Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Evangile selon
saint Marc




4d. Chapitre 16

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Mc 16, 9-15

Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu. Malgré les rebuffades, Marie-Madeleine ne peut taire ce qu’elle a vu et entendu au jardin de Pâques – cela lui vaudra le beau titre d’«apôtre des apôtres». De même pour les pèlerins d’Emmaüs, qu’on ne croit pas plus ! Il faudra aux Onze une expérience personnelle du Ressuscité pour qu’ils se lancent à leur tour sur les routes de l’Évangile. Ils se heurteront au scepticisme des nations, mais comment leur en vouloir puisqu’eux-mêmes ont été si lents à croire ? De générations en générations, la Bonne Nouvelle si déroutante de la Résurrection a traversé les âges pour venir jusqu’à nous. Elle nous atteint aujourd’hui frontalement et, mettant en lumière nos propres endurcissements, elle nous provoque à une foi dynamique et contagieuse. Car au-delà de nous, mais à travers nous, elle veut atteindre toute la création. Nous avons donc à transmettre ce que nous avons reçu. Demandons-nous donc comment nous nous sommes laissés atteindre et convertir. Regardons la voie que la Parole se fraye en nos vies, laissons-la traverser tous les pans de notre histoire, et d’elle-même elle nous entraînera dans sa propre course, avec ses moyens, bien différents de ceux du monde. L’évangélisation dont notre monde a tellement besoin n’est pas une croisade… Rappelons-nous la phrase de Bernadette au curé de Lourdes : «Je ne suis pas chargée de vous persuader, mais de vous le dire». Devenons parole de Vie offerte au monde : même s’il fait comme s’il n’avait rien entendu, la semence qui a été jetée trouvera toujours comment germer pour donner son fruit de résurrection !

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La finale de l’évangile selon saint Marc met en évidence la problématique essentielle qui fut celle des amis de Jésus au lendemain de Pâques : croire ou ne pas croire. La nouvelle se propage plus vite que la foi : Marie de Magdala vient trouver les «compagnons» de Jésus mais «ils ne la crurent pas» (Marc 16, 11) ; quant aux deux disciples que Jésus avait rejoints sur la route, «on ne les crut pas non plus». Quand Jésus se manifeste enfin directement aux Onze eux-mêmes, ce n’est pas avec des paroles de paix comme dans les autres évangiles, mais pour leur «reprocher leur incrédulité et leur endurcissement parce qu’ils n’avaient pas cru». Mais aussitôt, et sans que soit aucunement décrite la réaction des Onze, le reproche de Jésus se transforme en envoi en mission : «Allez dans le monde entier». Notre évangile s’arrête ici ; il faudrait en réalité, pour rester dans la perspective marcienne, poursuivre la lecture car on retrouve chez les futurs auditeurs de la Bonne Nouvelle le même clivage qui divisait les compagnons de Jésus : «celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné». Tel est pour Marc, l’enjeu essentiel – et le message qu’il veut faire passer à la communauté à laquelle est adressé son évangile – : la foi dans la résurrection du Seigneur Jésus est le fondement sans lequel rien ne peut être bâti : ni la mission de l’Église, ni l’engagement personnel du chrétien dans la vie baptismale. Comme les Onze au lendemain de Pâques, tout chrétien est invité à prendre position, à croire ou à ne pas croire. Mais, s’il croit, ce sera pour «proclamer l’évangile à toute la création» !
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