Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Le Temps de l'Avent

Années B


Le Temps de l'Avent est celui de l'espérance fondée sur la fidélité de Dieu, sur sa miséricorde que rien ne décourage, sur sa patience infinie.

Il vient sans cesse au-devant de ceux qui qui l'appellent, leur apportant réconfort, consolation et joie. Toute l'Histoire sainte en témoigne.
Voici désormais tout proche, à nos portes, le Sauveur envoyé par le Père.

C'est donc le moment d'aplanir les chemins devant lui, de revêtir les vêtements de fête pour l'accueillir.

Que chacun
se convertisse et purifie son cœur,
comme l'y exhorte Jean le Baptiste,
et, à l'exemple de Marie,
réponde dans la confiance un "Oui!" sans réticence
à Celui qui vient visiter la terre!

Voici que le Salut est offert à tous les hommes!

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Premier dimanche


Première Lecture: Is 63,16b-17;19b;64,2b-7 
Deuxième Lecture: 1Co 1,3-9
Évangile: Mc 13,33-37 


       Après avoir créé la terre et le ciel avec tout ce qu’ils contiennent, Dieu a fait l’homme et la femme « à son image ». Il les a établis gérants de l’œuvre de ses mains. En cheminant sur cette terre vers une communion toujours plus profonde avec lui, ils devaient, un jour, vivre éternellement de sa Vie.
       Le péché n’a pas détourné le Créateur de cette intention première. Il a promis le Salut à la descendance d’Adam et Ève : c’est ce qu’on appelle « Premier évangile », annoncé par Dieu lui-même dès le commencement. Pour réaliser sa promesse ; il a fait choix d’un peuple auquel il s’est progressivement révélé comme le Tout-Puissant, le seul capable de remettre l’humanité debout sur le chemin de la Vie. Dieu, pourtant, semblait parfois oublier ses engagements. En réalité, il cachait son visage pour amener les siens à reconnaître leurs égarements et à revenir à lui. Il a envoyé des prophètes pour les y exhorter. Comme Isaïe, ils suppliaient le Seigneur : « Reviens, pour l’amour de tes serviteurs » ; « Tu es notre Père » ; « Nous sommes tous l’ouvrage de tes mains ». Confiants dans la fidélité de Dieu et sûrs de voir leur prière exaucée, ils ont salué de loin le jour de la Rédemption : « Voici que tu es descendu » ; « Personne n’a vu un autre dieu que toi agir ainsi envers l’homme qui espère en lui ».
      Cette confiance est encore plus vive aujourd’hui, dans l’attente de la manifestation définitive de notre Seigneur Jésus Christ. Le temps que nous vivons est celui de la longue patience de Dieu. Il sait que rien ne vient à maturité à coup de miracles. Il laisse à chacun le délai nécessaire pour se décider, en connaissance de cause, à prendre la route du Salut.
C’est le temps de l’espérance des hommes et de la création entière. Le temps de l’espérance courageuse, vertu peut-être plus difficile à pratiquer aujourd’hui – où la tendance est plutôt de vouloir tout, tout de suite, de viser le court (ou, au mieux, le moyen) terme. Il faut s’appuyer sur le Christ pour « tenir solidement jusqu’au bout », et sur la foi en Dieu qui est fidèle, « lui qui nous a appelés à vivre en communion avec son Fils ».         
L’absence du Seigneur est provisoire.
Loin de désespérer ou de s’endormir,il faut donc veiller dans le travail assigné à chacun et dans la prière commune. 
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Deuxième dimanche


Première Lecture: Is 40,1-5;9-11
Deuxième Lecture: 2P 3,8-14
Évangile: Mc 1,1-8

   « Voici le porteur de la Bonne Nouvelle, qui précède le Seigneur qui vient », ont souvent crié les prophètes. Le voilà enfin, le Précurseur! Il ne porte pas les insignes rutilants qui distinguent un ambassadeur: il est vêtu de la livrée austère des prophètes, car c'est dans le désert qu'il paraît. Son nom est Jean.   
    Comme plusieurs de ses devanciers, il va répétant à pleine voix:
« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route ». Sa prédication attire de grandes foules, car il proclame la manifestation imminente du « plus puissant » que lui: « Je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale ». Finis les multiples rites de purification. Le baptême de pénitence que donnait le Précurseur dans les eaux du Jourdain exigeait une véritable conversion des comportements et des cœurs. Un autre devait venir qui, lui, baptiserait dans l’Esprit Saint.
    Celui que le Baptiste annonçait sans le nommer encore, c’est Jésus. Au début de son ministère, il a repris avec une autorité nouvelle le message du Précurseur : « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ».
    Retourné auprès du Père, il est toujours présent parmi nous. Chaque jour, de multiples manières, en particulier par la médiation des « signes » efficaces de la liturgie et des sacrements, il nous donne part au « fruit de sa victoire » pascale. Mais nous n’en sommes pas moins encore au temps de l’Avent : « Nous attendons, selon sa promesse, un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice ». Il est plus que jamais urgent de se convertir, pour que le Christ, au Jour de sa Manifestation, nous trouve « nets et irréprochables, dans la paix ». Encore faut-il que retentissent l’appel à la conversion et l’annonce de la venue du Seigneur.
   L’Église et le monde ont toujours besoin de prophètes-précurseurs semblables à Jean le Baptiste. Conscients de leur mission, mais d’une humilité exemplaire, ils ne font et ne disent rien qui puisse détourner les regards qu’ils veulent voir fixés sur un Autre devant lequel ils s’effacent. Là où s’élève leur voix, sans agressivité ni arrogance, s’ouvre le chemin du Seigneur.  
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Troisième dimanche



Première Lecture: Is 61,1-2a;10-11
Cantique: Lc 1,47-55
Deuxième Lecture: 1Th 5
,16-24
Évangile: Jn 1
    Initiatives et entreprises insolites des saints, des fondateurs et des réformateurs, prédications d’un ton nouveau, doivent être soumises à l’épreuve d’un sérieux discernement. La manière dont l’intéressé parle de lui-même s’avère souvent décisive.
   « Je ne suis ni Élie, ni le Messie. Je viens préparer le chemin de Celui qui est bien plus grand que moi ». Ces paroles, d’une simplicité et d’une humilité sans feinte, cette claire conscience du caractère subordonné de sa mission font de Jean le Baptiste le modèle des précurseurs, des prédicateurs et des témoins du Seigneur, de l’Église elle-même, messagère de la Bonne Nouvelle. Montrer Celui qui vient ; ouvrir des voies pour donner à chacun la possibilité d’une rencontre personnelle avec Lui, sans jamais usurper, ou paraître prendre, sa place : telle est leur mission et ce qui en fait la grandeur.    
   Seul Jésus a pu s’approprier légitimement l’oracle d’Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi. Il m’a fait revêtir les vêtements du Salut ». Lui seul est personnellement – et à l’exclusion de tout autre, de toute autre institution – la Bonne Nouvelle (Mc 1,1), le Sauveur.
  Reconnaître, aujourd’hui comme hier, les vrais prophètes et les authentiques envoyés de Celui sur qui repose l’Esprit ; faire preuve de discernement, mais pas de scepticisme ; s’éloigner de tout ce qui porte la trace du mal et du mensonge : c’est ainsi qu’on se prépare à rencontrer et à accueillir le Seigneur. 
  Le Temps de l’Avent est la parabole du temps présent, où l’on espère dans la joie et l’humilité l’heure du grand rendez-vous avec Celui qui dispense tous les biens, avec une infinie générosité et souvent d’une manière imprévisible. C’est le temps de l’allégresse spirituelle où l’on chemine, le regard tourné vers l’avant, le temps où l’on s’éveille à Dieu en lui ouvrant aujourd’hui son cœur. Le temps enfin de la prière pour que vienne le Règne de Dieu.
  Béni sois-tu, « Père très saint. Dans ta miséricorde, tu es venu en aide à tous les hommes pour qu’ils te cherchent et puissent te trouver, et tu les as formés, par les prophètes, dans l’espérance du Salut » (Prière eucharistique IV).  


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Quatrième dimanche



Première Lecture: 2S 7,1-5;8b-12;14a;16 
Psaume: Ps 89,4b-5;27b-30
Deuxième Lecture: Rm 16
,25-27
Évangile: Lc 1,26-38
 
   En ce quatrième dimanche de l'Avent, l’Église, les communautés chrétiennes, chaque croyant, sont conviés à raviver, dans le recueillement, la contemplation et l'action de grâce, la conscience de "la largeur, la longueur, la hauteur, le profondeur" (Ép 3,18) du mystère de la Nativité du Seigneur. C'était un "secret" que le Dieu éternel gardait "depuis toujours" "dans le silence", un projet qu'il portait dans son cœur. Nul n'aurait jamais pu ni le percer, ni même l'imaginer malgré les promesses sans cesse réitérées par les prophètes qui entretenaient les hommes dans l'espérance du Salut.   
   On se souvenait en particulier de l'oracle adressé par le prophète à David, dont la tradition a fait une figure prestigieuse du Messie attendu. Au roi qui, dans sa piété, voulait lui construire un temple, le Seigneur avait promis une "maison pour toujours". Dans l'immédiat, c'était, pour le peuple, l'assurance de longues années de prospérité et de paix. La solennité de cette annonce d'une intervention personnelle de Dieu faisait pressentir une initiative divine d'un tout autre ordre, qui concernait le Salut. Mais elle restait le "secret" de Dieu.
  Il l'a révélé lorsque furent accomplis les temps qu'il avait fixés dans sa sagesse. À la lumière de l'avènement du Seigneur, la plénitude de sens et la portée de cet oracle et des autres se dévoilent. Simultanément, ils aident à comprendre que rien n'est impossible à Dieu, que sa grâce dépasse infiniment toutes nos espérances, et que sa toute puissance se déploie dans la faiblesse.
  Ce n'est pas un roi que Dieu a choisi pour réaliser son merveilleux dessein caché de puis des siècles, mais une humble jeune fille, une vierge, de l'obscure bourgade de Nazareth. Il lui envoyé non point un prophète, mais son ange, porteur du plus extraordinaire message: "Tu vas concevoir et enfanter un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (= "Yah sauve"). Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur lui donnera le trône de David son père". Et marie s'est contentée de répondre: "Voici la servante du Seigneur".
  Le plus grand des mystères s'accomplit dans la plus grande simplicité. "Gloire à Dieu, le seul sage, par Jésus le Christ et pour les siècles!"
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La Nativité du Seigneur:
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