Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven





KETOUVIM - (Ecrits)






Yob (Job)
Meshalim (Proverbes)

Megillot (les 5 rouleaux, lus lors des fêtes):
-Ruth (Ruth) - lu à Chavouot
-Shir HaShirim (Cantique) - lu à Pessa'
-Qohélet (Ecclésiaste) - lu à Soukkot
-Eikah (Lamentations) - lu à Ticha BeAv
-Esther (Esther) - lu à Pourim

Daniel (Daniel)
Esra - Néhémiyah (Esdras - Néhémie)
Dibré HaYamim (Chroniques I et II)

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JOB

Jb 38,1 ;8-11.

Comment Dieu Créateur, qui a le pouvoir de maîtriser les forces de la nature, laisserait-il les siens être submergés par les épreuves et les tentations de la vie ?
(Sur ce thème, voir présentation et commentaire du Ps 107 à cette page)
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PROVERBES

      Comme de coutume, le titre hébraïque du livre, משׁלי Mishléi, est aussi son premier mot: משׁלי שׁלמה Mishléi Shelomo, « Exemples de Salomon ». Les LXX le traduisirent par Παροιμίαι Paroïmiaï, et la Vulgate par Proverbia.Le termeמשׁליdérive de משׁלmâshâl (en arabe masala, en assyrien masâlu, en araméen metal) dont le premier sens désigne ce qui se tient debout, ce qui est érigé: manière d’être, susceptible ou non d’être imitée, cas, événement particulier, fait précis qui sert à confirmer, illustrer, préciser un enseignement. Mieux que "Proverbes", "Exemples" semble traduire cette notion deמשׁל: exemples bons ou mauvais que l’auteur nous propose, suivant le cas, sous forme de proverbe, de dicton, de discours inspiré, de parabole, de poème ou de sentence. Ce qui est essentiel, sous la forme qui l’exprime, c’est l’exemple à imiter ou à fuir, le fait objectif que décrit le proverbe. Ainsi le sens premier deמשׁל couvre bien le contenu de ce livre magistral.
  
       L’insertion des Exemples de Salomon dans le canon de la Bible n’a pas été sans controverse à cause de ses contradictions internes. En effet ce livre est composé de plusieurs recueils qui reflètent des enseignements parfois contradictoires.
      Dès le début, l’auteur s’adresse à son fils, selon un procédé classique chez les Hébreux, les Égyptiens, les Mésopotamiens. Il fait parler la sagesse pour qu’elle puisse elle-même mettre les humains en garde contre la folie (1,20-33). Le volume entier constitue un incessant plaidoyer pour démontrer la supériorité de la sagesse sur la démence: les exemples déferlent sans grand ordre logique pour convaincre le lecteur de se soustraire au mal et de faire le bien. L’opposition est constante entre les deux voies, celle des criminels et celle des justes. Nous retrouvons là l’enseignement constant de la Bible: le monde est cassé en deux et il n’est pas sans conséquence de se situer dans la lumière de YHWH-Adonaï ou dans la nuit du criminel. À ce niveau de signification, l’auteur décrit la femme étrangère qu’il oppose à la femme de valeur: l’une œuvre pour la mort, l’autre pour la vie. La femme étrangère reprend un thème central dans la littérature sapientiale (on le rencontre aussi dans la Sagesse d’Ani, conseils d’un scribe égyptien à son fils). La sagesse et la folie sont personnifiées et interviennent sous forme de femmes qui appellent l’une au bien, l’autre au mal. Cette allégorie achève la première partie du volume.
     Le deuxième recueil (10,1-22,16) groupe des sentences brèves rassemblées sans ordre logique apparent, avec des doublets et des répétitions.
    Les recueils suivants achèvent de donner les enseignements de la sagesse d’Israël: celle-ci a ses caractères propres, mais elle a des rapports évidents avec les traditions des peuples d’Orient: les Iduméens, Tyr, l’Égypte, la Mésopotamie, l’Arabie, Canaan avaient un vaste trésor sapiential. Et l’on finira par préciser un jour les voies de communication qui ont pu exister entre les civilisations du Proche-Orient et celles de l’Extrême-Orient. Ici, nous sommes en présence d’une sagesse écrite en hébreu mais dépouillée de tout caractère nationaliste: les antithèses (juste-criminel; route du bien-route du mal; femme étrangère-femme de valeur) ne se complètent pas, comme dans les Psaumes, par le couple ennemi: Israël-Nations.
    On a depuis longtemps rapproché ce volume des sources de la sagesse égyptienne et notamment des Instructions d’Aménémopé: cette œuvre, dont le manuscrit semble remonter au VIème siècle et qui peut avoir été écrite antérieurement, jusqu’au Xème siècle, présente d’évidentes similitudes de forme et de fond avec Pr 22,17-23,11.
Trois explications ont été données à ces parallélismes:
- le texte hébreu est la traduction de l’égyptien;
- l’égyptien traduit l’hébreu,
- tous deux dépendent d’une troisième source antérieure, égyptienne elle aussi, qui aurait été connue en Israël grâce à l’entremise d’une version cananéenne.
En dehors de ces sources égyptiennes, le volume des Exemples s’apparente à des écrits du même genre: Instructions de Shouroupak à son fils, attestées à Sumer dès le XXVème siècle, proverbes babyloniens, proverbes araméens d’Ahiqar (retrouvés sur des papyrus du Vème siècle).
    Cependant, les Exemples de Salomon s’insèrent dans la tradition hébraïque. Ils ont d’abord un but pédagogique: il s’agit de donner à l’enfant les clés du savoir traditionnel. Les formules sont lapidaires, écrites pour être apprises par coeur et chantées. Lorsque le développement le permet, l’auteur a recours au poème alphabétique, comme dans l’émouvant éloge de la femme de valeur (31,11-31). Chaque verset y commence par l’une des lettres de l’alphabet, dont la suite favorise la mémorisation. Le style direct ("Entends, mon fils..."), le génie de la formule frappante, l’usage constant du chiasme; l’emploi du parallélisme, de l’allégorie; le choc constant des contraires; la clarté et parfois la violence des images font de ce volume une sorte de film tant le style en est concret. L’idée s’exprime toujours au plus proche du réel par le geste qui la révèle, toujours décrit avec une extrême économie des moyens.
    Entre le juste et le criminel, le sage et le fou, apparaît le niais (péti), celui qui ne demande qu’à se laisser former par la discipline du père et le conseil du sage. Le précepte est impératif: il impose, sans discussion possible, l’enseignement à l’élève pour former son intelligence, son jugement, son caractère. La répétition, sous des formes différentes, des mêmes exemples (20,13-24,33-34; 25,16-25,27) fait partie d’une technique pédagogique qui entend imprégner l’esprit par le contenu de l’enseignement. Et les variantes sont voulues pour dissiper les ombres, écarter les objections: nous sommes en présence d’une technique d’écriture définie par une tradition millénaire. Les exemples choisis reflètent à la fois les exigences d’un enseignement transcendant et les réalités d’un ordre social déterminé: mais l’axe de mesure est toujours l’homme, son bien, son épanouissement. La valeur suprême est la vie, respectée sous toutes ses formes: l’aspiration au bien est une conséquence du respect du réel dans un univers qu’ Elohim a créé et qui est, par conséquent, l’univers dubien. De ce fait, la morale n’est jamais distincte de la métaphysique ou de la biologie qui en constituent les sources.
    Malgré la variété des recueils qui composent ce volume et des genres qu’il met en œuvre, la doctrine en est homogène: si la vie est la valeur suprême, la sagesse en est la gardienne. Elle est l’arbre de vie par excellence, donc le bien suprême. Le sage a pour vocation de l’enseigner à ses disciples, de leur permettre l’accès de son mystère, la maîtrise de ses disciplines. Au coeur de cette problématique se situe la question du mal et de la rétribution des actes: ici, il est clair que le bien mène à la vie et le mal à la mort, et que la vie est supérieure à la mort. Le juste est toujours heureux, toujours en possession du bonheur parfait. Le criminel est par nature perdant: ses succès ne peuvent être qu’apparents, provisoires. La maison des criminels sera détruite. Le volume d’Exemples n’aborde pas le problème de la souffrance du juste écrasé par le triomphe des criminels. Ce thème, central dans Job, est aussi l’une des préoccupations de Jérémie. Mais ici, le but de l’ouvrage, essentiellement pédagogique, est différent. La discussion de fond est remplacée par cette affirmation massive: à coup sûr, le criminel sera châtié.
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• Pr 8,22-31.

Pour évoquer l'indicible transcendance de la sagesse divine, l'auteur du Livre des Proverbes personnifie cet attribut, sans pour autant déroger au strict monothéisme biblique.
Comme d'autres appartenant au même genre littéraire ("littérature sapientiale"), qu'on trouve dans de nombreuses civilisations (voir l'introduction aux משׁלי, à cette page), ce livre est sujet à des interprétations très diverses.

Sur ce texte:
Sur le Livre des Proverbes, les משׁלי, voir ci-dessus.
Contexte:
- Prologue: 1,1-7
- Discours sur la sagesse/Sagesse: 1,8 - 9,18
- Proverbes de Salomon: 10,1 - 22,16
- Paroles des sages: 22,17 - 24,22
- Deuxième collection de paroles des sages: 24,23-34
- Deuxième collection de proverbes de Salomon: 25 - 29
- Paroles d'Agour: 30
- Paroles du roi Lemouel: 31,1-9
- Poème de la femme vaillante: 31,10-31.
Sur 8,22-31:
Ces versets forment un poème célébrant le rôle éminent de la Sagesse dans l'œuvre divine de création (comp. 3,19-20). Comme dans les vv. précédents (1-21) et suivants (32-36), et au même titre que Dame Folie, la Sagesse est personnifiée. Elle l'est sous les traits d'un auxiliaire de Dieu, son "maître d'œuvre" (v.30). L'auteur veut à nouveau recommander la sagesse, en soulignant ainsi ce que Dieu a réalisé grâce à elle.
Sous une apparence de simplicité, voire d'évidence, ce passage présente de très grandes difficultés de traduction (des verbes en particulier), risquant d'entraîner de véritables contre-sens, non seulement sémantiques mais, ce qui est plus grave, théologiques; or la traduction liturgique non seulement ne lève pas les ambiguïtés en les explicitant, mais parfois même les accentue... Il est donc capital ici de s'attacher au sens précis de chaque mot, et à son contexte théologique.


Traduction et notes:

Verset 22.
       יהוה קנני ראשׁית דרכו קדם מפעליו מאז׃
YHWH-l'Éternel me possédait, première de ses œuvres,
Avant ses œuvres les plus anciennes.
קנני - me possédait: C'est le même verbe, קנה qânâh, qu'en 4,5;7.
Certains avancent: "m'a établie", "m'a acquise", "m'a engendrée" (comp. v.24).
La traduction "m'a créée" (ou "m'a faite pour lui", trad. liturgique) est inadaptée théologiquement, car la sagesse est un attribut que Dieu possède de tout temps, de toute éternité.
Beaucoup d'exégètes pensent que ce passage se situe à l'arrière-plan de plusieurs déclarations du NT au sujet du Christ, qualifié de "Sagesse de Dieu" (1Co 1,24;30; 2,3) qui a joué un rôle actif dans la création (Jn 1,1-3; Col 1,16).

Verset 23.
       מעולם נסכתי מראשׁ מקדמי־ארץ׃
J'ai été établie depuis l'éternité,
Dès le commencement, avant l'origine de la terre.
נסכתי - J'ai été établie: Dans le sens d' "être établi officiellement dans une fonction" (comp. Ps 2,6, qui fait référence au sacre du roi davidique). La Sagesse est donc antérieure à la création.

Versets 24-25.
       באין־תהמות חוללתי באין מעינות נכבדי־מים׃
Je fus enfantée quand il n'y avait point d'abîmes,
Point de sources chargées d'eaux;
בטרם הרים הטבעו לפני גבעות חוללתי׃
Avant que les montagnes soient affermies, 
Avant que les collines existent, je fus enfantée;
חוללתי - Je fus enfantée: Il serait absurde de comprendre par ce verbe   חוּל kh'ûl que la sagesse de Dieu n'a pas toujours existé.
Certains pensent que l'on a là la métaphore de la naissance d'un prince héritier.
L'expression souligne surtout le fait que Dieu est la source de la sagesse, elle existe en lui et comme lui de toute éternité, avant de se manifester dans la création où elle est mise en œuvre, et avant d'être communiquée aux hommes.

Verset 26.
       עד־לא עשׂה ארץ וחוצות וראשׁ עפרות תבל׃
Il n'avait encore fait ni la terre, ni les campagnes, 
Ni la première poussière du monde.
• וראשׁ עפרות תבל - Ni la première poussière du monde: C'est-à-dire les premiers éléments constitutifs de notre monde (on pourrait dire "les atomes").

Verset 27.
       בהכינו שׁמים שׁם אני בחוקו חוג על־פני תהום׃
Lorsqu'il disposa les cieux, j'étais là;
Lorsqu'il traça un cercle à la surface de l'abîme,
בחוקו חוג על־פני תהום - Lorsqu'il traça un cercle à la surface de l'abîme: Allusion aux limites imposées par le Créateur aux eaux (Gn 1,6-10).
Si le monde habité est issu de l'eau (voir Ps 24,2; 2P 3,5), celle-ci - et particulièrement la mer - est ressentie comme un danger (vv.28-29) dans tout la Proche-Orient ancien (voir cette page, et celles qui la suivent, sur les cosmogonies proche-orientales). Cet acte de puissance du Créateur est magnifié à plusieurs reprises dans la TaNaKh (par ex. en Ps 104,6-9; Jr 5,22; etc.)

Verset 28.
       באמצו שׁחקים ממעל בעזוז עינות תהום׃ 
Lorsqu'il fixa les nuages en haut,
Et que les sources de l'abîme jaillirent avec force,

Verset 29.
       בשׂומו לים חקו ומים לא יעברו־פיו בחוקו מוסדי ארץ׃

Lorsqu'il donna une limite à la mer,
Pour que les eaux n'en franchissent pas les bords,
Lorsqu'il posa les fondements de la terre,

Verset 30.
       ואהיה אצלו אמון ואהיה שׁעשׁעים יום יום משׂחקת לפניו בכל־עת׃ 
J'étais à l'œuvre auprès de lui,
Et je faisais tous les jours ses délices,
Jouant sans cesse en sa présence,
אמון - à l'œuvre: De אמן'âman qui signifie "ériger, construire, élever"; le אמון  'âmôn est ici le maître d'œuvre, l'architecte, celui qui conçoit les plans. Le rôle actif de la Sagesse est ainsi souligné.
Certaines traductions (Darby, Martin) donnent "son nourrisson", "son enfant chéri", s'appuyant sur le sens d' "élever un enfant" pour le verbe אמן; dans ce cas, ce n'est pas la coopération de la Sagesse à l'œuvre divine qui est soulignée, mais plutôt sa joie à la vue d'une telle merveille. La suite de ce verset et le v.31 sembleraient favoriser cette seconde traduction.
Mais, en revanche, tous ceux qui précèdent, ainsi que le contexte biblique général (le rôle dévolu à la Sagesse) soutiennent la première interprétation. 


Verset 31.
       משׂחקת בתבל ארצו ושׁעשׁעי את־בני אדם׃
Jouant sur le globe de sa terre,
Et trouvant mon bonheur parmi les fils de l'homme.
ושׁעשׁעי את־בני אדם - Et trouvant mon bonheur parmi les fils de l'homme: Parce qu'ils constituent le chef d'œuvre de la création (Gn 1,26-28).
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• Pr 9,1-6.

La « crainte » de Dieu (à ne surtout pas confondre, comme nous l'avons déjà souvent vu, avec la peur), attitude générale de révérence envers le Seigneur qui nous aime, s'épanouit en sagesse, source d'intelligence et de bonheur dans la conduite de la vie.
La personnification de cette sagesse exprime à la fois sa transcendance et sa proximité.
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QOHELET - "L'Ecclésiaste"

    "קהלת Qohélet" dérive de la racine "קהל", qui signifie "assembler". Il a été traduit en grec par les LXX, puis en latin par saint Jérôme dans sa Vulgate, par "ἘκκλησιαστήςEcclesiastes", mot qui dérive lui-même de "Ἐκκλησια ecclesia, assemblée". 
Qohélet peut donc être à la fois un "rassembleur" de sentences, et celui qui se lève au sein de l’assemblée pour en être le "prédicateur" (voir ci-dessous, note sur 1,1).
En tout cas, contrairement à ce qui a parfois été déduit de 1,1, l'auteur de ce livre n'est certainement pas Salomon lui-même; c'est, éventuellement, quelqu'un qui présente une pensée que l'on pourrait prêter à Salomon.


    Le ton général de l’ouvrage, sa signification la plus profonde, est donné par le deuxième verset, qui sert de leitmotiv au livre tout entier:
 הבל הבלים אמר קהלת הבל הבלים הכל הבל׃
"Habèl ha balîm, hakol habèl - Fumée de fumées, tout est fumée" (1,2).
La traduction du mot הבל habèl par "vanité" n’a pas peu contribué à brouiller les pistes qui peuvent conduire à une exacte compréhension de la pensée de Qohélet. Est "vain" ce qui est dépourvu de valeur. Parler de "vanité" implique donc un jugement de valeur.

    Or le mot הבל est essentiellement concret. Il signifie "fumée", "vapeur", "haleine", "vent". Le Qohélet ne porte pas un jugement de valeur sur le réel; il dresse un constat: tout est fumée, tout n'est que du vent. Le bonheur, le travail, la sagesse, la vie, l’humanité, la famille, l’argent, la fortune, la gloire, le désir, le rire, l’avenir, la jeunesse, les jours de l’homme; oui, "ce n'est donc que du vent", גם־זה הבל.
Le Qohélet se situe dans l’ordre des constatations objectives.Sa pensée est davantage métaphysique que moralisante. Il tente de décrire la condition humaine sous l’angle de ce qui passe: état de fait indéniable et qui porte à conséquence pour la pensée et la conduite de l’homme.

    Il faut reconnaître qu’il est difficile de déceler la structure logique de son œuvre, aussi variée et semée de contradictions que la vie dont elle entend cerner le mystère. L’unité du livre réside surtout dans son style, véritablement étincelant.

    On a souligné la parenté de certaines expressions de Qohélet avec des textes ougaritiques ou phéniciens. Au IIIème siècle avant notre ère, date probable de sa rédaction, la Phénicie et la terre d’Israël étaient sous la domination des Ptolémée et sous l’influence de la culture grecque. Quoi qu’il en soit, il est impossible de mettre une étiquette sur une pensée aussi riche et aussi évidemment personnelle. Le Qohélet reste, aujourd’hui encore, un penseur original, et c’est son œuvre elle-même qui importe. Les jeux intellectuels de ses commentateurs sont souvent, eux aussi, הבל... vent? fumée?...
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• Qo/Ec 1,2; 2,21-23.

"Ici-bas, tout est du vent"... Tout ce qui est humain est éphémère: cette constatation devrait amener l'homme à prendre davantage en considération les réalités divines que les biens terrestres.

Sur ce texte:
Sur le Qohélet ou l'"Ecclésiaste" et son livre, voir ci-dessus.
Structure (spéculaire):
A-Titre mentionnant le Qohélet: 1,1
B- Thèse: 1,2
C- Prologue - poème sur les cycles (le temps n'apporte rien de nouveau): 1,3-11
D- Description de la réalité: 1,12 - 6,12
D'-Conseils de sagesse pour vivre la réalité: 7,1-11,8
C'- Épilogue - poème sur la vieillesse (le temps emporte l'homme): 11,9-12,7
B'-Thèse: 12,8 (=1,2)
A'- Conclusion sur le Qohélet: 12,9-14.
Sur 1,2, voir ci-dessus et notes ci-dessous.
Sur 1,12-2,23:
Dans ce segment, le Qohélet relate les multiples expériences auxquelles il s'est livré en vue de trouver le sens et la valeur de la vie humaine. Il a ainsi accumulé richesses et réalisations, atteignant ainsi le sommet de la réussite en ce monde. Mais tout cela n'apporte pas le vrai bonheur, car tout est périssable (2,11-12). En outre la réalité de la mort de l'homme contribue à renforcer cette idée: les œuvres réalisées, et même les biens qui ne périssent pas avec leur propriétaire, passent alors en d'autres mains, qui les réduiront peut-être à néant (2,14-23). 
Je traduis et commente les vv.1,1 et 2,20, car sinon il est difficile de comprendre le cheminement de la pensée de l'auteur.

Traduction et notes:

Chapitre  1.
Verset 1.
       דברי קהלת בן־דוד מלך בירושׁלם׃
Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem.
קהלת - l'Ecclésiaste: Le terme "קהלת qôhelet" est le participe actif féminin du verbe קהלqâhal, qui - comme on l'a vu dans l'introduction générale au livre - signifie "(r)assembler".
Or, pour d'autres verbes, cette forme sert à désigner une fonction (exercée par un homme, même si la forme est féminine); le Qohélet est donc soit celui qui "(r)assemble" des pensées, soit celui qui les proclame devant l'"assemblée" qu'il a réunie.
On ne saurait trancher, car ce terme ne se retrouve pas ailleurs que dans ce livre. Il est donc possible que cette fonction n'ait pas existé en tant que telle, et que ce titre soit une création de l'auteur du livre; si c'est le cas, ce titre, qui n'avait alors pas de sens précis, même pour les premiers lecteurs, participe au mystère entourant le personnage ainsi nommé.
בן־דוד מלך בירושׁלם - fils de David, roi de Jérusalem: Ce personnage mystérieux du "Qohélet", présenté comme
- fils de David,
- qui a été roi à Jérusalem (voir aussi 1,12),
- qui a fait progresser la sagesse comme personne (1,13),
- qui a été fort riche, a réalisé de grands travaux, et a eu un harem constitué de nombreuses femmes (2,4-10).
Ces indications font immanquablement penser à Salomon (1R 3,12-13; 5,9-14; 10; 11,3). Cependant, contrairement aux autres livres dont Salomon est l'auteur (Pr 1,1; 10,1; 25,1; Ct 1,1), il n'est nulle part nomme dans ce livre.
Non seulement le "Qohélet" ne s'identifie pas à Salomon, mais encore il semble avoir voulu laisser dans le flou un personnage idéal, qu'il a créé et fait parler, en s'inspirant de la figure de Salomon, roi réputé pour sa sagesse et ses richesses immenses. Ce procédé littéraire correspondrait bien au message du livre.

Verset 2.
       הבל הבלים אמר קהלת הבל הבלים הכל הבל׃
Fumée de fumées, dit le qohélet, fumée de fumées, tout est fumée.
הבל הבלים - Fumée de fumées:
- Cette tournure (comme dans "Cantique des Cantiques", "roi des rois", etc.) a une valeur superlative ou intensive.
- Sur le sens du mot הבל, voir ci-dessus; il désigne une "fumée", une "vapeur", une "haleine", du "vent" - au sens concret et sans valeur péjorative ni jugement de valeur (contrairement au mot "vanité", qui implique un jugement négatif, un sens péjoratif).
הכל הבל - tout est fumée: Cette formule n'exprime pas le nihilisme, tout n'est pas "néant"; elle sert à souligner le caractère éphémère de la vie et de toute construction humaine déjà exprimé par la première partie du verset.
Le verset signifie donc que, "au plus haut point, tout est passager, périssable". C'est une constatation objective, pas un jugement de valeur: il faut admettre ce caractère éphémère des réalités "d'ici-bas", mais ne pas en être déçu, ou frustré: il faut seulement savoir se tourner vers les réalités "d'en haut", ne pas tourner en absolu ce qui n'est que relatif!
Or c'est précisément parce que le personnage qui s'exprime s'est trop "investi" dans son œuvre terrestre (2,20) qu'il est déçu (et même désespéré) de devoir à terme l'abandonner (2,21) à d'autres...   
On notera que Paul fait allusion à ce verset en Rm 8,20, où il reprend le terme "ματαιότης mataïotēs" (employé par LXX pour traduire הבל) pour dire que "la création a été soumise à la fragilité", "la création a été faite périssable".

Chapitre  2.
Versets 20-21.
        וסבותי אני ליאשׁ את־לבי על כל־העמל שׁעמלתי תחת השׁמשׁ׃
Et j'en suis venu à livrer mon coeur au désespoir, à cause de tout le travail que j'ai fait sous le soleil.
כי־ישׁ אדם שׁעמלו בחכמה ובדעת ובכשׁרון ולאדם שׁלא עמל־בו יתננו חלקו גם־זה הבל ורעה רבה׃ 
Car tel homme a travaillé avec sagesse et science et avec succès, et il laisse le produit de son travail à un homme qui ne s'en est point occupé. Et ce n'est donc que du vent, et un grand malheur!
Voir ci-dessus: le personnage qui s'exprime s'est tellement investi dans son œuvre terrestre qu'il est désespéré à l'idée de mourir, et de devoir alors abandonner tout son acquis à quelqu'un qui le réduira peut-être à néant par incompétence, ou parce qu'il y attachera moins de valeur que lui-même! 

Versets 22-23.
         כי מה־הוה לאדם בכל־עמלו וברעיון לבו שׁהוא עמל תחת השׁמשׁ׃
Que revient-il, en effet, à l'homme de tout son travail et de la préoccupation de son coeur, objet de ses fatigues sous le soleil?
  כי כל־ימיו מכאבים וכעס ענינו גם־בלילה לא־שׁכב לבוגם־זה הבל הוא׃
Car tous ses jours ne sont que douleur, et son partage n'est que chagrin; même la nuit son coeur ne repose pas.  Et ce n'est donc que du vent!
Noter les reprises de termes:
- לבlêb "le coeur" - voir, à partir de celle-ci, les pages sur "le coeur dans la Bible"; on peut noter également ici que ce mot est lié au v.20 au "désespoir"
(יאשׁ yâ'ash) et au v.22 à la "préoccupation" (רעיוןra‛yôn), synonyme du v.23: גם־בלילה לא־שׁכב לבו "même la nuit son coeur ne repose pas": le "désespoir" du personnage vient du fait qu'il a accordé trop d'importance à son "travail" et à ses fruits terrestres (qu'il ne pourra emporter avec lui lorsqu'il mourra), au détriment des réalités célestes;
- עמל‛âmâl "le travail" aux vv.20,21 et 22;
- תחת השׁמשׁtakh'at ha shemesh "sous le soleil", sorte de ponctuation du discours (utilisée 29 fois dans le livre, et nulle part ailleurs sous cette forme dans la Bible) qui sert à la fois à exprimer concrètement la dureté du travail dans un pays très chaud, et de façon plus abstraite la condition de l'homme - dont la vie terrestre est limitée de façon spatio-temporelle (on trouve aussi, avec le même sens, "sous le ciel" à plusieurs reprises): la mort met une limite irrévocable au profit que l'homme peut tirer de son activité - aussi importante et fébrile soit-elle;
- et, bien entendu, גם־זה הבל gam zeh hăbêl "ce n'est donc que du vent" aux vv.21 et 23!...


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DANIEL

Classé par la LXX et la Vulgate comme le quatrième des grands prophètes, le livre de Daniel est en fait un récit apocalyptique. Ses personnages sont censés vivre à Babylone au temps de l'Exil, mais il s'agirait plutôt de soutenir les Juifs de Palestine menacés par Antiochus IV.

Le livre comporte d'une part des récits édifiants, montrant que le Seigneur protège les siens en toute circonstance, en particulier ceux des "trois enfants" dans la fournaise (Dn 3) et de Daniel dans la fosse aux lions (Dn 6) - et d'autre part des récits de visions proprement apocalyptiques dont les plus connues sont
- la statue aux pieds d'argile (Dn 2),
- le festin de Balthazar (Dn 5),
- les quatre Bêtes et le Fils de l'homme (Dn 7),
- les 70 semaines de l'année (Dn9).

Le thème qui revient sans cesse est la dégradation de l'histoire depuis l'époque babylonienne - appelant une intervention décisive de Dieu qui inaugurera un ordre absolument nouveau.

Daniel est le seul livre du canon juif (voir les pages "Fixation du canon de la TaNaCh",  et "Josias et le Livre de la Loi") où apparaisse l'idée de résurrection (Dn 12,1-3).

La version grecque contient des éléments supplémentaires (deutérocanoniques), en particulier la prière et le cantique des "trois enfants" (Dn 3,24-90) et l'histoire de Suzanne (Dn 13).
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• Dn 7,9-10;13-14

Dans l'épreuve, il faut regarder la face cachée des événements, ou plutôt tourner son regard vers celui que l'auteur du Livre de Daniel décrit כבר אנש - comme "un Fils d'homme".
Ce titre mystérieux évoque un personnage en qui et par qui tous les humiliés et les persécutés auront part à la gloire de Dieu.
Jésus se désignera souvent lui-même comme "le Fils de l'homme", qui doit beaucoup souffrir mais sera exalté à la droite de Dieu, où il introduira ceux qui croient en lui et le suivent.

• Dn 7,13-14

Un homme hors du commun, un "Fils d'homme" intronisé par Dieu, évoqué lui sous les traits d'un"Vieillard" sans âge, pour rétablir son règne universel: ce "rêve", cette "vision" d'espérance deviendra un jour réalité, bien que nul ne sache quand ni comment...

Ce passage - de style apocalyptique, et donc à portée messianique - comporte un certain nombre d'expressions qui demandent à être éclaircies de façon rigoureuse.

Verset 13:
 חזה הוית בחזוי ליליא וארו עם־ענני שׁמיא כבר אנשׁ אתה הוה ועד־עתיק יומיא מטה וקדמוהי הקרבוהי׃
"Je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici: sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme; il s'avança vers l'ancien des jours, et on le fit approcher de lui."
עם־ענני שׁמיא - sur les nuées des cieux: suggère l'origine céleste de ce personnage.
כבר אנשׁ - comme un fils d'homme: cette expression fait écho à la vision inaugurale d'Ezéchiel (ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם עליו מלמעלה׃ - et sur cette forme de trône apparaissait comme une figure d'homme placé dessus en haut, Ez 1,26). Ezéchiel et Daniel tentent de traduire en langage humain les visions divines indicibles dont ils ont été les témoins privilégiés.
<- La vision du prophète Ezéchiel sur la rive du fleuve Kebar - seconde moitié du XVIème siècle (Monastère des Solovki - Kremlin - Moscou). Le Seigneur est assis sur un arc-en-ciel, dans une gloire ronde. Le "vent de tempête" par lequel se manifeste la puissance de Dieu secoue les rochers comme un tremblement de terre, et fait bouillonner les eaux où s'agitent des poissons. Dans cette icône, Ezéchiel est représenté deux fois: à gauche, il reçoit la vision; à droite, il mange le livre inscrit d'amères prophéties ("Lamentations, gémissements et plaintes"), mais "doux comme du miel" dans sa bouche. 
Ils retournent donc l'image de "l'homme créé à l'image de Dieu"; pour eux, les seuls mots qui permettent d'évoquer l'image divine c'est "une sorte d'être humain". L'expression "fils d'homme" (qui revient presque cent fois chez Ezéchiel!) est en effet synonyme d' "être humain" (ainsi en Nb 23,19; Jb 25,6; Ps 8,5; ici et en Dn 8,17; etc.).
D'autres exégèses parlent ici d'un ange (on parle effectivement de Gabriel et de Michel dans ce livre - mais cette interprétation n'est pas cohérente avec les autres livres); ou encore du peuple de Dieu (même objection que précédemment).
אתה- il arriva; הוה ועד - il fut vers (=> "il s'avança vers) : ce personnage s'approche pour son intronisation.
עתיק יומיא- l'ancien des jours: nous assistons avec Daniel à une sorte de dédoublement de la gloire divine, qui se présente à la fois comme un Vieillard chargé de très nombreux jours, et comme un personnage "à l'image et ressemblance" d'un humain - contrairement à la vision d'Ezéchiel.
- Ce dédoublement pousse àune interprétation messianique de la vision. D'autres arguments encore en faveur de cette interprétation messianique:
- Comme on l'a vu plus haut, "עם־ענני שׁמיא - sur les nuées des cieux" suggère l'origine céleste de ce personnage.
- De même que les quatre royaumes représentés par les bêtes ont un roi (verset 17: "Ces quatre grands animaux, ce sont quatre rois qui s'élèveront de la terre"), le royaume du peuple saint a également un roi.
- Cet être reçoit une royauté éternelle (שׁלטנה שׁלטן עלם די־לא יעדה - Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, verset 14) comme c'est le cas du roi davidique promis (cf. Dn 2,44: "Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit"; Is 9,5-6: "Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule [...] Donner [...] une paix sans fin au trône de David et à son royaume, L'affermir et le soutenir [...] Dès maintenant et à toujours: Voilà ce que fera le zèle de l'Éternel"; Jr 30,9: "Ils serviront l'Éternel, leur Dieu, Et David, leur roi, que je leur susciterai"; Ez 34,23: "J'établirai sur elles un seul pasteur, qui les fera paître, mon serviteur David; il les fera paître, il sera leur pasteur").
- Et, du point de vue chrétien, Jésus s'est appliqué ce titre plus que tout autre - en faisant explicitement référence à ce passage (Mt 24,30; 26,64; Mc 13,26; 14,62; Lc 21,27); voir aussi Ap 1,7; 1,13; 14,14.
Ce "fils d'homme" est donc le roi messianique d'un royaume constitué par "les saints du Très Haut" (Dn 7,18); ainsi, "le règne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux seront donnés au peuple des saints du Très Haut" (Dn 7,27)

Verset 14:
 ולה יהיב שׁלטן ויקר ומלכו וכל עממיא אמיא ולשׁניא לה יפלחון שׁלטנה שׁלטן עלם די־לא יעדה ומלכותה די־לא תתחבל׃
"On lui donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera jamais détruit."
Contrairement aux quatre royaumes terrestres évoqués en Dn 2,44 (cf.supra) qui sont symbolisés par des bêtes, le royaume divin est représenté par ce personnage "semblable à un fils d'homme" à qui il est confié; ce royaume sera non seulement éternel, mais encore universel.

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• Dn 12,1-3

Nous sommes dans un temps d'affrontement violent entre le bien et le mal. Mais, après un ultime combat, particulièrement terrible, viendra le jour de la délivrance. Victimes et oppresseurs s'éveilleront. On verra alors lesquels ont été du bon côté. Mais tout essai de description réaliste des événements qui marqueront cette Fin vers laquelle va le monde serait trompeur: seul convient le langage des images aussi peu matérielles que possible.

Remarques:
Tout ce passage a une double lecture (voir ci-dessus, l'introduction au livre de Daniel):
- une lecture historique: Daniel évoque le peuple juif face à ses ennemis (la chute de Babylone annonce la chute de tous les autres empires);
- une lecture eschatologique: à la fin des temps, les enfants de Dieu - quelles qu'auront pu être leurs souffrances face à un monde hostile - seront secourus par Lui.

Verset 1.
"En ce temps-là - ובעת": cette expression reprend peut-être, prosaïquement, Dn 11,40, et comme toute la section, l'affrontement entre  le peuple juif et la dynastie hellénistique des Antiochos (que Daniel a comparé à Babylone). Mais, dans une lecture apocalyptique du passage, on peut dire qu'il s'agit du "Jour du Seigneur", le jour du Jugement.
"Michel - מיכאל" : signifie "מי qui [est] כּי comme אל El, Dieu?"; ange cité dans le Premier Testament par Daniel (10,13;10,21;et ici), dans le Nouveau Testament par l'épître de Jude au verset 9, et en Ap 12,7-9 (victoire sur le dragon). La particule מי peut avoir ou non un sens interrogatif; dans le contexte, la valeur interrogative est plus pertinente - puisque Michel vient "trier" les bons des mauvais; il interroge donc les hommes qui sont face à lui pour savoir ceux qu'il doit défendre (cf.infra).
Dans le texte hébreu, il est présenté comme " השׂר הגדול - le grand chef", de "שׂר chef", et "גדול grand"; de même, la LXX traduit littéralement:" ὁ ἄρχων ὁ μέγας ", ainsi que la Vulgate:"princeps magnus"; seule la traduction liturgique écrit "le chef des anges"... En 10,13 par exemple, il est certes présenté comme celui qui défend le peuple de Dieu (comme ici: "le défenseur des fils de ton peuple: העמד על־בני עמך") contre ses ennemis, mais à la manière d'un "prince" ou d'un "chef de guerre" (cf. supra sur "en ce temps-là": on peut hésiter entre l'interprétation prosaïque et l'interprétation eschatologique, entre celui qui défend le peuple juif et ses martyrs contre les Antiochos - et celui qui fait le "tri" entre bons et mauvais).
"Et ce sera une époque de détresse, telle qu'il n'y en a point eu de semblable depuis que les nations existent jusqu'à cette époque - (traduction LXX:) καὶ ἔσται καιρὸς θλίψεως, θλῖψις οἵα οὐ γέγονεν ἀφ᾿ οὗ γεγένηται ἔθνος ἐπὶ τῆς γῆς ἕως τοῦ καιροῦ ἐκείνου": phrase qui sera reprise par Mt 24,21: "ἔσται γὰρ τότε θλῖψις μεγάλη, οἵα οὐ γέγονεν ἀπ᾿ ἀρχῆς κόσμου ἕως τοῦ νῦν οὐδ᾿ οὐ μὴ γένηται - Car alors, la détresse sera si grande qu'il n'y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu'à présent, et qu'il n'y en aura jamais".
"Le livre - ספר": cf. Ex 32,32 (première occurrence de l'emploi de ce mot dans ce sens) = "le livre de ceux qui font partie du peuple de Dieu, des élus". C'est sans doute une allusion aux listes de recensement: en être rayé signifiait ne plus avoir d'existence juridique ni rituelle.

Verset 2.
"Ceux qui dorment dans la poussière de la terre - מישׁני אדמת־עפר" (de: ישׁן endormi - אדמה 'ădâmâh la terre rouge; cf.אדם Adam, littéralement "le terreux" - עפר la poussière): allusion à la malédiction de Gn 3,19: "[...]
 עד שׁובך אל־האדמה כי ממנה לקחת כי־עפר אתה ואל־עפר תשׁוב׃ - jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière"; la résurrection ici évoquée atteste que, "en ce temps-là", la malédiction sera levée.

La résurrection des morts - Psautier d'Ingeburge - détail (Chantilly, Musée Condé) ->

"Ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront - מישׁני אדמת־עפר יקיצו" réminiscence possible de Is 26,19: "Réveillez-vous et tressaillez de joie, habitants de la poussière!"
"Les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle - אלה לחיי עולם ואלה לחרפות לדראון עולם׃": ce verset constitue l'une des affirmations les plus explicites du Premier Testament quant à la vie éternelle; on peut en effet comparer à Jb 19,26: "Quand je n'aurai plus de chair, je verrai Dieu", à Is 25,8: "Il anéantit la mort pour toujours", Is 26,19 (cf. supra).
Dans le contexte du livre de Daniel, la vie éternelle constitue la réponse à la douloureuse question du sort des martyrs - fidèles à l'Eternel et pourtant morts prématurément.
"Les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle": cf. Is 66,24: "On verra Les cadavres des hommes qui se sont rebellés contre moi; Car leur ver ne mourra point, et leur feu ne s'éteindra point; Et ils seront pour toute chair un objet d'horreur."

<- Détail du "Jugement" (Psautier dit de Blanche de Castille, Paris)

"Les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre": deux destinées opposées attendent les hommes, selon la vie qu'ils auront menée - cf Jn 5,29: "Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement".

Verset 3.
"Ceux qui auront été sagesהמשׂכלים":
- cf. Dn 11,33: משׂכילי et 35:המשׂכילים (de שׂכל - être sage, intelligent); allusion, au chap 11, à la scission en deux du peuple juif: ceux qui cèdent à la "contamination" hellénistique d'Antiochos IV et ceux qui, restés fidèles au judaïsme (comme le prêtre Matthatias et sa famille), résistent au péril de leur vie.
- Ici, dans une perspective eschatologique, ceux qui auront vécu selon la Loi divine.
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ESDRAS et NEHEMIE


    Jusqu’en 1448, ces deux livres n’en formaient qu’un dans la Bible hébraïque. À cette date, la division existant dans la Vulgate latine y fut introduite et adoptée. Les deux ouvrages sont écrits en hébreu tardif, avec quelques passages en araméen (Es 4,9 - 6,18; 7,11-26). L’identification de l’auteur et la date de composition dépendent étroitement des solutions données aux mêmes questions pour Chroniques. On pense en effet, assez généralement, que ces ouvrages ont eu un seul et même auteur ou rédacteur.
    Les renseignements que nous possédons sur la période perse de l’histoire des Hébreux (538-331) se réduisent à ce que l’on trouve dans ces deux livres, et à quelques données éparses chez les prophètes Aggée et Zacharie. D’où l’importance du texte dont nous disposons.
    Les noms donnés aux deux livres: ‘Ezra-Esdras, « Aide », et Nehèmyah-Néhémie, « Réconfort de Yah », désignent deux personnalités marquantes de cette période.
Celle-ci va de l’édit de Cyrus (538) à la seconde visite de Néhémie à Jérusalem, en 432, et à la mission d’Esdras, probablement en 398.
    Les événements rapportés par ce livre nous permettent de comprendre comment Israël a pu survivre à la tragédie de son premier exil. Trois retours, des « montées » vers Jérusalem, sont mentionnés. Ils se font sous la conduite de Sheshbasar, de Zorobabel et d’Esdras.
    Au total, il s’est agi du retour dans leur patrie de plusieurs dizaines de milliers de déportés, au moins soixante mille selon une estimation prudente. La description de leur établissement dans le pays, de la reconstruction des remparts, des maisons et du Temple est criante de vérité, comme aussi ce drame: la répudiation des femmes étrangères et la "mise à part" de la communauté juive. Il s’agit bien ici de la naissance du judaïsme.
   En effet, les grands rêves des inspirés de l’époque royale se sont fracassés contre le mur de la réalité. Il s’agissait pour Israël de survivre en attendant le jour de YHWH qui délivrerait son peuple de la servitude étrangère.Et pour survivre, pour sauver le souvenir des grandeurs passées et le germe du salut espéré, il fallait se replier sur soi, fût-ce au prix d’un appauvrissement intérieur et au risque de susciter à l’extérieur, aux yeux du cosmopolitisme païen, l’accusation de « haine du genre humain ». Mais Israël n’avait pas d’autre choix. Il était justement nécessaire de reconstruire les remparts et les portes de Jérusalem contre l’hostilité ou l’incompréhension des empires et des puissances tout autour. Sans force, le "petit reste" d’Israël, prosterné la face contre terre, devait sauvegarder son ultime chance de survie dans l’attente du salut promis.
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8,1-12 
La joie dans l’amour de la Loi de Dieu. C’est ainsi que l’on pourrait titrer ce texte un peu déroutant tiré du livre de Néhémie, le dernier des livres dits «historiques» de l’Ancien Testament. Nous sommes dans un contexte de retour en Israël et à Jérusalem, ville dont Néhémie a reçu de la part du roi la mission de rebâtir les remparts. Le Temple n’est pas encore rebâti mais les pierres vivantes, le peuple, sont là, au pied des murailles relevées d’une ville dont l’exil les avait tenus éloignés pendant des générations, prêts à célébrer le Dieu dont la Loi sainte ne les avaient jamais quittés. Commence alors une véritable liturgie : l’heure n’est pas à la pénitence (elle viendra au chapitre 9) mais à la réjouissance, et le prêtre Esdras, entouré des notables (première liste de noms) et assisté de lévites (deuxième liste de noms), entonne une action de grâces triomphante dont la finale sonne comme une victoire : «La joie du Seigneur est notre rempart !».
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• Né 8,1-4a;5-6;8-10.

Une grande liturgie de la Parole: assemblée de tout le peuple, intronisation solennelle du Livre, lecteur bien en vue, traduction du texte dans une langue vernaculaire et/ou son commentaire (voir ci-dessous), réunion terminée par un repas de fête où tous ont part.
Une tradition qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours chez les Juifs, et une structure de célébration à l'origine de celle de la messe chez les chrétiens.

Remarques:
Sur Néhémie, Esdras, sur ce passage et son contexte historique, voir à cette page.
Le "septième mois" auquel fait allusion la première phrase du texte liturgique  (qui n'est pas dans le texte de Néhémie, et qui n'apporte rien - puisque l'on n'y précise pas de quelle "fête" il s'agit, et que l'indication de date est donnée juste après, au verset 2!), est en fait le mois Tichri, qui est aujourd'hui le premier de l'année juive.
Le premier jour de chaque mois est fêté par les Juifs (Roch Hodèche; voir à cette page) et tout particulièrement le premier jour de Tichri puisqu'il est donc, désormais, le Jour de l'An juif, Roch HaChana  (voir à cette page).
 
Verset 1.
   ויאספו כל־העם כאישׁ אחד אל־הרחוב אשׁר לפני שׁער־המים ויאמרו לעזרא הספר להביא את־ספר תורת משׁה אשׁר־צוה יהוה את־ישׂראל׃
Alors tout le peuple s'assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la Porte des Eaux. Ils dirent à Esdras, le scribe, d'apporter le livre de la loi de Moïse, prescrite par YHWH à Israël.
שׁער־המיםla Porte des Eaux: Voir Né 3,26; la Porte des Eaux est vraisemblablement appelée ainsi parce qu'elle menait à la source du Guihôn, principale source alimentant Jérusalem. Les places étaient généralement situées près des portes de la ville.
עזרא הספר - Esdras, le scribe: Esdras (l'anglais "Ezra" est la transcription de l'hébreu; notre "Esdras" vient de la LXX; mais la Vulgate transcrit également l'hébreu) avait été chargé par l'empereur d'une mission religieuse à Jérusalem treize ans plus tôt, en 458 av.J.C. (Esd 7,12-26). On ne sait pas si, entre-temps, il était resté à Jérusalem ou s'il était retourné auprès de l'empereur pour rendre compte de sa mission.
ספר תורת משׁה - le livre de la loi de Moïse: Cette expression désigne très vraisemblablement le Pentateuque. Sur les rites entourant le
"ספר תורה SeferTorah", voir cette page.

Verset 2.
   ויביא עזרא הכהן את־התורה לפני הקהל מאישׁ ועד־אשׁה וכל מבין לשׁמע ביום אחד לחדשׁ השׁביעי׃
Et le sacrificateur Esdras apporta la loi devant l'assemblée, composée d'hommes et de femmes et de tous ceux qui étaient capables de l'entendre. C'était le premier jour du septième mois.
עזרא הכהן- le sacrificateur Esdras: Esdras estégalement prêtre-sacrificateur ("כּהןkôhên"). 
חדשׁ - mois: Hodèche, littéralement, "la nouvelle lune". Le mois juif est un mois lunaire (voir à cette page).
ביום אחד לחדשׁ השׁביעי - C'était le premier jour du septième mois: Voir Lv 23,24:
בחדשׁ השׁביעי באחד לחדשׁ יהיה לכם שׁבתון זכרון תרועה מקרא־קדשׁ׃
Le septième mois, le premier jour du mois, vous aurez un jour de repos, publié au son des trompettes, et une sainte convocation.
En s'appuyant sur les indications données par Néhémie, on peut fixer la date de cette cérémonie en octobre 445 avant notre ère, vingtième année du règne d'Artaxerxès (Né 1,1); en mars-avril (Nissân) de cette année, Néhémie a demandé à l'empereur de lui permettre de rentrer en Juda afin de reconstruire Jérusalem (Né 2,5); fin septembre, ("le 25 du mois d'Eloul"), après "cinquante-deux jours de travail" (Né 6,15), la muraille en est totalement restaurée. Cette assemblée solennelle du peuple le Roch Hodèche de Tichri célèbre cette restauration, et précède la dédicace de cette muraille qui sera décrite en Né 12,27-47. 

Verset 3.
    ויקרא־בו לפני הרחוב אשׁר לפני שׁער־המים מן־האור עד־מחצית היום נגד האנשׁים והנשׁים והמבינים ואזני כל־העם אל־ספר התורה׃
Esdras lut dans le livre depuis le matin jusqu'au milieu du jour, sur la place qui est devant la porte des eaux, en présence des hommes et des femmes et de ceux qui étaient capables de l'entendre. Tout le peuple fut attentif à la lecture du livre de la loi.

Verset 4.
   ויעמד עזרא הספר על־מגדל־עץ אשׁר עשׂו לדבר ויעמד אצלו מתתיה ושׁמע ועניה ואוריה וחלקיה ומעשׂיה על־ימינו ומשׂמאלו פדיה ומישׁאל ומלכיה וחשׁם וחשׁבדנה זכריה משׁלם׃
Esdras, le scribe, était placé sur une estrade de bois, dressée à cette occasion. Auprès de lui, à sa droite, se tenaient Matthithia, Schéma, Anaja, Urie, Hilkija et Maaséja, et à sa gauche, Pedaja, Mischaël, Malkija, Haschum, Haschbaddana, Zacharie et Meschullam.


Verset 5.
    ויפתח עזרא הספר לעיני כל־העם כי־מעל כל־העם היה וכפתחו עמדו כל־העם׃
Esdras ouvrit le livre à la vue de tout le peuple, car il était élevé au-dessus de tout le peuple; et lorsqu'il l'eut ouvert, tout le peuple se tint en place.


Verset 6.
    ויברך עזרא את־יהוה האלהים הגדול ויענו כל־העם אמן אמן במעל ידיהם ויקדו וישׁתחו ליהוה אפים ארצה׃
Esdras bénit YHWH, le grand Dieu, et tout le peuple répondit, en levant les mains: Amen! amen! Et ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant YHWH, le visage contre terre.
אמן אמן - Amen! amen!: Littéralement: "Vraiment!", "C'est sûr!".
במעל ידיהם - en levant les mains: Voir Ex 9,29; 1R 8,22;38;54; 2Ch 6,12-13;29; Esd 9,5; Ps 28,2; 44,21; 88,10; 134,2; 143,6; Is 1,15 (et, dans le N.T., par ex.: 1Tm 2,8). Geste traditionnel de l' "orant" (= "celui qui prie", du latin "orare", prier) dans tout le Proche-Orient ancien.
Orant (gravure paléochrétienne)->
ויקדו וישׁתחו ליהוה אפים ארצה - Et ils s'inclinèrent et se prosternèrent devant YHWH, le visage contre terre: Voir Gn 24,52; Ex 4,31; 12,27; 33,10; 34,8; Jos 5,14; Jb 1,20; 2Ch 20,18. Attitudes traditionnelles d'adoration.

Verset 7.
    וישׁוע ובני ושׁרביה ימין עקוב שׁבתי הודיה מעשׂיה קליטא עזריה יוזבד חנן פלאיה והלוים מבינים את־העם לתורה והעם על־עמדם׃ 
Josué, Bani, Schérébia, Jamin, Akkub, Schabbethaï, Hodija, Maaséja, Kelitha, Azaria, Jozabad, Hanan, Pelaja, et les Lévites, expliquaient la Loi au peuple, et chacun restait à sa place.
מבינים את־העם לתורה - [ils] expliquaient la Loi au peuple: Voir verset suivant.

Verset 8.
    ויקראו בספר בתורת האלהים מפרשׁ ושׂום שׂכל ויבינו במקרא׃
Ils lisaient distinctement dans le livre de la Loi de Dieu, et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu'ils avaient lu.
מפרשׁ - distinctement: le mot פרשׁ pârâsh est une racine primitive qui a le sens de "séparer", "distinguer". C'est l'origine du nom פּרשׁה pârâshâh qui désigne chacune des parties de la Torah lue chaque Shabbat (voir à cette page).
ושׂום שׂכל ויבינו במקראet ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu'ils avaient lu: Littéralement "et ils posaient le sens, et ils faisaient comprendre la lecture"
- On peut comprendre soit qu'ils expliquaient le sens de la lecture, qu'ils la commentaient; soit qu'ils en donnaient une "traduction" de l'hébreu biblique vers l'araméen courant - qui était devenu la langue vernaculaire des Juifs depuis l'exil à Babylone.
- La tradition rabbinique voit dans ce passage la justification des Targums (traductions paraphrasées du texte hébraïque), dont les premières traces écrites trouvées à ce jour datent du IIème s. de notre ère (à Qumrân). Il existe des Targums de tout le Premier Testament, sauf de Dn, et, précisément, d'Esd-

Versets 5-8.

Ces versets fournissent la structure de ce que seront les célébrations synagogales (qui fourniront ensuite la trame des célébrations chrétiennes):
- formules liturgiques avec répons;
- prière (en levant les mains vers le ciel);
- adoration (en se prosternant);
- lecture et commentaire de la Loi.

Versets 9-10.
   ויאמר נחמיה הוא התרשׁתא ועזרא הכהן הספר והלוים המבינים את־העם לכל־העם היום קדשׁ־הוא ליהוה אלהיכם אל־תתאבלו ואל־תבכו כי בוכים כל־העם כשׁמעם את־דברי התורה׃ 
Néhémie, le gouverneur, Esdras, le sacrificateur et scribe, et les Lévites qui enseignaient le peuple, dirent à tout le peuple: Ce jour est consacré à l'Éternel, votre Dieu; ne soyez pas dans la désolation et dans les larmes! Car tout le peuple pleurait en entendant les paroles de la loi.
 ויאמר להם לכו אכלו משׁמנים ושׁתו ממתקים ושׁלחו מנות לאין נכון לו כי־קדושׁ היום לאדנינו ואל־תעצבו כי־חדות יהוה היא מעזכם׃  
Ils leur dirent: Allez, mangez des viandes grasses et buvez des liqueurs douces, et envoyez des portions à ceux qui n'ont rien de préparé, car ce jour est consacré à notre Seigneur; ne vous affligez pas, car la joie de YHWH sera votre force.
Ces versets indiquent que le Roch Hodèche de Tichri et ensuite Soukkôt doivent se célébrer dans la joie; l'un des éléments de cette joie est le partage des biens matériels, recommandé par la Loi (Dt 16,13-14; 2S 6,18-19; Est 9,19;22).
חדות יהוה היא מעזכם - la joie de YHWH sera votre force: Les sentiments de désespoir constituent de puissantes forces négatives; la joie qui vient de YHWH (liée à une juste image de celui-ci) constitue au contraire une puissante force de vie.
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CHRONIQUES

• 1Ch 15,3-4;15-16; 16,1-2

Dans le cadre de la fête de l'Assomption, le transfert solennel de l'arche d'Alliance dans le Temple de Jérusalem évoque pour les catholiques l'intronisation au ciel de la Vierge Marie, l’ « arche » qui a porté le Verbe de Dieu. Celui qui préside cette liturgie et bénit le peuple, c'est le Seigneur lui-même, représenté par David.
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2Ch 36,14-16;19-23

(voir l'introduction à ce texte en cliquant ici: 4ème dimanche de Carême B).
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