Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven





Saints
Pierre et Paul, Apôtres



(Solennité)





Le 29 juin, l’Église honore à la fois saint Pierre et saint Paul, les deux piliers de l’Église.
Jamais la Tradition ne les a fêtés l’un sans l’autre : ils sont inséparables... et pourtant à l'origine si différents!



Illustrations: Détails de "L'incrédulité de saint Thomas", bas-relief du cloître roman Santo Domingo de Silos (Espagne, fin du XIème siècle) - voir l'intégralité du bas-relief à cette page.

(1). Le "grand saint Paul" et le "saint apôtre Pierre", comme ils sont désignés par les inscriptions de leurs auréoles.
On notera que, si leurs visages sont tournés vers leur droite, où se tient le Christ ressuscité, leurs pieds sont déjà tournés, prêts qu'ils sont à partir en mission.
Paul est reconnaissable à son crâne dégarni, conformément à une très ancienne tradition; le "Maître de Silos" a en outre creusé son front de rides, marques annonçant la préoccupation de Paul pour les Églises qu'il fondera.
Pierre a l'index levé, symbole de l'autorité.



1. Pourquoi "Pierre et Paul"?


Fils de pêcheur et pêcheur lui-même, simple, sans éducation ni culture qui l’auraient préparé à jouer un rôle de premier plan, Simon-Pierre était de Capharnaüm en Galilée, ville située au bord du lac de Tibériade.
Saül-Paul était un Juif de la diaspora, de Tarse en Asie Mineure, pharisien, disciple de Gamaliel, et qui plus est citoyen romain.


Tous deux verront leur vie bouleversée par la rencontre avec Jésus de Nazareth, dans des circonstances, certes, bien différentes:
Après une pêche miraculeuse, le Seigneur interpelle Simon : « Viens derrière moi. Je ferai de toi un pêcheur d’hommes » (Mc 1,17) .
Saül, « animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur » (Ac 9,1), est enveloppé de lumière sur le chemin de Damas, tandis qu’une voix retentit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes ».


Simon devenu Pierre (= "une pierre") laisse ses filets et son foyer pour suivre le rabbi.
Saül devenu Paul (= "un rien") se met à la disposition des apôtres.


Pierre reçoit de l’Esprit-Saint la révélation de l’identité de son Maître : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ».
Paul entend « des paroles inexprimables, qu’on n’a pas le droit de redire » (2 Co 12, 4).


Pierre reçoit la charge de paître le troupeau de l’Eglise : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ».

(2)Détail de "L'incrédulité de saint Thomas" ->
Pierre tient dans sa main gauche une superbe clef castillane en fer forgé, symbolisant sa mission de gouvernement de l’Église (cf. Mt 16,19: "Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux").

Paul a reçu l’imposition des mains d’Ananie, qui était avant lui sous l’onction du Saint Esprit (Ac 9,17); il a soumis son apostolat à l’approbation de l’Eglise réunie à Jérusalem (Ga 2,2); mais il a toujours considéré, eu égard aux révélations extraordinaires dont il fut bénéficiaire, que sa mission était celle d’un authentique apôtre.

<- (3) Détail de "L'incrédulité de saint Thomas"
La banderole (phylactère) que Paul tient à la main porte une citation de sa deuxième Lettre aux Corinthiens: "Afin que la grandeur des révélations ne m'emplisse pas d'orgueil".

Même s’il n’avait pas connu Jésus « selon la chair » (2Co 5, 16), sa connaissance du Christ, toute spirituelle et reçue par grâce, ne fut pas moindre que celle des « témoins oculaires devenus serviteurs de la Parole » (Lc 1,2).
Aussi ne voulut-il jamais sacrifier ses propres convictions aux vues du plus autorisé des apôtres ; il « s’opposa ouvertement à Pierre à Antioche » (Ga 2,11) afin de préserver la liberté spirituelle acquise dans le Christ.



Paul se voit confier par Dieu « l’annonce de l’Évangile aux païens, comme Il l’avait confié à Pierre pour les Juifs » (Ga 2,7).


Tous deux donneront le suprême témoignage du martyre : Pierre sera crucifié et Paul (en tant que citoyen romain) décapité.
La Tradition raconte que, touché par les larmes des fidèles, Pierre songea d’abord à fuir la persécution que venait de soulever l’empereur Néron ; mais, comme il sortait de Rome, il vit le Christ se présenter à lui :
- Où allez-vous, Seigneur ? lui demanda-t-il.
- Je vais à Rome, répondit Jésus, pour y être à nouveau crucifié.
A ces mots, le Sauveur disparut, et Pierre comprit qu’il devait revenir à Rome pour y subir le sort de son Maître.

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C’est donc ensemble qu’ils représentent, dans la complémentarité de leurs missions et charismes respectifs, le ministère apostolique de l’Eglise toute entière.

C’est pourquoi, après son intronisation solennelle en la Basilique Saint Pierre, Benoît XVI s’est immédiatement rendu en la Basilique Saint Paul pour signifier cette double allégeance.

C’est également en la fête des Apôtres Pierre et Paul qu’étaient traditionnellement ordonnés les prêtres - et qu'ils le sont toujours très fréquemment. 

La liturgie byzantine souligne le lien spirituel qui unit la solennité de ce jour et celle de la Pentecôte ; le témoignage des Apôtres est en effet le fruit direct de la descente sur eux du Saint-Esprit.
Un carême spécial - dit « carême des apôtres » - prépare même les fidèles à cette solennité : c’est en dire l’importance. La période de jeûne - en pratique assez adouci - commence le lundi qui suit le premier dimanche après la Pentecôte et prend fin avec la journée du 28 juin.

Puissions-nous nous ouvrir à la grâce de cette solennité et nous laisser renouveler dans notre vocation missionnaire,fidèles à l’institution pétrinienne et au charisme paulinien!

« Réjouis-toi, ô Pierre l’Apôtre, toi le grand ami du Maître, Christ notre Dieu.
Réjouis-toi, bien aimé Paul, prédicateur de la foi et docteur de l’univers.
A cause de cela, intercédez tous deux auprès du Christ notre Dieu pour le salut de nos âmes! »
(Oraison de la liturgie byzantine).

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2. Histoire de la fête


Le plus ancien "Calendrier romain" qui nous soit parvenu date de 354.
Parmi les fêtes dont il donne la liste, on trouve, à la date qui correspond à notre 29 juin,
- une célébration de saint Pierre sur la colline du Vatican,
- et une autre, de saint Paul, sur la Voie d'Ostie.
Cette double célébration s'est rapidement répandue dans tout l'Occident, à commencer par l'Afrique, ainsi qu'en témoignent plusieurs sermons de saint Augustin (354-430).

Des églises en grand nombre ont été dédiées aux deux Apôtres: en Italie d'abord, puis en Espagne, en Gaule, plus tard en Angleterre (Cantorbéry).
Des villes et des villages ont pris le nom de "Saint-Pierre", parce qu'un monastère bénédictin voisin l'avait pour patron.
On relève actuellement en France plus de 150 communes (sans compter hameaux et lieux-dits) comportant "Saint-Pierre", et près de 60 "Saint-Paul".

La fête du 29 juin, qui associait partout les deux Apôtres, se déroulait avec une solennité particulière à Rome.
Le Sacramentaire léonien (compilation  de textes liturgiques des Vème et VIème siècles) contient vingt-huit formulaires pour la messe de ce jour!
A cette époque, le pape célébrait deux fois: à la basilique vaticane et à celle de la Voie d'Ostie toujours - mais désormais chacune en l'honneur des deux saints.
Puis, au VIIème siècle, le 29 juin a été réservé à saint Pierre; et saint Paul était fêté le 30.
Mais le Missel "de Paul VI" (3 avril 1969) a rétabli l'usage ancien d'une seule célébration, mais il contient un formulaire pour le 28 au soir; ce dernier correspond à celui de la messe que le pape célébrait à l'aube du 29, près du tombeau du Vatican. En raison de l'exiguïté des lieux, peu de personnes pouvaient y participer; le grand rassemblement de la communauté chrétienne avait donc lieu dans la basilique, plus tard dans la journée.

La célébration commune de ces "deux colonnes" fait prendre conscience
- de la double dimension de l’Église, à la fois une et "catholique"  (étymologiquement: "qui dépasse les particularismes"),
- de la nécessité des deux ministères complémentaires:
- l'un, représenté par Pierre, préside à la charité et à l'unité de toutes les communautés;
- l'autre, représenté par Paul, porte davantage le souci de la diffusion de l’Évangile, partout, dans toutes les cultures.

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3. Les Textes

Messe de la Veille au soir

Première Lecture : Ac 3,1-10 - Pierre guérit un infirme au nom de Jésus
Psaume : Ps 19/18 lit.,2-5b
Deuxième Lecture : Ga 1,11-20 - Paul le Juif ardent devient Apôtre du Christ
Évangile : Jn 21,15-19 - Pierre, pasteur du troupeau du Christ
Remarque: c'est cet Évangile qui a été proclamé lors des obsèques de Jean-Paul II.


Messe du Jour

Première Lecture : Ac 12,1-11 - Pierre est délivré de prison par le Seigneur
Deuxième Lecture : 2Tm 4,6-8.17-18 - Confiance de Paul au soir de sa vie
Évangile : Mt 16,13-19- Confession de foi de Pierre.
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