Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Les Livres
deutéro-canoniques (2)

(Sepharim Hisoniîm)




1. Tobie
2. Judith
3. Premier & second Livres des Maccabées
4. Sagesse

Ci-dessous:
5. Ben Sirach ou Ecclésiastique
6. Baruch et Lettre de Jérémie
7. Esther (grec)
8. Daniel (grec)
__________________________________________________________________________
__________________________________________________________________________



5. Le Livre de Ben Sirakh':

"Le SIRACIDE" ou "L'Ecclésiastique"


    L’auteur de ce livre, Iéshoua‘ bèn Sira, a mis ses réflexions par écrit à Jérusalem peu après que les Séleucides eurent étendu leur domination jusqu’à la Judée, vers 180 avant l’ère chrétienne. Il rédigea son œuvre en hébreu, bien qu’à cette époque on se servît habituellement de l’araméen. Son texte fut traduit en grec, peu après, par son petit-fils, et une partie seulement (­ les deux-tiers environ) ­ de l’original hébreu ne fut retrouvée qu’à la fin du siècle dernier, dans une synagogue du Caire, et, plus récemment encore, parmi les manuscrits dits de la mer Morte.
    Le livre de Ben Sira, appelé couramment Ecclésiastique et, plus récemment Siracide, fait partie des écrits sapientiaux. Son genre littéraire ressemble à celui des Proverbes, de Qohèlèt et de la Sagesse de Salomon. On y trouve aussi bien des traits qui le rapprochent des Psaumes et du livre de Job. Les 42 premiers chapitres forment une longue série de sentences. Viennent ensuite des hymnes à la gloire du Seigneur*, révélée d’abord dans la nature, puis dans l’histoire d’Israël. Le livre contient également un éloge de la sagesse et de nombreux conseils pratiques, tant pour les individus que pour les groupes sociaux.
    Au problème du mal, Bèn Sira ne répond, d’abord, qu’en parlant d’une rétribution en ce monde, punition ou récompense selon les cas. Aucune allusion n’est faite à une rétribution quelconque après la mort. Mais il trouve une autre explication dans l’idée d’épreuve purificatrice. Les justes qui sortent victorieux des combats de l’existence, ceux dont la foi a résisté à d’épouvantables souffrances, voilà des héros qui n’auraient jamais atteint un tel degré de dilection divine s’ils n’avaient connu qu’une vie confortable et sans histoire. Cette argumentation, qui remonte au récit du sacrifice d’Isaac par Abraham, a connu une fortune considérable dans la littérature juive des origines à nos jours. Elle a également influencé la philosophie du christianisme et celle de l’islam.
-------
* L'auteur utilise presque systématiquement le nom "κύριος" - qui dans la LXX "traduit" le tétragramme divin יהוה, en fait son qéré אֲדֹנָי (voir plus bas, note sur 3,2 ).
__________________________________________________________________________

• Si 3,2-6;12-14

"Honorer" son père et sa mère devrait aller de soi...
Dieu en a fait pourtant un devoir religieux, inscrit dans le Décalogue.
L'"honneur" qu'on leur rend remonte jusqu'à Dieu, qui leur a donné le pouvoir et la responsabilité de transmettre la vie dont il est la source.

Remarques:
Je donne également le v.1, qui introduit la section 3,1-16 traitant tout entière des devoirs envers les parents.

Verset 1.
ἐμοῦ τοῦ πατρὸς ἀκούσατε τέκνα καὶ οὕτως ποιήσατε ἵνα σωθῆτε
Enfants, écoutez-moi, je suis votre père, faites ce que je vous dis, afin d'être sauvés.

Verset 2.
ὁ γὰρ κύριος ἐδόξασεν πατέρα ἐπὶ τέκνοις καὶ κρίσιν μητρὸς ἐστερέωσεν ἐφ' υἱοῖς
Car le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il fortifie le droit de la mère sur ses fils.
ὁ [...] κύριος - le Seigneur:Rappel: ce terme est la traduction grecque du qéré אֲדֹנָי  Adonaï   – "Seigneur") dutétragramme divin יהוה YHWH, révélé à Moïse, et que - depuis l'Exil - l’on ne doit pas prononcer (c'est donc un kétiv).

Voir Dt 5,16:
כבד את־אביך ואת־אמך כאשר צוך יהוה אלהיך למען ׀ יאריכן ימיך ולמען ייטב לך על האדמה אשר־יהוה אלהיך נתן לך׃
Honore ton père et ta mère, comme te l'a commandé YHWH ton Dieu, afin que se prolongent tes jours et que tu sois heureux sur la terre que YHWH ton Dieu te donne.

Verset 3.
ὁ τιμῶν πατέρα ἐξιλάσκεται ἁμαρτίας
Celui qui honore son père expie ses fautes,

Verset 4.
καὶ ὡς ὁ ἀποθησαυρίζων ὁ δοξάζων μητέρα αὐτοῦ
et il est comme quelqu'un qui amasse un trésor, celui qui glorifie sa mère.

Verset 5.
ὁ τιμῶν πατέρα εὐφρανθήσεται ὑπὸ τέκνων καὶ ἐν ἡμέρᾳ προσευχῆς αὐτοῦ εἰσακουσθήσεται
Celui qui honore son père trouvera de la joie dans ses enfants; au jour de sa prière il sera exaucé.

Verset 6.
ὁ δοξάζων πατέρα μακροημερεύσει καὶ ὁ εἰσακούων κυρίου ἀναπαύσει μητέρα αὐτοῦ
Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne satisfaction à sa mère.

Verset 12.
τέκνον ἀντιλαβοῦ ἐν γήρᾳ πατρός σου καὶ μὴ λυπήσῃς αὐτὸν ἐν τῇ ζωῇ αὐτοῦ
Mon fils, viens en aide à ton père dans sa vieillesse, ne lui fais pas de peine pendant sa vie.

Verset 13.
κἂν ἀπολείπῃ σύνεσιν συγγνώμην ἔχε καὶ μὴ ἀτιμάσῃς αὐτὸν ἐν πάσῃ ἰσχύι σου
Même si son esprit faiblit, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force.

Verset 14.
ἐλεημοσύνη γὰρ πατρὸς οὐκ ἐπιλησθήσεται καὶ ἀντὶ ἁμαρτιῶν προσανοικοδομηθήσεταί σοι
Car une charité faite à un père ne sera pas oubliée, et, pour tes péchés, elle te vaudra réparation.

Verset 15.
ἐν ἡμέρᾳ θλίψεώς σου ἀναμνησθήσεταί σου ὡς εὐδία ἐπὶ παγετῷ οὕτως ἀναλυθήσονταί σου αἱ ἁμαρτίαι
Au jour de ton épreuve Dieu se souviendra de toi: comme glace au soleil, s'évanouiront tes péchés.

Verset 16.
ὡς βλάσφημος ὁ ἐγκαταλιπὼν πατέρα καὶ κεκατηραμένος ὑπὸ κυρίου ὁ παροργίζων μητέρα αὐτοῦ
Tel un blasphémateur, celui qui délaisse son père; et un maudit du Seigneur, celui qui fait de la peine à sa mère.
__________________________________________________________________________

• Si 3,17-18;20;28-29.

Maximes d'un maître de sagesse d'autant plus vénéré et digne d'être écouté qu'il parle comme un père à son fils. 

Traduction et remarques:

Verset 17. 
τέκνον ἐν πραΰτητι τὰ ἔργα σου διέξαγε καὶ ὑπὸ ἀνθρώπου δεκτοῦ ἀγαπηθήσῃ
Mon fils, conduis tes affaires avec douceur, et tu seras plus aimé qu'un homme munificent.
• δεκτοῦmunificent: Ce terme français rend l'hébreu: "donneur de cadeaux"; le grec dit "agréable".

Verset 18. 
ὅσῳ μέγας εἶ, τοσούτῳ ταπείνου σεαυτόν, καὶ ἔναντι κυρίου εὑρήσεις χάριν·
Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser pour trouver grâce devant le Seigneur.

Verset 20. 
ὅτι μεγάλη ἡ δυναστεία τοῦ κυρίου καὶ ὑπὸ τῶν ταπεινῶν δοξάζεται.
car grande est la puissance du Seigneur, mais il est honoré par les humbles.
Le texte grec souligne la bienveillance de Dieu qui se met à la portée des plus humbles.
Mais le texte hébreu: "car grande est la miséricorde de YHWH, aux humbles il dévoile ses secrets" exprime une idée plus fréquente dans le PT: Dieu comble de grâce celui qui s'humilie (voir par ex. Pr 3,34; Ps 25,14).

Versets 28-29. 
ἐπαγωγῇ ὑπερηφάνου οὐκ ἔστιν ἴασις· φυτὸν γὰρ πονηρίας ἐρρίζωκεν ἐν αὐτῷ.
Au mal de l'orgueilleux il n'est pas de guérison, car la méchanceté est enracinée en lui.
καρδία συνετοῦ διανοηθήσεται παραβολήν, καὶ οὖς ἀκροατοῦ ἐπιθυμία σοφοῦ.
L'homme prudent médite en son cœur les paraboles; une oreille qui l'écoute, c'est le rêve du sage.
__________________________________________________________________________

• Si 15,15-20

En raison des limites - de son intelligence - de sa capacité de discernement,l'homme est souvent perplexe à l'heure des choix, incapable de distinguer immédiatement et à coup sûr le bien du mal.Mais la Loi de Dieu vient à son aide. Ainsi éclairé par la Sagesse divine, l'homme est en mesure de faire librement les bons choix.

Remarques:

Sur Ben Sirakh', sur son Livre dit le "Siracide" ou l' "Ecclésiastique": voir plus haut.

Sur ce passage (théologie):
Ben Sirakh' le Sage propose ici une réflexion sur la liberté de l'homme; elle tient en trois points:
1. le mal est extérieur à l'homme;
2. l'homme est libre de choisir de faire le mal ou le bien;
3. choisir le bien, c'est aussi choisir le bonheur, la vie (voir à cette page).
1- Le mal est extérieur à l'homme. Cela revient à dire que le mal ne fait pas partie de notre nature, ce qui est très important; car si le mal faisait partie de notre nature,
nous ne pourrions jamais nous en débarrasser (c'était la conception des Babyloniens par exemple), il n'y aurait aucun espoir de salut; au contraire la TaNaKh est beaucoup plus optimiste, puisqu'elle affirme que le mal est extérieur à l'homme: Dieu n'a pas fait le mal et ce n'est pas lui qui nous y pousse. Il n'est donc pas responsable du mal que nous commettons; c'est le sens du dernier verset de ce passage: « Dieu n'a commandé à personne d'être impie, il n'a permis à personne de pécher ». Et quelques versets avant ceux-ci, Ben Sirakh' écrit : « Ne dis pas: 'c'est à cause d'YHWH que je me suis écarté'... Ne dis pas: 'YHWH m'a égaré' ».
• Si Dieu avait fait d'Adam un être mélangé, en partie bon en partie mauvais, comme l'imaginaient les Babyloniens, le mal ferait partie de notre nature. Mais Dieu n'est qu'amour, et le mal lui est totalement étranger: le récit de la chute d'Adam et Ève, au livre de la Gn, a été écrit justement pour faire comprendre que le mal est extérieur à l'homme puisqu'il est introduit par le serpent; et il se répand dans le monde à partir du moment où l'homme a commencé à se défier de Dieu.
• On retrouve la même affirmation dans la lettre de saint Jacques : « Que nul, quand il est tenté, ne dise 'Ma tentation vient de Dieu'. Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et il ne tente personne. » Autrement dit, le mal est totalement étranger à Dieu, il ne peut pousser à le commettre. Et saint Jacques continue: « Chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l'entraîne et le séduit. » (Jc 1, 13-17).
2-  L'homme est libre de choisir le mal ou le bien: cette certitude n'a été acquise que lentement par le peuple d'Israël, grâce à son expérience historique (à commencer par la libération d'Egypte: puisque YHWH est alors libérateur, ce qui est vrai à ce moment-là l'était déjà lors de la création), même si, d'emblée, la TaNaKh était formelle: YHWH a créé l'homme libre.
• Il faut donc que l'homme apprenne à concilier ces deux certitudes bibliques:
- Dieu est tout-puissant
- et pourtant, face à lui, l'homme est libre. Et c'est parce que l'homme est libre de choisir qu'on peut parler de "péché", de "faute".
- Pour guider l'homme dans ses choix, Dieu lui a donné sa תּורה Tôrâh, sa Loi; cela devrait donc être simple. Et le livre du Dt insiste : « Oui, ce commandement que je te donne aujourd'hui n'est pas trop difficile pour toi, il n'est pas hors d'atteinte. Il n'est pas au ciel : on dirait alors 'Qui va, pour nous, monter au ciel nous le chercher, et nous le faire entendre pour que nous le mettions en pratique ?' Il n'est pas non plus au-delà des mers ; on dirait alors : 'Qui va, pour nous, passer outre-mer nous le chercher, et nous le faire entendre pour que nous le mettions en pratique ?' Oui, la parole est toute proche de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, pour que tu la mettes en pratique. » (Dt 30, 11-14).
3- Choisir le bien, c'est choisir le bonheur, la vie: « La vie et la mort sont proposées aux hommes, l'une ou l'autre leur est donnée selon leur choix [...] Le Seigneur a mis devant toi l'eau et le feu, étends la main vers ce que tu préfères ».
Pour le dire autrement, c'est dans la fidélité à Dieu que l'homme trouve le vrai bonheur. S'éloigner de lui, c'est, tôt ou tard, faire son propre malheur. On dit souvent dans la TaNaKh, de manière imagée, que l'homme se trouve en permanence à un carrefour: deux voies s'ouvrent devant lui (vv.16;17).
Une voie mène à la lumière, à la joie, à la vie; bienheureux, "אשׁר 'esher" (voir note sur Mt 5,1 à cette page) celui qui l'emprunte.
L'autre est une voie de nuit, de ténèbres qui, en définitive, n'apporte que tristesse et mort. Bien malheureux sont ceux qui s'y fourvoient.
Là encore on ne peut pas s'empêcher de penser au récit de la chute d'Adam et Ève: leur mauvais choix les a entraînés sur la mauvaise voie. 

- Sur ce thème des deux voies, voir en particulier à cette page: "Tous sont appelés à choisir et à façonner eux-mêmes leur vie, leur destinée: par l'exercice de la צדקה - la justice, on trouve le bonheur et la vie; par l'injustice, le malheur et la mort:
ראה נתתי לפניך היום את־החייםואת־הטוב ואת־המות ואת־הרע׃"
 בחרת בחיים למען תחיה אתה וזרעך׃
Regarde, j'ai mis aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, et la mort et le malheur [...] Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité." (Dt 30,15;19b)".


Sur ce passage (forme):
- On verra que la Vulgate (Vulgata Clementina et Nova Vulgata), s'appuyant sans doute sur la première version (hébraïque) du texte, ne donne pas systématiquement le même texte que la LXX grecque.
Dans tout ce passage d'ailleurs la numérotation des vv. est décalée entre les deux traductions; le v.20 n'existe pas dans la Vulgate, et à partir du v. suivant (16,1), LXX et Vulgate sont à nouveau cohérentes.
Rappel:
La locution "ὁ κύριος - le Seigneur" (v.18) est la traduction grecque du qéré אדני (lu:אֲדֹנָיAdonaï – "Seigneur") du tétragramme divin יהוה YHWH, révélé à Moïse, et que - depuis l'Exil - l’on ne doit plus prononcer (c'est donc un kétiv).
En revanche, on notera que la Vulgate emploie le mot "Deus - Dieu" (vv.18;19).

Traduction et notes:

Verset 15.
LXX:
ἐὰν θέλῃς, συντηρήσεις ἐντολὰς καὶ πίστιν ποιῆσαι εὐδοκίας.

Verset 16.
LXX:παρέθηκέν σοι πῦρ καὶ ὕδωρ· οὗ ἐὰν θέλῃς, ἐκτενεῖς τὴν χεῖρά σου.
Il a posé pour toi le feu et l'eau; vers celui que tu veux, tends ta main.
Vulgate
(v.17):adposuit tibi aquam et ignem ad quod voles porrige manum tuam
Il a posé pour toi l'eau et le feu,
vers celui que tu veux, tends ta main.

Verset 17.
LXX:ἔναντι ἀνθρώπων ἡ ζωὴ καὶ ὁ θάνατος, καὶ ὃ ἐὰν εὐδοκήσῃ, δοθήσεται αὐτῷ.
Vulgate (v.18):ante hominem vita et mors bonum et malum quod placuerit ei dabitur illi
Devant l'homme <sont> la vie et la mort, le bien et le mal, et ce qui lui aura plu lui sera donné par Lui.


Verset 18.
LXX:ὅτι πολλὴ ἡ σοφία τοῦ κυρίου· ἰσχυρὸς ἐν δυναστείᾳ καὶ βλέπων τὰ πάντα,
Vulgate (v.19):quoniam multa sapientia Dei et fortis in potentia videns omnes sine intermissione
Puisque grande <est> la sagesse de Dieu et <Il est> fort en puissance voyant toutes choses sans cesse.

Verset 19.
LXX:καὶ οἱ ὀφθαλμοὶ αὐτοῦ ἐπὶ τοὺς φοβουμένους αὐτόν, καὶ αὐτὸς ἐπιγνώσεται πᾶν ἔργον ἀνθρώπου.
Vulgate (v.20) :oculi Dei ad timentes eum et ipse agnoscit omnem operam hominis
Les yeux de Dieu <sont> en direction de ceux qui Le craignent, et Lui-même connaît toute l'œuvre de l'homme.
τοὺς φοβουμένους αὐτόν /timentes eum -ceux qui Le craignent:Sur la "crainte de Dieu", voir ici.

Verset 20.
̓LXX:οὐκ ἐνετείλατο οὐδενὶ ἀσεβεῖν καὶ οὐκ ἔδωκεν ἄνεσιν οὐδενὶ ἁμαρτάνειν.
Il n'a ordonné à personne <d'être> impie et il n'a donné à personne l'autorisation de pécher.

________________________________________________________________


• Si 27,30-28,7

Impossible de se réclamer de l’Éternel et de l'Alliance, d'obtenir le pardon de ses péchés, quand soi-même on ne pardonne pas aux autres.


Remarques:

Sur les Livres deutéro-canoniques: voir à cette page.

Sur le Livre du Siracide (=fils de Sirakh): voir plus haut.


Traduction:

CHAP. 27.
Verset 30.

Μῆνις καὶ ὀργή, καὶ ταῦτά ἐστιν βδελύγματα, καὶ ἀνὴρ ἁμαρτωλὸς ἐγκρατὴς ἔσται αὐτῶν.
Rancune et colère, voilà encore des choses abominables qui sont le fait du pécheur.

CHAP. 28.
Verset 1.

ὁ ἐκδικῶν παρὰ κυρίου εὑρήσει ἐκδίκησιν, καὶ τὰς ἁμαρτίας αὐτοῦ διατηρῶν διατηρήσει.
Celui qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur qui tient un compte rigoureux des péchés.
Comp. Pr 24,29:
אל־תאמר כאשׁר עשׂה־לי כן אעשׂה־לו אשׁיב לאישׁ כפעלו׃
Ne dis pas: Comme il m'a fait, je lui ferai; je rendrai à l'homme selon son œuvre. 

Verset 2.

ἄφες ἀδίκημα τῷ πλησίον σου, καὶ τότε δεηθέντος σου αἱ ἁμαρτίαι σου λυθήσονται.
Pardonne à ton prochain ses torts, alors, à ta prière, tes péchés te seront remis.
Comp. Mt 5,23-24;6,12;14-15.

Verset 3.

ἄνθρωπος ἀνθρώπῳ συντηρεῖ ὀργήν, καὶ παρὰ κυρίου ζητεῖ ἴασιν;
Si un homme nourrit de la colère contre un autre, comment peut-il demander à Dieu la guérison?

Verset 4.
ἐπ᾿ ἄνθρωπον ὅμοιον αὐτῷ οὐκ ἔχει ἔλεος, καὶ περὶ τῶν ἁμαρτιῶν αὐτοῦ δεῖται;
Pour un homme, son semblable, il est sans compassion, et il prierait pour ses propres fautes!
Comp. Mt 18,23-25.

Verset 5.
αὐτὸς σὰρξ ὢν διατηρεῖ μῆνιν, τίς ἐξιλάσεται τὰς ἁμαρτίας αὐτοῦ;
Lui, qui n'est que chair, garde rancune: qui lui pardonnera ses péchés?

Verset 6.
μνήσθητι τὰ ἔσχατα καὶ παῦσαι ἐχθραίνων, καταφθορὰν καὶ θάνατον, καὶ ἔμμενε ἐντολαῖς. 
Souviens-toi de la fin et cesse de haïr; <souviens-toi> de la corruption et de la mort, et sois fidèle aux commandements.
Comp. Si 7,36;38,20.

Verset 7.
μνήσθητι ἐντολῶν καὶ μὴ μηνίσῃς τῷ πλησίον, καὶ διαθήκην ὑψίστου καὶ πάριδε ἄγνοιαν.
Souviens-toi des commandements et ne garde pas rancune au prochain; <souviens-toi> de l'alliance du Très-Haut, et passe par-dessus l'offense.
Comp. Ex 23,4-5; Lv 19,17-18.

_____________________________________________________________________________________

• Si 27,30-28,7

Impossible de se réclamer de l’Éternel et de l'Alliance, d'obtenir le pardon de ses péchés, quand soi-même on ne pardonne pas aux autres.


Remarques:

Sur les Livres deutéro-canoniques: voir à cette page.
Sur le Livre du Siracide (=fils de Sirakh): voir à cette page.

Traduction:

CHAP. 27.
Verset 30.
Μῆνις καὶ ὀργή, καὶ ταῦτά ἐστιν βδελύγματα, καὶ ἀνὴρ ἁμαρτωλὸς ἐγκρατὴς ἔσται αὐτῶν.
Rancune et colère, voilà encore des choses abominables qui sont le fait du pécheur.

CHAP. 28.
Verset 1.
ὁ ἐκδικῶν παρὰ κυρίου εὑρήσει ἐκδίκησιν, καὶ τὰς ἁμαρτίας αὐτοῦ διατηρῶν διατηρήσει.
Celui qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur qui tient un compte rigoureux des péchés.
Comp. Pr 24,29:
אל־תאמר כאשׁר עשׂה־לי כן אעשׂה־לו אשׁיב לאישׁ כפעלו׃
Ne dis pas: Comme il m'a fait, je lui ferai; je rendrai à l'homme selon son œuvre.

Verset 2.
ἄφες ἀδίκημα τῷ πλησίον σου, καὶ τότε δεηθέντος σου αἱ ἁμαρτίαι σου λυθήσονται.
Pardonne à ton prochain ses torts, alors, à ta prière, tes péchés te seront remis.
Comp. Mt 5,23-24;6,12;14-15.

Verset 3.
ἄνθρωπος ἀνθρώπῳ συντηρεῖ ὀργήν, καὶ παρὰ κυρίου ζητεῖ ἴασιν;
Si un homme nourrit de la colère contre un autre, comment peut-il demander à Dieu la guérison?

Verset 4.
ἐπ᾿ ἄνθρωπον ὅμοιον αὐτῷ οὐκ ἔχει ἔλεος, καὶ περὶ τῶν ἁμαρτιῶν αὐτοῦ δεῖται;
Pour un homme, son semblable, il est sans compassion, et il prierait pour ses propres fautes!
Comp. Mt 18,23-25.

Verset 5.
αὐτὸς σὰρξ ὢν διατηρεῖ μῆνιν, τίς ἐξιλάσεται τὰς ἁμαρτίας αὐτοῦ;
Lui, qui n'est que chair, garde rancune: qui lui pardonnera ses péchés?

Verset 6.
μνήσθητι τὰ ἔσχατα καὶ παῦσαι ἐχθραίνων, καταφθορὰν καὶ θάνατον, καὶ ἔμμενε ἐντολαῖς. 
Souviens-toi de la fin et cesse de haïr; <souviens-toi> de la corruption et de la mort, et sois fidèle aux commandements.
Comp. Si 7,36;38,20.

Verset 7.
μνήσθητι ἐντολῶν καὶ μὴ μηνίσῃς τῷ πλησίον, καὶ διαθήκην ὑψίστου καὶ πάριδε ἄγνοιαν.
Souviens-toi des commandements et ne garde pas rancune au prochain; <souviens-toi> de l'alliance du Très-Haut, et passe par-dessus l'offense.
Comp. Ex 23,4-5; Lv 19,17-18.

_____________________________________________________________________________________


• Si 35,12-14;16-18.

Des sentences, semblables à celles d'un catéchisme, sur la justice de Dieu, Défenseur des pauvres.  Mais la pauvreté n'est pas uniquement d'ordre matériel: tout homme est un pauvre devant Dieu, et doit le prier avec humilité.

Traduction et remarques:
Je donne ici la double numérotation des versets (car les numérotations du texte hébraïques et du texte grec - voir introduction générale au livre, plus haut - ne coïncident pas; celle des traductions françaises peut donc suivre l'une ou l'autre).
On verra également que la Vulgate (Vulgata Clementina et Nova Vulgata) ne donne pas tout le texte grec - et ajoute des fragments, sans doute issus de la première version (hébraïque) du texte. 
Je donne ici les versets 12/9 à 14/11; ainsi que les versets 18/15 et 19/Ø; car ils permettent de mieux suivre l'enchaînement des idées de l'auteur. 
Tout ce passage traite de la צדקה - la justice des hommes et de Dieu.  

Verset 12 (texte hébraïque-Vulgate)/ v.9 (texte grec- trad.liturgique).
9.δὸς ὑψίστῳ κατὰ τὴν δόσιν αὐτοῦ καὶ ἐν ἀγαθῷ ὀφθαλμῷ καθ' εὕρεμα χειρός
Donne au Très-Haut comme il t'a donné, avec générosité, selon tes moyens.
Vulgata Clementina:
12.Da Altissimo secundum datum ejus, et in bono oculo adinventionem facito manuum tuarum,
Nova Vulgata:
12.da Altissimo secundum datum eius et in bono oculo ad inventionem facito manuum tuarum,
• Ici l'hébreu ajoute en marge: "Celui-là prête à Dieu qui donne à un pauvre; qui le lui rendra sinon Lui?".

Verset 13/ v.10.
10.ὅτι κύριος ἀνταποδιδούς ἐστιν καὶ ἑπταπλάσια ἀνταποδώσει σοι.
Car le Seigneur paie de retour, il te rendra au septuple.
Vulgata Clementina -Nova Vulgata:13.quoniam Dominus retribuens est et septies tantum reddet tibi.

Verset 14 / v.11.
11.Μὴ δωροκόπει, οὐ γὰρ προσδέξεται, καὶ μὴ ἔπεχε θυσίᾳ ἀδίκῳ·
Ne le corromps pas par des présents, il les refuse, ne t'appuie pas sur un sacrifice injuste.
Vulgata Clementina: 14.Noli offerre munera prava, non enim suscipiet illa.
Et noli inspicere sacrificum injustum,
Nova Vulgata:14. Noli offerre munera prava, non enim suscipiet illa;
et noli confidere in sacrificio iniusto,

Verset 15/ v.12.
12.ὅτι κύριος κριτής ἐστιν, καὶ οὐκ ἔστιν παρ᾿ αὐτῷ δόξα προσώπου. 
Car le Seigneur est un juge, et la gloire n'est rien devant lui.
Vulgata Clementina: 15.quoniam Dominus judex est, et non est apud illum gloria personæ.
Nova Vulgata: 15.quoniam Dominus iudex est, et non est apud illum gloria personae.
puisque le Seigneur est juge, et devant lui la gloire d'un personnage n'existe pas.
Voir Dt 10,17; Jb 34,19; Pr 24,23sqq.

Verset 16 / v.13.
13.οὐ λήμψεται πρόσωπον ἐπὶ πτωχοῦ καὶ δέησιν ἠδικημένου εἰσακούσεται·
Il ne considèrera pas les personnes pour faire tort au pauvre, il écoutera l'appel de l'opprimé.
Vulgata Clementina:16.Non accipiet Dominus personam in pauperem, et deprecationem læsi exaudiet.
Nova Vulgata:16.Non accipiet Dominus personam in pauperem et deprecationem læsi exaudiet.

Verset 17 / v.14.
14.οὐ μὴ ὑπερίδῃ ἱκετείαν ὀρφανοῦ καὶ χήραν, ἐὰν ἐκχέῃ λαλιάν·
Il ne néglige pas la supplication de l'orphelin, ni de la veuve qui épanche ses plaintes.
Vulgata Clementina - Nova Vulgata:17.Non despiciet preces pupilli, nec viduam, si effundat loquelam gemitus.
On retrouve bien ici la notion du "pauvre de Dieu", leעני  /ταπεινος,(humble, voir v.21/17): l'orphelin, la veuve - c'est-à-dire ceux qui n'ont pas de "représentant" juridique, social, religieux; les étrangers font également partie de ces "pauvres" à protéger pour (r)établir la צדקהdivine parmi les hommes.

Verset 18 / v.15.
15.οὐχὶ δάκρυα χήρας ἐπὶ σιαγόνα καταβαίνει καὶ ἡ καταβόησις ἐπὶ τῷ καταγαγόντι αὐτά
Les larmes de la veuve ne coulent-elles pas sur ses joues et son cri n'accable-t-il pas celui qui les provoque?
Vulgata Clementina - Nova Vulgata:18a.Nonne lacrimæ viduæ ad maxillam descendunt,
et exclamatio ejus (eius) super deducentem eas ?
Les larmes de la veuve ne descendent-elles pas jusqu'à sa mâchoire,
et son cri sur celui qui les provoque?

Verset 19
Vulgata Clementina - Nova Vulgata:19.A maxilla enim ascendunt usque ad cælum,
et Dominus exauditor non delectabitur in illis.
En effet, de sa mâchoire, elles montent jusqu'au ciel, et le Seigneur, qui entend tout, ne se réjouit pas de celles-ci.

Verset 20 / v.16.
16.θεραπεύων ἐν εὐδοκίᾳ δεχθήσεται καὶ ἡ δέησις αὐτοῦ ἕως νεφελῶν συνάψει
Celui qui sert de tout son cœur est agréé, et son appel parvient jusqu'aux nuées.
Vulgata Clementina:20.Qui adorat Deum in oblectatione suscipietur, et deprecatio illius usque ad nubes propinquabit.
Nova Vulgata:20.Qui adorat Deum in beneplacito suscipietur, et deprecatio illius usque ad nubes propinquabit.
Celui qui adore Dieu sera agréé, et son appel parviendra jusqu'aux nuées.
Le participe "θεραπεύων" n'ayant pas de COd exprimé, ce dernier peut aussi bien être (toujours dans l'optique de la צדקה - (r)établissement sur terre par les hommes de la justice divine) "les pauvres de Dieu" que "Dieu" lui-même; en revanche, la Vulgate explicite le COd "Deum", et précise le verbe.

Verset 21 / vv.17-18.
17.προσευχὴ ταπεινοῦ νεφέλας διῆλθεν καὶ ἕως συνεγγίσῃ οὐ μὴ παρακληθῇ
La prière de l'humble pénètre les nuées; tant qu'elle n'est pas arrivée il ne se console pas.
18.καὶ οὐ μὴ ἀποστῇ ἕως ἐπισκέψηται ὁ ὕψιστος καὶ κρινεῖ δικαίοις καὶ ποιήσει κρίσιν
Il n'a de cesse que le Très-Haut n'ait jeté les yeux sur lui, qu'il n'ait fait droit aux justes et rétabli l'équité.
Vulgata Clementina:21.Oratio humiliantis se nubes penetrabit, et donec propinquet non consolabitur, et non discedet donec Altissimus aspiciat.
La prière de celui qui s'abaisse pénétrera les nuées, et
tant qu'il n'en approchera pas, il ne sera pas consolé; et il ne cessera pas, tant que le Très-Haut ne le verra pas.
Nova Vulgata:21.Oratio humilis nubes penetrabit et, donec propinquet, non consolabitur; et non discedet, donec Altissimus aspiciat, et iudex iustus faciat iudicium.
La prière du petit pénétrera les nuées, et, tant qu'il n'en approchera pas, il ne sera pas consolé; et il ne cessera pas, tant que le Très-Haut ne le verra pas, et que le juste juge ne lui fera pas justice.
On notera que si la Clementina évoque ceux qui s'humilient volontairement (emploi du participe présent, actif, "humilians"), la Nova, en utilisant l'adjectif "humilis", revient davantage à l'hébreu "עני".
Les "nuées" où Dieu habite; voir par ex. Ps 68,35; 104,3; etc

__________________________________________________________________________
__________________________________________________________________________


6. BARUCH


Baroukh bèn Néryah, dont le nom devenu en français Baruch (fils de Nérias, Ba 1,1) signifie « Béni », fut le secrétaire et le confident de Jérémie (cf. Jr 32,12, etc.). Il l’accompagna en Égypte lorsque celui-ci fut entraîné dans ce pays à la suite des remous consécutifs à l’assassinat de Godolias (Jr 43,2 sqq). On ne sait rien de la suite des événements, qui se déroulèrent au début du VIème siècle avant l'ère chrétienne.     

Les textes réunis sous le nom de Baruch sont très composites.
Certains d’entre eux se rattachent manifestement à la littérature hébraïque de l’époque du Second Temple, telle qu’elle s’est développée bien après le temps de Jérémie et de Baruch, soit pas avant le IIème siècle.
Il y a des parallèles évidents entre Baruch et Daniel, d’une part, et les Psaumes dits de Salomon (écrit datant du Ier siècle avant l’ère chrétienne) d'autre part.
Un thème majeur comme celui de l’exil et de l’attitude à l’égard des oppresseurs étrangers est traité de plusieurs manières, parfois diamétralement opposées: indignation, résignation, indifférence, appel à la vengeance. Il semble impossible qu’un unique auteur ait eu des attitudes aussi contradictoires.
D’autre part, la sagesse personnifiée, sur laquelle l’auteur médite de 3,9 à 4,1, ne fait pas toujours bon ménage avec l’enthousiasme prophétique tel qu’on le trouve dans la dernière partie du livre. Ce sont là deux veines bien différentes du génie biblique.
Aussi est-il difficile de déterminer la provenance et la ou les dates de composition de ce recueil composite. 

Ses quatre parties, indépendantes, sont:
1- une introduction précisant dans quelles conditions ce livre, envoyé de Babylone par les déportés, devait être lu à Jérusalem lors d'une cérémonie de confession des péchés (1,1-14);  
2- le texte même de cette confession des péchés (1,15 - 2,10), inspirée par celle de Dn 9; elle est suivie d'une supplication (2,11 - 3,8), émaillée de nombreuses citations bibliques;
3- une méditation sur la Sagesse (3,9 - 4,4);
4- un discours d'encouragement adressé à Jérusalem (4,5 - 5,9).

La tradition juive ancienne l’a écarté du canon des Écritures, sans pour autant en nier la valeur intrinsèque.
___________________________________________________________________________

• Ba 4,8-37

 Aujourd’hui nous entendons chanter Jérusalem et son chant passe de la tristesse à la joie – et même à la «joie éternelle», quelle belle expression ! – à travers le creuset de l’espérance. À ce chant d’espérance, le poète répond sur le même ton en interpellant à son tour la ville pour qu’elle tienne bon dans l’espérance : «Courage Jérusalem, il te consolera, celui qui t’a donné un nom». Ce livre tardif de l’Ancien Testament se réfère une fois de plus à l’expérience de l’exil, contemporaine de l’époque de sa rédaction. Son message rappelle sans faillir – et au nom même de la ville sainte – que même au plus pesant de l’épreuve, la promesse divine demeure toujours actuelle s’il est vrai que «Dieu se souvient». Ni l’exil, souvent relu par les prophètes comme la punition infligée au peuple pour ses nombreuses infidélités envers son Dieu, ni le péché de folie de la brebis s’égarant à travers les collines, n’ont coupé le peuple du Saint d’Israël, son berger et son rédempteur : «Voici : ils reviennent, les fils que tu vis partir» (Baruch 4). La fête de la joie peut commencer!
___________________________________________________________________________

• Ba 5,1-9

Quel exilé, quel déporté, ne rêve d'un retour triomphal au pays rendu à la paix et où il fait bon vivre?
C'est ce que Dieu promet aux siens: il va prendre lui-même la tête du glorieux voyage de libération.

Remarque sur le verset 4:
On constate, sur le thème des noms messianiques de la Ville Sainte, la grande proximité entre le livre de Baruch et les prophètes canoniques.

Εἰρήνη δικαιοσύνης καὶ δόξα θεοσεβείας - "Paix-de-la-Justice" et "Gloire-de-la-piété-envers Dieu": comparer à
- Is 1,26:
 עיר הצדק קריה נאמנה
"Ville-de-la-justice, Cité-fidèle" (et sur le thème de la justice, voir cette page)
- Is 60,14:
 עיר יהוה ציון קדושׁ ישׂראל
"Ville-de-YHWH, Sion-du-Saint-d'Israël"
- Jr 33,16:
יהוה צדקנו
"YHWH-notre-justice"
- Ez 48,35:
יהוה שׁמה
"YHWH-est-ici".
On constate, sur ce thème des noms messianiques de la Ville Sainte, la grande proximité entre le livre de Baruch et les prophètes canoniques.
__________________________________________________________________________
__________________________________________________________________________


8. DANIEL (grec)


   Les additions deutérocanoniques au livre de Daniel sont faites de trois morceaux qui ne nous sont connus qu’en grec, bien qu’ils semblent remonter à un original hébreu ou araméen. La prière d’Azarias et l’hymne des trois jeunes hommes prennent place entre les versets 24 et 25 du chapitre 3 de Daniel, tandis que l’histoire de Shoshana (Suzanne) et celle de Bél et du Serpent sont reléguées traditionnellement à la fin du livre.
    Le livre canonique de Daniel a été composé vers 167 avant l’ère chrétienne. Il semble bien, en revanche, que la deuxième et la troisième additions soient plus anciennes et datent de l’époque perse. De tout façon, ces écrits se présentent comme une mise en forme de traditions populaires extrabibliques. Si leur origine reste incertaine, les sages de Jabneh-Jamnia qui, vers l’an 90 de l’ère chrétienne, eurent à définir le canon des Écritures, en exclurent sans hésitation les additions au livre de Daniel.
__________________________________________________________________________


• Dn 3 - L'hymne des trois jeunes gens dans la fournaise.


Le contexte :

Lors de la déportation à Babylone, trois jeunes juifs, Ananias, Azarias et Misaël (re-nommés "à la babylonienne" Shadrach, Meshach, et Abednego), ont été nommés par Nabuchodonosor administrateurs de la province de Babylone lorsque Daniel a été admis comme membre de la cour du roi (Dn 2,49).
Mais Nabuchodonosor se fit ériger une statue en or colossale - et, à heure fixe, tous les instruments de musique du royaume retentissaient: l'on devait alors se prosterner.
Bien entendu, les trois jeunes gens refusèrent de se prosterner devant une idole; dénoncés au roi, et malgré leur réputation, ils furent condamnés à être jetés, ligotés dans leurs vêtements, dans une fournaise.
C'est du fond de ce lieu de supplice - transformé pour eux en une rosée rafraîchissante par l'Ange du Seigneur - que s'élève leur cantique, long de près de quarante vers.

Le texte :

Ce passage en grec s'insère entre les vv.24 et 25 du texte hébraïque (voir ci-dessus).
La louange des trois jeunes gens (vv.52-90) suit la magnifique prière d'Azarias (vv.26-45).
Il est permis de penser que ce récit merveilleux n'a que peu de rapport avec la vérité historique; mais la leçon proposée par l'auteur (qu'il soit, ou non, Daniel dans ce passage) est sans doute possible celle-ci: le Seigneur n'abandonne jamais ceux qui lui restent fidèles!
Je donne ici l'intégralité, souvent chantée, de cette superbe prière de louange:

(3:52)Εὐλογητὸς εἶ, κύριε ὁ θεὸς τῶν πατέρων ἡμῶν, καὶ αἰνετὸς καὶ ὑπερυψούμενος εἰς τοὺς αἰῶνας, καὶ εὐλογημένον τὸ ὄνομα τῆς δόξης σου τὸ ἅγιον καὶ ὑπεραινετὸν καὶ ὑπερυψούμενον εἰς τοὺς αἰῶνας.
Tu es béni, Seigneur, Dieu de nos pères; et digne de louange, et chanté par-dessus tout éternellement.
Et béni le saint Nom de ta gloire; et très digne de louange, et hautement loué éternellement.

(3:53)εὐλογημένος εἶ ἐν τῷ ναῷ τῆς ἁγίας δόξης σου καὶ ὑπερυμνητὸς καὶ ὑπερένδοξος εἰς τοὺς αἰῶνας.
Béni sois-tu dans le temple de ta sainte gloire, chanté, glorifié par-dessus tout éternellement.

(3:54)εὐλογημένος εἶ, ὁ ἐπιβλέπων ἀβύσσους καθήμενος ἐπὶ χερουβιν, καὶ αἰνετὸς καὶ ὑπερυψούμενος εἰς τοὺς αἰῶνας.
Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes, qui sièges sur les chérubins; et digne de louange, et chanté par-dessus tout éternellement.

(3:55) εὐλογημένος εἶ ἐπὶ θρόνου τῆς βασιλείας σου καὶ ὑπερυμνητὸς καὶ ὑπερυψούμενος εἰς τοὺς αἰῶνας.
Béni sois-tu sur le trône de ton royaume; chanté par-dessus tout, et hautement louééternellement.

(3:56) εὐλογημένος εἶ ἐν τῷ στερεώματι τοῦ οὐρανοῦ καὶ ὑμνητὸς καὶ δεδοξασμένος εἰς τοὺς αἰῶνας.
Béni sois-tu dans le firmament du ciel;et chanté, et glorifié éternellement.

(3:57) εὐλογεῖτε, πάντα τὰ ἔργα κυρίου, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
Vous toutes, œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:59) εὐλογεῖτε, ἄγγελοι κυρίου, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
Anges du Seigneur, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:61) εὐλογεῖτε, πᾶσαι αἱ δυνάμεις, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, toutes les puissances, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:58) εὐλογεῖτε, οὐρανοί, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O cieux, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:60) εὐλογεῖτε, ὕδατα πάντα τὰ ἐπάνω τοῦ οὐρανοῦ, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, toutes les eaux au-dessus du ciel,bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:62) εὐλογεῖτε, ἥλιος καὶ σελήνη, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, soleil et lune, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:63) εὐλογεῖτε, ἄστρα τοῦ οὐρανοῦ, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, astres du ciel, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:64) εὐλογεῖτε, πᾶς ὄμβρος καὶ δρόσος, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous toutes, pluies et rosées, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:65) εὐλογεῖτε, πάντα τὰ πνεύματα, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous tous les vents, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:66) εὐλογεῖτε, πῦρ καὶ καῦμα, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, le feu et sa brûlure, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:67) εὐλογεῖτε, ψῦχος καὶ καύσων, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, le froid et sa brûlure, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:69) εὐλογεῖτε, πάγος καὶ ψῦχος, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, gel et froidure, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:68) εὐλογεῖτε, δρόσοι καὶ νιφετοί, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, rosées et giboulées, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:71) εὐλογεῖτε, νύκτες καὶ ἡμέραι, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, les nuits et les jours, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:72) εὐλογεῖτε, φῶς καὶ σκότος, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, lumière et ombre, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:70) εὐλογεῖτε, πάχναι καὶ χιόνες, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, glaces et neiges, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:73) εὐλογεῖτε, ἀστραπαὶ καὶ νεφέλαι, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, éclairs et nuées, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:74) εὐλογείτω ἡ γῆ τὸν κύριον· ὑμνείτω καὶ ὑπερυψούτω αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
Que la terre bénisse le Seigneur; qu'elle le chante et l'exalte éternellement!

(3:75) εὐλογεῖτε, ὄρη καὶ βουνοί, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, montagnes et collines,bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!
(3:76) εὐλογεῖτε, πάντα τὰ φυόμενα ἐν τῇ γῇ, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, toutes choses germant sur la terre,bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:77) εὐλογεῖτε, αἱ πηγαί, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, sources,bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:78) εὐλογεῖτε, θάλασσαι καὶ ποταμοί, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, mers et fleuves, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:79) εὐλογεῖτε, κήτη καὶ πάντα τὰ κινούμενα ἐν τοῖς ὕδασιν, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, les baleines, et tout ce qui se meut dans les eaux, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:80) εὐλογεῖτε, πάντα τὰ πετεινὰ τοῦ οὐρανοῦ, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, tous les oiseaux du ciel, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:81) εὐλογεῖτε, πάντα τὰ θηρία καὶ τὰ κτήνη, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous tous, bêtes et bestiaux, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:82) εὐλογεῖτε, οἱ υἱοὶ τῶν ἀνθρώπων, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, les fils des hommes, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:83) εὐλογεῖτε, Ισραηλ, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O toi, Israël, bénis le Seigneur; chante-le, exalte-le éternellement!

(3:84) εὐλογεῖτε, ἱερεῖς κυρίου, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, les prêtres du Seigneur, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:85) εὐλογεῖτε, δοῦλοι κυρίου, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, les serviteurs du Seigneur, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:86) εὐλογεῖτε, πνεύματα καὶ ψυχαὶ δικαίων, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, esprits et âmes des justes, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:87) εὐλογεῖτε, ὅσιοι καὶ ταπεινοὶ τῇ καρδίᾳ, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας.
O vous, saints et humbles de coeur, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement!

(3:88) εὐλογεῖτε, Ανανια, Αζαρια, Μισαηλ, τὸν κύριον· ὑμνεῖτε καὶ ὑπερυψοῦτε αὐτὸν εἰς τοὺς αἰῶνας, ὅτι ἐξείλατο ἡμᾶς ἐξ ᾅδου καὶ ἐκ χειρὸς θανάτου ἔσωσεν ἡμᾶς καὶ ἐρρύσατο ἡμᾶς ἐκ μέσου καμίνου καιομένης φλογὸς καὶ ἐκ μέσου πυρὸς ἐρρύσατο ἡμᾶς.
O vous, Ananias, Azarias, Misaël, bénissez le Seigneur; chantez-le, exaltez-le éternellement parce qu'il nous a délivrés des enfers, il nous a sauvés de la main de la mort, il nous a arrachés à la fournaise de flamme ardente, il nous a tirés du milieu de la flamme.

(3:89) ἐξομολογεῖσθε τῷ κυρίῳ, ὅτι χρηστός, ὅτι εἰς τὸν αἰῶνα τὸ ἔλεος αὐτοῦ.
Rendez grâces au Seigneur, car il est bon, car son amour est éternel.

(3:90) εὐλογεῖτε, πάντες οἱ σεβόμενοι τὸν κύριον τὸν θεὸν τῶν θεῶν· ὑμνεῖτε καὶ ἐξομολογεῖσθε, ὅτι εἰς τὸν αἰῶνα τὸ ἔλεος αὐτοῦ.
Vous tous qui le craignez, bénissez le Seigneur Dieu des dieux, chantez-le, rendez-lui grâces, car son amour est éternel.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Étude d'icônes typologiques.

Un ange sauve Ananias, Azarias et Misaël de la fournaise ardente du roi Nabuchodonosor: ainsi les trois jeunes gens dansent dans le feu et louent le Seigneur.

Appellation:
- Les trois jeunes gens dans la fournaise

Sources:
- Gn 3,8
- Dn 3

Iconographie:
- trois jeunes gens dans une fournaise ardente dansent au milieu des flammes, protégés qu'ils sont par un ange;
- trois bourreaux qui attisaient le feu sont brûlés à mort par les flammes;
- le roi Nabuchodonosor, siégeant sur son trône, ordonne le supplice;
- à côté du roi, la statue d'une idole est érigée sur une colonne. 

Théologie de l'icône:
Le Livre de Daniel rapporte l'histoire de trois jeunes Hébreux qui vivent - comme le prophète - à la cour du roi Nabuchodonosor; mais, quand ils se refusent à adorer une idole, le roi les fait lier et jeter dans une fournaise qu'il ordonne de "chauffer sept fois plus que d'ordinaire".
Mais, tandis que les bourreaux sont aussitôt brulés à mort par ces flammes toutes proches, l'ange du Seigneur protège les trois jeunes gens qui "se promènent dans les flammes en bénissant Dieu", comme "le Seigneur se promenait dans le jardin d'Eden (Gn 3,8).
Azarias est le premier à entonner un chant de pénitence; puis, ensemble, les trois jeunes gens louent et bénissent Dieu.
Nabuchodonosor, voyant quatre hommes (en fait, les trois jeunes gens et l'ange) danser dans la fournaise, reconnaît et bénit "le Dieu d'Ananias, Azarias et Misaël".


L'image des trois jeunes gens (se tenant en "orants", i.e. en prière, bras levés, voir l'icône grecque)au milieu des flammes apparaît déjà dans les catacombes paléochrétiennes, sur les sarcophages: au-delà de la consolation dans la persécution que suggère ce thème, l'impuissance de Nabuchodonosor évoquée dans ce contexte funéraire fait surtout référence à la victoire sur la tyrannie exercée par la mort.  

<- "Les troisjeunes gens dans la fournaise" - École de Novgorod - fin du XVIème s.- Saint-Petersbourg, Musée Russe.

Les jeunes gens portent ici le bonnet dit "phrygien", signe caractéristique des Perses.


Puis cette image apparaît sur les premières icônes, en glorification du Seigneur.

"Les troisjeunes gens dans la fournaise" - Détail - Icône grecque - XVIème s. - Paris, Musée du Louvre ->

Ils portent ici des chlamydes, pièce du costume des dignitaires de la cour byzantine - allusion à leur fonction de responsables de la province de Babylone


Texte:
"Alors tous trois, d'une seule voix, se mirent à chanter, glorifiant et bénissant Dieu dans la fournaise, et disant: 'Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, loué sois-tu, exalté éternellement'." (Dn 3,51-52a).





_________________________________________________________________
 

Assistant de création de site fourni par  Vistaprint