Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Les Dimanches de Pâques
(Années A)
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Deuxième Dimanche

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Troisième Dimanche


Introduction


Les fidèles de l'Eucharistie dominicale savaient l'importance centrale de la résurrection du Christ dans l'histoire du salut et dans la foi; alors, pourquoi le répéter avec une telle insistance pendant sept semaines?

La foi, spécialement la foi en la résurrection du Christ, n'est pas une certitude dont on peut dire: "Affaire entendue, inutile d'y revenir".


L'expérience des disciples d'Emmaüs le rappelle. Ils avaient reconnu en Jésus de Nazareth "un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple"; ils avaient mis en lui toutes leurs espérances, ils avaient entendu le témoignage des femmes de leur groupe "allées au tombeau de très bonne heure", et celui des autres sur la "disparition" du corps de Jésus. Mais lui, ils ne l'avaient pas vu...
Ils s'en retournent donc chez eux, accablés de tristesse, quand un homme les rejoint sur la route. Ils lui confient la raison de leur mine défaite.
Et voilà que l'étranger évoque longuement les paroles des Écritures qui annonçaient les souffrances du Messie.Ils écoutent en silence, sans l'interrompre, et le retiennent pour partager leur repas. Le ton de sa voix, sa manière de parler de leur lenteur à croire ne les a pas frappés. Mais lorsque l'inconnu fait les gestes familiers de la bénédiction et de la fraction du pain, leurs yeux s'ouvrent, et ils reconnaissent le Seigneur.


Pedro Orrente (1580 env. - 1664) - Le repas d'Emmaüs(détail) - vers 1620 -> Szépmûvészeti Múzeum, Budapest


Trop tard? Non, car s'il disparaît à leurs yeux, sa présence invisible rend soudain "leurs cœurs tout brûlants".
En toute hâte ils retournent à Jérusalem, partager avec les autres la joie de savoir vivant celui qui était mort.


Comment ne pas voir dans cet admirable page d'Évangile une parabole de l'itinéraire de la foi pascale?
Les passages obscurs alternent avec des zones de clarté parfois fulgurante et inattendue, toujours fugitive.

Aux pires moments, le Seigneur est là, tout proche, qui nous parle dans les Écritures auxquelles il faut sans cesse recourir pour comprendre ce qui est arrivé, ce qui nous arrive.

Nos frères et nos sœurs, avec leur propre expérience de foi - semblable à la nôtre ou mieux assurée - sont là aussi.

Des haltes liturgiques nous sont enfin ménagées, où Dieu nous accueille tels que nous sommes, avec notre foi hésitante. Il nous fait signe et nous encourage à dire - dimanche après dimanche, avec une conviction renouvelée - "C'est vrai! le Seigneur est ressuscité!"



Les Textes

Première Lecture: Ac 2,14;22b-33
Deuxième Lecture: 1P 1,17-21
Évangile: Lc 24,13-35
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Quatrième dimanche



Introduction

(Voir d'abord cette page)

Jésus a parlé de lui-même en recourant successivement à deux images :
- celle du berger,
- celle de la porte de la bergerie.
Il faut les prendre l'une après l'autre, puis les faire jouer entre elles pour en saisir la complémentarité.
 
Envoyé dans le monde par Celui à qui tout appartient, le fils de Dieu a partagé pleinement la condition des hommes. Il a parlé leur langage et les appelle à le suivre. Il prend un soin jaloux de chacun des siens pour les conduire sur le chemin de la vie. Il connaît mieux qu’eux-mêmes leurs véritables besoins.
 
Ce « Berger » incomparable se désigne aussi comme la « Porte des brebis ». Il a certes fait connaître la voie qui conduit aux pâturages plantureux. Il a même confié à certains, établis intendants de tous ses biens, la clef de son domaine. Mais il est, lui seul et personnellement, « le Chemin, la Vérité et la Vie ».
 
Fresques et mosaïques anciennes, sculptures et peintures de toutes les époques, ont souvent représenté le Bon Pasteur.
Une certaine imagerie « pieuse » en a fait un jeune homme doucereux, qui ne correspond vraiment pas à celui que dépeint la Bible. Quel que ce soit son âge, en effet, le berger biblique comme d'ailleurs ceux d'aujourd'hui, est un homme de plein vent, habitué à parcourir de grandes étendues, à gravir des pentes abruptes à la tête de son troupeau ou à la recherche de la brebis perdue, un homme dont le rude travail n'est pas un jeu. Jésus, le Bon Pasteur, a pris sur lui le péché du monde. « Accablé de souffrances », il nous a guéris « par ses blessures » : il a livré sa propre vie pour que nous l’ayons « en abondance ».
 
Les images du troupeau et des brebis ne suggèrent en aucune façon des disciples au comportement grégaire, au contraire. Les chrétiens sont appelés à suivre librement leur Berger et, s’ils ont à surmonter des épreuves semblables aux siennes, à « mourir au péché », c'est « pour vivre dans la justice », et recevoir le don de l'Esprit.
 
Telle est la foi que l'Église, tout au long du Temps pascal, nous presse de renouveler. « Celui qui a été crucifié, Dieu a fait de lui le Seigneur et le Christ ». Il est auprès du Père, où conduit l'itinéraire pascal de notre existence.

Les Textes

Première Lecture: Ac 2,14a;36-41
Psaume: Ps 22
Deuxième Lecture: 1P 2,20b-25
Évangile: Jn 10,1-10

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Sixième dimanche



Introduction


Bien que désormais invisible, Jésus est au milieu des siens, d'une présence dont la condition humaine ne limite plus le rayonnement, et que prolonge "un autre Défenseur", "l'Esprit de vérité". C'est une relation forte comme l'amour divin que le Seigneur ressuscité offre à ceux qui, dans la foi,  reconnaissent en lui le Vivant qui donne la vie. Dès lors, la fidélité aux commandements n'a rien de servile: elle exprime et authentifie le profond attachement des disciples à leur Seigneur, modèle d'obéissance à l'égard de Celui qui l'a envoyé, et qui accueille comme ses propres fils les disciples du Bien-Aimé. Telle est la religion chrétienne, aussi éloignée
- du moralisme que du formalisme,
- de l'adhésion purement intellectuelle ou sentimentale que d'un quelconque conformisme extérieur,
- de l'évasion hors de ce monde que d'une vague religiosité sans contenu objectif.

Les commandements de Dieu ne sont ni des lois au sens juridique du terme, ni des préceptes de bonne conduite.
Ils balisent la route de "la vie droite" révélée par le Christ. S'y engager et s'y tenir expose certes à des calomnies et des souffrances, qui n'ont pas été épargnées au Saint livré à la mort pour introduire devant Dieu les coupables et les pécheurs.

Il faut être toujours prêts à rendre compte de l'espérance qui nous habite, mais "avec douceur et respect". Cet humble témoignage aura plus de force que bien des discours et qu'une apologie agressive. Ce que saint Pierre a écrit dans sa Première lettre reste d'actualité, aujourd'hui surtout, où rien n'échappe à la tentation d'une publicité tapageuse et accrocheuse, aux slogans qui anesthésient la réflexion paisible.

Les persécutions peuvent même devenir des occasions de progrès pour l'évangélisation. Elles ont obligé des frères de la communauté primitive de Jérusalem à se disperser, ce qui les amena à porter l'Évangile hors de Judée.

La parole de Dieu et la liturgie concentrent leurs rayons convergents sur ce qui se passe ici et maintenant.
Mais en même temps, elles tournent nos regards vers ce qu'il nous incombe de faire pour que le Message pascal parvienne au-delà de nos horizons familiers.      

 


Les Textes

Première Lecture: Ac 8,5-8;14-17
Deuxième Lecture: 1P 3,15-18
Évangile: Jn 14,15-21

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