Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven



(5) Lettre aux Philippiens

   
   Cette lettre, nul ne le conteste, a été écrite par Paul dont elle porte le sceau, dans sa forme et son fond. Son unité a cependant été discutée, et elle pourrait regrouper des textes différents: remerciements pour un don reçu, appel à l’unité, polémique contre les ennemis de la croix du Messie.
    La ville de Philippes, en Macédoine, avait reçu la visite de l’apôtre à plusieurs reprises (voir Ac 16,13-15 et 20,1-6). Paul n’hésite donc pas à s’épancher personnellement auprès de correspondants qu’il connaît et qu’il aime. Voici le plan de ce texte:
I.  Salutations et introduction (1,1-11).
II.  Réactions à la captivité de Paul (1,12-26).
III.  Être digne de l’Annonce (1,27-2,18).
IV.  Projets d’avenir (2,19-30).
V.  La voie du salut (3,1-21).
VI.  Ultimes exhortations et salutations finales (4,1-23).
    Il reprend un thème courant en Israël: souffrir la persécution et le martyre est insigne grâce. Polémiste ardent, Paul emploie toutes les ressources de son génie à stigmatiser les ennemis de la croix du Messie (3,18). Cette expression a suscité de nombreux commentaires. On ne saurait en comprendre le sens sans penser aussi à ce que signifie la croix pour Paul et ses contemporains: non pas le symbole de l’Église triomphante, bien évidemment, mais un instrument de torture. Jésus, vaincu sur terre, habite déjà le ciel où il accueille ses adeptes en attendant de les établir dans le royaume sans frontière de YHWH: jusque-là chacun doit persévérer dans la foi, dans la joie du salut. Le motif de la joie parcourt ainsi toute cette lettre dont elle constitue l’un des thèmes les plus émouvants, avec celui de l’universelle gloire du Messie que chante l’hymne christologique (2,6-11).
Trois hypothèses ont été avancées pour fixer le lieu de rédaction de cette lettre:
- Rome, où Paul fut prisonnier à partir de 60,
- Césarée, où il fut incarcéré vers 58-60,
- ou enfin mais moins probablement, Éphèse, où il fit de tumultueux séjours vers 55-57. En tout cas, celui qui l’écrit est un captif, et sa pensée est de celles qui se signent par le sang.
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• Ph 1,4-6; 8-11

Dieu est à l'origine et au terme de toute démarche de conversion.
Et c'est lui encore qui donne d'aller de progrès en progrès, dans la droiture, vers "le Jour du Christ". 

Remarques :
Verset 4.
μετὰ χαρᾶς - "avec joie": première allusion à un thème important de l'épître. Paul donne en exemple, dans sa propre vie, une qualité qu'il aimerait voir chez ses lecteurs.
Verset 5.
ἐπὶ τῇ κοινωνίᾳ ὑμῶν εἰς τὸ εὐαγγέλιον - littéralement: "à cause de la part que vous prenez à la Bonne Nouvelle": Paul joue - ici et à plusieurs reprises - sur la part de collaboration qu'ont les Philippiens à son ministère. Ils ont en effet collaboré à l'évangélisation en soutenant financièrement l'apôtre (1,29-30; 4,16;18). Dans ce soutien fidèle et généreux (cf.2Co 8,1-3), Paul voit la preuve d'un partenariat de cœur entre l'Eglise de Philippes et lui-même. Voir aussi 4,10-20.
Verset 6.
ἄχρι ἡμέρας ᾿Ιησοῦ Χριστοῦ - "jusqu'au Jour de Jésus Christ":Paul transpose ici l'expression prophétique du "Jour d'YHWH".
Il discerne chez ses lecteurs l'action salvatrice de Dieu (leur générosité: 1,5 et leur fermeté dans l'épreuve: 1,28); donc, puisque Dieu a pris l'initiative de leur donner son salut, il ne laissera pas son œuvre inachevée (cf.1Co 1,8).
Quant aux Philippiens, ils ont à s'insérer dans la logique de ce que Dieu est en train de parfaire en eux, et à faire fructifier de leur côté ce salut (cf. 2,12). Les nombreuses exhortations à la bonne conduite dans cette épître sont à comprendre dans ce sens.
Verset 9.
ἡ ἀγάπη ὑμῶν - "votre amour": Paul ne précise pas l'objet de cet amour; on peut penser qu'il s'agit - au sens général - de l'amour que Dieu a versé dans le cœur des chrétiens par l'intermédiaire de l'Esprit Saint (cf.Rm 5,5): le chrétien aime parce qu'il a d'abord été aimé.
ἐν ἐπιγνώσει - "en connaissance": elle permet de mettre en œuvre cet amour de la bonne façon dans chaque situation. Elle s'acquiert en particulier par le moyen de l'enseignement biblique.
Dans le contexte, on peut penser que Paul prie pour qu'ils comprennent comment obéir au commandement divin d'amour mutuel (voir 4,2).
καὶ πάσῃ αἰσθήσει - "et en pleine intelligence": capacité de savoir quelle est la bonne conduite à tenir dans une situation donnée. Elle s'acquiert en particulier par l'expérience.
Verset 10.
εἰς - "en vue de": la prière de Paul pour le développement de l'amour par les Philippiens (verset 9) a deux objectifs:
- qu'ils puissent discerner ce qui est important;
- qu'ils soient purs et irréprochables.
τὰ διαφέροντα - "les choses les meilleures": le discernement de ce qui est le meilleur leur sera utile notamment face aux adversaires qui seront décrits au chapitre 3.
εἰλικρινεῖς - "purs", "sincères": pleins de la sincérité, de l'honnêteté de celui qui est transparent devant Dieu et devant les autres.
ἀπρόσκοποι εἰς ἡμέραν Χριστοῦ - "irréprochables en vue du jour du Christ": c'est le jugement qui aura lieu au jour du Christ qui dicte la nécessité de la pureté et du caractère irréprochable de celui qui comparaîtra. Paul résume ces qualités au verset suivant, comme "fruit de la justice" (sur l'importace de la צדקה "justice" dans la foi juive, voir cette page). Cependant, c'est hic et nunc, ici et maintenant qu'il faut développer ces qualités.
Verset 11.
καρπὸν δικαιοσύνης - "le fruit de justice": métaphore du verset 10 ("purs et irréprochables") sous la forme de l'image d'un arbre qui porte du fruit de façon à rappeler que l'origine des œuvres justes est en Dieu, et leurs fruits seront un jour pour lui.
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• Ph 1,20c-24;27a

Saint Paul, dans sa prison, envisage les deux issues possibles de son procès:
- condamnation à mort, qui lui fera rejoindre le Christ;
- non-lieu qui lui permettra de reprendre son apostolat.
Il ne sait que souhaiter.
Quoi qu'il advienne, le Christ y trouvera son compte: que ses correspondants partagent cette assurance, qu'ils ne soient pas inquiets de l'incertitude relative au sort de leur apôtre!
 

Remarques:

Sur les épîtres, sur Paul et les épîtres pauliniennes: voir à cette page.
Sur l'épître aux Philippiens: voir à cette page.
• Remarque: Ce texte a été lu lors de la Messe de funérailles de celui qui allait devenir "le bienheureux" Jean-Paul II.
Sur 1,1-26:
 Cette première partie introduit plusieurs des thèmes qui seront traités ensuite.
 Paul les illustre en particulier par son exemple personnel :
(1)    le fait qu'ils ne mentionnent pas ses titres (il s'appelle « serviteur »), l’évocation de son association étroite avec Timothée, et la mise en valeur des responsabilités de l'Église (v.1), soulignent son humilité ;
(2)    il mentionne la joie qui caractérise sa propre vie de prière (v.4), joie à laquelle il va exhorter ses lecteurs ;
(3)    en acceptant la volonté de Dieu (v.25), il montre qu'il accorde la priorité au bien des autres.
Paul donne en particulier des nouvelles de sa situation en prison.
Ses lecteurs devraient se demander comment Paul lui-même interprétait sa détention : était-ce une chaîne pour son ministère, une souffrance pour lui ?
Paul les rassure : au-delà des souffrances et des oppositions, sa captivité dans ce lieu particulier lui a permis de communiquer l'Évangile à des niveaux inespérés de la société romaine (officiers, gouverneurs, etc). Tout le monde sait maintenant qu'il est en prison à cause de sa foi ; grâce à cette notoriété, l'Évangile a pu gagner le devant de la scène, ce qui a même donné du courage aux autres chrétiens (vv.1-18).
 Quant à l’issue de sa détention, Paul évoque la possibilité d'un procès et d'une exécution, mais il accepte avec confiance la volonté de Dieu (comp. vv.19-26 à 2Co 5,1-10).
Deux thèmes ressortent en particulier :
- une amitié intime reliant Paul à ses lecteurs et conférant à ces derniers le statut de participants, à plein titre, à son ministère (1,7 ;8 ; 4,1) ;
- et la joie (vv.1,4 ;18 ;25 ; 2,17-18 ;29 ; 3,1 ; 4,4).
Cette joie n'est pas affectée par les circonstances extérieures négatives (emprisonnement, jalousie, perspective de mort) mais trouve en partie sa source dans l'amitié des chrétiens de Philippes pour  Paul (vv.1,4 ; 2,2 ; 4,1) ; enfin, elle n'exclut pas la tristesse (2,27).
  Bref, pour Paul, la joie est un état d'esprit caractérisé par la paix, une façon sereine de considérer les circonstances, un enracinement dans la foi qu'il peut communiquer à ses « collaborateurs » (v.7), les chrétiens de Philippes

.Comme on  peut le remarquer, le texte liturgique a ajouté un demi-verset, 27a, sans rapport avec ce qui précède (voir introduction générale à la Lettre à, et encadré ci-dessus) à ce qui constituait pourtant un tout cohérent... alors qu'a été supprimée la conclusion (vv.25-26) de celui-ci!


Traduction et notes:

Verset 20.
κατα την αποκαραδοκιαν και ελπιδα μου οτι εν ουδενι αισχυνθησομαι αλλ εν παση παρρησια ως παντοτε και νυν μεγαλυνθησεται χριστος εν τω σωματι μου ειτε δια ζωης ειτε δια θανατου
<19.Je sais que cela tournera à mon salut, grâce à vos prières et à l'assistance de l'Esprit de Jésus Christ,> selon ma ferme attente et mon espérance que je n'aurai honte de rien, mais que, maintenant comme toujours, le Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort.
• εν ουδενι αισχυνθησομαι - je n'aurai honte de rien:
1- Langage des Psaumes; ainsi, Ps 25,2-3:
אלהי בך בטחתי אל־אבושׁה אל־יעלצו איבי לי׃
גם כל־קויך לא יבשׁו יבשׁו הבוגדים ריקם׃
"Mon Dieu! en toi je me confie: que je ne sois pas couvert de honte! Que mes ennemis ne se réjouissent pas à mon sujet!
Non, aucun de ceux qui espèrent en toi ne sera confus; ceux-là seront confus, qui agissent perfidement sans cause".
Plusieurs Psaumes ont abordé les thèmes de ce v.:
- l'absence de honte du fidèle;
- la grandeur du Seigneur;
- l'espérance de sa Justice;
par ex.Ps 34,3;35,27.
2- Paul, comme le psalmiste, a la conviction que Dieu lui permettra de l'emporter sur les forces du mal.

Verset 21.
εμοι γαρ το ζην χριστος και το αποθανειν κερδος
Car pour moi, vivre c'est le Christ; et mourir, un gain;
• το ζην [...]το αποθανειν - <le fait de> vivre [...] <le fait de> mourir: Pour sa vie comme pour sa mort, Paul s'identifie au Christ.
 C'est dans cette belle confession sans réserve (comp. Ga 2,20; Col 3,4) que s'enracine le dialogue interne des vv. suivants: si "mourir est un gain", est-ce mieux pour Paul de "vivre"?...

Verset 22.
ει δε το ζην εν σαρκι τουτο μοι καρπος εργου και τι αιρησομαι ου γνωριζω
mais si je dois vivre dans la chair, cela en vaut la peine; et ce que je dois choisir, je n'en sais rien;
εν σαρκι - dans la chair: = "dans ce monde", "selon la manière d'exister en ce monde" (voir ici); "εν τη σαρκι" (v.24): même sens.
τουτο μοι καρπος εργου - cela en vaut la peine: Litt. "c'<est> le fruit de <mon> œuvre".

Verset 23.
συνεχομαι γαρ εκ των δυο την επιθυμιαν εχων εις το αναλυσαι και συν χριστω ειναι πολλω μαλλον κρεισσον
mais je suis pressé des deux côtés, ayant le désir de partir et d'être avec le Christ, car cela est, de beaucoup, meilleur;
συν χριστω ειναι - être avec le Christ: Selon 2Co 5,6;8, c'est en quittant son corps que l'on peut aller rejoindre le Christ; ce que Paul attend, c'est la résurrection des corps: le texte n'invite pas à spéculer sur le comment de cette proximité au Christ par-delà la mort.

Verset 24.
το δε επιμενειν εν τη σαρκι αναγκαιοτερον δι υμας
mais il est plus nécessaire, à cause de vous, que je demeure dans la chair.
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Verset 27.
μονον αξιως του ευαγγελιου του χριστου πολιτευεσθε ινα ειτε ελθων και ιδων υμας ειτε απων ακουσω τα περι υμων οτι στηκετε εν ενι πνευματι μια ψυχη συναθλουντες τη πιστει του ευαγγελιου
Seulement, conduisez-vous d'une manière digne de l'Évangile du Christ, afin que - soit que je vienne vous voir, soit que je reste absent - j'entende dire de vous que vous demeurez fermes dans un même esprit, combattant d'une même âme pour la foi de l'Évangile,
πολιτευεσθε
conduisez-vous
:
En fait, le verbe employé ici - "πολιτευομαι" est le "moyen" (= voix verbale indiquant que le sujet agit pour lui, dans son intérêt), d'un verbe dérivé de "πολιτης", le "citoyen" - signifie plus précisément "conduisez-vous en bon citoyens".
Or on peut comp. 3,20 (à cette page):
Depuis l'installation de colons, retraités des armées romaines, à Philippes, la ville jouissait du statut de "colonie" romaine, et ses habitants du statut de "citoyens".Paul joue sur ce droit de citoyenneté (il était lui-même citoyen romain) en rappelant aux chrétiens qu'ils sont aussi et d'abord citoyens du royaume de Dieu, et que leur vie dans la société doit le refléter.
On peut également, avec les deux expressions "στηκετε εν ενι πνευματι - vous demeurez fermes dans un même esprit" et "μια ψυχη συναθλουντες - combattant d'une même âme", on retrouve un peu le même genre d'allusion, puisque ce sont deux qualités exigées des légions romaines, et qui leur étaient reconnues: la force de "demeurer fermes" leur venant en particulier de leur unité.
Mais ici encore Paul applique ces qualités des armées romaines à l'"armée du Christ".
 
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Ph 2, 6-11

Fragment d'une très ancienne hymne liturgique.

D’abaissement en abaissement, jusqu’à la mort ignominieuse sur la croix : tel est l’itinéraire pascal du Christ auquel Dieu « a conféré le nom qui surpasse tous les noms ». C’est par une obéissance semblable, opposée à la désobéissance d’Adam, que nous aurons part à la gloire de Jésus-Christ, le Seigneur.

- Abaissement volontaire de la condition divine à celle des hommes,
- mort sur une croix pour notre salut,
- exaltation dans la gloire du Père:
tel a été l'itinéraire pascal de Jésus-Christ.
Reconnaître en lui le Seigneur, c'est obtenir la vie.
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• Ph 3,8
b-
14


Du jour où il a été saisi par le Christ, saint Paul a mis en œuvre toute son énergie pour s'élancer, sans un regard en arrière, sur la voie ouverte par la grâce.
Tous les avantages qu'on pouvait avoir ne sont rien par rapport à la connaissance du Christ Jésus. Ce don inestimable - qu'on ne saurait donc "mériter" - transforme radicalement la vie, lui donne un dynamisme qui fait tout accepter avec joie, dans la certitude d'avoir, un jour, part à la résurrection du Seigneur.
Communier déjà la puissance de sa résurrection est le bien suprême qu'on ne peut savourer dans l'inaction.

Sur ce passage:
Sur Paul et les Philippiens: voir à cette page.
Sur Ph 3,1-21:
Après une longue série (1,27 - 2,30) d'exhortations, construite sur le thème de l'unité (en 4,2, on verra que cette épître - pourtant destinée à être lue en communauté, ce qui rappelle Phm et indique que Paul prend le problème au sérieux - cite nommément deux de ses anciennes collaboratrices dans cette communauté, Evodie et Syntyche, maintenant opposées par un différend suffisamment grave pour qu'il soit parvenu aux oreilles de l'apôtre; selon certains, ce problème précis expliquerait l'importance du thème de l'unité dans cette lettre), le ton change brutalement en 3,2: on passe de l'exhortation fraternelle à la mise en garde contre les "mauvais ouvriers" qui sont décrits avec des mots très durs; il s'agit de ceux qui voulaient imposer aux chrétiens d'origine païenne (= non-juive) la pratique de la Loi juive, en particulier la circoncision; il s'agit soit d'un avertissement préventif de Paul (ils risquent d'arriver à Philippes), ou d'un mise en garde (ils y sont déjà en petit nombre). A la lumière de son expérience en d'autres lieux (par ex. en Galatie), Paul craint que ces imposteurs ne viennent détourner les chrétiens de Philippes, auxquels il est très attaché (aucune autre des Églises qu'il a fondées ne semble avoir eu un souci missionnaire comme celle de Philippes - cf. 4,15), du véritable Évangile. Or pour les "missionnaires" judaïsants, la foi en Jésus Christ devait être "complétée" par la pratique de la Loi: selon eux, les goïm devaient d'abord devenir juifs pour être sauvés. Paul accentue sa mise en garde en invoquant ses références juives irréprochables (même s'il les considère par ailleurs comme une perte): Ph 3,4-6 est à ce sujet l'un de ses récits autobiographiques les plus précis (comp. Ga 1,13-24; 1Tm 1,12-16).
Si l'on considère que l'hymne christologique de Ph 2,6-11 occupe une place centrale dans cette épître, on peut relever quelques points communs entre la biographie de Paul et l'exemple du Christ. En effet, la vie de Paul, telle qu'elle est décrite dans cette lettre, peut être résumée en trois points:
- renoncement: il n'a pas cherché à profiter de son passé prestigieux; au contraire, il y a renoncé et s'est fait serviteur de Jésus Christ;
- prédication: ayant abandonné tout ce qui faisait sa crédibilité au sein du monde juif, il est devenu, comme Jésus avant lui, prédicateur itinérant;
- emprisonnement: comme  son Seigneur et pour lui, Paul a connu emprisonnement et souffrance.
Paul conclut de son témoignage que les privilèges humains, même les plus remarquables, ne sont rien devant Dieu, et ne donnent certainement pas le droit de se présenter devant lui la tête haute. La décision d'acquittement ne peut venir que du Seigneur, par le moyen choisi par lui (3,9).
Enfin, pour éviter que son discours ne soit mal interprété, Paul souligne que - s'il parle de "gagner le Christ", de "connaître le Christ", de devenir "semblable à lui" - il n'a pas encore atteint le but (3,12-21): c'est une des caractéristiques de la maturité spirituelle que de savoir le reconnaître.

Traduction et remarques :

Verset 7.
ἅτινα ἦν μοι κέρδη, ταῦτα ἥγημαι διὰ τὸν Χριστὸν ζημίαν·
ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ.
ζημίαν - une perte: Gagner le Christ est, pour Paul, gagner l'essentiel (voir v.8); c'est pourquoi il établit un bilan de gains et de pertes, avant d'en inverser les deux colonnes à la lumière du Christ.

Verset 8.
ἀλλὰ μενοῦνγε καὶ ἡγοῦμαι πάντα ζημίαν εἶναι διὰ τὸ ὑπερέχον τῆς γνώσεως Χριστοῦ ᾿Ιησοῦ τοῦ Κυρίου μου, δι᾿ ὃν τὰ πάντα ἐζημιώθην, καὶ ἡγοῦμαι σκύβαλα εἶναι ἵνα Χριστὸν κερδήσω
Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner le Christ,
τὸ ὑπερέχον τῆς γνώσεως - l'excellence de la connaissance: Connaissance "personnelle": savoir qu'il nous aime, l'aimer en retour - et aimer, à cause de lui, tous ceux pour qui il est mort. Considérée comme "excellente" (certaines traductions traductions extrapolent en écrivant "le bien suprême"), la connaissance du Christ relativise pour Paul toute autre attache - qu'il qualifie de "σκύβαλα", le σκύβαλον skubalon' étant littéralement le rebut que l'on jette aux chiens. Voir sa déclaration sur la vie et la mort, en 1,21sqq.
Les vv. suivants élaborent le propos, pour faire de cette "connaissance" une véritable identification au Christ souffrant, mort, et ressuscité (v.10). La vie du Christ sert de modèle à l'expérience de Paul: comme le Christ, il est prêt à aller jusqu'au sacrifice de lui-même.

Verset 9.
καὶ εὑρεθῶ ἐν αὐτῷ μὴ ἔχων ἐμὴν δικαιοσύνην τὴν ἐκ νόμου, ἀλλὰ τὴν διὰ πίστεως Χριστοῦ, τὴν ἐκ Θεοῦ δικαιοσύνην ἐπὶ τῇ πίστει,
et d'être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi dans le Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi,
εὑρεθῶ ἐν αὐτῷ - être trouvé en lui: Sans doute en référence à la venue du Seigneur (3,20. Voir aussi 2,16).
• δικαιοσύνην - justice: Contraste entre "ἐμὴν δικαιοσύνην τὴν ἐκ νόμου - ma justice, celle qui vient de la loi", donc obtenue par l'obéissance; et une autre, "τὴν διὰ πίστεως - celle qui s'obtient par la foi", venant "Χριστοῦ- [du] Christ", et donc par extension "ἐκ Θεοῦ - de Dieu". C'est avec cette justice-là que Paul peut envisager de comparaître devant Dieu; car une "justice" acquise par des voies humaines sera sans valeur devant lui (voir 2Co 5,21). 

Verset 10.
τοῦ γνῶναι αὐτὸν καὶ τὴν δύναμιν τῆς ἀναστάσεως αὐτοῦ καὶ τὴν κοινωνίαν τῶν παθημάτων αὐτοῦ, συμμορφούμενος τῷ θανάτῳ αὐτοῦ,
afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir,
παθημάτων - souffrances: Il ne s'agit pas, pour Paul, de souffrir pour souffrir; avoir part aux souffrances du Christ est pour lui une image de la vie chrétienne: le croyant est identifié à Jésus, en particulier dans ses souffrances, dans sa mort et dans sa résurrection. Et comme la mort du Christ a abouti à sa résurrection, les souffrances de Paul (des Philippiens, et de tous les croyants) ne sont pas inutiles, car elles permettent à d'autres d'accéder à la vie dans le Christ; en outre, à la fin, elles porteront le fruit qu'est la résurrection (v.11). Comp. 2Co 4,7-12.

Verset 11.
εἴ πως καταντήσω εἰς τὴν ἐξανάστασιν τῶν νεκρῶν.
si je le puis par quelque moyen, à la résurrection d'entre les morts.
 
Verset 12.
Οὐχ ὅτι ἤδη ἔλαβον ἢ ἤδη τετελείωμαι, διώκω δὲ εἰ καὶ καταλάβω, ἐφ᾿ ᾧ καὶ κατελήμφθην ὑπὸ τοῦ Χριστοῦ ᾿Ιησοῦ.
Ce n'est pas que je sois encore arrivé, ou que j'aie déjà atteint la perfection; mais je cours, pour tâcher de saisir le prix, puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus Christ.
τετελείωμαι - j'aie atteint la perfection: Dans les vv. qui suivent, Paul parlera aux Philippiens de la perfection, à la fois comme d'un but dont il s'agit de se rapprocher et d'un prix qu'il s'agit de remporter - mais aussi, et en même temps comme d'un but déjà atteint (v.15): plus qu'une contradiction, il faut y voir un équilibre à trouver entre le "déjà" et le "pas encore" du salut.
διώκω - je cours: Paul compare la vie chrétienne à la course olympique. Cette image met en valeur la concentration nécessaire, et l'intensité de l'effort à fournir.

Verset 13.
ἀδελφοί, ἐγὼ ἐμαυτὸν οὔπω λογίζομαι κατειληφέναι· ἕν δέ, τὰ μὲν ὀπίσω ἐπιλανθανόμενος τοῖς δὲ ἔμπροσθεν ἐπεκτεινόμενος
Frères, je ne pense pas l'avoir encore saisi; mais je fais une chose: oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant,

Verset 14.
κατὰ σκοπὸν διώκω ἐπὶ τὸ βραβεῖον τῆς ἄνω κλήσεως τοῦ Θεοῦ ἐν Χριστῷ ᾿Ιησοῦ.
je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus Christ.
τὸ βραβεῖον - le prix: Le vainqueur des compétitions grecques recevait une couronne (de persil, puis, plus tard, de lauriers). Pour Paul, le prix c'est "d'être trouvé en lui" (v.9); autrement dit: le "prix", c'est le Christ.
τῆς ἄνω κλήσεως - de la vocation céleste: Littéralement: "de l'appel d'en haut"; cet appel, qui vient "du haut" du ciel, est vraisemblablement à mettre en parallèle (métaphore filée) avec celui qui était lancé à la fin des épreuves olympiques, annonçant "du haut" de l'enceinte sportive le nom du vainqueur, ses origines familiales, son pays; l'athlète s'avançait alors pour recevoir sa couronne.
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• Ph 3,17 -4,1.

Naturalisés citoyens des cieux, ceux qui s'attachent au Christ sans partage verront leur pauvre corps transfiguré à l'image du corps glorieux du Ressuscité le jour où il reviendra. Leur attente ne sera pas déçue.

Traduction et remarques :
Sur Ph 3,1-21:voir ci-dessus.

CHAPITRE 3
Verset 17.
Συμμιμηταί μου γίνεσθε, ἀδελφοί, καὶ σκοπεῖτε τοὺς οὕτω περιπατοῦντας, καθὼς ἔχετε τύπον ἡμᾶς.
Soyez tous mes imitateurs, frères, et portez les regards sur ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous.
τοὺς οὕτω περιπατοῦντας, καθὼς ἔχετε τύπον ἡμᾶς- ceux qui marchent selon le modèle que vous avez en nous : Ce "nous" désigne bien entendu et d'abord Jésus (2,5-11); et, par extension, Paul lui-même (par ex. 1,4;25; 4,9), Timothée et Epaphrodite (2,22;25).

Verset 18.
πολλοὶ γὰρ περιπατοῦσιν, οὓς πολλάκις ἔλεγον ὑμῖν, νῦν δὲ καὶ κλαίων λέγω, τοὺς ἐχθροὺς τοῦ σταυροῦ τοῦ Χριστοῦ,
Car il en est beaucoup qui marchent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé, et j'en parle maintenant encore en pleurant.
πολλοὶ γὰρ περιπατοῦσιν [...] τοὺς ἐχθροὺς τοῦ σταυροῦ τοῦ Χριστου- Car il en est beaucoup qui marchent en ennemis de la croix de Christ: Essentiellement ceux dont il a été question en 3,2 (voir introduction ci-dessus), la suite le confirmera.

Verset 19.
ὧν τὸ τέλος ἀπώλεια, ὧν ὁ θεὸς ἡ κοιλία, καὶ ἡ δόξα ἐν τῇ αἰσχύνῃ αὐτῶν, οἱ τὰ ἐπίγεια φρονοῦντες.
Leur fin sera la perdition; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur fierté dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu'aux choses de la terre.
• ὧν τὸ τέλος ἀπώλεια- Leur fin sera la perdition: Littéralement "dont le but [est] la destruction"; c'est-à-dire qu'ils recevront un autre "prix", après avoir couru vers un autre "but" que la plénitude du salut en Jésus Christ (3,20).
ἡ κοιλία- le ventre: Deux interprétations sont ici possibles.
- Certains, par analogie avec Rm 16,18, voient ici une allusion aux nombreuses prescriptions alimentaires (voir Lv 11 et cette page) auxquelles les judaïsants attachaient un grande importance (comp. Col 2,16;20-21).
- Pour d'autres, ce serait une façon lapidaire d'évoquer la circoncision, devenue une sorte d'idole - par opposition au culte rendu à Dieu en Esprit.
La mention d'une "fierté" (δόξα) qui ne repose pas sur le Christ, et de pensées tournées vers "les choses de la terre" (τὰ ἐπίγεια) semble aller dans le même sens.

Verset 20.
ἡμῶν γὰρ τὸ πολίτευμα ἐν οὐρανοῖς ὑπάρχει, ἐξ οὗ καὶ σωτῆρα ἀπεκδεχόμεθα Κύριον ᾿Ιησοῦν Χριστόν,
Mais notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus Christ,
• τὸ πολίτευμα- la cité: Littéralement: "la citoyenneté"; voir 1,27. Depuis l'installation de colons, retraités des armées romaines, à Philippes, la ville jouissait du statut de "colonie" romaine, et ses habitants du statut de "citoyens". Paul joue sur le droit de citoyenneté (il était lui-même citoyen romain) en rappelant aux chrétiens qu'ils sont aussi et d'abord citoyens du royaume de Dieu, et que leur vie dans la société doit le refléter.

Verset 21.
ὃς μετασχηματίσει τὸ σῶμα τῆς ταπεινώσεως ἡμῶν εἰς τὸ γενέσθαι αὐτὸ σύμμορφον τῷ σώματι τῆς δόξης αὐτοῦ κατὰ τὴν ἐνέργειαν τοῦ δύνασθαι αὐτὸν καὶ ὑποτάξαι αὐτῷ τὰ πάντα. 
qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu'il a de s'assujettir toutes choses.
• τὸ σῶμα τῆς ταπεινώσεως ἡμῶν- le corps de notre humiliation: Parce que sujet à la faiblesse et à la maladie, et accessible au péché. La faiblesse de son corps rappelle au chrétien qu'il n'est pas encore au bout du chemin (voir 3,12).
 
CHAPITRE 4
Verset 1.
῞Ωστε, ἀδελφοί μου ἀγαπητοὶ καὶ ἐπιπόθητοι, χαρὰ καὶ στέφανός μου, οὕτω στήκετε ἐν Κυρίῳ, ἀγαπητοί.
C'est pourquoi, mes bien-aimés, et très chers frères, vous qui êtes ma joie et ma couronne, demeurez ainsi fermes dans le Seigneur, mes bien-aimés!
• ἀδελφοί μου ἀγαπητοὶ καὶ ἐπιπόθητοι, χαρὰ καὶ στέφανός μου [...] ἀγαπητοί- mes bien-aimés, et très chers frères, vous qui êtes ma joie et ma couronne, [...] mes bien-aimés: Confirmation de l'intimité particulière (1,7;8 - voir l'introduction ci-dessus) qui lie Paul à cette Église.
• χαρὰ καὶ στέφανός μου- ma joie et ma couronne: Cette expression équivaut à "titre de gloire" (2,16). Il s'agit, pour Paul, du fruit de son apostolat, au Jour du Seigneur.
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• Ph 4,4-7

Joie, sérénité "en toute circonstance", paix: des biens inestimables. Dieu est là: il exauce nos prières.

Verset 4.
πάλιν ἐρω - je le répète: dans ce verset, Paul dit en effet deux fois "χαίρετε" ("Χαίρετε ἐν Κυρίῳ πάντοτε· πάλιν ἐρῶ, χαίρετε - Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous"); mais il reprend également ce qu'il a écrit en 3,1. Une profonde joie continue d'habiter Paul dans cette fin de lettre (voir aussi 4,10).

Verset 5.
τὸ ἐπιεικὲς ὑμῶν - votre modération: ce terme, "ἐπιεικής" peut encore se traduire par "douceur", "bonté"; il sous-entend une réaction positive face à une situation qui, normalement, susciterait un désir de vengeance et de revendication de ses droits. Mais le chrétien doit être au-delà de ce désir - même si son attitude peut sembler étrange au "monde" (voir le verset 7).
ὁ Κύριος ἐγγύς - le Seigneur est proche: ultime référence à la venue du Christ exalté, "lorsque toute langue confessera sa seigneurie" (voir 2,11); il s'agit donc d'anticiper l'accomplissement de son règne par un comportement généreux envers les païens.

Verset 6.
μηδὲν μεριμνᾶτε - ne vous inquiétez de rien: n'oublions pas que cette épître est écrite dans un contexte de persécution (cf.Mt 10,19 et Lc 12,11). Paul invite ses lecteurs à ne pas s'inquiéter, mais plutôt
1- à se rappeler que le Seigneur est proche (verset 5; voir aussi 3,20-21): c'est lui qui rendra justice (voir cette page) et qui redressera les torts;
2- à adopter une attitude de prière reconnaissante.
τὰ αἰτήματα ὑμῶν γνωριζέσθω πρὸς τὸν Θεόν -  faites connaître vos besoins à Dieu: celui qui vit d'ores et déjà sous le régime du Père s'en remet à Dieu en toutes choses; pour ceux qui sont dans le Christ, ce règne est déjà une réalité même si elle n'est encore qu'incomplète.

Verset 7.
ἡ εἰρήνη - la paix: conséquence de la prière reconnaissante et opposé à l'anxiété du verset 6, cette "paix" est le contentement intérieur donné par Dieu. Elle est comme une sentinelle (φρουρέω "garder" appartient au langage militaire et signifie précisément "monter la garde", "être une sentinelle") pour le croyant et le protège des assauts de l'ennemi.
ἡ ὑπερέχουσα πάντα νοῦν̓ - qui surpasse toute intelligence: elle surpasse tout ce qu'on peut concevoir en raison de son origine divine, et en particulier parce qu'elle apparaît là où on ne l'attend pas, dans une situation qui normalement aurait dû susciter l'anxiété (voir l'idée, assez proche , du "réconfort" en 2Co 1,3-11).
Remarque: ce verset sert de conclusion à la prière du soir: "Que la Paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus. Amen".
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• Ph 4,12-14;19-20

Les Philippiens ont apporté une aide matérielle à Paul: il l'a appréciée, bien qu'il puisse se contenter de peu. Il ne le dit pas pour se faire valoir, mais pour inviter ses correspondants à s'en remettre - eux aussi - à la "magnificence" de Dieu en lui rendant grâce.


Remarques:

Sur les épîtres, et saint Paul: voir cette page.
Sur Paul et les Philippiens: voir à cette page.
Sur 4,10-23:
Paul conclut sa lettre par des salutations (vv.21-23), précédées d'un passage (10-20) encadré par les mots "ὑστέρησις husterēsis", "privation" (v.11) et "χρεία chréïa", "besoin" (v.19).
C'est qu'il a appris le contentement malgré le besoin (vv.11;12), et la pleine suffisance d'une grâce qui "fortifie" (v.13) dans des situations très diverses.
Mais ces besoins auront été, pour les Philippiens, l'occasion de lui venir plusieurs fois en aide (vv.14-16): ils ont ainsi pris une part active à son ministère.Du point de vue du Seigneur, leur service est comme une moisson (vv.10;17); du point de vue de l'apôtre, il est l'"abondance" qui comble ses besoins (v.18).
Quant aux besoins des chrétiens de Philippes eux-mêmes, Paul exprime une certitude de la foi: "Dieu suppléera à tous [leurs] besoins" (v.19).
Dieu est en effet à l'œuvre dans cet échange réciproque (v.15): le don reçu est en réalité un don offert à Dieu, et le fait qu'il l'agrée (v.18) montre la qualité de cœur des donateurs. 


Traduction et notes:

Verset 12.
οἶδα καὶ ταπεινοῦσθαι, οἶδα καὶ περισσεύειν· ἐν παντὶ καὶ ἐν πᾶσι μεμύημαι καὶ χορτάζεσθαι καὶ πεινᾶν, καὶ περισσεύειν καὶ ὑστερεῖσθαι·
Je sais être dans l'humiliation, je sais être dans l'abondance; en toutes choses et à tous égards, j'ai appris aussi bien à être rassasié qu'à avoir faim, aussi bien à être dans l'abondance qu'à être dans les privations.
μεμύημαι - j'ai appris: Le verbe "μυέω mueō" employé ici par Paul est un terme technique, appartenant au domaine des rites initiatiques des cultes "à mystères" (Isis par ex.). Paul souligne ainsi que tout pouvoir, par la grâce (v.13), est un apprentissage dans l'école de la vie, une "initiation" au service du Christ.  

Verset 13.
πάντα ἰσχύω ἐν τῷ ἐνδυναμοῦντί με.
Je puis toutes choses en Celui qui me fortifie.
πάντα toutes choses: En quelque sorte, "toutes choses", par la grâce du Christ, dans toutes les situations de la vie.
Cette déclaration du contentement que Paul connaît dans son union au Christ se rattache donc bien à ce qui précède (vv.11-12; voir l'introduction ci-dessus).

Verset 14.
πλὴν καλῶς ἐποιήσατε συγκοινωνήσαντές μου τῇ θλίψει. 
Néanmoins vous avez bien fait de prendre part à ma détresse.
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Verset 19.
ὁ δὲ θεός μου πληρώσει πᾶσαν χρείαν ὑμῶν κατὰ τὸ πλοῦτος αὐτοῦ ἐν δόξῃ ἐν Χριστῷ ᾿Ιησοῦ.
Et mon Dieu suppléera à tous vos besoins, selon ses richesses en gloire par le Christ Jésus.

Verset 20.
τῷ δὲ Θεῷ καὶ πατρὶ ἡμῶν ἡ δόξα εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων· ἀμήν.
Or à notre Dieu et Père soit la gloire aux siècles des siècles. Amen!

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(Suite à cette page)
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