Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven


Premier dimanche après la Pentecôte:
La Sainte Trinité (B)



Introduction

Tout vient du Père, par Jésus Christ, son Fils fait homme, grâce à l’action de l’Esprit Saint et à sa présence en nos cœurs. Tel est le double mouvement, descendant et ascendant, du Mystère du Salut. Chaque sacrement donné « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », comme la prière adressée au Père par le Fils dans l’Esprit, est une profession de Foi au Dieu unique en trois « Personnes ». C’est le mystère que célèbre solennellement la fête de ce dimanche

Un extrait du Livre du Deutéronome (Première Lecture: Dt 4,32-34;39-40) témoigne d’abord de la manière dont Israël a progressivement découvert qui est Dieu : à partir de l’expérience de son action et de ses initiatives de Salut, et non au terme de quelque spéculation philosophique ou théologique.
En mettant les paroles rapportées sur les lèvres de Moïse, l’auteur de ces pages use d’un procédé littéraire qui fait ressortir l’importance capitale des événements de l’Exode.
Cette évocation est d’actualité.
Le souvenir de ces temps-là reste, aujourd’hui encore, fondement de la Foi et de l’Espérance des croyants – car ce que nous appelons l’Ancien ou le Premier Testament appartient à notre Histoire.
Cette page rappelle ce qu’il ne faut jamais oublier : Dieu ne se démontre pas, il se montre. Des signes de sa présence et de son action, dans le monde et dans l’histoire, demeurent perceptibles ; loin de justifier le doute, son apparente absence doit susciter un sursaut de Foi et d’Espérance.


Au moment de quitter cette terre pour retourner vers son Père, Jésus, sur qui reposait l’Esprit, a solennellement promis aux siens de rester avec eux « tous les jours jusqu’à la monde ».
Aux Apôtres prosternés devant lui dans un geste d’adoration, il a ordonné d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut à toutes les nations, de les engendrer à la vie divine par le baptême.
« Apprenez-leur à garder les commandements, à progresser, jour après jour, sur la route du bien, à faire la volonté de Dieu, à vivre dociles à l’Esprit Saint ». (Evangile : Mt28, 16-20)


Reçu par les baptisés, l’Esprit Saint atteste en leurs cœurs qu’ils sont vraiment enfants du Père. Il leur donne d’oser s’adresser à Dieu avec confiance, en disant « Abba, Père ». (Deuxième Lecture : Rm 8,14-17)



Les Textes
 

• Première Lecture :
 
• Dt 4,32-34 ;39-40

Attribuée à Moïse, cette page du Deutéronome témoigne de l’expérience séculaire du peuple de la Bible. Il a progressivement acquis une conscience toujours plus vive de la présence du Seigneur au milieu de lui, dans son histoire singulière. Ses initiatives révèlent « la vigueur de son bras » mise au service du dessein de salut dont rien ni personne ne saurait entraver l’accomplissement. Il n’est pas un dieu parmi d’autres : il est l’Unique:
יהוה הוא האלהים אין עוד מלבדו׃
Littéralement : יהוה – YHWH l’Eternel ; הוא – lui ; האלהים – Dieu ; אין – pas un ; עוד – encore ; מלבדו – en dehors de lui seul. (Dt 4,35)
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* Voir page « Le bras de Dieu ».
 

• Psaume :
 
• Ps 33(numérotation hébraïque) /32 (numérotation liturgique), 4-6 ;9 ;18 ;20-22
 
Fidèle, juste et bon : tel est Dieu depuis toujours et pour toujours.

Remarque rhétorique sur le verset 5 : l’expression binaire « צדקה ומשפט (avec sa variante צדק ומשפט, que l’on trouve en Ps 89,15 ; et 97,2) = la justice et l'équité » est un cas classique d’expression figée, de synthème.
 

• Deuxième Lecture :
 
• Rm 8,14-17
 
L’Esprit, la plus mystérieuse des Personnes divines, se manifeste par son action, invisible  dans le monde, mais sensible dans le cœur de l’homme. Il fait de nous des enfants de Dieu. Par lui, nous crions vers Dieu en l’appelant « notre Père ».
Il nous introduit dans la communion de la Sainte Trinité.
 

• Evangile :
 
• Mt 28, 16-20
 
-        Mission universelle des Apôtres, 
-        don du baptême « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit », 
-        promesse de la présence du Ressuscité « tous les jours jusqu’à la fin du monde »,
donnent à ce récit évangélique une claire portée ecclésiale.
 
 
Pour prolonger la méditation

-       Étude d'icônes typologiques : Voir à cette page.

-        Versets du Nouveau Testament :
-        Mc 1,9-10 : « Au moment où il sortait de l’eau du Jourdain, Jésus vit le ciel se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour. »
-        Lc 10, 21-22 : « Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ; »
-        Rm 8,11;16-17 : « L’Esprit Saint lui-même affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui, pour être dans la gloire. »
-        2Co 13,13 : « Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. »
-        1P 1,1-2 : « Moi, Pierre, Apôtre de Jésus-Christ, à vous qui êtes comme en exil – dispersés dans les provinces du Pont, de Galatie, de Cappadoce, d’Asie et de Bithynie – choisis selon le plan de Dieu le Père, dans l’Esprit qui sanctifie, pour obéir à Jésus-Christ et être purifiés par son sang. »  

-        Commentaires patristiques : 
-        De saint Cyrille d’Alexandrie, Commentaire sur l’Évangile de Jean 11,7 :
Le nom  de Père convient à Dieu plus proprement que le nom de Dieu : celui-ci est un nom de dignité, celui-là signifie une propriété substantielle […] Que ce nom de Père soit plus vrai et plus propre que celui de Dieu, le Fils lui-même nous le montre par l’emploi qu’il en fait. Il disait non pas « Dieu et moi », mais « Moi et le Père, nous sommes un »*. Et il disait aussi « C’est lui, le Fils que le Père a marqué de son empreinte »**. Mais quand il a prescrit à ses disciples de baptiser toutes les nations, il a expressément ordonné que cela se fasse non pas au nom de Dieu, mais « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.  
* Jn 10,30
** Jn 6,27

<- Détail du triptyque de la Sainte Trinité, par Nardo di Cione (vers 1300-1365) - Accademia, Florence.



-         De saint Irénée de Lyon, Démonstration de la prédication apostolique :
Voici quelle est la règle de notre foi, voici ce qui fonde notre édifice, voici ce qui donne fermeté à notre comportement.
D'abord : Dieu Père, incréé, illimité, invisible ; Dieu un, créateur de l'univers ; c'est le premier article de notre foi.
Deuxième article :le Verbe de Dieu, Fils de Dieu, Jésus Christ, notre Seigneur ; il a été révélé aux prophètes selon le genre de leurs prophéties et selon le dessein du Père; par son entremise, tout a été fait ; à la fin des temps, pour récapituler toutes choses, il a daigné se faire homme parmi les humains, visible, palpable, pour ainsi détruire la mort, faire apparaître la vie et opérer la réconciliation entre Dieu et l'homme.
Et troisième article : l'Esprit Saint ; par lui, les prophètes ont prophétisé, nos pères ont appris les choses de Dieu et les justes ont été guidés dans la voie de la justice ; à la fin des temps, il a été répandu d'une manière nouvelle sur les hommes, afin de les rénover sur toute la terre, pour Dieu.
      C'est pourquoi le baptême de notre nouvelle naissance est placé sous le signe de ces trois articles. Dieu le Père nous l'accorde en vue de notre nouvelle naissance dans son Fils par l'Esprit Saint. Car ceux qui portent en eux l'Esprit Saint sont conduits au Verbe qui est le Fils, et le Fils les conduit au Père, et le Père nous accorde l'immortalité. Sans l'Esprit il est impossible de voir le Verbe de Dieu, et sans le Fils on ne peut pas approcher du Père. Car la connaissance du Père, c'est le Fils, et la connaissance du Fils se fait par l'Esprit Saint, et le Fils donne l'Esprit selon le bon plaisir du Père.

-        D’auteurs modernes :
-         De Paul Claudel,Je crois en Dieu : 
Tout l’Ancien Testament ne fait que balbutier la première lettre du nom sacré (qui est aussi la première lettre de l’alphabet) : A, a – et c’est le Fils qui seul a été  rendu capable de l’achever et de le mettre dans notre bouche sous sa forme parfaite : Abba, Père ! Notre Père qui êtes aux cieux.
-         Du P. François Varillon, La souffrance de Dieu :
Je ne puis pas ne pas croire, sauf à être moi-même défaillant dans ma foi, que Dieu veut d’un vouloir éternel que l’humanité entière accède à la connaissance explicite de celui qu’il a envoyé, Jésus Christ. « Faites de toutes les nations des disciples »*. Il m’est donc permis de penser que toute lenteur paresseuse, toute négligence, tout défaut d’énergie pour faire connaître et aimer le Fils meurtrit le Père et contriste l’Esprit. Cela devrait suffire à nourrir en moi, gratuitement, une flamme
* Mt 28,19
-         De D. Cerbelaud, Vraiment, tu es un Dieu caché ! Variations théologiques sur le thème de l’intériorité (1983) :
Quel est le noyau véritable de toute formule dogmatique ? Quel est le premier mode de la parole théologique ? Antérieurement à toute élaboration dogmatique, la première affirmation chrétienne est d’ordre liturgique. Historiquement et « essentiellement », c’est en effet la confession de foi qui précède toute dogmatisation […] Il faut rappeler que le dogme trinitaire plonge ses racines dans la liturgie baptismale […] Et plus généralement on peut dire que la liturgie est la véritable matrice de toute théologie. Or le langage parlé par la liturgie n’est autre que celui de l’Ecriture. La liturgie, ce n’est que l’Ecriture revue au prisme de Résurrection du Christ et architecturée par la méditation ecclésiale de cet événement, qui se dispense au long de la temporalité créée.
-         De la CFC (Commission francophone Cistercienne), La nuit le jour – Hymnes et tropaires : 
Dieu inconnu, ô Toi qui es 
Présence aux nuits de notre histoire 
Tu fais pointer en nos ténèbres 
L’Espérance ; 
Brise les forces de la mort : 
De nos yeux nous te verrons, 
Dieu inconnu ! 
  
Jésus Seigneur, Toi qui étais 
Auprès du Père avant les siècles, 
Ton passage nous découvre 
Le Mystère ! 
Trace un chemin dans notre vie : 
Sur tes pas nous marcherons, 
Jésus Seigneur !   

Esprit de feu, ô Toi qui viens 
Prendre les hommes dans ton souffle, 
Tu déploies dans leur faiblesse 
Ta puissance ; 
Brûle d’amour les fils de Dieu : 
Dans ta joie nous entrerons, 
Esprit de feu !

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