Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Le Temps de l'Avent



Le Temps de l'Avent (du latin adventus - venue, arrivée)
- marque le début de l'Année liturgique
- et achemine en quatre semaines vers la célébration de la fête de Noël.
Ce double fait doit être pris en considération pour bien comprendre le sens et l'importance de cette première période du calendrier liturgique.

On pourrait, en effet, être déconcerté en constatant qu'il faut attendre le quatrième dimanche - qui tombe parfois (comme ce fut le cas en 2006) la veille de Noël ! - pour voir la liturgie évoquer enfin des faits en relation directe avec la Nativité du Seigneur:
- vocation et mission de Joseph à l'égard de Marie et de l'enfant qu'elle porte;
- Annonciation du Seigneur;
- Visitation de la Vierge à Elisabeth, mère de Jean le Précurseur.
On pourrait penser que, l'ayant oublié jusqu'alors, la liturgie se souvient soudain que l'Avent précède immédiatement la célébration de la naissance de Jésus, "à Bethléem en Judée, au temps d'Hérode le Grand" (Mt 2,1).

Le premier dimanche, tous les textes bibliques proclamés évoquent la Manifestation du Seigneur à la fin des temps (on rouvre ainsi le cycle achevé avec ceux de la Toussaint et des derniers dimanches de l'année liturgique), et l'urgence de se préparer à ce parachèvement de l'histoire des hommes sur cette terre.

Le deuxième et le troisième dimanches, c'est la voix de Jean Baptiste qui retentit - pour exhorter à préparer les chemins de l'Envoyé du Seigneur annoncé par les Ecritures. Or cet appel renvoie non à la naissance de Jésus, mais à son ministère public, à la mission de l'Eglise, à la prédication de l'Evangile.

De tout cela il ressort avec évidence que l'horizon de l'Avent ne se limite pas à la naissance de l'Enfant de Bethléem considérée comme un événement isolé: bien que sans précédent, unique, il se situe sur la trame de l'Histoire du Salut, des origines à son accomplissement.

Pour saisir le véritable sens, et l'importance décisive de la naissance du Fils de Dieu dans notre chair, il faut donc la considérer dans la continuité dynamique des manifestations successives du Seigneur. Il est venu autrefois de multiples manières et - comblant au-delà de toute imagination l'attente millénaire des siècles - il s'est fait homme. Il vient aujourd'hui. Il reviendra, un jour, dans la gloire.

Le Temps de l'Avent célèbre ce triple Avènement.

Les brèves semaines qui précèdent la fête de Noël constituent une remarquable initiation au mystère insondable de l'Incarnation, régime sous lequel nous vivons désormais dans la Foi et l'Espérance.
Le Temps de l'Avent est également une remarquable et fructueuse introduction au mystère, au "sacrement", de toute l'Année liturgique. Dieu a toujours été présent dans le monde pour faire advenir son Salut. Mais, "dans les derniers temps, dans ces jours où nous sommes" (Hé 1,2), il est parmi nous, à l'œuvre par le Christ et par son Esprit. Grâce à la médiation des signes efficaces de la Grâce - Parole, liturgie, sacrements - nous avons part, hic et nunc, ici et maintenant, tels que nous sommes, personnellement et en Eglise, au Salut qui advient jour après jour dans le monde.

Aucun Temps liturgique n'est, dès lors, semblable à ceux qui ont précédé et que nous avons déjà vécus.
Chaque célébration est non pas simple rappel, commémoration, d'événements du passé, mais rencontre singulière entre Dieu qui sauve et l'assemblée, si modeste soit-elle, réunie à son invitation et en son nom:
- Dieu agit toujours de façon nouvelle, inédite, surprenante.
- Par ailleurs, nous venons nous-mêmes à ses rendez-vous dans des dispositions, avec des besoins qui varient sans cesse. Foi, Espérance, Charité, fidélité aux appels du Seigneur, générosité, tout ce qui nous constitue face à Dieu change perpétuellement - pour le meilleur et pour le pire... Nous ne marchons pas d'un pas égal sur une route choisie une fois pour toutes, sans dévier.

Ainsi, tout concourt à ce que
chaque Année liturgique soit vraiment nouvelle!


"Il est venu d'abord dans la chair et la faiblesse; puis, dans l'entre-deux, il vient en esprit et en puissance; enfin, il viendra dans la gloire et dans la majesté [...] Cette venue intermédiaire est vraiment comme la voie par laquelle on passe de la première à la dernière; dans la première, le Christ fut notre rédemption; dans la dernière, il apparaîtra comme notre vie; et entre-temps, il est notre repos et notre consolation."
Saint Bernard, Homélie sur l'Avent 5,1-2.


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