Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven


Lag BaOmère

(« Trente-troisième jour de l’Omère »)
 


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• Nous avons vu que la période entre la Pâque (Pessah) et la Pentecôte (Chavouot) juives dure 49 jours (rappelons également que le mot "Pentecôte" vient du grec πεντηκοντα, qui signifie "cinquante"; les chrétiens ont gardé ce même écart entre les deux fêtes – même si elles ne tombent pas exactement en même temps que les deux fêtes juives, et si elles ont pris pour eux des sens supplémentaires, en rapport avec la vie de Jésus), et que cette période est appelée l’Omère.
Ce nombre 49 est symbolique, puisque c’est 7 fois une semaine, donc 7 x 7 jours.

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Le mot חמר-kh'omerdésigne par ailleurs une mesure de céréale utilisée à l’époque biblique
En Ex 16, l’ חמר mesure la manne au désert :
המר עשרית האיפה הוא׃
« 36. Le kh'omer est la dixième partie de l'épha - איפה» ;
voir aussi Lv 27,16 ; Nb 11,32 ; Is 5,10 ; et Ez 45,11-14:
האיפה והבת תכן אחד יהיה לשאת מעשר החמר הבת ועשירת החמר האיפה אל־החמר יהיה מתכנתו׃
« 11. L'épha איפה et le bat בת auront la même mesure; le bat contiendra la dixième partie d'un kh'omer, et l'épha la dixième partie d'un kh'omer; leur mesure se réglera sur le kh'omer. » (le bat est une mesure de liquide) ; voir encore Os 3,2.

Cette période est appelée « Omère » parce que, dès le deuxième jour de Pessa’h, on apportait un kh'omer d’orge comme prémices au Temple.
Ce qui explique que Lag BaOmère - comme bon nombre de fêtes - soit un jour de festivités champêtres.

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« Lag » s'écrit en hébreu לג.
ל (lamed) a une valeur numérique de 30, ג (gimmel) a une valeur numérique de 3, donc « Lag » = 33.
Donc « Lag BaOmère » signifie « trente-troisième jour de l’Omère ».

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La période de l’Omère était à l’origine très joyeuse, car
-                           en premier lieu, elle rappelait l’attente de la Fête de la Révélation (Chavouot) : entre la sortie d’Egypte et la révélation de la תורה Torah, 49 jours s’écoulèrent durant lesquels les Hébreux se préparèrent à recevoir la Loi ;
-                           et, en second lieu, parce que, comme nous l’avons vu plus haut, c’était une fête liée à la récolte.
 

• Mais, après la destruction du Temple, l’Omère devint une période de deuil durant laquelle on ne se marie pas. Comment cela arriva-t-il ? On avance plusieurs raisons différentes suivant les écoles. En voici quelques unes :
-                           En l’an 132 de notre ère, les Romains occupaient le pays d’Israël. Certains Juifs s’organisèrent contre l’occupant et une révolte, dernière tentative d’indépendance, éclata sous la conduite de Bar Kokhba. Rabbi Aqiva, l’un des plus grands maîtres du Talmud, vit en lui le Messie et soutint totalement sa révolte.
<- Monnaie frappée pendant la Seconde Révolte juive, en 134 (avers: Loulav et cédrat).
Sur l'envers, la façade du Temple ->
Les Romains écrasèrent l’insurrection, et Bar Kokhba succomba à Bétar en 135 après une défense héroïque. A la suite de quoi les Romains massacrèrent dix grands maîtres du Talmud, au nombre desquels Rabbi Aqiva. Le deuil de l’Omère rappellerait cette révolte, son échec, et la perte de ces dix grandes figures (voir aussi cette page).

-                           On porterait le deuil pour une autre raison, elle aussi en rapport avec Rabbi Aqiva. Il avait des milliers de disciples qui faisaient la gloire d’Israël. Or une épidémie de peste les frappa pendant l’Omère, et s’arrêta miraculeusement le trente-troisième jour. C’est pourquoi Lag BaOmère est un jour de demi-fête.

-                           Ce même jour est considéré comme la date anniversaire de la mort de Rabbi Chimon Bar Yohaï, un des grands fondateurs de la kabbale. De ce fait, on a pris l’habitude de faire un pèlerinage à Méron, petite localité proche de Safed en Galilée. Ce pèlerinage est appelé « la Hiloula de Rabbi Chimon Bar Yohaï » ; elle est célébrée par les Juifs du monde entier par des excursions champêtres et des pèlerinages sur les tombes des saints.

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A ce propos :
 
Il est de coutume de déposer une petite pierre lors de ses visites sur les tombes (des saints comme de toute autre personne).
On donne plusieurs explications à cette pratique.

Mais l’explication la plus vraisemblable tient à un jeu de mots :
Le mot « pierre » se dit en hébreu אבן et s’écrit donc א (aleph), ב (bet), ן (noun).
Or ces trois lettres permettent d’écrire les mots אב « père » et בן « fils » ; comme ces deux mots écrits ensemble forment le mot אבן « pierre », le fait de poser une pierre signifie que l’on se situe dans la filiation et la mémoire du défunt.
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