Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven


Qu'est-ce qu'un saint?




La sainteté ne signifie pas la perfection mais le fait de vouloir appartenir à Dieu.

Au sein de l'Eglise, tous sont appelés à la sainteté.
Le baptême implique cette vocation, commune à tous les membres du peuple de Dieu - simples laïcs ou gens d'Église, vivant dans le monde ou en communauté religieuse, mariés ou célibataires...
Quelle que soit sa condition - physique, culturelle, intellectuelle, sociale - quel que soit son âge, tout baptisé doit travailler à faire rayonner le Royaume de Dieu par la sainteté de sa vie.

Comment les croyants répondent-ils à cet appel?
Par la fidélité à leur baptême, en persévérant dans la prière et la louange à Dieu, en se déployant en charité - pas seulement charité à l'égard des frères, mais charité à l'égard de chacun des hommes, puisque Dieu porte son amour à chacun des hommes...
L'appel à la sainteté atteint chacun là où il vit, suivant sa condition propre(voir quelques exemples ci-dessous...)

L'Église fête tous les saints, reconnus ou inconnus, le 1er novembre, à la Toussaint (fête qu'il ne faut pas confondre avec le jour des Morts, lesquels sont fêtés le lendemain).


Les saints ne sont pas des parangons de vertu - ils sont d'abord des êtres qui se sont largement ouverts à Dieu et reflètent son amour.

Lorsqu'ils le reflètent plus clairement que d'autres, l'Eglise peut les canoniser, reconnaissant ainsi officiellement la qualité spirituelle de leur vie.

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Pierre ne peut jamais se détacher de cette question : « M'aimes-tu ? » Il la porte avec lui où qu'il aille [...]
Il la porte lui seul, et pourtant il n'est plus seul. D'autres la portent avec lui [...]
Il y a eu et il y a bien des hommes et des femmes qui ont su et qui savent encore aujourd'hui que toute leur vie a valeur et sens seulement et exclusivement dans la mesure où elle est une réponse à cette même question : « Aimes-tu ? M'aimes-tu ? »
Ils ont donné et ils donnent leur réponse de manière totale et parfaite - une réponse héroïque - ou alors de manière commune, ordinaire.
Mais en tout cas ils savent que leur vie, que la vie humaine en général, a valeur et sens dans la mesure où elle est la réponse à cette question : « Aimes-tu ? »
C'est seulement grâce à cette question que la vie vaut la peine d'être vécue.
(Extrait d'une homélie de Jean-Paul II, à Paris, mai 1980)

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"Saint(e)s" de notre temps?...

Morts ou vivants...
Canonisés, béatifiés ou non...

Avec des vies
simples et lumineuses pour certains,
plus "chaotiques" pour d'autres...

Tou(te)s ont quelque chose à nous dire!


"Même si tu te sens peu de chose,
le Seigneur te veut saint.
 Il a besoin de ta faiblesse
pour approcher les gens et montrer la puissance de son amour".



Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus de la Sainte-Croix
(1873-1897).
Meurt de la tuberculose, après avoir connu l'épreuve du vide spirituel; mais le 28 juillet 1897, au moment de mourir, elle regarde par la fenêtre et désigne l'ombre des marronniers du Carmel et s'écrie:
"Voyez là-bas ce trou noir où l'on ne distingue plus rien. C'est dans un trou comme celui-là que je suis, pour l'âme et pour le corps. Ah! oui, quelles ténèbres! Mais j'y suis dans la paix"



Jean Vanier
(1929)
Ancien officier de la marine royale britannique, et professeur de philosophie, a fondé en 1964 la première communauté de l'Arche, pour que vivent ensemble personnes valides et personnes handicapées mentales.




Jerzy Popieluszko
(1947-1984)
Prêtre polonais, proche des jeunes et du syndicat Solidarnosc, exécuté par la police politique du régime.



Sœur Emmanuelle
Après avoir enseigné, en tant que religieuse de Notre-Dame-de Sion, à Istanbul, à Tunis et à Alexandrie,
aux jeunes filles de la "bonne société"
a passé plus de vingt ans avec les chiffonniers du Caire, leur apprenant à lire et à écrire, leur donnant souvent un métier, mais surtout une dignité.





Edith Stein, sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix
(1891-1942)
Juive, philosophe, baptisée en 1922, elle entre au Carmel en 1933. Arrêtée le 2 août 1942, elle est déportée et gazée sept jours plus tard.



Charles de Foucauld
(1858-1916)
Jeune homme noceur et agnostique, brillant officier passé par Saint-Cyr et Saumur, explorateur au Maroc, un matin d'octobre 1886, poussé par sa cousine Marie, il entre à l'église Saint-Augustin, se confesse à l'abbé Huvelin, communie: "Aussitôt, je sus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que vivre pour lui". Il fait l'expérience de la pauvreté et du silence en Terre Sainte puis en Syrie. Ordonné prêtre à 43 ans, il décide de s'installer au Maroc, à Beni-Abbès: "Je veux habituer tous les habitants, chrétiens, musulmans, juifs, idolâtres, à me regarder comme leur frère, leur frère universel". Mais c'est dans son ermitage du Hoggar, auprès des Touareg dont il parle parfaitement la langue, qu'il réalise enfin sa vocation: sa grande intuition - dont vivent aujourd'hui encore ses disciples - est la vie cachée de Jésus à Nazareth: vie cachée mais ouverte, vie silencieuse mais accueillante. Dans la nuit du 1er décembre 1916, son ermitage est attaqué, il tué à bout portant par un jeune pillard... Il est pleuré par tous
les Touareg de la région.





Madeleine Delbrêl
(1904-1964)
Convertie à 29 ans, elle devient assistante sociale dans la banlieue ouvrière d'Ivry. Elle y sera témoin jusqu'au bout des valeurs évangéliques.
Elle est l'auteur de Nous autres, gens des rues.




Alice Domon (ci-contre - née en 1937) et Léonie Duquet (née en 1916) ont été assassinées en 1977 par les militaires, en pleine dictature argentine.
Elles étaient religieuses des Missions étrangères de Seysses (Haute-Garonne)



Edmond Michelet
(1899-1970)
Résistant dès le 17 juin 1940 (il distribue des tracts dans les boîtes aux lettres de Brive), il est déporté à Dachau.
Nommé ministre des Armées en 1945, garde des Sceaux de 1959 à 1961, et de nombreuses fois ministre - il considère toutes ces hautes fonctions comme des "services" et les exerce avec un sens profond du devoir et toujours en accord avec sa foi profonde.



Léon Harmel
(1829-1915)
Industriel, c'est un pionnier de l'action sociale catholique en France. Il organise son usine du Val-des-Bois de la Marne comme une communauté chrétienne.





Père Joseph Wresinski
(1917-1988)
Fonde en 1957 ATD ("Aide à toute détresse")-Quart-Monde,
association caritative pour les plus démunis, en France d'abord, puis dans différents pays.




Baudouin Ier, roi des Belges
(1930 -1993)
Orphelin de mère à 5 ans, il connaît la résidence surveillée puis la captivité de 10 à 15 ans à cause des nazis. Roi à 21 ans, il s'impose dans un climat très tendu grâce à sa capacité d'écoute et d'amour - et ces capacités augmentent encore après son mariage en 1960 avec Fabiola de Mora y Aragón. Tous deux participent quotidiennement à la messe, mettent en œuvre de nombreuses actions caritatives, rendent de fréquentes visites (impromptues) aux plus "cassés" par la vie (démunis, handicapés, prostituées, malades - du SIDA en particulier, etc.). De leur union si harmonieuse ne naît pas d'enfant: "Nous nous sommes interrogés sur le sens de cette souffrance. Peu à peu nous avons compris que notre cœur était plus libre pour aimer tous les enfants, absolument tous les enfants". Lors de ses obsèques (la reine Fabiola y portait le deuil en blanc, en signe d'espérance), le cardinal Danneels a pu dire: "Il y a des rois qui sont plus que des rois, ils sont les bergers de leur peuple. Ils ne font pas que régner, ils aiment jusqu'à donner leur propre vie.
Tel fut le roi Baudouin. Il aimait."




Padre Pio
(1887-1968)
Capucin italien, stigmatisé en 1918. Béatifié par Jean-Paul II en 1999.





Martin-Luther King
(1929-1968)
Pasteur baptiste baptiste américain, il a mené jusqu'à son assassinat une lutte ardente et pacifiste visant à l'intégration de la population noire, n'hésitant ni à organiser des manifestations ni à interpeller directement les politiques.
Prix Nobel de la paix en 1964.




Pierre Claverie
(1938-1996)
Evêque d'Oran, prédicateur de l'amour et de la vérité, à la parole libre et sereine, il est tué par l'explosion d'une bombe alors qu'il rentre dans son évêché.






Raïssa et Jacques Maritain
(1883-1959; 1882-1973)
Mariés en 1904, baptisés en 1906 (Léon Bloy est leur parrain; Jacques écrira combien ce pas d'adulte les a fait "changer de fin dernière", pas de racines, ni d'horizons terrestres), ils décident en 1912 de faire vœu de chasteté. Leur vie est une aventure de la pensée. Yves Congar, alors tout jeune, Jean Cocteau, Georges Rouault, Pierre Reverdy, Eric Satie, Max Jacob, Mauriac, Julien Green, Emmanuel Mounier, Léon Bloy bien sûr et beaucoup d'autres viennent boire à la source de cette amitié - pleine de vie intellectuelle et de foi, d'affabilité, et d'ampleur d'esprit...
Ils illumineront la vie intellectuelle française dans les années 1920-1940, puis l'après-guerre aux USA.
Lorsque Raïssa agonise, elle reproche doucement à Jacques, qui s'effondre sous la peine: "Tu me déçois". Elle meurt. Il rassure Julien Green: "Elle est heureuse et elle veut que je sois courageux". Il rejoint alors les petits frères de Jésus. Il sera observateur au concile Vatican II. Paul VI lui remettra le message du concile "Aux hommes de la pensée et de la science"; et pleurera en apprenant sa mort.


Marthe Robin
(1902-1981)
Fille de paysans peu pratiquants de Châteauneuf-de-Galore (Drôme), elle est définitivement paralysée en 1928 à la suite d'une encéphalite motrice. Stigmatisée, elle revit chaque vendredi dans son corps la passion du Christ, et ne reçoit que l'Eucharistie pour toute nourriture solide. Mais elle n'en fait aucune publicité: sa préoccupation, trente ans avant le concile Vatican II, c'est de faire prendre aux laïcs leur place dans l'Eglise. Le Christ lui inspire la création d'une œuvre d'un type nouveau: "Je veux qu'elle soit un foyer éclatant de lumière, de charité, d'amour [...] l'oasis vivifiante aux âmes de bonne volonté, aux âmes anxieuses et découragées, aux pécheurs endurcis et sceptiques." A partir de 1936, le Père Finet se charge de la fondation des "Foyers de charité" - il y en a désormais sur tous les continents; et ils seront à l'origine de nombreuses communautés modernes: Béatitudes, Emmanuel, congrégation Saint-Jean, etc. Malgré ses souffrances permanentes, elle reçoit plus de cent mille personnes en cinquante ans - toujours avec le sourire. "Quant à l'avenir, [...] je ne sais rien sauf une chose: que l'avenir, c'est Jésus." 


... et l'abbé Pierre, et sœur Teresa, et les moines de Tibhirine, et Anne-Marie Javouhey, et Pauline Jaricot, et Yves Congar, et Frère Roger, et Thomas Merton, et Dietrich Bonhoeffer, et Charles Péguy, et Pierre Teilhard de Chardin, et Robert Schuman, et Jean-Paul II, et Jacques Loew, et Paul Claudel, et Olivier Messiaen, et... et... et...


Et on pourrait en ajouter tant d'autres encore...


Et vous-mêmes, combien en connaissez-vous,
(vous êtes peut-être les seuls à les connaître!)
qui un jour vous ont montré
quelque chose de Dieu?...

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"Sois comme une présence consciente de Jésus
au milieu de tant de détresses.
Même si tu te sens peu de chose, le Seigneur te veut saint.
 Il a besoin de ta faiblesse pour approcher les gens
et montrer la puissance de son amour."
(Extrait d'une lettre du roi Baudouin à un ami)
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