Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Épître aux Corinthiens

Sur Paul et ses épîtres: voir à cette page.
Sur Paul et les Corinthiens; sur les chap. 1 à 8: voir à cette page.
_____________________________________________________________________


Chapitres 9 à 16
_____________________________________________________________________


• 1Co 10,1-6;10-12.

Événement fondateur du Peuple de Dieu, sans cesse relu, médité, commenté par les auteurs bibliques, l'Exode est riche d'enseignements inépuisables toujours d'actualité. Aujourd'hui, c'est le Christ qui marche à notre tête et, sur la route de l'exode des derniers temps, nous donne son corps et son sang en nourriture. Évitons le péché dont les eaux du baptême nous ont libérés, pour entrer dans la Terre promise et participer à la Pâque éternelle.

Sur ce passage:
Sur Paul et les Corinthiens, voir à cette page.
Sur la section 1Co 8,1 - 11,1:
Paul aborde un problème soulevé par les Corinthiens (et que nous avons déjà évoqué à propos de 1Co 12,22, voir plus bas), celui des viandes sacrifiées aux idoles. Est-il possible ou non pour des chrétiens d'en manger? L'argumentation de Paul est longue, le problème devait donc être important dans l'Eglise: l'apôtre ne se contente pas d'une réponse rapide, d'un commandement sans nuance. Il aborde la question à la fois d'un point de vue externe (le rapport des croyants au paganisme) et interne (le rapport entre les chrétiens "forts" et "faibles").
Il commence par énoncer un principe fondamental (qui évoque son discours sur la sagesse, en 1-4): la connaissance peut conduire à l'orgueil, alors que l'amour fait grandir dans la foi (8,1-13).
Pour bien faire comprendre cet enseignement, Paul donne comme exemple sa propre attitude par rapport à un enjeu qui a divisé les Corinthiens à son sujet: la question du soutien financier à son ministère. Malgré l'incompréhension des Corinthiens riches qui désiraient jouer le rôle de mécènes auprès de l'apôtre, Paul a volontairement renoncé aux droits légitimes qui étaient les siens, pour que cette question d'argent ne soit pas un obstacle à l'annonce de l'Évangile (9,1-27).
Puis, citant l'exemple des Hébreux dans le désert, il soulève un second enjeu que pose le problème des viandes sacrifiées aux idoles: il met en garde contre l'idolâtrie, et le risque spirituel que représente la participation aux repas dans les locaux des temples païens (10,1-22).
En conclusion, Paul rappelle que les chrétiens ont toute liberté de manger ce qu'ils veulent, avec reconnaissance - mais que cette liberté doit être mise au service de la seule gloire de Dieu et du bien des autres (10,23 - 11,1).
Le contexte socio-historique est utile pour comprendre la portée du problème de ces viandes sacrifiées aux dieux païens dans les temples lors de certaines fêtes. Elles étaient ensuite consommées dans des locaux souvent attenants à ces temples, dans diverses circonstances de la vie sociale: banquets de fête (même non-religieux, par ex. fête de la cité ou de famille), de signature de contrats, etc. Le fait de ne pas participer à ces banquets s'opposait donc souvent aux conventions sociales, familiales et/ou économiques. Les membres les plus aisés de l'Eglise étaient ainsi les plus concernés par ce problème, et ils justifiaient souvent leur participation à ces banquets par leur maturité et leurs connaissances religieuses.

Traduction et remarques :

Verset 1.
Οὐ θέλω δὲ ὑμᾶς ἀγνοεῖν, ἀδελφοί, ὅτι οἱ πατέρες ἡμῶν πάντες ὑπὸ τὴν νεφέλην ἦσαν, καὶ πάντες διὰ τῆς θαλάσσης διῆλθον,
Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu'ils ont tous passé au travers de la mer,
οἱ πατέρες ἡμῶν - nos pères: Les chrétiens de Corinthe étaient dans leur grande majorité d'origine païenne; mais pour Paul ils font partie des héritiers spirituels de l'Israël du Premier Testament (voir Rm 11,17-22).
ὑπὸ τὴν νεφέλην - sous la nuée: Paul fait allusion à la colonne de fumée qui a guidé les Hébreux à travers le désert après leur sortie d'Egypte (Ex 13,21-22).
διὰ τῆς θαλάσσης - au travers de la mer: La mer des Roseaux, dont les eaux s'étaient écartées pour laisser passer les hébreux à pied sec (Ex 14,22-29).

Verset 2.
καὶ πάντες εἰς τὸν Μωϋσῆν ἐβαπτίσαντο ἐν τῇ νεφέλῃ καὶ ἐν τῇ θαλάσσῃ,
qu'ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer,
εἰς τὸν Μωϋσῆν - en Moïse: Certaines traductions préfèrent dire "pour" Moïse; ce qui se justifie grammaticalement (εἰς + accusatif exprime le but, le mouvement vers qq'un ou qq ch.) et théologiquement. Moïse est pour Paul une préfiguration du Christ, ce qui suggère de quelle manière on peut comprendre le baptême "pour" le Christ (Rm 6,3: εἰς Χριστὸν): le baptême est un engagement à suivre le Christ (1P 3,21), à être "pour" lui; c'est une confession de foi du chrétien et de sa détermination à obéir à son Seigneur, à s'efforcer de vivre en "allant vers lui", en l'imitant.
•  ἐν τῇ νεφέλῃ καὶ ἐν τῇ θαλάσσῃ - dans la nuée et dans la mer: La "nuée" symbolise la venue de l'Esprit lors du baptême, la "mer" l'Eau de ce même baptême.

Verset 3.
καὶ πάντες τὸ αὐτὸ βρῶμα πνευματικὸν ἔφαγον,
qu'ils ont tous mangé le même aliment spirituel,
τὸ αὐτὸ βρῶμα πνευματικὸν - le même aliment spirituel: Cette allusion à la manne (voir à cette page) tombée du ciel pendant la traversée du désert par le peuple d'Israël (Ex 16,35). La manne et l'eau du rocher (v.4) sont souvent associés comme symboles du Pain et du Vin de l'Eucharistie (évoquée en 1Co 10,16-17).
<- La Récolte de la manne - Anonyme, surnommé le "Maître de la Manne" - vers 1470 - Huile sur bois - Douai, Musée de la Chartreuse.

Verset 4.
καὶ πάντες τὸ αὐτὸ πόμα πνευματικὸν ἔπιον· ἔπινον γὰρ ἐκ πνευματικῆς ἀκολουθούσης πέτρας, ἡ δὲ πέτρα ἦν ὁ Χριστός·
et qu'ils ont tous bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était le Christ.
ἐκ πνευματικῆς ἀκολουθούσης πέτρας - ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait: Ex 17,5-6; Nb 20,7-11. L'image de l'accompagnement vient de la répétition de l'événement à quarante ans d'intervalle; selon certains exégètes, Jésus lui-même aurait fait allusion à cet événement en Jn 7,38: "Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Écriture".

Verset 5.
ἀλλ᾿ οὐκ ἐν τοῖς πλείοσιν αὐτῶν εὐδόκησεν ὁ Θεός· κατεστρώθησαν γὰρ ἐν τῇ ἐρήμῳ.
Mais la plupart d'entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu'ils périrent dans le désert.
ἐν τοῖς πλείοσιν αὐτῶν - la plupart d'entre eux: Des adultes qui avaient quitté l'Égypte, seuls Josué et Caleb (כלב בן־יפנה ויהושׁע בן־נון - Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils de Nun - Nb 14,30) sont entrés dans le Pays promis (Nb 14,22-24;28-38; Jos 1,1-2).
Tous les Hébreux avaient fait l'expérience des bénédictions de Dieu; pourtant, pour "la plupart" ils sont morts "dans le désert": ceci devrait servir d'avertissement pour les Corinthiens (v.6).
 
Verset 6.
ταῦτα δὲ τύποι ἡμῶν ἐγενήθησαν, εἰς τὸ μὴ εἶναι ἡμᾶς ἐπιθυμητὰς κακῶν, καθὼς κἀκεῖνοι ἐπεθύμησαν.
Or, ces choses sont arrivées pour nous servir d'exemples, afin que nous n'ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu.
τύποι - exemples:
Le mot τύποςtupos (-> "type"; de même au v.11), "exemple", est l'un des mots (par ex. en Rm 5,14) par lesquels le NT désigne la façon dont certains événements du PT préfigurent Jésus Christ et ce qu'il apporte; ainsi les vv.2-3, ci-dessus.

-------

Verset 10.
μηδὲ γογγύζετε, καθὼς καὶ τινὲς αὐτῶν ἐγόγγυσαν καὶ ἀπώλοντο ὑπὸ τοῦ ὀλοθρευτοῦ.
Ne murmurez point, comme murmurèrent quelques-uns d'eux, qui périrent par l'exterminateur.
μηδὲ γογγύζετε - Ne murmurez point:
Le verbe γογγύζω gon'guzō signifie effectivement "murmurer"; mais il traduit (ainsi que ses composés) l'hébreu לוּן lûn ou לין  lı̂yn qui signifie "murmurer contre", "se plaindre de" (par ex. en Ex 16,2; Nb 11,1; 14,27;36; 17,6; Jos 9,18) - en particulier s'agissant des récriminations des Hébreux au désert.
ὑπὸ τοῦ ὀλοθρευτοῦ - par l'exterminateur: Voir Ex 12,23:
 ועבר יהוה לנגף את־מצרים וראה את־הדם על־המשׁקוף ועל שׁתי המזוזת ופסח יהוה על־הפתח ולא יתן המשׁחית לבא אל־בתיכם לנגף׃
Quand YHWH-Adonaï passera pour frapper l'Égypte, et verra le sang sur le linteau et sur les deux poteaux, YHWH-Adonaï passera par-dessus la porte, et il ne permettra pas à l'exterminateur d'entrer dans vos maisons pour frapper (LXX: τὸν ὀλεθρεύοντα).
On peut noter que ce passage distingue Dieu de l’« exterminateur », alors que dans la suite (Ex 12,29) Dieu semble agir lui-même.
En tout état de cause, l' "exterminateur" est l'envoyé de Dieu chargé d'exécuter la sentence de mort qui frappe ceux qui ont péché contre sa Loi et son Alliance.

Verset 11.
ταῦτα δὲ πάντα τύποι συνέβαινεν ἐκείνοις, ἐγράφη δὲ πρὸς νουθεσίαν ἡμῶν, εἰς οὓς τὰ τέλη τῶν αἰώνων κατήντησεν.
Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, et elles ont été écrites pour notre instruction, à nous qui sommes parvenus à la fin des temps.
τύποι - πρὸς νουθεσίαν ἡμῶν - exemples - pour notre instruction: Voir note sur v.6.
En participant aux banquets organisés dans les locaux des temples païens (chap.8), certains Corinthiens risquaient d'avoir vis-à-vis du Christ l'attitude que les Hébreux avaient eue vis-à-vis du Père. Ils se mettent eux-mêmes dans une situation périlleuse:
- par leur orgueil, pour les "gens qui savent" qu'ils peuvent participer à ces banquets parce qu'ils sont "surs" de leur foi chrétienne (voir 8,1-2);
- par leur "faiblesse de conscience", pour ceux dont la foi n'est pas bien affermie, et qui se culpabilisent de leur participation à ces banquets (voir 8,7);
- pour tous, enfin: "l'homme éclairé" se met en situation doublement périlleuse, par manque d'humilité, et surtout d'amour envers les chrétiens "les plus faibles"; ces derniers sont mis en situation périlleuse parce qu'ils risquent de "courir à leur perte" en retombant dans l'idolâtrie (voir 8,10-13; ci-dessus, l'introduction à ce passage, et, plus bas, la note sur 1Co 12,22)...
... Et plus on se "croit debout", plus on risque "de tomber"... de haut! (v.12)
εἰς οὓς τὰ τέλη τῶν αἰώνων κατήντησεν - à nous qui sommes parvenus à la fin des temps: Pour le NT, depuis la venue du Christ les "temps derniers" ont été inaugurés, car ce sont "les temps" de l'accomplissement (voir par ex. Ac 2,7; Ga 4,4; Hé 1,2; 1P 1,20; 1Jn 2,18)

Verset 12.
῞Ωστε ὁ δοκῶν ἑστάναι βλεπέτω μὴ πέσῃ.
Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber!
_____________________________________________________________________

• 1Co 11,23-26

Ce récit de l’institution eucharistique – le plus ancien de ceux que rapporte le Nouveau Testament – est  reçu comme « tradition qui vient du Seigneur » à l’époque où Paul a évangélisé Corinthe (sans doute en 50-51). On y reconnaît, presque mot pour mot, la manière dont nous faisons Eucharistie – qui était donc déjà, pour l’essentiel, celle des toutes premières assemblées chrétiennes.

Sur ce texte:
Sur Paul; les épîtres: voir à cette page; sur Paul et les Corinthiens: voir plus haut.
Sur 1Co 11,2-34:
Paul aborde, à partir du chap.11, plusieurs questions concernant la vie de la communauté, et en particulier de son culte:
- les relations entre les hommes et les femmes, 2-16;
- le repas du Seigneur, 17-34;
- la pratique des dons de l'Esprit, 12,1 - 14,40.
Il fonde ses recommandations sur le bien commun: amour fraternel et édification de la communauté; mais il a aussi le souci du témoignage que l'Église donne à ceux qui n'en font pas partie. Contrairement à ce que pensent les Corinthiens, le culte n'est pas un rassemblement d'individus, mais un acte communautaire dans lequel chacun a sa place, et auquel chacun est appelé à participer (les hommes comme les femmes, les riches comme les pauvres).
L'enseignement de Paul sur les hommes et les femmes (2-16) cherche à rectifier, semble-t-il, la compréhension erronée des Corinthiens concernant la différenciation sexuelle, qui est liée à leur mauvaise perception du rôle du corps dans le salut. Certains, en effet, semblaient vouloir abolir toute différenciation. C'est pourquoi Paul cherche à souligner que l'ordre créationnel est maintenu dans l'œuvre libératrice de Dieu, et que dans l'Église hommes et femmes doivent intervenir en respectant ce qu'ils sont. Les tensions entre les Corinthiens s'expriment de manière particulièrement aiguë lors des repas pris en commun au cours desquels était célébrée la Cène (17-34). La solidarité fraternelle qui aurait dû caractériser ces moments de confession de foi dans le Christ, leur unique sauveur, était remplacée par des pratiques égoïstes, qui étalaient au grand jour les disparités qui existaient entre les Corinthiens. C'est pourquoi Paul rappelle le sens du Repas du Seigneur et en tire des leçons pour réformer la pratique des Corinthiens.

Traduction et notes:

Verset 23.
ἐγὼ γὰρ παρέλαβον ἀπὸ τοῦ Κυρίου, ὃ καὶ παρέδωκα ὑμῖν, ὅτι ὁ Κύριος ᾿Ιησοῦς ἐν τῇ νυκτὶ ᾗ παρεδίδετο ἔλαβεν ἄρτον
En effet j'ai reçu du Seigneur ce que je vous ai enseigné; c'est que le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain
παρέλαβον ἀπὸ τοῦ Κυρίου - j'ai reçu du Seigneur: La tradition que Paul va rappeler dans les vv. qui suivent trouve son origine dans les paroles de Jésus lui-même; voir Mt 26,26sqq; Mc 14,22-25; Lc 22,15-20.

<- La Communion des Apôtres - Fra Angelico - vers 1450 - Museo di San Marco, Florence.



Verset 24.
καὶ εὐχαριστήσας ἔκλασε καὶ εἶπε· λάβετε φάγετε· τοῦτό μού ἐστι τὸ σῶμα τὸ ὑπὲρ ὑμῶν κλώμενον· τοῦτο ποιεῖτε εἰς τὴν ἐμὴν ἀνάμνησιν.
et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit: Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous; faites ceci en mémoire de moi.

Verset 25.
ὡσαύτως καὶ τὸ ποτήριον μετὰ τὸ δειπνῆσαι λέγων· τοῦτο τὸ ποτήριον ἡ καινὴ διαθήκη ἐστὶν ἐν τῷ ἐμῷ αἵματι· τοῦτο ποιεῖτε, ὁσάκις ἐὰν πίνητε, εἰς τὴν ἐμὴν ἀνάμνησιν.
De même, après avoir soupé, il prit la coupe, et dit: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang; faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez.
ἡ καινὴ διαθήκη - la nouvelle alliance: Sur cette expression, voir Jr 31,31-34 et note à cette page.
En partageant le pain et le vin, les chrétiens de Corinthe affirmaient leur appartenance au peuple de la "nouvelle alliance"; or leur comportement égocentrique niait le résultat de l'œuvre du Christ.
εἰς τὴν ἐμὴν ἀνάμνησιν - en mémoire de moi: Litt. "en vue de mon souvenir". Comp. Ex 12,14.

Verset 26.
ὁσάκις γὰρ ἐὰν ἐσθίητε τὸν ἄρτον τοῦτον καὶ τὸ ποτήριον τοῦτο πίνητε, τὸν θάνατον τοῦ Κυρίου καταγγέλλετε, ἄχρις οὗ ἂν ἔλθῃ.
Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.
καταγγέλλετε - vous annoncez: L'Eucharistie est avant tout un moment de confession de foi des croyants, qui expriment leur attachement au Seigneur.
ἄχρις οὗ ἂν ἔλθῃ - jusqu'à ce qu'il vienne: L'Eucharistie est prise en l'absence physique du Seigneur, en souvenir de son œuvre, et dans l'attente de son retour.
____________________________________________________________________

• 1Co 12, 4-11.

L'Esprit Saint qui agit au sein de la communauté et dans les cœurs est à l'origine de toutes les fonctions et de tous les charismes. Il assure leur unité dans la diversité, en vue du bien de tous.
A Corinthe, grande ville cosmopolite (voir ci-dessus, l'introduction aux épîtres aux Corinthiens), fleurissaient cultes dévoyés et sectes en tous genres.
Ce que dit saint Paul aux chrétiens qui vivaient dans un tel environnement n'a rien perdu de son actualité...

Traduction et remarques :

Verset 4.
Διαιρέσεις δὲ χαρισμάτων εἰσί, τὸ δὲ αὐτὸ Πνεῦμα·
Il y a diversité de dons, mais le même Esprit;
χαρισμάτων - de dons: Le substantif grec χάρισμα charisma, qui peut se traduire par "don de la grâce divine", et qui a directement donné notre nom "charisme" est précisément dérivé du nom χάρις charis, désignant dans le vocabulaire biblique grec la "grâce divine". 
En 1Co 1,7, Paul disait aux Corinthiens qu'il ne leur manquait "aucun don de la grâce divine", donc que tout ce qu'ils avaient reçu venait de Dieu (comp. 1Co 4,7): ces dons ne sont donc pas des signes de spiritualité, dont les Corinthiens pourraient se vanter.
Pourtant il doit revenir ici (et tout au long des chap.12-14) sur cette question des dons, des charismes - signes de la grâce de Dieu (comp. v.11). 

Verset 5.
καὶ διαιρέσεις διακονιῶν εἰσι, καὶ ὁ αὐτὸς Κύριος·
diversité de ministères, mais le même Seigneur;
διακονιῶν - de ministères: Le substantif grec διακονία diakonia, qui peut se traduire par "ministère", et qui a directement donné notre nom "diaconie" (même famille que "diacre", "diaconat") désigne l'ensemble desservices que les charismes permettent d'accomplir.

Verset 6.
καὶ διαιρέσεις ἐνεργημάτων εἰσίν, ὁ δὲ αὐτὸς ἐστι Θεός, ὁ ἐνεργῶν τὰ πάντα ἐν πᾶσιν.
diversité d'opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous.
Θεός - Dieu: La formulation des vv.4-6
- repose sur un parallélisme typiquement sémitique: si Paul écrit en grec, il pense en Juif, donc en hébreu;
- est trinitaire (et le parallélisme insiste sur l'égalité des trois Personnes): verset 4 - l'Esprit; verset 5 - le Fils; verset 6 - le Père.

Verset 7.
ἑκάστῳ δὲ δίδοται ἡ φανέρωσις τοῦ Πνεύματος πρὸς τὸ συμφέρον.
Or, à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune.
ἑκάστῳ - à chacun: Comp. 1P 4,10. Paul souligne la diversité qui existe nécessairement au sein de l'Eglise, et qui reflète la diversité qui existe en Dieu lui-même (vv.4-6). Les charismes sont forcément divers, puisqu'ils sont accordés à "chacun" individuellement, mais trouvent leur unité
- en leur source commune: l'Esprit,
- en leur but: le bien commun.

Verset 8.
ᾧ μὲν γὰρ διὰ τοῦ Πνεύματος δίδοται λόγος σοφίας, ἄλλῳ δὲ λόγος γνώσεως κατὰ τὸ αὐτὸ Πνεῦμα,
En effet, à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit;
• λόγος σοφίαςͅ - une parole de sagesse: Les autres listes de "dons de l'Esprit" (1Co 12,28-30; Rm 12,6-8; Ep 4,11-12) montrent qu'ici Paul n'a pas l'intention d'être exhaustif, mais qu'il veut seulement donner un aperçu de la diversité qu'il vient d'affirmer, aux vv.4-7.
σοφίαςͅ - de sagesse; γνώσεως - de connaissance: La σοφία sophia (voir chap. 1-4) et la γνῶσις gnôsis étaient précisément ce que les Corinthiens se vantaient de posséder (voir par ex. 3,18; 8,1).

Verset 9.
ἑτέρῳ δὲ πίστις ἐν τῷ αὐτῷ Πνεύματι, ἄλλῳ δὲ χαρίσματα ἰαμάτων ἐν τῷ αὐτῷ Πνεύματι,
à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit;
πίστις - la foi: Non pas au sens où tous les chrétiens l'exercent, mais de façon particulière, et/ou face à un besoin précis (comp. 13,2).
 
Verset 10.
ἄλλῳ δὲ ἐνεργήματα δυνάμεων, ἄλλῳ δὲ προφητεία, ἄλλῳ δὲ διακρίσεις πνευμάτων, ἑτέρῳ δὲ γένη γλωσσῶν, ἄλλῳ δὲ ἑρμηνεία γλωσσῶν· 
à un autre, le don d'opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l'interprétation des langues.
γένη γλωσσῶν- la diversité des langues: Ce don, et celui d'interprétation, seront tout particulièrement traités au chap.14 (voir en part. 14,2) ainsi que celui de prophétie (voir en part. 14,1;3).

Verset 11.
πάντα δὲ ταῦτα ἐνεργεῖ τὸ ἓν καὶ τὸ αὐτὸ Πνεῦμα, διαιροῦν ἰδίᾳ ἑκάστῳ καθὼς βούλεται.
Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier, comme il le veut.
____________________________________________________________________

• 1Co 12, 12-30.

"L'Église, corps du Christ dont nous sommes les membres".
Il est indispensable que chacun remplisse correctement sa fonction propre.
Dans leur diversité, tous contribuent au bon et harmonieux fonctionnement de l'ensemble.
Aucun ne doit être considéré comme inférieur. Dès lors, hiérarchie des charismes et des fonctions ne signifie nullement supériorité des personnes qui en bénéficient ou les exercent.

Traduction et remarques :

Verset 12.
Καθάπερ γὰρ τὸ σῶμα ἕν ἐστι καὶ μέλη ἔχει πολλὰ, πάντα δὲ τὰ μέλη τοῦ σώματος τοῦς ἑνός, πολλὰ ὄντα, ἕν ἐστι σῶμα, οὕτω καὶ ὁ Χριστός·
Car, comme le corps est un et a plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il de Christ.
τὸ σῶμαἕν ἐστι καὶ μέλη ἔχει πολλὰ - le corps est un et a plusieurs membres:
Dans l'Antiquité, l'image du corps était très habituellement utilisée pour décrire un groupe social, et notamment pour inciter chacun à rester à sa place.
Mais cette image du corps pour parler de l'Eglise est typiquement paulinienne: voir Ep 1,22-23; 2,16; 5,23;30; Col 1,18; 3,15.
Ici Paul utilise plutôt la comparaison du corps pour souligner
- la nécessaire diversité au sein de l'Eglise (vv.12-19);
- la dépendance de chaque membre de l'Eglise à l'égard des autres (vv.20-25).
C'est pourquoi il serait regrettable de ne donner que la "lecture brève" du texte liturgique (alors que les vv.25-26, par ex., sont particulièrement importants), puisqu'elle ne propose que les vv.12-14 et 27, ce qui tronque fortement l'expression de l'idée de Paul: l'unité du peuple de Dieu, dans le respect de la diversité des capacités de chacun, trouve son fondement dans le Christ. Voir Rm 12,5; Ep 4,1-16; Col 2,19.

Verset 13.
καὶ γὰρ ἐν ἑνὶ Πνεύματι ἡμεῖς πάντες εἰς ἓν σῶμα ἐβαπτίσθημεν, εἴτε ᾿Ιουδαῖοι εἴτε ῞Ελληνες, εἴτε δοῦλοι εἴτε ἐλεύθεροι, καὶ πάντες εἰς ἓν Πνεῦμα ἐποτίσθημεν.
Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit.
Ελληνες - Grecs: Ici, Paul utilise ce terme pour désigner les non-Juifs, les "גוים goïm", et pas seulement les personnes de nationalité grecque.
πάντες εἰς ἓν Πνεῦμα ἐποτίσθημεν - nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit: Voir Mt 3,11; Jn 1,33; Ac 1,5. Cette expression renvoie avant tout à l'œuvre historique et initiale de l'Esprit qui, donné à la Pentecôte, a séparé les "vrais Juifs" de ceux qui l'étaient uniquement de naissance pour former, à partir de ce "reste fidèle" d'Israël, le germe du peuple de Dieu de la fin des temps, qui jouira de l'accomplissement des promesses de Dieu (Ac 2,26-17). Les Samaritains (Ac 8,16-17), baptisés et "nés de nouveau" à la manière des croyants du Premier Testament, reçoivent ensuite l'Esprit de Pentecôte - qui intègre dans le peuple de Dieu - par l'imposition des mains de Pierre et Jean, puis les païens, les "גוים goïm" (Ac 10,44; 11,15) ont à leur tour reçu l'Esprit.
Depuis lors, chaque croyant est intégré - comme par une Pentecôte personnelle - à ce peuple de l'Esprit, ce "seul corps" où les différences ancestrales ou sociales (l'expression "εἴτε δοῦλοι εἴτε ἐλεύθεροι - soit esclaves, soit libres"implique un renversement complet des mentalités) ne comptent plus. Comp. Ga 3,28.
ἐποτίσθημεν - nous avons été abreuvés: Comp. Jn 7,37,39.

Verset 14.
καὶ γὰρ τὸ σῶμα οὐκ ἔστιν ἓν μέλος, ἀλλὰ πολλά.
Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres.

Verset 15.
ἐὰν εἴπῃ ὁ πούς, ὅτι οὐκ εἰμὶ χείρ, οὐκ εἰμὶ ἐκ τοῦ σώματος, οὐ παρὰ τοῦτο οὐκ ἔστιν ἐκ τοῦ σώματος;
Si le pied disait: "Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps", ne serait-il pas du corps pour cela?

Verset 16.
καὶ ἐὰν εἴπῃ τὸ οὖς, ὅτι οὐκ εἰμὶ ὀφθαλμός, οὐκ εἰμὶ ἐκ τοῦ σώματος, οὐ παρὰ τοῦτο οὐκ ἔστιν ἐκ τοῦ σώματος;
Et si l'oreille disait: "Parce que je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps", ne serait-elle pas du corps pour cela?

Verset 17.
εἰ ὅλον τὸ σῶμα ὀφθαλμός, ποῦ ἡ ἀκοή; εἰ ὅλον ἀκοή, ποῦ ἡ ὄσφρησις;
Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe?
S'il était tout ouïe, où serait l'odorat?

Versets 15-17.
On remarquera que, pour filer sa métaphore, Paul emploie un procédé typique de la rhétorique sémitique (même s'il écrit en grec!): les parallélismes- voir note sur 1Co 12,6.

Verset 18.
νυνὶ δὲ ὁ Θεὸς ἔθετο τὰ μέλη ἓν ἕκαστον αὐτῶν ἐν τῷ σώματι καθὼς ἠθέλησεν.
Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu.

Verset 19.
εἰ δὲ ἦν τὰ πάντα ἓν μέλος, ποῦ τὸ σῶμα;
Si tous étaient un seul membre, où serait le corps?
• τὸ σῶμα- le corps: Comme celle du corps humain, la diversité de l'Eglise est bonne et nécessaire. Or les Corinthiens étaient particulièrement tentés par l'exercice du "parler en langues" et par la prophétie (voir 1Co 14), au détriment des autres charismes et fonctions.

Verset 20.
νῦν δὲ πολλὰ μὲν μέλη, ἓν δὲ σῶμα.
Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps.

Verset 21.
οὐ δύναται δὲ ὁ ὀφθαλμὸς εἰπεῖν τῇ χειρί· χρείαν σου οὐκ ἔχω· ἢ πάλιν ἡ κεφαλὴ τοῖς ποσί· χρείαν ὑμῶν οὐκ ἔχω.
L'œil ne peut pas dire à la main: "Je n'ai pas besoin de toi"; ni la tête dire aux pieds: "Je n'ai pas besoin de vous".
ὁ ὀφθαλμὸς- L'œil: Ici, l'œil, qui appartient à la tête, représente l'un des membres de l'Eglise, qui a besoin de tous les autres membres.
Ailleurs (Ep 1,22-23; 4,11-16; Col 1,18), Paul affinera son image, et parlera du Christ comme étant la tête du corps qu'est l'Eglise.

Verset 22.
ἀλλὰ πολλῷ μᾶλλον τὰ δοκοῦντα μέλη τοῦ σώματος ἀσθενέστερα ὑπάρχειν ἀναγκαῖά ἐστι,
Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires; 
τὰ δοκοῦντα μέλη τοῦ σώματος ἀσθενέστερα- les membres du corps qui paraissent être les plus faibles: Les membres de l'Eglise qui sembleraient (à leurs propres yeux ou à ceux des autres) les plus insignifiants sont indispensables et méritent même une attention toute particulière (voir vv.23-24).
Contrairement à ce que pensent certains, tous n'ont pas le même niveau de connaissances; ceux qui ont davantage de connaissances doivent les utiliser pour le bien commun - et doivent en particulier veiller:
- à mettre leurs charismes au service de ceux qui ont le moins de connaissances ou de capacités;
- à ne pas choquer (même lorsqu'ils savent agir à bon droit) ces derniers par leurs comportements.
En 1Co 8, par exemple, Paul expose le problème des viandes sacrifiées aux idoles.
Certains chrétiens de Corinthe, parce qu'ils savaient que les divinités païennes n'existent pas, ne se gênaient pas pour participer à des repas "sociaux" (mariages, conclusions d'affaires, etc.) qui se tenaient dans des salles attenantes à des temples païens, et où l'on mangeait les viandes des bêtes sacrifiées aux dieux du panthéon hellénistico-romain. Paul n'est pas opposé à cette pratique en tant que telle. En revanche, il ne veut pas que des "plus faibles" soient interpellés par cette participation - il craint surtout que ces derniers ne pensent: "puisque des chrétiens en vue participent à des banquets où l'on mange les viandes des idoles, c'est que le culte de celles-ci n'est pas incompatible avec le christianisme", et que les "plus forts" ne fassent donc ainsi retomber les "plus faibles" dans l'idolâtrie.

Verset 23.
καὶ ἃ δοκοῦμεν ἀτιμότερα εἶναι τοῦ σώματος, τούτοις τιμὴν περισσοτέραν περιτίθεμεν, καὶ τὰ ἀσχήμονα ἡμῶν εὐσχημοσύνην περισσοτέραν ἔχει·
et ceux que nous estimons être les moins honorables du corps, nous les entourons d'un plus grand honneur. Ainsi nos membres les moins honnêtes reçoivent le plus d'honneur, 

Verset 24.
τὰ δὲ εὐσχήμονα ἡμῶν οὐ χρείαν ἔχει. ἀλλ᾿ ὁ Θεὸς συνεκέρασε τὸ σῶμα, τῷ ὑστερούντι περισσοτέραν δοὺς τιμήν,
tandis que ceux qui sont honnêtes n'en ont pas besoin. Dieu a disposé le corps de manière à donner plus d'honneur à ce qui en manquait,

Verset 25.
ἵνα μὴ ᾖ σχίσμα ἐν τῷ σώματι, ἀλλὰ τὸ αὐτὸ ὑπὲρ ἀλλήλων μεριμνῶσι τὰ μέλη.
afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient également soin les uns des autres.
ᾖ σχίσμα- la division: Le problème des divisions au sein de l'Eglise corinthienne a déjà été évoqué en 1Co 1 10-12 et 11,18, par ex. mais il apparaît tout au long de la lettre. A noter que la transcription française de ce nom est notre substantif "schisme".

Verset 26.
καὶ εἴτε πάσχει ἓν μέλος, συμπάσχει πάντα τὰ μέλη, εἴτε δοξάζεται ἕν μέλος, συγχαίρει πάντα τὰ μέλη.
Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui.
On remarquera que ce verset magnifique, et essentiel dans la réflexion paulinienne sur les rapports ecclésiaux, est à nouveau construit sur un parallélisme parfait.

Verset 27.
῾Υμεῖς δέ ἐστε σῶμα Χριστοῦ καὶ μέλη ἐκ μέρους. 
Vous donc, vous êtes le corps de Christ et ses membres, chacun pour sa part.
ἐστε σῶμα Χριστοῦ- vous êtes le corps de Christ: Certains traduisent "vous êtes un corps appartenant au Christ" - en appliquant plus précisément l'image à l'Eglise locale de Corinthe.

Verset 28.
῾ Καὶ οὓς μὲν ἔθετο ὁ Θεὸς ἐν τῇ ἐκκλησίᾳ πρῶτον ἀποστόλους, δεύτερον προφήτας, τρίτον διδασκάλους, ἔπειτα δυνάμεις, εἶτα χαρίσματα ἰαμάτων, ἀντιλήμψεις, κυβερνήσεις, γένη γλωσσῶν.
Et Dieu a établi dans l'Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des enseignants, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues.
ἀποστόλους,  προφήτας,  διδασκάλους͂- des apôtres, des prophètes, des enseignants: Voir Ep 4,11. Paul cite en particulier ces dons parce qu'ils sont essentiels pour la croissance de l'Eglise.
ἀποστόλους - des apôtres: Paul se présente lui-même comme "apôtre", qui est la transcription du grec "ἀπόστολος" (par ex. en 2Co 1,1). Ce terme signifie littéralement "envoyé".
Dans le Nouveau Testament, ce terme est employé,
- au sens fort, pour désigner les Douze (Mt 10,2-42; Ac 1,21-23 par ex.); Paul se l'applique car il est comme eux "serviteur" et "prophète" de la "Nouvelle Alliance", "ambassadeur" plénipotentiaire de Dieu, chargé d'expliciter le sens de l'œuvre du Christ, et responsable comme eux de la rédaction d'un "Nouveau Testament", canon normatif de la vie sous cette "Nouvelle Alliance";
- dans un sens moins fort, pour désigner, par ex., certains collaborateurs de Paul et fondateurs d'Églises (Ac 14,4;14; Rm 16,7 par ex.).
προφήτας - des prophètes: Leur ministère, distinct de celui des apôtres, consiste, prosaïquement, à appliquer avec pertinence l'enseignement biblique et apostolique aux situations précises et aux circonstances particulières rencontrées par leurs auditeurs. La question de leur "inspiration" (directe ou non) par Dieu est discutée; Paul exhorte à recevoir les "prophéties inspirées" avec un esprit critique (1Th 5,20-21).
διδασκάλους͂ - des enseignants: Ceux qui prêchent l'Évangile et l'expliquent; ce ministère semble être plus local, exercé au sein d'une Église, d'une communauté. Ce sont vraisemblablement ceux que Paul appelle ailleurs "responsables d'Église" ou "en Église". Voir aussi Ac 20,28.

Verset 29.
μὴ πάντες ἀπόστολοι; μὴ πάντες προφῆται; μὴ πάντες διδάσκαλοι; μὴ πάντες δυνάμεις;
Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? Tous ont-ils des pouvoirs?
On remarquera que ce verset est à nouveau construit sur une série de parallélismes parfaits.

Verset 30.
μὴ πάντες χαρίσματα ἔχουσιν ἰαμάτων; μὴ πάντες γλώσσαις λαλοῦσι; μὴ πάντες διερμηνεύουσι;
Tous ont-ils le don des miracles? Tous ont-ils le don des guérisons? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils?
μὴ : Cette particule interrogative grecque implique une réponse négative, que l'on peut expliciter par "Évidemment, non!"
On remarquera la structure très élaborée de ce verset:
- ses trois segments commencent par la particule "μὴ", suivie du sujet "πάντες - tous";
- le premier comporte un verbe, "ἔχουσιν" + un complément à deux termes, "χαρίσματα ἰαμάτων";
- le deuxième, un verbe, "λαλοῦσι" + un complément à un terme, "γλώσσαις ";
- le troisième un verbe seul "διερμηνεύουσι".
____________________________________________________________________

• 1Co 12,31 - 13,13.

Superbe exemple de "correction fraternelle": Paul reprend un à un tous les défauts des Corinthiens pour leur montrer leur manque d'amour, de "charité".
La charité fraternelle inspirée par l'amour de Dieu est au-dessus de tout, la plus grande des vertus - on pourrit dire "la seule vertu", en tout cas celle qui donne leur valeur à toutes les autres: sans charité, aucune pratique, aussi spirituelle soit-elle, n'a de sens.
Cette hymne bien connue se divise en trois parties: la supériorité absolue de la charité; ses œuvres; sa pérennité.  

Traduction et remarques :

Chapitre 12.

Verset 31.
ζηλοῦτε δὲ τὰ χαρίσματα τὰ κρείττονα. καὶ ἔτι καθ᾿ ὑπερβολὴν ὁδὸν ὑμῖν δείκνυμι. 
Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais encore vous montrer une voie par excellence.
Voir 14,1;5. Cette phrase est une transition entre la péricope précédente (1ère partie de la phrase) à laquelle il va souvent se référer, et la suivante (2nde partie). Après avoir relevé à plusieurs reprises les tensions que connaît l'Eglise de Corinthe, Paul offre la voie par excellence vers l'unité.

Chapitre 13.

Verset 1.
᾿Εὰν ταῖς γλώσσαις τῶν ἀνθρώπων λαλῶ καὶ τῶν ἀγγέλων, ἀγάπην δὲ μὴ ἔχω, γέγονα χαλκὸς ἠχῶν ἢ κύμβαλον ἀλαλάζον.
Quand bien même je parlerais dans les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.
• ταῖς γλώσσαις τῶν ἀγγέλων- dans les langues des anges: Selon certains, les "langues inconnues" que se targuaient de parler les Corinthiens (voir 14,2) seraient à distinguer du phénomène d'Ac 2,4 (où les apôtres parlaient des langues auparavant inconnues d'eux, mais comprises par certains de leurs auditeurs); à Corinthe, il s'agirait de phénomènes extatiques (peu étonnants, étant le milieu païen dans lequel ils évoluaient et où l'on faisait grande place à ce genre de phénomènes: pythies, transes, oracles, etc.) au cours desquels les Corinthiens proféreraient des sons inintelligibles - assimilés par eux à la "langue des anges".
Selon d'autres, l'expression ταῖς γλώσσαις τῶν ἀνθρώπων καὶ τῶν ἀγγέλων - dans les langues des hommes et des anges serait simplement une tournure hyperbolique pour signifier "toutes les langues, même les plus improbables"; d'après d'autres enfin, cette expression soulignerait par l'adjonction des "anges" la nécessité de l' "ἀγάπη agapê, la charité, l'amour de l'autre".
• χαλκὸς ἠχῶν- un airain qui résonne: Noter d'abord que le verbe ἠχέω
êchéô, résonner, est à l'origine de notre substantif "écho".
Paul fait ici allusion aux marmites d'airain déposées devant certains temples païens (retrouvées par les archéologues à Dordone, près de Corinthe); ces marmites se touchant, on frappait la première et le son se transmettait de l'une à l'autre: le son ainsi obtenu, une sorte de murmure, était interprété comme le langage des dieux, qui auraient ainsi rendu leurs oracles. (La locution "airain de Dordone" était devenue, ailleurs en Grèce, le synonyme de "vains bavardages").
Cette allusion de Paul justifierait la première interprétation pour l'expression "langue des anges": les Corinthiens, imprégnés de culture païenne, se contenteraient d'appliquer à leurs pratiques un vocabulaire plus "chrétiennement correct".

Verset 2.
καὶ ἐὰν ἔχω προφητείαν καὶ εἰδῶ τὰ μυστήρια πάντα καὶ πᾶσαν τὴν γνῶσιν, καὶ ἐὰν ἔχω πᾶσαν τὴν πίστιν, ὥστε ὄρη μεθιστάνειν, ἀγάπην δὲ μὴ ἔχω, οὐδέν εἰμι.
Et quand bien même j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi, jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.
On notera que Paul reprend ici divers charismes qu'il a déjà évoqués dans la péricope précédente (en particulier 12,28-30).
• προφητείαν - le don de prophétie: Voir 14,3. Comme dans le PT, ce mot, dans le NT, recouvre des réalités diverses:
- "prophétiser", c'est annoncer ce qui va arriver (Ac 11,27-28; 21,10);
- mais, le plus souvent, c'est aider les autres à grandir dans la foi (= "édification"), les encourager, les réconforter en appliquant à des situations concrètes l'enseignement de la vérité biblique; cette activité s'accompagnant d'une action de "révélation" par l'Esprit (14,26;30); cette part devait être d'autant plus importante que le NT n'était pas encore totalement rédigé;
- certains "prophètes" du NT semblent avoir exercé un ministère plus institutionnel (Ep 4,11);
- et les apôtres sont appelés par Paul "les prophètes de la nouvelle Alliance (Ep 2,20).
τὰ μυστήρια πάντα - tous les mystères: Voir 2,7.
πᾶσαν τὴν γνῶσιν - toute la connaissance: Voir 1,5; 8,1ssq (le problème des viandes: voir note sur 12, 22-24: ceux "qui savent" doivent agir avec amour pour ne pas choquer, voire faire tomber ceux "qui ne savent pas", ou "savent moins"; sinon leur "connaissance" est imparfaite, puisqu'ils ignorent l'amour); 12,8 et note.
πᾶσαν τὴν πίστιν - toute la foi: Voir 12,9 et note; Mc 11,23.

Verset 3.
καὶ ἐὰν ψωμίσω πάντα τὰ ὑπάρχοντά μου, καὶ ἐὰν παραδῶ τὸ σῶμά μου ἵνα καυθήσομαι, ἀγάπην δὲ μὴ ἔχω, οὐδὲν ὠφελοῦμαι.
Et quand bien même je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres; quand bien même je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
• ἐὰν ψωμίσω πάντα τὰ ὑπάρχοντά μου - quand bien même je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres: Allusion à la pratique de l'aumône de la צדקה, visant à redresser les injustices humaines pour rétablir la justice divine (voir à cette page).
ἐὰν παραδῶ τὸ σῶμά μου ἵνα καυθήσομαι - quand bien même je livrerais même mon corps pour être brûlé: Allusion au martyre. Mais cette phrase présente une difficulté scripturaire, les manuscrits donnant plusieurs formes verbales différentes:
- Tischendorf (1864-1894) donne καυχθσωμαι - forme impossible;
- Wescott-Hort (1881) donne καυχησωμαι, qui viendrait de καυχάομαι
"(se) vanter", ce qui explique que l'on trouve (Bible du Semeur par ex.) "Si même je sacrifiais tous mes biens, et jusqu'à ma vie, pour aider les autres, au point de pouvoir m'en vanter"; cette version est syntaxiquement satisfaisante pour ce qui concerne la forme verbale, mais oblige à donner une traduction peu satisfaisante par rapport à la structure de la phrase grecque;
- Textus Receptus (Stephens, 1550; Scrivener, 1894) et Byzantine (rev. 2000) donne καυθησωμαι, qui devrait être rattaché au verbe καίω "brûler" - bien plus satisfaisant pour le sens et la structure générale de la phrase, mais difficile à justifier pour la forme verbale... sauf si l'on envisage la possibilité d'une correction en grec vernaculaire, ou "κοινη Koïnè".
Or on peut noter que le Codex Sinaiticus (milieu du IVème siècle; le plus ancien manuscrit complet de la Bible, le PT étant donné dans la version de la LXX et le NT précisément en κοινη; il se trouve au monastère Sainte-Catherine, Sinaï - d'où son nom) donne καυχησωμαι.
<- Ce verset dans le Codex Sinaiticus. On remarquera que les mots ne sont pas séparés et qu'ils sont coupés en fin de ligne, qu'il n'y a pas de ponctuation, que les caractères sont apparentés aux majuscules du grec classique, mais avec quelques différences; ainsi, l' Ω le Σ (sigma) a la forme de notre C. Le verbe incriminé se trouve en fin de 5ème ligne.

Verset 4.
῾Η ἀγάπη μακροθυμεῖ, χρηστεύεται, ἡ ἀγάπη οὐ ζηλοῖ, ἡ ἀγάπη οὐ περπερεύεται, οὐ φυσιοῦται,
La charité est patiente, elle est pleine de bonté; la charité n'est point envieuse; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil,
Η ἀγάπη- La charité : A la jalousie des Corinthiens (3,3), à leur fierté (3,21; 4,7; 5,3), à leur orgueil (4,6;18-19; 8,1), à leur comportement inadmissible ou inconvenant (5,1-2; 6,12-20; 11,3-15;20-22), à leur égocentrisme (10,24), Paul oppose la "charité", l'amour, qui "n'est pas envieuse, ne se vante point, ne s'enfle point d'orgueil","ne fait rien de malhonnête, ne cherche point son intérêt" (v.5)

Verset 5.
οὐκ ἀσχημονεῖ, οὐ ζητεῖ τὰ ἑαυτῆς, οὐ παροξύνεται, οὐ λογίζεται τὸ κακόν,
elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal,
οὐ λογίζεται τὸ κακόν - elle ne soupçonne point le mal: Le verbe ayant plusieurs acceptions, on peut comprendre "elle ne voit pas le mal", "elle ne tient pas compte du mal" (d'où la traduction liturgique: "n'entretient pas de rancune"); mais aussi "elle ne trame pas le mal", cf. Za 7,10; 8,17.
 
Verset 6.
οὐ χαίρει ἐπὶ τῇ ἀδικίᾳ, συγχαίρει δὲ τῇ ἀληθείᾳ·
elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité;

Verset 7.
πάντα στέγει, πάντα πιστεύει, πάντα ἐλπίζει, πάντα ὑπομένει.
elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.

Verset 8.
Η ἀγάπη οὐδέποτε πίπτει. εἴτε δὲ προφητεῖαι, καταργηθήσονται· εἴτε γλῶσσαι, παύσονται· εἴτε γνῶσις, καταργηθήσεται.
La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra.

Verset 9.
ἐκ μέρους γὰρ γινώσκομεν καὶ ἐκ μέρους προφητεύομεν·
Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,

Verset 10.
ὅταν δὲ ἔλθῃ τὸ τέλειον, τὸτε τὸ ἐκ μέρους καταργηθήσεται.
mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.
τὸ τέλειον- ce qui est parfait: Paul rappelle à ses lecteurs que la perfection est encore à venir...
Leur connaissance et leur expérience de l'Esprit ne font qu'entrevoir ce qui sera - et donc cesseront lorsque ce qu'elles entrevoient sera effectivement venu.
- Certains voient dans cette "perfection" l'achèvement de la révélation apostolique ("la foi transmise une fois pour toutes", cf. Jd 3), et pensent donc que les dons du Seigneur (par ex. le "parler en langues" et la prophétie) ont cessé depuis lors.
- Cependant, cette "perfection" semble viser le temps de l'établissement définitif du Royaume de Dieu (vv.12-13; voir 15,28), où nous "verrons directement" (v.12; voir Mt 5,8; 1Jn 3,2).

Verset 11.
ὅτε ἤμην νήπιος, ὡς νήπιος ἐλάλουν, ὡς νήπιος ἐφρόνουν, ὡς νήπιος ἐλογιζόμην· ὅτε δὲ γέγονα ἀνήρ, κατήργηκα τὰ τοῦ νηπίου.
Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.
ὡς νήπιος- comme un enfant: De même que le passage de l'enfance à l'état adulte marque un changement important, le passage du monde présent au monde eschatologique, à venir, verra la disparition de tout ce qui est imparfait (notamment dans le domaine de la connaissance).

Verset 12.
βλέπομεν γὰρ ἄρτι δι᾿ ἐσόπτρου ἐν αἰνίγματι, τότε δὲ πρόσωπον πρὸς πρόσωπον· ἄρτι γινώσκω ἐκ μέρους, τότε δὲ ἐπιγνώσομαι καθὼς καὶ ἐπεγνώσθην,
Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu.
δι᾿ ἐσόπτρου- au moyen d'un miroir: Paul applique à l'eschatologie chrétienne une image classique chez les philosophes grecs, en particulier socrato-platoniciens.

Verset 13.
νυνὶ δὲ μένει πίστις, ἐλπίς, ἀγάπη, τὰ τρία ταῦτα· μείζων δὲ τούτων ἡ ἀγάπη. 
Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l'espérance, la charité; mais la plus grande de ces choses, c'est la charité.

<- "Croix camarguaise" (sur l'église des Saintes-Maries-de-la-Mer) symbolisant des trois vertus théologales: la croix la foi, l'ancre l'espérance, et le cœur la charité. Les tridents aux extrémités de la croix sont ceux qu'utilisaient traditionnellement les gardians pour diriger leurs troupeaux.

μένει - demeurent: Ce sont la foi, l'espérance et la charité qui nous introduisent, dès "maintenant", dès le temps présent, dans les réalités qui "demeurent", celles de l'au-delà - et que notre "connaissance", elle, ne peut appréhender que de façon indirecte et partielle (v.12).
C'est pourquoi, alors que les épîtres du NT ne reprochent jamais à un chrétien ou à une Église de ne pas posséder tel ou tel don miraculeux, elles ne cessent d'inviter les chrétiens à croire, à espérer, et à aimer.
____________________________________________________________________

• 1Co 15,1-11.

Pour être sauvé, il faut garder dans toute sa pureté la Bonne Nouvelle, l'Évangile, qui constitue le cœur du "Symbole des Apôtres" - et ne jamais oublier que tout ce qu'on peut faire de bien doit être attribué à la grâce de Dieu.

Sur 1Co 15, 1-58 :
Paul aborde finalement le sujet de la résurrection des corps,qui met pleinement en lumière l'erreur de certains Corinthiens concernant le corps.
La question est fondamentale, le salut en dépend (vv.2;34): l'historicité de la résurrection de Jésus est au cœur de la foi chrétienne.
Aux Corinthiens qui se demandent s'il y a vraiment une résurrection à attendre (v.12) et qui ont du mal à imaginer que le corps puisse être inclus dans l'œuvre de salut (v.35), Paul rappelle
- la réalité de la mort (vv.18-19;30-34;50);
- la victoire de Dieu sur la mort lors de la résurrection du Christ, prémices de tous les croyants qui ressusciteront (vv.20-23);
- l'accomplissement final et encore à venir du plan de Dieu originel de Dieu (vv.24-28).
La résurrection des corps fait partie du message de l'Évangile (vv.1-34), la vie dans le monde à venir ne sera donc pas désincarnée, mais se vivra dans un corps transformé (vv.35-58).
Paul souligne ainsi à la fois la continuité et la nouveauté radicale de la vie dans le monde à venir. 

Traduction et remarques :

Verset 1.
Γνωρίζω δὲ ὑμῖν, ἀδελφοί, τὸ εὐαγγέλιον ὃ εὐηγγελισάμην ὑμῖν, ὃ καὶ παρελάβετε, ἐν ᾧ καὶ ἑστήκατε,
Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré,

Verset 2.
δι᾿ οὗ καὶ σώζεσθε, τίνι λόγῳ εὐηγγελισάμην ὑμῖν εἰ κατέχετε, ἐκτὸς εἰ μὴ εἰκῇ ἐπιστεύσατε.
et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé; autrement, vous auriez cru en vain.
εἰκῇ ἐπιστεύσατε - vous auriez cru en vain: La foi s'appuie sur la révélation et l'œuvre, historiques, de Jésus Christ (voir vv.3-4;6 et notes).
Une foi dont le contenu ne correspondrait à celui de l'Évangile que Paul a prêché serait vaine (comparer par exemple, lors de récents sondages, aux personnes qui disent être chrétiennes, mais ne pas croire pas à la Résurrection). La gravité d'un tel rappel annonce la gravité du sujet que Paul va aborder dans ce chapitre.

Verset 3.
παρέδωκα γὰρ ὑμῖν ἐν πρώτοις, ὃ καὶ παρέλαβον, ὅτι Χριστὸς ἀπέθανεν ὑπὲρ τῶν ἁμαρτιῶν ἡμῶν κατὰ τὰς γραφάς,
En effet, je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures;
παρέδωκα ὑμῖν [...] παρέλαβον -Je vous ai enseigné [...] j'avais reçu: Comp. 11,23. L'emploi de ces deux verbes, "παραλαμβάνω - je reçois" (déjà au v.1) et "παραδίδωμι - je transmets" décrivant la transmission d'une tradition pourrait indiquer que Paul, dans ce qui va suivre, se réfère à une confession de foi de l'Église primitive.
En tout cas, nous avons bien ici un résumé de l'essentiel de la foi chrétienne.
κατὰ τὰς γραφάς  -selon les Écritures: Voir Lc 24,46. Référence, par ex., à Ps 22 et Is 52,13 - 53,12; également à Ez 4,1-8 (le prophète porte le péché et la condamnation de la communauté); Za 13,7 (le berger d'Israël est frappé).

Verset 4.
καὶ ὅτι ἐτάφη, καὶ ὅτι ἐγήγερται τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ κατὰ τὰς γραφάς,
qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures;
ἐγήγερται τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ κατὰ τὰς γραφάς - il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures:
- Noter l'insistance sur "κατὰ τὰς γραφάς - selon les Écritures": Jésus est bien le Messie annoncé tout au long du premier Testament.
-Référence, par ex., à Ps 16,9-11; également à Os 6,2 ("le troisième jour").

Verset 5.
καὶ ὅτι ὤφθη Κηφᾷ, εἶτα τοῖς δώδεκα·
et qu'il est apparu à Képhas, puis aux Douze.
Κηφα - Képhas: Κηφᾶς Kēphas, transcription en grec d'un mot araméen d'origine chaldéenne, כּף kêpha (hébreu כּף kêph, de même sens): "le roc, la pierre".
En fait, il s'agit de Simon-Pierre.
- Il portait le nom hébreu שׁמעון shim‛ôn - Syméon, signifiant "(YHWH) a entendu", et transcrit en grec Σίμων Simôn - Simon.
- Dans la communauté chrétienne, il était surnommé כּף Képha.
- Il est vraisemblable que le surnom de "Roc" lui avait été donné en raison de ses qualités de force, de fidélité, de stabilité.

- Ce surnom est, dans le NT (rédigé - faut-il le rappeler? - en grec) tantôt transcrit de l'araméen en grec (Κηφᾶς - forme usuelle chez Paul), tantôt traduit en grec sous la forme de Πέτρος Petros

- Les évangiles l'appellent soit Σίμων Simon (Lc 5,10 par ex.), soit Πέτρος Pierre, ou encore Σίμων Πέτρος (Lc 5,8 par ex.), Jean manifestant une prédilection pour cette dernière forme.

- Matthieu est le seul évangéliste à rapporter la promesse de Jésus: "Je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église" (Mt 16,18) après la confession de foi de Simon; et la tournure même de la phrase implique que ce dernier portait déjà ce surnom avant que le Christ ne l'utilise pour indiquer à Pierre sa mission; on pourrait dire "Simon, tu es surnommé "Pierre/le Roc" pour tes qualités, et c'est pourquoi je te choisis pour être la pierre de fondation de mon Église".
•  τοῖς δώδεκα - aux Douze: Terme "technique" pour désigner les Apôtres, même si lors de la Résurrection ils n'étaient plus que onze (cf. Lc 24,33; Jn 20,24 et Vulgate, qui traduit ici undecim).
Voir Lc 24,36-49; Jn 20,19-23sqq. 
 
Verset 6.
ἔπειτα ὤφθη ἐπάνω πεντακοσίοις ἀδελφοῖς ἐφάπαξ, ἐξ ὧν οἱ πλείους μένουσιν ἕως ἄρτι, τινὲς δὲ καὶ ἐκοιμήθησαν·
Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants, et dont quelques-uns sont morts.
ἐπάνω πεντακοσίοις ἀδελφοῖς ἐφάπαξ -à plus de cinq cents frères à la fois: Voir peut-être Mt 28,16-20.
ἕωςἄρτι -encore: Littéralement, "jusqu'à maintenant". Paul a le souci de souligner l'historicité de la résurrection de Jésus.

Verset 7.
ἔπειτα ὤφθη ᾿Ιακώβῳ, εἶτα τοῖς ἀποστόλοις πᾶσιν·
Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres.
τοῖς ἀποστόλοις πᾶσιν -à tous les apôtres: Voir Lc 24,50-52; Ac 1,9-12. Selon certains, cette expression désignerait un groupe plus large que celui des Douze; cependant, puisque Paul cite cette apparition après celle au seul Jacques (Ac 12,17 où Jacques est cité pour la première fois - il est l'un des piliers de l'Eglise de Jérusalem), on peut penser qu'il s'agit bien des Douze.

Verset 8.
ἔσχατον δὲ πάντων ὡσπερεὶ τῷ ἐκτρώματι ὤφθη κἀμοί.
Après eux tous, il m'est aussi apparu à moi, comme à l'avorton;
τῷ ἐκτρώματι - à l'avorton:
- Ce terme est généralement traduit par "avorton", sous-entendant "le moins que rien"; c'était effectivement le sobriquet que ses adversaires (Juifs ou chrétiens) avaient donné à Paul, s'appuyant sur le sens même de son nom, tant en latin qu'en grec: "le peu".
- Mais ce terme désignait en fait l'enfant dont la mère était morte en le mettant au monde. L'image est alors très belle et très forte: contrairement aux autres Apôtres, Paul a été appelé après la mort du Christ - on pourrait même dire que Jésus est mort "pour donner la vie" à Paul (et à tous les pécheurs).
- Dans l'une ou l'autre des deux interprétations, Paul rappelle avec humilité la légitimité de son apostolat et la grâce de Dieu à son égard.

Verset 9.
᾿Εγὼ γάρ εἰμι ὁ ἐλάχιστος τῶν ἀποστόλων, ὃς οὐκ εἰμὶ ἱκανὸς καλεῖσθαι ἀπόστολος, διότι ἐδίωξα τὴν ἐκκλησίαν τοῦ Θεοῦ·
car je suis le moindre des apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé apôtre, parce que j'ai persécuté l'Église de Dieu.
• ἀπόστολος -apôtre: Paul est conscient d'être certes un "apôtre", mais avec un caractère particulier.
Contrairement aux Douze, il n'a pas été présent auprès de Jésus durant son ministère terrestre (Ac 1,21-22).
Son passé de persécuteur et son appel "après coup" (v.8) font de lui le "prototype" des païens qui se convertissent (1Tm 1,15), qui ne bénéficient du salut qu'en vertu de la seule grâce de Dieu.
Cette humilité de Paul n'est pas feinte - comme le prouve le v.10. S'il est fier de ses racines juives (voir à cette page), il n'est pas fier de son passé par rapport aux chrétiens!
Par ces remarques concernant son propre ministère, Paul répond peut-être à des critiques portées par certains Corinthiens (voir 1Co 9,3)

Verset 10.
χάριτι δὲ Θεοῦ εἰμι ὅ εἰμι· καὶ ἡ χάρις αὐτοῦ ἡ εἰς ἐμὲ οὐ κενὴ ἐγενήθη, ἀλλὰ περισσότερον αὐτῶν πάντων ἐκοπίασα, οὐκ ἐγὼ δὲ, ἀλλὰ ἡ χάρις τοῦ Θεοῦ ἡ σὺν ἐμοί.
Par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n'a pas été vaine; loin de là, j'ai travaillé plus qu'eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.

Verset 11.
εἴτε οὖν ἐγὼ εἴτε ἐκεῖνοι, οὕτω κηρύσσομεν καὶ οὕτως ἐπιστεύσατε.
Ainsi donc, que ce soit moi, que ce soient eux, voilà ce que nous prêchons, et c'est ce que vous avez cru.
____________________________________________________________________

• 1Co 15,12; 16-20.

La foi en la résurrection du Christ et des morts est le fondement sûr de l'espérance chrétienne. Notre sort est indissociablement lié à celui du Seigneur Jésus.

Sur 1Co 15, 1-58 : Voir ci-dessus.

Traduction et remarques :

Verset 12.
Εἰ δὲ Χριστὸς κηρύσσεται ὅτι ἐκ νεκρῶν ἐγήγερται, πῶς λέγουσι τινες ἐν ὑμῖν ὅτι ἀνάστασις νεκρῶν οὐκ ἔστιν;
Or, si l'on prêche que Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu'il n'y a point de résurrection des morts?
ἀνάστασις νεκρῶν οὐκ ἔστιν - il n'y a point de résurrection des morts: Certains Corinthiens, influencés par la philosophie grecque (qui valorisait l'âme au détriment du corps), pensaient avoir déjà le Salut par la vie de l'Esprit; ne percevant pas l'importance du corps dans le plan de la rédemption divine, ils niaient la résurrection corporelle future, pensaient être déjà entrés en possession de la vie glorieuse à venir - et n'attendaient plus que l'abandon du corps lors de la mort. Voir 1Co 4,8.
Leur espoir était non de "revêtir" le corps de résurrection, mais de se "dévêtir" de leur corps physique et de devenir totalement "spirituels" (voir 2Co 5,4-5)

Argumentation du passage (versets 14-18):
"Si Christ n'est pas ressuscité",
1.la prédication chrétienne est vaine (v.14);
2.la foi chrétienne est une illusion (v.17) sans objet (v.14);
3.les morts sont définitivement perdus (v.18)

Verset 16.
᾿εἰ γὰρ νεκροὶ οὐκ ἐγείρονται, οὐδὲ Χριστὸς ἐγήγερται·
Car si les morts ne ressuscitent point, le Christ non plus n'est pas ressuscité. 

Verset 17.
εἰ δὲ Χριστὸς οὐκ ἐγήγερται, ματαία ἡ πίστις ὑμῶν· ἔτι ἐστὲ ἐν ταῖς ἁμαρτίαις ὑμῶν.
Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés,

Verset 18.
ἄρα καὶ οἱ κοιμηθέντες ἐν Χριστῷ ἀπώλοντο.
et par conséquent aussi ceux qui sont morts dans le Christ sont perdus. 

Verset 19.
εἰ ἐν τῇ ζωῇ ταύτῃ ἠλπικότες ἐσμὲν ἐν Χριστῷ μόνον, ἐλεεινότεροι πάντων ἀνθρώπων ἐσμέν.
Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.
 
Verset 20.
Νυνὶ δὲ Χριστὸς ἐγήγερται ἐκ νεκρῶν, ἀπαρχὴ τῶν κεκοιμημένων ἐγένετο.
Mais maintenant, le Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts.
ἀπαρχὴ - les prémices: Les "prémices" sont les premiers fruits de la moisson, que l'on offrait au Seigneur (en particulier lors de la fête de Chavouot), mais aussi le premier-né (dans les troupeaux), et le fils aîné que l'on "rachetait" à YHWH (voir page sur la Présentation de Jésus au Temple); le Christ, comme les "prémices", annonce et garantit la moisson à venir.
____________________________________________________________________

• 1Co 15,20-28

Chacun à son rang, tous revivront parce que le Christ, chef de l'humanité nouvelle, et ressuscité d'entre les morts, a ouvert la route de la vie qui ne finit pas. Ce qui est aujourd'hui objet de foi et d'espérance apparaîtra un jour en pleine lumière.

Sur 1Co 15, 1-58 : Voir plus haut.

Traduction et remarques :

Verset 20. Voir ci-dessus.

Versets 21-22.
ἐπειδὴ γὰρ δι᾿ ἀνθρώπου ὁ θάνατος, καὶ δι᾿ ἀνθρώπου ἀνάστασις νεκρῶν. 
Car, puisque la mort est venue par un homme, c'est aussi par un homme qu'est venue la résurrection des morts.
ὥσπερ γὰρ ἐν τῷ ᾿Αδὰμ πάντες ἀποθνῄσκουσιν, οὕτω καὶ ἐν τῷ Χριστῷ πάντες ζῳοποιηθήσονται.
Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront dans le Christ,
Voir Rm 5,14-19; 1Co 1,30; 15,45.
Adam est le "type" de Jésus: tous deux sont des chefs d'alliance (Os 6,7; Mt 26,28); leurs vies et leurs actes ont donc eu des conséquences pour tous ceux qui dépendaient d'eux.
Mais tout en comparant Adam et le Christ, Paul s'arrête surtout sur les différences qui les opposent:
- la faute d'Adam et son résultat, la mort / l'œuvre du Christ et son résultat, la grâce abondante;
- la condamnation de la faute / l'acquittement qu'apporte la grâce;
- la mort découlant de la condamnation / la vie résultant de la justification.
L'expression "ἐν [τῷ ] Χριστῷ ᾿[Ιησου]͂" apparaît 73 fois dans les épîtres pauliniennes (dans le reste du NT: seulement 3 fois dans 1P). Elle s'accompagne selon le contexte de diverses connotations, mais elle a été comprise, fondamentalement, de deux façons:
- d'une manière "mystique" (= l'union ou la communion au Christ);
- d'une manière "juridique" (= l'union au Christ, en tant qu'il est notre représentant devant Dieu.
La plupart des textes favorisent plutôt la seconde interprétation, en particulier ici le parallèle établi entre la situation des hommes "en Adam" et "dans le Christ".

Versets 23-24.
ἕκαστος δὲ ἐν τῷ ἰδίῳ τάγματι· ἀπαρχὴ Χριστός, ἔπειτα οἱ Χριστοῦ ἐν τῇ παρουσίᾳ αὐτοῦ·
mais chacun en son rang. Le Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent au Christ, lors de son avènement.
εἶτα τὸ τέλος, ὅταν παραδῷ τὴν βασιλείαν τῷ Θεῷ καὶ Πατρί, ὅταν καταργήσῃ πᾶσαν ἀρχὴν καὶ πᾶσαν ἐξουσίαν καὶ δύναμιν.
Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance.
πᾶσαν ἀρχὴν καὶ πᾶσαν ἐξουσίαν καὶ δύναμιν - toute domination, toute autorité et toute puissance: Voir Ep 1,21. Les croyants une fois ressuscités participeront au jugement des hommes (Mt 19,19) et des anges (1Co 6,3).

Verset 25.
δεῖ γὰρ αὐτὸν βασιλεύειν ἄχρις οὗ ἂν θῇ πάντας τοὺς ἐχθροὺς ὑπὸ τοὺς πόδας αὐτοῦ.
Car il faut qu'il règne, jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds.
• ἄχρις οὗ ἂν θῇ πάντας τοὺς ἐχθροὺς ὑπὸ τοὺς πόδας αὐτοῦ - jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds: Voir Ps 100,1:
נאם יהוה לאדני שׁב לימיני עד־אשׁית איביך הדם לרגליך׃
Oracle de YHWH à mon Seigneur:
Assieds-toi à ma droite,
Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.

Verset 26.
ἔσχατος ἐχθρὸς καταργεῖται ὁ θάνατος·
Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort.
ὁ θάνατος - c'est la mort: "La mort" personnifiée (comp. 15,54-55) est présentée comme "le dernier ennemi" que le Christ doit vaincre; or la victoire est assurée.
La mort n'est pas une amie qui permet d'être délivré de son corps pour entrer dans la plénitude de la vie, comme certains Corinthiens le pensaient (voir plus haut, v.12 et note).

Verset 27.
πάντα γὰρ ὑπέταξεν ὑπὸ τοὺς πόδας αὐτοῦ. ὅταν δὲ εἴπῃ ὅτι πάντα ὑποτέτακται, δῆλον ὅτι ἐκτὸς τοῦ ὑποτάξαντος αὐτῷ τὰ πάντα.
Car <Dieu> a assujetti toutes choses sous ses pieds". Or, quand il dit que toutes choses sont assujettis, il est évident que c'est à l'exclusion de celui qui qui lui a assujetti toutes choses.
πάντα [...] ὑπὸ τοὺς πόδας αὐτοῦ - toutes choses sous ses pieds: Voir Ps 8,7:
תמשׁילהו במעשׂי ידיך כל שׁתה תחת־רגליו׃
Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains,
Tu as tout mis sous ses pieds.

Verset 28.
ὅταν δὲ ὑποταγῇ αὐτῷ τὰ πάντα, τότε καὶ αὐτὸς ὁ υἱὸς ὑποταγήσεται τῷ ὑποτάξαντι αὐτῷ τὰ πάντα, ἵνα ᾖ ὁ Θεὸς τὰ πάντα ἐν πᾶσιν.
Mais quand toutes choses lui auront été assujetties, alors le Fils aussi lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous.
ἵνα ᾖ ὁ Θεὸς τὰ πάντα ἐν πᾶσιν - afin que Dieu soit tout en tous: À cause de l'œuvre de médiation du Fils entre Dieu et les hommes (Rm 8,34; 1Tm 2,5), il existe comme un déséquilibre dans la manière dont se révèle le "Dieu" trinitaire, "le Fils" ayant été, pour ainsi dire, mis en avant ("toutes choses" lui ont été assujetties par la volonté divine).
Lors de l'accomplissement de "toutes choses", l'ordre divin sera comme rétabli, "le Fils" - dans l'égalité de la divinité - se placera sous l'autorité ("sera assujetti") du Père; ainsi "Dieu", dans la totalité de ce qu'il est - Père, Fils et Esprit - sera "tout en tous".    

_____________________________________________________________________

2Co: à cette page



Assistant de création de site fourni par  Vistaprint