'il n'y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi, et que celui qui vous a invités l'un et l'autre ne vienne te dire: Cède la place à cette personne-là. Tu aurais alors la honte d'aller occuper la dernière place".

Dans la Bible, la communauté de la table a une signification religieuse.
Les repas que Jésus a partagés avec ses disciples, avec des amis comme Marthe et Marie, avec Zachée, avec des publicains et des pécheurs, avec des pharisiens, sont tous comme des paraboles en actes qui ont trait au Royaume, ou aux conditions requises pour y être admis.

Leur pleine signification apparaît avec la dernière Cène que Jésus a partagée avec ses amis avant sa Passion.
<- La dernière Cène - Détail des Scènes de la vie du Christ – Fra Angelico

L'Eucharistie, célébrée en mémoire de ce que Jésus a fait ce soir-là, est le sacrement et le gage du banquet des Temps derniers.
Alors le Seigneur fera avancer jusqu'aux premières places les humbles qui ne les ont pas recherchées ici-bas.
Jésus se tourne ensuite vers son hôte. En s'adressant à cet homme religieux, il proclame "heureux" ceux qui traitent en amis les malades, les handicapés, les pauvres, sans attendre ici-bas une récompense promise à la résurrection des morts. Jésus, entré dans la Cité de Dieu, en est le médiateur.
Par lui, nous sommes déjà en communion avec tous les Justes arrivés, en lui, à la perfection.
__________________________________________________________________


Vingt-troisième dimanche

Première Lecture - Sg 9,13-18
Deuxième Lecture - Phm,9b-10;12-17
Evangile - Lc 14,25-33

Jésus n’a rien d’un démagogue qui cherche à séduire les foules par de belles promesses. Il insiste au contraire,  sans ménagements et de la manière la plus abrupte, sur les renoncements auxquels doivent consentir ceux qui veulent marcher à sa suite : le mettre au-dessus de toutes leurs affections, le préférer à leur propre vie, porter leur croix.  
Il n’ignore certes pas le commandement du Décalogue sur l’amour et les devoirs dus aux parents. Ses exigences perdraient d'ailleurs de leur force sans une très haute estime pour l’amour de son père, de sa mère, de sa femme, de ses enfants, de ses frères, de ses sœurs. Jésus a vraiment et profondément aimé les siens, ses amis, ses disciples. Mais seul l’attachement au Père et à sa volonté avait pour lui une valeur absolue.  
Un jour, à l’âge de douze ans, il a faussé compagnie à Marie et Joseph pour « être chez son Père » (Lc 2,41-51).

<- Jésus au milieu des Docteurs de la Loi  - Détail d'un triptyque anonyme sur la vie de Jésus - Bruges, vers 1500-1505 - Collection privée, Milan.
Marie et Joseph sont représentés sur le seuil, étonnés et hésitants.

Il a laissé sa mère et ses parents attendre dehors qu’il ait achevé d’instruire la foule qui se pressait dans la maison (Lc 8,19-21). Enfin, il a renoncé à sa propre vie par fidélité à la volonté du Père et à sa mission. Si Jésus demande à ses disciples de ne rien lui préférer, c’est pour les mêmes raisons. Rien de commun, dès lors, avec l’asservissement aux exigences ou à la doctrine imposées par un homme à ses partisans.  
Quand on a choisi le Christ, il ne faut plus regarder en arrière, ni remettre en question son engagement. Mais il est nécessaire de vérifier régulièrement si on prend les mesures qui s’imposent pour aller de l’avant, et mener victorieusement les combats auxquels affronte inévitablement la fidélité à l’Évangile.
On se trouvera alors parfois amené à prendre des initiatives risquées, comme le fit saint Paul. Il a ainsi accueilli un esclave fugitif, et a demandé à son maître de considérer désormais le fuyard comme un frère. C’est un exemple à retenir car, aujourd’hui, il est des circonstances où, au nom de l’Évangile et de la charité, on peut être amené à s’en inspirer.  
Agir en toute chose, en toutes circonstances, selon les intentions et les volontés du Seigneur, voilà qui requiert la fidélité à l’Évangile, folie selon le jugement des hommes, mais « Sagesse envoyée d’en haut » selon l’Esprit.
__________________________________________________________________

Vingt-quatrième dimanche

Première Lecture - Ex 32,7-11;13-14
Deuxième Lecture - 1Tm 1,12-17
Evangile - Lc 15,1-32
__________________________________________________________________

N'oublions pas, le 14 septembre, de fêter la Croix Glorieuse
(voir cette page)
__________________________________________________________________

Vingt-cinquième dimanche  
Première Lecture - Am 8,4-7
Deuxième Lecture - 1Tm 2,1-8
Evangile - Lc 16,1-13
Avec une violence peu commune, le prophète Amos fustige la conduite de ceux qui s'enrichissent au détriment des petits et des pauvres. Qui n'applaudirait à de tels propos enflammés? Ils dénoncent en effet des comportements ignominieux. Intolérables aux hommes, ils le sont encore plus à Dieu (n'oublions pas que le "pro-phète" est celui qui "parle pour" Dieu).
Mais on pourrait être amené à penser que la diatribe d'Amos ne vise qu'une poignée d'exploiteurs, éhontés, de la misère des pauvres - et que, personnellement, l'on n'est pas (ou si peu!) concerné. Il faut pourtant convenir qu'il n'est pas nécessaire d'être exceptionnellement riche ou puissant pour abuser de sa position et en tirer profit (les "petits chefs" et les "parvenus" ne sont-ils pas les plus insupportables, puisqu'ils briment et méprisent les personnes qui il y a peu étaient leurs pairs? les petits "caïds" des cités ne s'attaquent-ils pas aux biens de leurs voisins? les "machos" ne s'appuient-ils pas sur leur prétendue "virilité" pour mépriser voire maltraiter les femmes?... et l'on pourrait multiplier les exemples!). Il y a bien des façons de mettre les faibles à sa merci!
En tout cas, l'Écriture n'est pas lue dans l'assemblée pour que nous l'entendions en regardant les autres, en nous disant "Je te rends grâce, Seigneur, de ce que je ne suis pas comme ceux dont tu parles..."
La fidélité à l'Évangile requiert bien plus que la simple honnêteté légale dans l'usage et la gestion des biens terrestres. C'est ce que dit une parabole de Jésus - à première vue assez déconcertante, car on y fait l'éloge surprenant de l'"habileté" d'un économe, d'un intendant malhonnête. Sur le point d'être congédié par son maître en raison de ses malversations, il "assure ses arrières" en faisant des débiteurs de son employeurs ses obligés qui le prendront en charge lorsqu'il aura perdu son travail.
Vous, "les fils de la lumière", soyez "aussi habiles que les fils de ce siècle" dit Jésus. Mammon, l'argent, est trompeur, et d'ailleurs il ne vous appartient pas... Faites-en un usage avisé en le donnant aux pauvres, afin qu'ils vous reçoivent en amis "dans les tabernacles éternels". Vous n'emporterez rien d'ici-bas, sinon le capital de la charité, de l'amour, qui ne passe pas et qui aura été acquis en vous débarrassant de vos richesses périssables.
Comment voulez-vous que Dieu vous confie un jour ce qu'il a de plus cher si, aujourd'hui, vous décevez sa confiance dans la gestion des biens matériels de la création, qu'il a mis à votre disposition?
Impossible de servir à la fois Dieu et l'argent.
Il n'y a qu'un seul Dieu, il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes: le Christ Jésus qui s'est donné en rançon pour tous.
__________________________________________________________________

Vingt-sixième dimanche 
 
Première Lecture - Am 6,1a;4-7
Deuxième Lecture - 1Tm 6,11-16
Evangile - Lc 16,19-31
Encore un oracle d'Amos sur les méfaits des richesses. Cette fois, il ne s'agit pas de personnes cupides, mais de gens qui mettent leur sécurité dans leurs richesses dont ils jouissent éhontément, sans se préoccuper de ce qui se passe autour d'eux, de la crise sociale et politique annonciatrice de malheurs imminents. Leur insouciance est aussi oubli de Dieu; leurs banquets (semblables à ceux des païens) lui sont comme un défi: les viandes dont ils se gavent auraient dû être réservées à l'autel du Temple, leur usage de la musique est à la limite du sacrilège. Le malheur fondra donc en premier lieu sur cette "bande de vautrés" inconscients.Mais en entendant cette prophétie il faut se garder de pointer un doigt, dénonciateur voire vengeur, sur les autres. Chacun doit s'interroger sur la part de scandale que peut comporter sa vie pour les autres, sur ce que signifie (au sens étymologique fort de "donner un signe, un témoignage") l'existence qu'il mène, et finalement sur quoi ou sur qui il prend appui: sur sa  fortune, ou sur Dieu.Saint Luc a inséré - après la parabole de l'intendant malhonnête et prévoyant - celle du riche et du pauvre nommé Lazare.Dans la ligne de la tradition biblique - selon laquelle nul n'est propriétaire de ce qu'il possède, tout venant de Dieu et devant lui revenir - l'évangéliste fait du détachement des biens terrestres une exigence incontournable de la vie des disciples du Christ. Ses Actes des Apôtres montrent comment, dans la communauté chrétienne idéale, il n'y a pas de pauvres, parce que les riches partagent leurs biens avec les indigents.La parabole - qu'il est seul à rapporter - met en scène deux hommes dont l'un est riche, l'autre pauvre; mais il ne qualifie pas le premier de "mauvais" ni le second de "bon". Le riche ne fait rien de mal; simplement, il n'a pas vu le pauvre "couché devant le portail de sa maison, couvert de plaies", sans personne pour lui donner ne fût-ce que les restes qui tombaient de la table, abondamment pourvue, dressée dans la maison.Et voilà ce qui est grave.
Le riche et Lazare - Véronèse (1487-1557) – vers 1540 – Gallerie  dell'Accademia, Venise
À sa mort, le riche n'a rien dans les mains. Le pauvre, lui, est accueilli par Dieu, son "secours" (Lazare = "אלעזר 'el‛âzâr Eléazar = Dieu [est] secours").Que chacun "cherche donc à être juste et religieux", "en gardant le commandement du Seigneur": l'amour de charité envers tous, surtout les pauvres.  _________________________________________________________________


Vingt-septième dimanche 
 
Première Lecture - Ha 1,2-3; 2,2-4
Psaume - Ps 95,1-2;6-9
Deuxième Lecture- 2Tm 1,6-8;13-14
Evangile - Lc 17,5-10
La vie personnelle, celle de l'Église et celle du monde mettent souvent la foi à l'épreuve. Comment Dieu peut-il tolérer tant d'injustices et de violences, tant de maux et tant de souffrances, lui qui est bon, juste et tout-puissant? Est-il sourd aux déchirants appels au secours qui montent de partout? ou superbement indifférent à ce qui se passe?... Ces questions ne sont pas d'aujourd'hui. Que de telles interrogations montent douloureusement du coeur du croyant n'a donc rien d'anormal. On les trouve fréquemment dans le Psautier, et, comme le prophète Habaquq dont un texte est lu ce dimanche, il faut oser interpeller Dieu...
Et ce que Dieu lui a répondu a beaucoup plus d'importance que n'importe quelle réponse circonstanciée (et donc, par définition, d'application limitée): "Ne doutez pas de ma fidélité. Le juste survivra".
Une telle foi est capable de déplacer, de franchir des montagnes de difficultés et d'épreuves; car, à travers tout, le croyant garde une confiance inébranlable en Dieu qui, c'est sûr, interviendra à son heure, au temps le plus favorable pour ceux qui lui restent fidèles.

Cette fidélité est celle de serviteurs heureux, fiers et reconnaissants d'avoir été "choisis pour servir en [sa] présence" (Prière eucharistique II). Ils ne demandent rien d'autre, s'en remettant à lui pour reconnaître qu'ils ont fait leur devoir. Ils se souviennent en effet que Jésus, leur Seigneur et leur Maître, "est au milieu d'eux comme celui qui sert".
Le lavement des pieds - 1125-1150 - Abbatiale Saint-Gilles, Saint-Gilles-du-Gard.
Ils ont reçu l'Esprit, qui leur a permis de surmonter leur "peur", et les a emplis "d'amour et de raison" pour rendre témoignage, sans honte, à l'Évangile dont ils sont dépositaires. Ils ont mission de le garder, et de l'annoncer par leur manière de vivre, "dans toute sa pureté grâce à l'Esprit Saint qui habite en eux". 
__________________________________________________________________

Vingt-huitième dimanche
  
Première Lecture - 2R 5,14-17
Psaume - Ps 98,1-4
Deuxième Lecture - 2Tm 2,8-13
Evangile - Parce qu'ils étaient frappés d'impureté rituelle, les malades souffrant de maladies de peau évolutives (on parle à tort de "lèpre", inconnue dans le Bassin méditerranéen antique) étaient exclus de la vie et du culte. En cas de guérison, les prêtres devaient constater officiellement celle-ci, pour les réintégrer socialement (
__________________________________________________________________

Vingt-neuvième dimanche 
 
Première Lecture - Ex 17,8-13 
Psaume - Ps 121,1b-8 
Deuxième Lecture - 2Tm 3,14 - 4,2
Evangile - Lc 18,1-8

Ce dimanche et les deux suivants seront lues trois séquences d'évangile propres à saint Luc. Ces textes forment un ensemble homogène et précieux pour mieux comprendre
- son évangile, "exposé suivi" des événements dont ont été "témoins oculaires" ceux qui ont accompagné Jésus "depuis les origines" de son ministère (Lc 1,2-3);
- les faits qu'il narre dans les Ac.
Dans cette œuvre en deux parties, la prière tient une place particulièrement importante.
Comme Jésus, les disciples prient avant tout pour l'avènement du salut universel. "Notre Père qui es aux cieux... que ton règne vienne...": la prière "reçue du Sauveur" en témoigne et le rappelle quotidiennement aux chrétiens. Ils savent que cette prière sera exaucée "sans tarder" car c'est "aujourd'hui" que s'accomplissent les promesses du Dieu fidèle (Lc 4,21), dans ce monde "en douleurs d'enfantement" (Rm 8,22).

Pour tenir dans les combats et les épreuves en gardant ferme l'espérance, il faut s'accrocher à la parole de Dieu. Elle est au cœur de toute célébration liturgique.
La proclamer "à temps et à contre-temps" est la tâche primordiale de toute l'Église, et de tous ceux qui - sous une forme ou sous une autre - exercent un ministère dans la communauté.
L'écouter est la caractéristique du disciple, homme de la Parole et non "du Livre" comme on l'entend trop souvent dire*. Cette parole, transmise par les Écritures, doit être sans cesse méditée, scrutée, dans la foi, à nouveaux frais, à la lumière de l'Esprit et des "signes du temps".
Nourriture, Pain pour chaque jour, elle n'est pas comme un texte ancien à étudier la tête froide.
La prière est le test, le révélateur, la source et l'expression de la foi qui se traduit en actes. La parole de Dieu montre où est le bien et la manière de l'accomplir librement, c'est-à-dire en connaissance de cause. Elle balise la route de la justice et de la sainteté. Avec elle, chacun est armé pour le combat de la vie selon Dieu.
Seules la foi et la prière permettent de tenir contre les assauts répétés de l'Ennemi toujours prêt à nous assaillir, et de le vaincre: "Souviens-toi d'Amalek"! 
-----
* L'expression "religions du Livre" pour désigner les trois monothéismes est en fait une expression typique de l'Islam; l'Islam en effet est - et se veut - la religion d'un livre, et d'un seul, le Coran, absolument intangible.
Or cette expression repose précisément
- sur la réduction de la Bible (Premier et Nouveau Testaments confondus) à une interprétation erronée du Coran (= "le Livre", qui serait "la seule vraie révélation" divine);
- donc sur la pétition de principe que Juifs et Chrétiens sont des "musulmans qui s'ignorent", car leurs religions reposeraient sur des versions "perverties" du Coran;
- et sur la méconnaissance totale de l'attitude d'étude priante que tout Juif et que tout Chrétien se doit d'avoir sur la Bible;
- sur la réprobation - voire la persécution - des musulmans (seuls ou en "Confréries") qui s'adonnent à la réflexion sur le Coran, voire à la traduction de ce dernier.
Les Chrétiens (comme le font les Juifs) se doivent donc de récuser cette appellation: ils sont les hommes d'un Dieu-Homme-Esprit et de sa Parole, non "du Livre"... qu'est le Coran!
__________________________________________________________________

Trentième dimanche 
 
Première Lecture - Si 35,12-14;16-18 
Deuxième Lecture - 2Tm 4,6-8;16-18
Evangile - Lc 18,9-14Au temps de Jésus, "pharisien" n'avait pas - comme aujourd'hui - un sens péjoratif; au contraire, il désignait des hommes remarquables par leur connaissance et leur observance de la Loi, et leur conduite morale (saint Paul était fier de dire qu'il venait du milieu pharisien, et qu'il avait eu pour Rabbi, pour maître, l'un des plus remarquables d'entre eux, Gamaliel): le petit peuple les admirait volontiers, en raison de leur idéal religieux; et, au début, beaucoup ont pu penser que Jésus se situait dans la même perspective qu'eux.
__________________________________________________________________

Trente-et-unième dimanche 
 
Première Lecture - Sg 11,23 - 12,2
Psaume - Ps 145,1b-2;8-11;17;14  
Deuxième Lecture - 2Th 1,11 - 2,2
Evangile - Lc 19,1-10
__________________________________________________________________

Trente-deuxième dimanche

Première Lecture -Après Jéricho, nous voici enfin à Jérusalem, ultime étape de l'itinéraire terrestre de Jésus. Des sadducéens viennent le trouver, et lui soumettent leurs objections contre la résurrection - sous forme d'un "cas d'école" assez peu vraisemblable. "Tenez-vous-en fermement aux ceritudes de la foi", dit Jésus. "Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais celui des vivants: tous vivent et vivront éternellement de sa vie". Chercher à savoir comment, sous quelle forme, est aussi vain que vouloir imaginer le "visage" du Dieu invisible!...
__________________________________________________________________

14 novembre 2010
Trente-troisième dimanche

Première Lecture - Ml 3,19-20a
Psaume -
Ps 98/99, 5-9
Deuxième Lecture -
2Th 3,7-12
Evangile -
Lc 21,5-19
Chaque année, la liturgie du trente-troisième dimanche du Temps ordinaire évoque "μαρτύριον" qui a donné en français "le martyre", comme "
__________________________________________________________________

21 novembre 2010
Trente-quatrième et dernier dimanche:
le Christ, Roi de l'univers.

Comme chaque année, le trente-quatrième dimanche clôt le Temps ordinaire et l'année liturgique.
Comme "couronnement" de cette année, nous célébrons la fête du "Christ-Roi', comme l'on dit souvent par abréviation - célébration préparée par tous les dimanches du TO, mais surtout par le trente-troisième, qui annonce la venue du "Roi de l'univers".
__________________________________________________________________
__________________________________________________________________



Assistant de création de site fourni par  Vistaprint