Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven



Trente-quatrième et dernier
dimanche du Temps Ordinaire - ABC:








"Le Christ,
Roi
de l'univers"

(Solennité)





<- Le Christ "παντοκράτωρ - Pantocrator"
(= "puissant sur toute chose"), cathédrale de Cefalù (Sicile).


Cette mosaïque a été réalisée et achevée en 1148 par des artistes grecs.
Le buste du Christ se développe sur toute la surface de la calotte absidiale. Si la mosaïque s'impose avant tout comme image, elle comporte aussi du texte; ces inscriptions - dans l'esprit des icônes de l'orthodoxie - ne sont pas des didascalies (commentaires) de l'image, non plus que l'image une illustration du texte. Pour les chrétiens orientaux, l'Icône et l'Ecriture perpétuent conjointement la Révélation: le Christ est le Logos, la Parole - il a aussi un Visage.

La main droite bénit selon le rite grec - faisant apparaître dans ce geste les mêmes lettres qui encadrent (comme ici ou plus bas) toute icône christique: IC (iota et sigma) pour IHCOYC (Jésus) - XC (khi et sigma) pour XPICTOC (Christ). L'index dressé dessine le I, le majeur recourbé dessine un C; le pouce et l'annulaire, légèrement croisés dessinent le X, l'auriculaire courbé dessine un C: la bénédiction est donc le signe christique par excellence. "Bénédiction", ne l'oublions pas, signifie "annonce de quelque chose de bon" - et est donc à ce titre synonyme d' "Evangile", qui signifie "Bonne Nouvelle".

La main gauche du Christ tient un livre ouvert, sur lequel on distingue parfaitement le texte - écrit à gauche en grec, à droite en latin, ce qui permet à cette Icône de s'adresser aux chrétientés d'Orient et d'Occident (la Sicile se trouvant en fait à la marche de la latinité) - de Jn 8,12: "ἐγώ εἰμι τὸ φῶς τοῦ κόσμου· ὁ ἀκολουθῶν ἐμοὶ οὐ μὴ περιπατήσῃ ἐν τῇ σκοτίᾳ, ἀλλ᾿ ἕξει τὸ φῶς τῆς ζωῆς - ego sum lux mundi; qui sequitur me non ambulabit in tenebris sed habebit lucem vitae = Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais aura la lumière de la Vie"

L'Image fait écho à l'Ecriture, et l'Ecriture répond à l'image.

Le large fond d'or - luisant et scintillant - signifie cette lumière divine qui habite le Christ: totalement Dieu, totalement homme, il est le Soleil toujours renaissant (l'orientation traditionnelle de l'abside vers le levant signifie cette lumière jaillissante, qui ne connaît pas de déclin). Quant à l'idée de cheminement, elle est suggérée par la perspective inversée du livre: les lignes trouvent leur point de jonction non point sur la ligne d'horizon, mais en aval de l'icône, dans le regard du fidèle - à partir duquel se projette un cheminement du bas vers le haut, un élargissement de la terre vers le ciel, au-delà de tout horizon "possible": un épanouissement de l'obscurité vers la lumière. S'instaure ainsi - tant dans la lecture du texte sacré que dans la contemplation de l'icône - un dialogue entre "ἐγω-ego": le Christ locuteur, le Logos; et "ὁ-qui": le pèlerin marcheur, avide de lumière et de vie.

Le texte qui court en bordure de la conque de l'abside, sur l'arc légèrement brisé qui la délimite, écrit uniquement en latin, est exprimé à la première personne, comme celui du livre: c'est donc une parole du Christ lui-même. Cette inscription propose une parfaite synthèse christologique, selon un jeu d'écriture à la fois subtil et elliptique:
+factus homo factor hominis factique redemptor+iudico corporeus corpora corda deus+
(+ Fait homme, faiseur de l'homme et Rédempteur de celui qui a été fait + Dieu fait corps, je juge les corps et les cœurs +)
Ces formules, riches d'assonances et d'allitérations, disent avec densité le Mystère de l'Incarnation et de la Rédemption - Mystère proclamé au même titre par l'image: le Christ Pantocrator est célébré comme Dieu Créateur, Dieu fait homme, Dieu Sauveur, Dieu Juge: Dieu dans l'histoire des hommes, dans l'histoire du Salut, depuis la Genèse jusqu'à la Fin des temps.

La qualité de Dieu créateur qui est attribuée au Christ pourrait surprendre; ce serait oublier que, selon la foi chrétienne, "par le Fils tout a été fait". Le Credo le proclame: "Per quem omnia facta sunt - Par lui tout a été fait"; sans être le Père, le Fils est à l'image du Père. En Jn 14,9, Jésus dit à Philippe: "Qui m'a vu a vu le Père"; saint Paul précise en Col 1,15: "Il est l'image du Dieu invisible". C'est à travers le Christ que l'on accède au Père. Jean écrit (Jn 1,18): "Nul n'a jamais vu Dieu; le Fils unique qui est dans le sein du Père, lui l'a fait connaître".
Le Fils est de la même essence divine que le Père, essence divine créatrice. Le geste de bénédiction que l'on voit sur la mosaïque est aussi le geste du Créateur qui donne la Vie, comme il est celui du Juge qui peut sauver ou condamner.

Dans la tradition iconographique de l'Orient chrétien, le Père est toujours représenté sous les traits du Fils (que l'on songe <- à la célèbre "Trinité" de Roublev: comme dans toutes les autres "Trinités" orientales, Père, Fils, Esprit ont les mêmes traits - ce qui fait que l'on confond parfois ces Trinités avec les représentations de "l'hospitalité d'Abraham": Abraham et Sarah recevant trois "personnages" - anges? Dieu trinitaire? - avec empressement et générosité). Le Fils et le Père sont distincts; mais l'un révèle l'autre - et l'icône perpétue cette Révélation.

Les deux Natures du Christ, divine et humaine, réunies mais non pas confondues dans une seule Personne, constituent l'autre aspect du Mystère que l'image entend proclamer. La mosaïque représente la réalité de l'homme avec ses traits parfaitement humains - mais aussi sublimés. Il en est ainsi du regard - plein de bonté, mais absolu, perdu dans l'infini - comme des autres parties du visage et du corps - bien reconnaissables, mais affinées selon une stylisation qui veut suggérer une réalité à la fois physique et métaphysique.
L'humanité et la divinité de Jésus sont symboliquement représentées par tout un jeu de symétries et de dissymétries, qui déséquilibre et rééquilibre sans cesse la représentation.
La chevelure et sa double mèche, ainsi que la barbe, ondoyante, finement ciselée, sont représentées selon cette logique.
Le buste, en contrapposto, oppose un bras (celui qui bénit) tendu énergiquement, imprimant au manteau des plis nets et rectilignes - et un bras (celui qui propose le Livre aux hommes) replié, revêtu d'un pan d'étoffe aux lignes brisées.
Le double vêtement proclame la coexistence des deux Natures en une seule Personne: la tunique (chitôn) rouge, hachurée de fins traits d'or, est un vêtement de gloire, celui de la divinité; l'ample manteau (himation) bleu foncé symbolise l'humanité que le Christ a revêtue totalement - sans toutefois renoncer à l'éclat, parfaitement visible, de sa divinité: le manteau de l'humanité, au moment de cacher la tunique de la divinité, la découvre et la révèle.

Cependant, la gloire du Pantocrator- rayonnant au milieux des ors - n'occulte pas la Passion: l'auréole crucifère rappelle que le Rédempteur a apporté la Vie par l'expérience qu'il a consentie de la mort - expérience victorieuse qui fait qu'est privilégiée l'image d'un Christ triomphant et non plus souffrant: la croix n'est plus le lieu du supplice, puisqu'elle nimbe le Ressuscité!

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Introduction à
la Solennité du Christ, Roi de l'univers

Tout d'abord, pourquoi ce si long commentaire d'une image, en préambule à la présentation de cette messe?...

Parce que toute Icône est porteuse d'un message théologique très dense.

Parce que cette Icône est sans doute l'une des plus abouties (sinon la plus aboutie!) de toutes les représentations du Christ Pantocrator.

Parce que, surtout, la théologie de cette Icône et de son Texte est la même que celle de cette fête du "Christ, Roi de l'Univers"...
En effet, ce terme de παντοκράτωρ, le Seigneur se l'attribue lui-même dans la vision johannique de l'Apocalypse - et très précisément en Ap 1,8: c'est même le dernier mot de la Deuxième Lecture!



<- Un autre "Christ Pantocrator" - Mosaïque, vers 1320 - Dôme sud de l'église du monastère Saint-Sauveur, Kahrié Djami, Istanbul



      


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Les Textes -  Années A


    « Roi de l’univers » : pour comprendre correctement ce titre donné au Christ, on doit se reporter à la tradition biblique de Dieu Roi-Pasteur. Il veille, avec un soin particulier, sur les petits et les faibles, « ses brebis » accablées par les duretés de la vie, victimes innocentes et sans défense de l’oppression sous toutes ses formes. Il est leur défenseur attitré. Jésus n’a cessé de le proclamer en paroles et en actes. Les pauvres ont accueilli avec enthousiasme la prédication de cet homme pas comme les autres, qui se rangeait à leurs côtés, solidaire de leurs conditions d’existence dont il dénonçait l’injustice. En revanche, les nantis, ceux qui s’accommodaient de l’ordre établi et de ses injustices, ou même n’hésitaient pas à en tirer un profit personnel, ont vu là d’intolérables prises de position subversives.
En vérité, Jésus, l’Envoyé du Père, est venu restaurer l’ordre détruit par le péché, faire triompher le bien sur le mal, la vie sur la mort. Il est le Roi de l’univers voulu par Dieu.

    Sa Royauté est celle de la tendresse et de la miséricorde infinies de Dieu. Souvent obscurcie et bafouée en ce monde, mise en doute au vu de tant de dureté et de haine dont les plus faibles pâtissent, elle se révélera en pleine lumière aux yeux de tous, quand le Christ reviendra. Celui que les tenants du désordre établi ont cru vaincre en le clouant au gibet des scélérats apparaîtra un jour dans la gloire. Il y associera tous ceux qui auront œuvré comme lui, même sans le savoir, sans se référer à son exemple. Il proclamera alors, à la face des nations assemblées en sa présence, que leur combat, souvent obscur et qui a semblé perdu, n’a pas été vain. « Premier ressuscité », vainqueur de toutes les puissances du mal et de la mort, il les fera entrer dans le « Royaume préparé pour eux depuis la création du monde ». Même ceux qui ont combattu sans se référer à lui seront accueillis comme « les bénis de son Père ».

    La célébration du Christ, Roi de l’univers, ravive la prise au sérieux des réalités et des combats terrestres.
Travailler pour plus de justice en ce monde hâte l’avènement du Royaume dont le Seigneur a posé les fondements, à la louange et pour la gloire du Père.
La solidarité efficace envers ceux qui ont faim et soif, les étrangers, les démunis de tout, est le critère sûr de la solidarité avec le Christ, Roi de l’univers.

• Première Lecture : Ez 34,11-12;15-17
Àcette page.
La tendresse infinie de Dieu est l'autre face de son autorité souveraine, de sa toute-puissance.
Comme un Berger, il agit envers chacun selon ses besoins, sa personnalité. Il prend un soin tout particulier des plus faibles.
Mais il ne faut pas oublier que le Dieu-Berger est aussi le Juge qui séparera les bons des mauvais.
 
• Psaume : Ps 23/ 22
Si Dieu est "avec moi", rien ne peut m'effrayer. Il me conduit par le juste chemin, il me garde de tout mal et de la mort.

• Deuxième Lecture : 1Co 15,20-26;28
Une grandiose vision de la royauté du Christ et du Salut accompli.
L'initiative du Père en est l'origine: comme le Christ, la création entière doit le reconnaître.
Issus d'Adam, nous sommes mortels. Mais la mort - qui n'a pu avoir raison du Christ - a été vaincue par le "Nouvel Adam", qui a reçu du Père le pouvoir de communiquer la Vie.

• Evangile : Mt 25,31-46
Le Christ, Roi de l'univers, s'identifie aux plus démunis: son retour en sera la manifestation à 'toutes les nations rassemblées devant lui". Il fera entrer dans son Royaume ceux qui, même sans le savoir, ont mené le même combat que lui.
Cette année liturgique - parcourue sous la conduite de saint Matthieu - s'achève ainsi sur le rappel de ce que l'évangéliste n'a cessé d'inculquer: nous serons jugés sur nos actes, sur notre charité en actes, et non sur des paroles - fussent-elles de vibrantes déclarations de foi.
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Les Textes -  Années B


La Bible ne cesse de proclamer la royauté universelle de Dieu sur l'univers.
Il a rassemblé un peuple pour en être le seul Seigneur. Il a suscité des rois chargés d'en faire un royaume avec pour charte la Loi donnée à Moïse. Lorsque l'un d'eux se montrait infidèle à sa mission, il l'écartait pour en établir un autre. Parmi eux, David est resté - dans la tradition - l'exemple du roi selon le cœur de Dieu, et la figure de celui qui devait venir. En effet, les promesses "jurées" à ce "fils de Jessé" et à sa descendance garantissaient qu'un jour, grâce à un fils issu de cette lignée, le royaume voulu par Dieu adviendrait. C'est ainsi qu'est née l'espérance de l'avènement d'un roi parfait, "fils de David". Cette espérance s'exprime en particulier dans de nombreux psaumes qui appellent de leurs vœux l'intronisation de cet élu. A une époque où Dieu semblait avoir abandonné les siens - soumis à la férule d'un tyran étranger , Antiochos Épiphane (175-164 av.J.C.), Daniel témoigne de cette espérance, et décrit l'avènement de celui dont "la royauté ne passera pas".

Lorsque Jésus parut, lui dont l'autorité en paroles et en actes dépassait tout ce qu'on avait jamais entendu et vu, et qui annonçait la venue prochaine du Royaume, beaucoup pensèrent qu'il l'instaurerait sur terre: ainsi, après la multiplication des pains, il dut se dérober parce que la foule voulait s'emparer de lui pour le faire roi (Jn 6,15); ainsi encore peut-on expliquer les honneurs quasi-royaux qui accompagnent son entrée à Jérusalem (Jn 12,12-13).
Entretenue (de plus ou moins bonne foi!), l'erreur sur cette royauté ressurgit périodiquement - et jusque dans les temps modernes - et le titre de "Messie-roi" est parfois utilisé à des fins politiques.

Le dialogue entre Jésus enchaîné et Pilate, dont seul l'Évangile de Jean a gardé le souvenir (Jean était encore au pied de la Croix: serait-il le seul homme parmi les disciples à avoir suivi Jésus tout au long de sa Passion?... On connaît l'épisode du reniement de Pierre, et on a souvent identifié Luc au "jeune homme" qui abandonne sa tunique pour s'enfuir lors de l'arrestation de Jésus - Mc 14,51) ne laisse pourtant subsister aucune équivoque possible.
Devant le représentant d'un empereur tout puissant, Jésus laisse entendre que, s'il est bien roi, sa royauté - contrairement à toutes les autres - "ne vient pas de ce monde", et il ne l'exerce pas en recourant à la force. Il est "le témoin de la Vérité" sur Dieu, le monde et l'homme, le Chemin vers le Royaume, la Vie de Dieu qu'il communique à ceux qui croient en lui.
Lors de son retour, on verra pourquoi il apparaît en pleine lumière comme "Roi de l'univers": il est le commencement et la fin - τὸ Α καὶ τὸ Ω, l'alpha et l'oméga - de toute chose, le Tout-Puissant - παντοκράτωρ - à qui est due "la gloire pour les siècles des siècles".

• Première Lecture : Dn 7,13-14
Un homme hors du commun, un "Fils d'homme" intronisé par Dieu, évoqué lui sous les traits d'un"Vieillard" sans âge, pour rétablir son règne universel: ce "rêve", cette "vision" d'espérance deviendra un jour réalité, bien que nul ne sache quand ni comment...

• Psaume : Ps 93 / 92,1-2;5
Chant de louange au Seigneur, Roi de l'univers - qui est, qui était, et qui vient.
 
• Deuxième Lecture : Ap 1,5-8
La force de Jésus Christ est celle de l'amour. Il "nous a délivrés par son sang". "Il vient". "Tout homme le verra", revêtu de "gloire et puissance". Alors apparaîtra au grand jour ce qui demeure encore caché: la réalité de son pouvoir royal universel et le rôle de ses disciples dans le monde. "Oui, vraiment! Amen!"

• Evangile : Jn 18,33b-37
Oui, Jésus est "roi". Mais, contrairement aux puissants de ce monde, il ne s'impose pas, et n'impose rien.
Il est venu pour tracer, par son enseignement, son exemple, sa vie et sa mort, la route de la Vérité qui conduit à la Vie. Il invite chacun à s'y engager librement.
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Les Textes -  Années C

Rupture d'unité avec Dieu, le péché a introduit la division entre les hommes et au cœur de chacun. Déchirures à l'intérieur d'une famille, schismes dans le peuple et dans l'Église en sont des manifestations désolantes et saisissantes.
Toute réconciliation, toute réunification est une ébauche et un espoir de rédemption. Ainsi lorsque David, choisi par Dieu et acclamé par ses pairs, réunifia les royaumes du Nord (Israël) et du Sud (Juda). Cette unité retrouvée n'a pas résisté au réveil des vieilles rivalités. La tradition biblique a pourtant vu en David la "pré-figure" d'un autre Roi qui restaurerait définitivement l'unité non seulement du peuple de Dieu, mais de l'univers entier.

Ce Roi de l'univers, par qui Dieu "a voulu tout réconcilier sur la terre et dans les cieux", c'est Jésus, le Messie-Christ, "premier-né par rapport à toute créature", en qui "tout subsiste", ayant "en tout la primauté". Il était auprès de Celui qui "au commencement" a créé l'univers dans l'harmonie. Il est venu nous libérer du péché et des "puissances invisibles", du "Diable", le "Diviseur".

Paradoxalement, le Christ manifeste son pouvoir souverain sur la Croix. Le peuple "reste là à regarder". Les chefs "ricanent". Les soldats le mettent, eux aussi, au défi de descendre de la croix. Mais un homme, attaché en même temps que lui au le bois du supplice, reconnaît en Jésus le Juste "qui n'a rien fait de mal", le Messie qui, en mourant, peut sauver et introduire dans le Royaume des cieux. Ce condamné interpelle vigoureusement l'autre bandit qui n'a même pas la pudeur de garder le silence. Et de ce supplicié condamné pour ses forfaits monte une prière que le psalmiste adresse souvent à Dieu: "Souviens-toi de moi!" Et il ajoute: "Quand tu viendras inaugurer ton règne". A-t-il lu l'inscription placée au-dessus de la tête de celui qu'il appelle simplement, avec familiarité et tendresse, "Jésus"?... Il est en tout cas le modèle de tous ceux qui, après lui, proclameront humblement leur confiance dans le Roi-Crucifié, qui leur dit: "Aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis".
Cette parole nous est adressée, en effet, chaque fois que nous célébrons le mystère de sa mort et de sa résurrection, de sa Pâque et de la nôtre, chaque fois que nous communions à son corps et à son sang versé pour le salut de tous les hommes.
 
• Première Lecture : 2S 5,1-3
À cette page.
Dieu a pris l'initiative de choisir David pour être le roi de son peuple, mais ne l'a pas imposé. Il a laissé aux douze tribus le temps et la responsabilité d'accueillir et de reconnaître son élu.
 
• Psaume : Ps 122 / 121,1b-6a;8a
À cette page.
Jésus, fils de David, est Roi de l'univers, choisi par Dieu pour rassembler tous les hommes dans l'unité et les conduire vers la Jérusalem céleste, la Cité de la paix et de la joie.
 
• Deuxième Lecture : Col 1,12-20
À cette page.
Action de grâce au Père qui "nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé", et chant de louange au Christ qui a "la primauté en tout". Cette page a la facture d'une hymne liturgique (elle a d'ailleurs été intégrée, parmi les "Cantiques bibliques", au Psautier liturgique).
 
• Evangile : Lc 23,35-43
À la synagogue de Nazareth, Jésus déclare "aujourd'hui" est arrivé le temps du salut (Lc 4,21).
Quand Zachée se convertit, Jésus dit "aujourd'hui le salut est entré dans cette maison" (Lc 19,9).
Sur la croix, Jésus dit à un malfaiteur "aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis".
"Aujourd'hui", chacun peut lui dire en toute confiance: "Toi qui règnes au Paradis de Dieu, souviens-toi de moi et sauve-moi". 
 
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Christ Pantocrator (voir à cette page) - Fresque de l'abside de la basilique San Michele, Sant'Angelo in Formis
On notera que le Christ, contrairement au "Pantocrator" de l'iconographie orientale, est  conforme au texte de Matthieu - puisque "assis sur le trône de sa gloire"; la colombe manifeste l'Esprit, "lien" entre le Fils et son Père.On notera également qu'il est entouré des "quatre Vivants" de l'Apocalypse (ou des symboles des quatre évangélistes).
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C'est à toi donc maintenant que s'adresse ma parole,
à toi, qui que tu sois,
qui renonces à ta volonté propre
et prends les fortes et nobles armes de l'obéissance,
pour combattre sous l'étendard du
Seigneur Christ, notre véritable Roi.

Règle de Saint Benoît (Prologue).
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