Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven


Les Livres
deutéro-canoniques (1)

(Sepharim Hisoniîm)



Ci-dessous:
1. Tobie
2. Judith
3. Premier & second Livres des Maccabées
4. Sagesse

5. Ben Sirach ou Ecclésiastique
6. Baruch et Lettre de Jérémie
7. Esther (grec)
8. Daniel (grec)
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1. TOBIE

    Ce livre rapporte la belle histoire d’un fils d’Israël exilé à Ninive, Tobit, et de son fils Tobie. Il ne s’agit pas d’un document historique, mais d’une composition libre faite à partir de données reçues, de la Bible elle-même et de légendes très répandues parmi les peuples du Proche-Orient.
     Ses « prophéties » ne sont en fait que des rappels d’événements passés. Il est certain qu’il est l’œuvre d’un Hébreu de l’époque du Second Temple. Il faut toutefois souligner que c’est le seul texte connu qui concerne uniquement et directement les Israélites du royaume du Nord, les dix tribus déportées en 722. Ces tribus comme telles ont disparu; elles se sont assimilées aux populations de l’empire perse; mais il est possible que, parmi elles, quelques familles pieuses, comme celle de Tobit, se soient jointes aux exilés de Juda quand ceux-ci sont rentrés dans leur pays natal.
    Dénué de valeur historique, le livre de Tobie est cependant un des joyaux de la littérature hébraïque. Sa composition est digne des grands chefs d’œuvre classiques. Maintenant que nous connaissons bien ses sources, nous voyons nettement comment l’auteur a choisi ses idées, les a triées et recomposées pour en tirer une œuvre originale, conforme à son sens esthétique et à l’enseignement qu’il voulait donner. Cela rend d’autant plus regrettable la perte de l’original hébreu ou araméen et son exclusion du canon de la Bible hébraïque.
    Le texte grec que nous possédons est en effet, à coup sûr, la traduction d’un original rédigé dans une de ces deux langues sémitiques.
     On a retrouvé à Qumrân des fragments de ce livre rédigés, les uns en araméen, un autre en hébreu.
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To 11,1-18

L’histoire de Tobie pourrait paraître toute familière et commune si l’extraordinaire ne s’en mêlait pas si fréquemment. La phrase la plus typique à cet égard est peut-être celle-ci : «L’enfant partit avec l’ange et le chien suivit derrière» (To 6,2) ! Le merveilleux à portée de quotidien en quelque sorte... On s’identifie facilement avec les personnages d’une telle aventure : Tobit, le père aveugle et en proie au chagrin dont le fils, aussi nommé Tobie, est parti au loin chercher de quoi secourir sa famille ; Anna, sa mère, qui déjà le croit mort et en perd le sommeil ; Sarra, la fiancée maudite dont les maris, un à un, sont morts au premier jour de leur mariage ; Ragouël, le père de Sarra, et sa femme Edna, parents modèles, bons et généreux ; et même le dit Azarias, alias Raphaël, si simple et si familier qu’on en oublierait sa nature angélique ! La scène que nous lisons aujourd’hui est celle du retour de Tobie : des retrouvailles familiales, simples et émouvantes, qui se soldent par la guérison du vieux père grâce... à du fiel de poisson appliqué sur les paupières ! Il nous est bon de nous laisser emporter par ce récit qui tient autant du conte que du discours de sagesse. La joie se partage, comme l’atteste la scène finale, et à ceux qui tiennent bon dans la foi, même à travers l’épreuve, elle est donnée, «indicible et pleine de gloire» (1P 1,8).

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3. Livres dit des "MACCHABÉES"
(Hashmonaîm)
 
(pour plus de détails, voir la page consacrée à ces Livres)

   La Bible hébraïque comprend plusieurs ouvrages divisés en deux livres: Samuel, Rois, Chroniques. Cette division est tardive et artificielle: chacun de ces ouvrages formait à l’origine un tout.
Il n’en va pas de même pour les deux livres des Hashmonaîm: il s’agit ici de deux œuvres fort différentes, quoique recouvrant partiellement une même période de l’histoire d’Israël.
Le premier a été écrit en hébreu, mais n’est conservé qu’en grec; le second a été rédigé dans cette dernière langue. Le style, l’esprit, les intentions des auteurs diffèrent considérablement de l’un à l’autre.
    Leur titre original n’est pas connu. Dans la plupart des Bibles, on les appelle Maccabées, du surnom (Maqabi, « Marteau », « Martel » ?) donné à Iehouda (Judas), principal héros de la révolte contre la domination grecque et la volonté d’helléniser les Hébreux. Comme l’histoire racontée par ces livres dépasse le cadre de la biographie de ce personnage, mieux vaut les appeler Hashmonaîm (Asmonéens), comme en hébreu, du nom de sa famille et de la dynastie sacerdotale qui gouverna Israël à partir de la libération.
    Le premier livre fait le récit d’événements qui remplissent en gros une période de quarante ans, depuis l’avènement d’Antiochus IV Épiphane (175) jusqu’à la mort de Shim‘ôn (134). Il décrit avant tout les combats menés pour la libération d’Israël, alors sous la domination des rois Séleucides de Syrie.
On pense donc que l’ouvrage, écrit par un Juif palestinien, a été composé après l’année 134, mais avant la prise de Jérusalem par Pompée en 63 avant l’ère chrétienne(en raison de l'admiration de l’auteur pour Rome: ch. 8) - sans doute peu après la mort de Jean Hyrcan, vers 100 - et traduit peu après.
    Plutôt qu’une chronique, le second livre est un opuscule liturgique destiné aux synagogues de la diaspora, tout comme le rouleau d’Esther. Il s’étend longuement sur des récits de martyre: celui d’Èl‘azar (6,18-31), celui des sept frères et de leur mère (ch. 7), le suicide pour motif religieux de Razis (14,37-46). On y trouve aussi les éléments d’une théologie systématique: Dieu est créateur (7,23); il n’a besoin de rien (14,35); il est transcendant, Seigneur des esprits (3,24). Les messagers ou anges sont présents, mais l’espérance messianique n’est évoquée qu’en 1,27-29. Un des thèmes majeurs est celui de la résurrection des morts et des prières à faire pour eux (12,44-45). L’importance du Temple est soulignée (3,12), en fonction de l’éminence du peuple élu au centre duquel habite YHWH.
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• 2M 7,1-2;9-14.

L'espérance d'une vie au-delà de la mort (sur le Judaïsme et la mort, voir cette page) n'a jamais été complètement absente dans la Bible. Mais il a fallu attendre le Livre des Martyrs d'Israël, vers 120 avant notre ère, pour que soit exprimée clairement la foi dans un au-delà personnel de l'existence terrestre, dans la résurrection corporelle des Justes morts en raison de leur fidélité au "Roi du Monde".


Traduction et remarques:

Verset 1. 
Συνέβη δὲ καὶ ἑπτὰ ἀδελφοὺς μετὰ τῆς μητρὸς συλλημφθέντας ἀναγκάζεσθαι ὑπὸ τοῦ βασιλέως ἀπὸ τῶν ἀθεμίτων ὑείων κρεῶν ἐφάπτεσθαι μάστιξιν καὶ νευραῖς αἰκιζομένους.
Il arriva aussi que sept frères ayant été arrêtés avec leur mère, le roi voulut les contraindre, en leur infligeant les fouets et les nerfs de bœuf, à toucher à la viande de porc interdite par la loi.
Συνέβη δὲ καὶ ἑπτὰ ἀδελφοὺς μετὰ τῆς μητρὸς συλλημφθέντας - Il arriva aussi que sept frères ayant été arrêtés avec leur mère: Après l'exemple d'un vénérable Docteur de la Loi (Èl‘azar), on nous donne celui d'une mère de famille et de ses fils.
La persécution, dont les moyens étaient à l'époque très cruels, s'était en effet étendue jusqu'aux femmes et aux enfants (1M 1,60sqq). Le fond du récit est donc historique, et l'élaboration littéraire se traduit surtout par les discours mis dans la bouche des protagonistes.
Le culte des "sept frères Maccabées" se répandit jusqu'en Occident chrétien, où plusieurs églises leur furent dédiées.
Le récit appelé "Passion des saints Maccabées" eut une large diffusion et servit de modèle à divers Actes de martyrs.

Verset 2. 
εἷς δὲ αὐτῶν γενόμενος προήγορος οὕτως ἔφη Τί μέλλεις ἐρωτᾶν καὶ μανθάνειν ἡμῶν; ἕτοιμοι γὰρ ἀποθνῄσκειν ἐσμὲν ἢ παραβαίνειν τοὺς πατρίους νόμους.
L'un d'eux se faisant leur porte-parole : «Que vas-tu, dit-il, demander et apprendre de nous? Nous sommes prêts à mourir plutôt que d'enfreindre les lois de nos pères.»

Versets 3-8
τῇ πατρίῳ φωνῇ - dans la langue de ses pères:
Par cette expression, qui revient aux vv.21 et 27, il semble que l'auteur fasse allusion à l'hébreu. En fait, la langue de cette femme devait plutôt être l'araméen.

Verset 9. 
ἐν ἐσχάτῃ δὲ πνοῇ γενόμενος εἶπεν Σὺ μέν, ἀλάστωρ, ἐκ τοῦ παρόντος ἡμᾶς ζῆν ἀπολύεις, ὁ δὲ τοῦ κόσμου βασιλεὺς ἀποθανόντας ἡμᾶς ὑπὲρ τῶν αὐτοῦ νόμων εἰς αἰώνιον ἀναβίωσιν ζωῆς ἡμᾶς ἀναστήσει.
Il dit, au moment de rendre le dernier soupir : «Scélérat que tu es, tu nous exclus de cette vie présente, mais le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle, nous qui mourons pour ses lois.»
εἰς αἰώνιον ἀναβίωσιν ζωῆς - pour une vie éternelle: Litt. "pour une re-vivification éternelle de vie".
(sur le Judaïsme et la mort, voir cette page)
ורבים מישׁני אדמת־עפר יקיצו אלה לחיי עולם ואלה לחרפות לדראון עולם׃
Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle.
והמשׂכלים יזהרו כזהר הרקיע ומצדיקי הרבים ככוכבים לעולם ועד׃
Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice, à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité. 

Verset 10. 
Μετὰ δὲ τοῦτον ὁ τρίτος ἐνεπαίζετο καὶ τὴν γλῶσσαν αἰτηθεὶς ταχέως προέβαλεν καὶ τὰς χεῖρας εὐθαρσῶς προέτεινεν
Après lui on châtia le troisième. Il présenta aussitôt sa langue comme on le lui demandait et tendit ses mains avec intrépidité;

Verset 11. 
καὶ γενναίως εἶπεν Ἐξ οὐρανοῦ ταῦτα κέκτημαι καὶ διὰ τοὺς αὐτοῦ νόμουςὑπερορῶ ταῦτα καὶ παρ᾿ αὐτοῦ ταῦτα πάλιν ἐλπίζωκομίσασθαι·
Il déclara courageusement : «C'est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de ses lois je les méprise et c'est de lui que j'espère les recouvrer de nouveau.»
•Ce v. est omis par plusieurs manuscrits latins, car il est en contradiction avec le précédent: la langue tendue a dû être aussitôt coupée (voir v.4).

Verset 12. 
ὥστε αὐτὸν τὸν βασιλέα καὶ τοὺς σὺν αὐτῷ ἐκπλήσσεσθαι τὴν τοῦ νεανίσκου ψυχήν, ὡς ἐν οὐδενὶ τὰς ἀλγηδόνας ἐτίθετο.
De sorte que le roi lui-même et son escorte furent frappés du courage de ce jeune homme qui comptait les souffrances pour rien.

Verset 13. 
Καὶ τούτου δὲ μεταλλάξαντος τὸν τέταρτον ὡσαύτως ἐβασάνιζον αἰκιζόμενοι.
Ce dernier une fois mort, on soumit le quatrième aux mêmes tourments et tortures.

Verset 14. 
καὶ γενόμενος πρὸς τὸ τελευτᾶν οὕτως ἔφη Αἱρετὸν μεταλλάσσοντας ὑπ᾿ ἀνθρώπων τὰς ὑπὸ τοῦ θεοῦ προσδοκᾶν ἐλπίδας πάλιν ἀναστήσεσθαι ὑπ᾿ αὐτοῦ· σοὶ μὲν γὰρ ἀνάστασις εἰς ζωὴν οὐκ ἔσται.
Sur le point d'expirer il s'exprima de la sorte : «Mieux vaut mourir de la main des hommes en tenant de Dieu l'espoir d'être ressuscité par lui, car pour toi il n'y aura pas de résurrection à la vie.»

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4. Le Livre de la SAGESSE


Ce livre, rédigé en grec fait partie des écrits « deutéro-canoniques », c'est-à-dire « seconds au Canon » - voir « Fixation du canon de la TaNaKh »; l’auteur se présente comme étant Salomon en personne, et c’est à ce titre qu’il s’adresse en premier lieu aux grands de ce monde et les exhorte à vivre en conformité avec la sagesse. Mais il s’agit là d’une fiction littéraire; aussi le livre a-t-il été classé parmi les « pseudépigraphes ».  

En fait, l’auteur est un Juif alexandrin, un sage et un fin lettré. Son œuvre ne peut pas remonter au-delà de l’an 50 avant l’ère chrétienne; certains croient même qu’elle est contemporaine du règne de Caligula (37-41) ou même de celui de Claude (41-54).     

L’auteur se fonde sur l’héritage intellectuel de Platon, d’Aristote et des stoïciens pour donner une consistance rationnelle à la pensée hébraïque. À partir du chapitre 10, les thèmes proposés sont franchement bibliques: l’histoire prodigieuse du peuple d’Israël, la sortie d’Égypte et les miracles qui l’ont précédée, la lutte contre l’idolâtrie. Mais la langue et la tournure d’esprit de l’auteur sont tout à fait hellénistiques. L’importance du livre vient de ce qu’il se situe à un carrefour central de l’histoire humaine, entre Platon et Plotin, entre la Bible et le Talmud.      

La première partie décrit en profondeur la nature et les effets de la Sagesse.
Dans une première section (chapitres 1 à 5), on trouve une réflexion sur la destinée comparée des fidèles et des méchants – avec en particulier (2,10-20) un développement remarquable sur la persécution du « juste ». Une deuxième section (6,1 – 9,12) fait l’éloge de la Sagesse. Elle est indispensable à tous, mais particulièrement à ceux qui ont la responsabilité de diriger les nations. C’est pour l’expliquer que l’auteur s’identifie à Salomon – que la tradition juive considérait comme le Sage par excellence (voir 1R4,4-15 ; 5,9-14).  

La seconde partie est construite sur le modèle d’une savante συνκρισις  (suncrisis, de κρισις, crisis = jugement - a donné "critère", "crise"; et συν,sun, syn- = avec, ensemble => on place ensemble des éléments pour en juger => "comparaison"); on pourrait l’intituler « La Sagesse dans l’Histoire sainte ». Sous la forme d’une prière de Salomon, elle passe en revue les récits de la Genèse, et  surtout de l’Exode en une série d’antithèses destinées à montrer que les Égyptiens ont été punis « mesure pour mesure », alors que les Hébreux ont été favorisés au milieu même des maux qui frappaient leurs oppresseurs.
À ce schéma s’ajoute en contrepoint les brèves épreuves auxquelles les seconds ont été eux-mêmes soumis pour des raisons d’ordre pédagogique ; cette partie traite en effet du problème de l’idolâtrie – en s’inspirant de textes comme Esd 44 ; Ps 115 et 135.      

L’auteur propose ainsi une sorte de ré-interprétation des textes bibliques à travers la mentalité grecque.
Il n’est donc pas surprenant de voir apparaître ici des concepts totalement inconnus  du Premier Testament hébreu – comme la séparation de l’âme et du corps (9,15) ou l’immortalité de l’âme (3,14 ; 8,17 ; 15,3 ; etc.).
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• Sg 1,13-15 ; 2, 23-24.

La mort, « entrée dans le monde par la jalousie du démon », a terni l’image de Dieu – selon laquelle l’homme a été créé. Mais la loi de Dieu, fidèlement gardée, agit dès ici-bas comme un contrepoison : de la mort elle-même jaillira une existence impérissable.

En butte dès son éclosion aux assauts, violents ou sournois, de la mort, la vie peut connaître des victoires si spectaculaires qu’on parle parfois de « résurrection ».
Mais ce n’est qu’un répit : tôt ou tard, la mort aura le dessus.
ימי־שנותינו בהם שבעים שנה ואם בגבורת ׀ שמונים שנה ורהבם עמל ואון כי־גז חיש ונעפה׃
Littéralement : ימי־ – les jours de ; שנותינו – nos années ; בהם – en eux ; שבעים – soixante-dix ; שנה – années ; ואם – et si ; בגבורת – de la vigueur ; שמונים – quatre-vingts ; שנה – années ; ורהבם – et leur orgueil ; עמל – peine ; ואון – et mal ; כי־ – car ; גז – il passe ; חיש – en hâte ; ונעפה – et nous nous envolons
« Les jours de nos années reviennent à soixante-dix ans et pour les plus vigoureux, à quatre-vingts ans; et le plus beau de ces jours n'est que peine et tourment; car il s'en va bientôt, et nous nous envolons » dit (Ps 90,10) le psalmiste, désabusé…
Pourtant ce passage du Livre de la Sagesse proclame avec force que
ο θεος θανατον ουκ εποιησεν
Littéralement : ο θεος – Dieu ; θανατον – la mort ; ουκ – ne pas ; εποιησεν – a fait
« Dieu n’a pas fait la mort » ;
εκτισεν γαρ εις το ειναι τα παντα
Littéralement : εκτισεν – il a créé ; γαρ – en effet ; εις – en vue de ; το ειναι – le fait d’exister ; τα παντα – toutes choses
« il a créé toutes choses pour qu’elles subsistent » ;
ουτε αδου βασιλειον επι γης δικαιοσυνη γαρ αθανατος εστιν
Littéralement : ουτε – et ne pas ; αδου – d’Hadès ; βασιλειον – un règne ; επι – sur ; γης – terre ; δικαιοσυνη – justice ; γαρ – en effet ; αθανατος – immortelle ; εστιν – est
« la puissance de la mort ne règne pas sur la terre, car la justice est immortelle ».

Ces fortes affirmations – qui vont tellement à l’encontre de l’expérience universelle – résonnent comme une invitation à considérer le problème de la mort sous un autre éclairage.

Les deux extraits choisis ici par la liturgie font partie de la première section du Livre de la Sagesse.

 On remarquera dans le texte grec (ou dans la traduction littérale) que les noms communs sont presque toujours employés sans article – ce qui en fait des sortes d’entités. Ce texte est en effet pétri de pensée et de rhétorique hellénistiques, il est beaucoup plus « abstrait » que les textes rédigés en hébreu.

En revanche, Dieu est « ο θεοςho Théos », avec l’article défini (seul existant en grec) – afin de bien marquer son Unicité ; en effet, les textes étaient écrits sans majuscules (ces dernières étant utilisées pour les textes épigraphiques = « écrits sur », le plus souvent gravés sur des supports durables : pierre, bois, etc.; et dans ce cas, seules utilisées). On ne pouvait donc distinguer le Dieu Unique des Juifs d'un dieu des polythéistes par ce moyen typographique.
  

Premier extraitSg 1,13-15 :

▪ On y trouve bien des expressions typiquement bibliques, comme (1,13b):
ο θεος ου τερπεται επ' απωλεια ζωντων
Littéralement : ο θεος – Dieu ;  ου – ne pas ; τερπεται – est réjoui ; επ' sur ; απωλεια – destruction ; ζωντων – d’êtres vivants
« Dieu ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants »,
à mettre en parallèle, par exemple avec Ez 18,32 :
לא אחפץ במות המת נאם אדני יהוה
Littéralement : לא – ne pas ; אחפץ – je désire ; במות – la mort de ; המת – celui qui meurt ; נאם – déclaration de ; אדני  - le Seigneur ; יהוה – YHWH l'Eternel
« Je ne prends point plaisir à la mort de celui qui meurt, parole du Seigneur,  l'Éternel »,
ou encore avec le Ps 116,15 :
יקר בעיני יהוה המותה לחסידיו׃
Littéralement : יקר –coûteuse ; בעיני – aux yeux de ; יהוה – YHWH l'Eternel ; המותה – la mort ; לחסידיו – de ses fidèles 
« Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens. »  

▪ En revanche, on y trouve une idée plus complexe de la mort – mort physique et mort spirituelle liées l’une à l’autre : le péché entraîne la mort spirituelle de l’homme pécheur ; et la mort physique entraîne la mort spirituelle du pécheur, donc la perte de la vie éternelle  (1,12a ;13a) :
μη ζηλουτε θανατον εν πλανη ζωης υμων
Littéralement : μη – ne pas ; ζηλουτε – cherchez ; θανατον – mort ; εν – dans ; πλανη – égarement ; ζωης – de vie ; υμων – de vous
« Ne recherchez pas la mort par les égarements de votre vie, »
οτι ο θεος θανατον ουκ εποιησεν
Littéralement : οτι – parce que ; ο θεος – Dieu ; θανατον – mort ; ουκ – ne pas ; εποιησεν – a fait
« car Dieu n'a pas fait la mort »,
à comparer, par exemple, avec Ez 33,11a : 
חי־אני ׀ נאם ׀ אדני יהוה אם־אחפץ במות הרשע כי אם־בשוב רשע מדרכו וחיה
Littéralement : חי־ – vivant ; אני – moi ; נאם – déclaration de; אדני – Seigneur ; יהוה –YHWH l'Eternel ; אם־ – ne pas ; אחפץ – je désire ; במות – que meure ; הרשע – le méchant ; כי אם־ – mais plutôt ; בשוב – que revienne ; רשע – un méchant ; מדרכו – de son chemin ; וחיה – et il vivra
« Je suis vivant, parole du Seigneur, l'Éternel, je ne veux pas la mort du méchant, mais que le méchant se détourne de sa voie et qu'il vive. »  

Or le verset 13a renvoie au récit de Gn 2-3 pour en dégager, ainsi qu’au verset 14ab, les intentions du Créateur ; en 14a, « Celui qui est » (voir Ex 3,14 sqq) a créé toutes choses pour qu’elles « soient », c'est-à-dire pour qu’elles aient une vie réelle, solide, durable ;  l’homme a été créé pour l’immortalité – et rien dans la création ne peut faire échec à la volonté divine ; déjà les engendrements successifs de l’univers perpétuent la vie (14b) :
εκτισεν γαρ εις το ειναι τα παντα και σωτηριοι αι γενεσεις του κοσμου και ουκ εστιν εν αυταις φαρμακον ολεθρου
Littéralement : εκτισεν – il créa ; γαρ – en effet ; εις – en vue de ; το ειναι – le fait d’exister ; τα παντα – toutes choses ; και – et ; σωτηριοι – salvatrices ; αι γενεσεις – les genèses ; του κοσμου – de l’univers ; και – et ; ουκ – ne pas ; εστιν –est ; εν – dans ; αυταις – celles-ci ; φαρμακον – poison ; ολεθρου – de mort
« Il a tout créé pour l'être; les genèses de l’univers sont salutaires, en elles il n'est aucun poison de mort ».  

▪ Mais le verset 14c:
ουτε αδου βασιλειον επι γης
Littéralement : ουτε – et ne pas ; αδου – d’Hadès / de l’Hadès ; βασιλειον – un règne ; επι – sur ; γης – terre
« la puissance d’Hadès ne règne pas sur la terre »
utilise un concept typiquement grec, « Hadès » étant en effet le dieu grec de la mort, et « l’Hadès » étant de même le séjour des morts – pour désigner le שאול – shéol, le « non-monde » des Hébreux.                                     

▪ Ainsi, celui qui pratique la « justice » (voir Sg 1,1) est assuré de l’immortalité – concept hellénistique et non hébraïque (verset 15):  
δικαιοσυνη γαρ αθανατος εστιν
Littéralement : δικαιοσυνη – justice ; γαρ – en effet ; αθανατος – immortelle ; εστιν – est
« La justice est en effet immortelle. »

Second extraitSg 2,23-24 :

▪ Verset 23 :
οτι ο θεος εκτισεν τον ανθρωπον επ' αφθαρσια και εικονα της ιδιας αιδιοτητος εποιησεν αυτον
Littéralement : οτι – parce que ; ο θεος – Dieu ; εκτισεν – créa ; τον ανθρωπον – l’homme ; επ' – sur ; αφθαρσια – incorruptibilité ; και – et ; εικονα – image ; της – de la ; ιδιας – de lui-même ; αιδιοτητος – propriété ; εποιησεν – il fit; αυτον – celui-ci
« Oui, Dieu a créé l'homme sur le principe de l'incorruptibilité, il en a fait une image de sa propre *αιδιοτης* »
   Comment traduire le nom αιδιοτης?...

Si nous remarquons que ce nom, très abstrait, αιδιοτης est construit sur la même racine que l’adjectif ιδιος, désignant ce qui est particulier, propre, à un élément (personne, groupe, etc. – d’où des mots tels qu’ « idiome » en français et « idem » en latin), l’expression η ιδια αιδιοτης doit donc être traduite littéralement « la propre propriété » (ce qui est, en grec, une binarité typiquement hébraïque!).

Mais, on l’a souvent vu, les traducteurs s’efforcent d’éviter les répétitions (même lorsqu’elles sont présentes dans le texte original !) car elles sont considérées comme « malsonnantes » dans nos rhétoriques non-sémitiques.
Certains d’entre eux ont donc inféré du contexte que la « propriété » divine à laquelle il est ici fait référence est l’« éternité » ; d’autres ont choisi de traduire ce nom, en référence à Gn 1,26a (voir plus bas), par « ressemblance ».

Nous retrouvons en tout cas ici l’idée de 1,13sqq, également exprimée en 3,4 :
και γαρ εν οψει ανθρωπων εαν κολασθωσιν η ελπις αυτων αθανασιας πληρης
Littéralement : και –et ; γαρ – en effet ; εν – dans ; οψει – vue ; ανθρωπων – d’hommes ; εαν – si ; κολασθωσιν – ils sont châtiés ; η ελπις – l’espérance ; αυτων – de ceux-ci ; αθανασιας – d’immortalité ; πληρης – pleine
« S'ils ont, aux yeux des hommes, subi des châtiments, leur espérance était pleine d'immortalité »;
Sil’auteur du Livre de la Sagesse reprend le thème de l’homme créé à l’image de Dieuexprimé en Gn 1,26a :
ויאמר אלהים נעשה אדם בצלמנו כדמותנ
Littéralement : ויאמר – et dit ; אלהים – Dieu ; נעשה – fabriquons ; אדם – un « terreux »* ; בצלמנו  –  dans notre image; כדמותנו – comme notre ressemblance
« Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, comme notre ressemblance »,
il le fait en insistant sur l’immortalité que confère à l’homme cette « ressemblance », et avec un vocabulaire grec beaucoup plus recherché que celui de la LXX.
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* Rappel (voir 5.1.1.La vocation de l’homme en cliquant ici) : en hébreu, l’homme est désigné sous le nom générique האדם (HaAdam) « terreux » (qui sera par la suite interprété comme le nom propre du premier homme, Adam), parce qu'il vient de la poussière du sol,האדמה (HaAdamah).
En revanche, si par ailleurs sa traduction est littérale, la LXX utilise ici le nom générique grec ανθρωπος : και ειπεν ο θεος ποιησωμεν ανθρωπον κατ' εικονα ημετεραν και καθ' ομοιωσιν
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▪ Verset 24 :
Dans ce verset, l’auteur de Sg interprète Gn 3 : la « mort » que le Satan a fait entrer dans le monde est la mort spirituelle, corrélative à la mort physique (cf. supra, 1,12a et 1,13a).
φθονω δε διαβολου θανατος εισηλθεν εις τον κοσμον πειραζουσιν δε αυτον οι της εκεινου μεριδος οντες
Littéralement : φθονω – par envie ; δε – et ; διαβολου* – du Diable ; θανατος – mort ; εισηλθεν – alla vers ; εις – vers ; τον κοσμον – l’univers ; πειραζουσιν – ils éprouvent ; δε – et ; αυτον – celle-ci ; οι – les ; της – de la ; εκεινου – de lui ; μεριδος – part ; οντες – étant
« C'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde, et ils en font l'expérience, ceux qui sont le lot de celui-ci! »
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* ο διαβολος – qui a donné le français « le Diable » et tous ses dérivés (« diabolique », « endiablé », etc.) –  traduit l’hébreu «השטן, HaSatân, le Satan » (voir par ex. Jb 1,6sqq).
En traduisant toujours « השטן, HaSatân, le Satan » (de la racine שטן satân / שטם satâm, s’opposer => "l'opposant", "l'ennemi") par « ο διαβολος, ho diabolos, le Diable » (de δια-βαλλω, dia-ballô, dire du mal, calomnier => "le calomniateur", "le menteur"), la LXX assure – avec en outre l’intermédiaire de ce verset de la Sg – le passage vers le vocabulaire du Nouveau Testament, où les deux mots ο διαβολος et ο σατανας sont indifféremment employés pour désigner Satan.
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Ainsi, on retrouvera l’idée de ce verset (la « mort » que le Satan a fait entrer dans le monde est la mort spirituelle, corrélative à la mort physique) dans le Nouveau Testament, tout particulièrement dans les écrits johanniques,
- en Jn 8,44 : 
υμεις εκ του πατρος του διαβολου εστε και τας επιθυμιας του πατρος υμων θελετε ποιειν εκεινος ανθρωποκτονος ην απ αρχης και εν τη αληθεια ουχ εστηκεν οτι ουκ εστιν αληθεια εν αυτω οταν λαλη το ψευδος εκ των ιδιων λαλει οτι ψευστης εστιν και ο πατηρ αυτου 
Littéralement : υμεις – vous ; εκ – issus de ; του πατρος – le père ; του διαβολου – le diable ; εστε – vous êtes ; και – et ; τας επιθυμιας – les désirs ; του πατρος – du père ; υμων – de vous ; θελετε – vous voulez ; ποιειν – faire ; εκεινος – celui-là ; ανθρωποκτονος – tueur d’hommes ; ην – était ; απ αρχης – depuis commencement* ; και – et ; εν – dans ; τη αληθεια – la vérité ; ουχ – ne pas ; εστηκεν – s’est tenu ; οτι – parce que ; ουκ – ne pas ; εστιν – il est ; αληθεια – vérité ; εν – dans ; αυτω – celui-ci ; οταν – chaque fois que ; λαλη – il parle ; το ψευδος – le mensonge ; εκ – à partir de ; των ιδιων – les choses qui lui sont propres ; λαλει – il parle ; οτι – parce que ; ψευστης – menteur ; εστιν – il est ; και – et ; ο πατηρ – le père ; αυτου – de celui-ci
« Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n'était pas établi dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui : quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du mensonge »
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* Il faut remarquer que l’expression employée ici par saint Jean, απ αρχης,est pratiquement la même que celle, εν αρχη,employée par la LXX pour traduire בראשית « en un commencement », le premier mot de la Genèse.
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- en 1Jn 3,8a : 
ο ποιων την αμαρτιαν εκ του διαβολου εστιν οτι απ αρχης ο διαβολος αμαρτανει
Littéralement : ο ποιων – le faisant ; την αμαρτιαν – le péché ; εκ – issu de ; του διαβολου – le diable ;  εστιν – est ; οτι – parce que ; απ αρχης* – depuis cοmmencement ; διαβολος – diable ; αμαρτανει – pèche 
« Celui qui commet le péché est du diable, car le diable est pécheur dès l'origine. » ;
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* Voir remarque précédente.
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- en Ap 12,9:
και εβληθη ο δρακων ο μεγας ο οφις ο αρχαιος ο καλουμενος διαβολος και σατανας ο πλανων την οικουμενην ολην εβληθη εις την γην και οι αγγελοι αυτου μετ αυτου εβληθησαν
Littéralement : και – et ; εβληθη – fut jeté ; ο δρακων – le dragon ; ο μεγας – le grand ; ο οφις – le serpent ; ο αρχαιος – l’antique ; ο καλουμενος – le appelé ; διαβολος – Diable ; και – et ; σατανας – Satan ; ο πλανων  - le égarant ; την οικουμενην – l’habitée ; ολην – entière ; εβληθη  - fut jeté ; εις – en direction de ; την γην – la terre ; και – et ; οι αγγελοι – les messagers** ; αυτου – de lui ; μετ – avec ; αυτου – lui ; εβληθησαν – furent jetés
« On le jeta donc, l'énorme Dragon, l'antique Serpent*, celui qu’on appelle Diable et Satan, le séducteur de toute la terre habitée, on le jeta sur la terre et ses Anges** furent jetés avec lui. »
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* « L’énorme Dragon, l’antique Serpent » : voir le thème du Léviathan, de l’antagoniste du Créateur en 3.1.1. en cliquant ici.
** N’oublions pas que notre nom « ange » est directement dérivé du nom grec « ο  αγγελος, ho angelos, le messager »
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- et encore en Ap 20,2 :
και εκρατησεν τον δρακοντα τον οφιν τον αρχαιον ος εστιν διαβολος και σατανας
Littéralement : και – et ;  εκρατησεν – il s’empara de ; τον δρακοντα – le Dragon ; τον οφιν – le serpent ; τον αρχαιον – l’antique, ος – qui ; εστιν – est ; διαβολος – Diable ; και – et ; σατανας – Satan
« Il maîtrisa le Dragon, l'antique Serpent - c'est le Diable, Satan ».
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• Sg 2,12;17-20.

Ceux qui font le mal ne supportent pas les reproches, et encore moins la manière de vivre du juste.
Si les mauvais traitements ne réussissent pas à le réduire au silence, ou à le faire changer de conduite, ils vont jusqu'à le mettre à mort - en mettant même Dieu au défi de prendre parti!
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• Sg 7,7-11.

La sagesse humaine a du prix.
Mais il en est une autre, infiniment supérieure: celle qui vient de Dieu. Quand on a compris sa valeur inestimable, il faut la demander dans une prière instante.
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• Sg 9,13-18.

L'Esprit divin donne de connaître les pensées de Dieu non point de manière spéculative, mais dans l'expérience de la foi et de la vie. Cette certitude retient le croyant de céder au pessimisme et aux considérations désabusées inspirées par la sagesse humaine

Traduction et remarques:

Verset 13. 
τίς γὰρ ἄνθρωπος γνώσεται βουλὴν θεοῦ; ἢ τίς ἐνθυμηθήσεται τί θέλει ὁ κύριος;
Quel homme en effet peut connaître le dessein de Dieu,
et qui peut concevoir ce que veut le Seigneur?
Comp. Dt 30,12-14; Ba 3,29-32;37.

Versets 14-15. 
λογισμοὶ γὰρ θνητῶν δειλοί, καὶ ἐπισφαλεῖς αἱ ἐπίνοιαι ἡμῶν·
Car les pensées des mortels sont timides,
et instables nos réflexions;
φθαρτὸν γὰρ σῶμα βαρύνει ψυχήν, καὶ βρίθει τὸ γεῶδες σκῆνος νοῦν πολυφρόντιδα.
un corps corruptible, en effet, appesantit l'âme,
et cette tente d'argile alourdit l'esprit aux multiples soucis.
Les termes employés dans ce v.15 rappellent l'opposition établie par la philosophie grecque entre le corps d'une part, l'âme ou l'esprit d'autre part; cependant l'auteur estime normale l'union de l'âme et du corps (voir plus haut introduction à la Sagesse).
τὸ γεῶδες σκῆνος - cette tente d'argile: Dans le PT, l'image de la "tente" évoque la précarité de l'existence humaine (voir par ex. Jb 4,21; Is 33,20; 38,12).
L'épithète "d'argile" (litt. "de terre") peut renvoyer à Jb 4,19:
אף שׁכני בתי־חמר אשׁר־בעפר יסודם ידכאום לפני־עשׁ׃
"Combien plus chez ceux qui habitent des maisons d'argile,
Qui tirent leur origine de la poussière,
Et qui peuvent être écrasés comme un vermisseau!",
ou même à Gn 2,7.

Verset 16. 
καὶ μόλις εἰκάζομεν τὰ ἐπὶ γῆς καὶ τὰ ἐν χερσὶν εὑρίσκομεν μετὰ πόνου· τὰ δὲ ἐν οὐρανοῖς τίς ἐξιχνίασεν;
Nous avons peine à conjecturer ce qui est sur la terre,
et ce qui est à notre portée nous ne le trouvons qu'avec effort,
mais ce qui est dans les cieux, qui l'a découvert?
Comp. Dt 30,11sqq; Is 55,9.

Verset 17. 
βουλὴν δέ σου τίς ἔγνω, εἰ μὴ σὺ ἔδωκας σοφίαν καὶ ἔπεμψας τὸ ἅγιόν σου πνεῦμα ἀπὸ ὑψίστων;
Et ta volonté, qui l'a connue,
sans que tu aies donné la Sagesse
et envoyé d'en haut ton esprit saint?
Comp. Ps 143,10:
למדני לעשׂות רצונך כי־אתה אלוהי רוחך טובה תנחני בארץ מישׁור׃
"Enseigne-moi à faire ta volonté!
Car tu es mon Dieu.
Que ton bon esprit me conduise sur la voie droite!"
Voir 7,22sqq: assimilée à l'Esprit divin (cf. Ez 36,25-27; Ps 51,8;10sqq), la Sagesse est une force intérieure qui remet le pécheur sur le droit chemin (10,1) et le soutient dans l'accomplissement de la Loi (Ba 4,4). Ce don de Dieu a déjà trouvé, dans la Première Alliance, sa réalisation première (10).

Verset 18. 
καὶ οὕτως διωρθώθησαν αἱ τρίβοι τῶν ἐπὶ γῆς, καὶ τὰ ἀρεστά σου ἐδιδάχθησαν ἄνθρωποι, καὶ τῇ σοφίᾳ ἐσώθησαν.
Ainsi ont été rendus droits les sentiers de ceux qui sont sur la terre,
ainsi les hommes ont été instruits de ce qui te plaît
et, par la Sagesse, ont été sauvés.
ἐσώθησαν - ont été sauvés: "Sauvés" des périls temporels et spirituels. Cette action salutaire de la Sagesse est illustrée par tout le développement suivant, la seconde partie du Livre (voir plus haut, l'introduction générale à la Sagesse); cette péricope 9,13-18 sert en effet de transition entre ses deux grandes sections.
Comp. Ba 4,4:
μακάριοί ἐσμεν ισραηλ ὅτι τὰ ἀρεστὰ τῷ θεῷ ἡμῖν γνωστά ἐστιν
"Heureux sommes-nous, Israël, parce que ce qui plaît à Dieu nous a été révélé!"
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• Sg 12,13;16-19

Quoi qu'il y paraisse, le recours à la force est, chez l'homme, signe de faiblesse et de peur inavouées, d'autorité mal assurée (puisqu'elle a besoin de la contrainte). Voilà pourquoi le pouvoir - acquis par ce moyen - est sans cesse menacé et toujours éphémère.
En revanche, Dieu, qui est le Tout-puissant, peut faire preuve de modération, se montrer infiniment patient, indulgent, et miséricordieux.  

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• Sg 18,6-9.

L'auteur du Livre de la Sagesse (voir, plus haut, l'introduction) voit la nuit de la première Pâque comme une veillée liturgique célébrée dans l'attente confiante et joyeuse de la réalisation des promesses divines. Les descendants des justes d'autrefois sont assurés de connaître une délivrance semblable au terme de leur veille d'aujourd'hui. 

Traduction et remarques:

Verset 6. 
ἐκείνη ἡ νὺξ προεγνώσθη πατράσιν ἡμῶν, ἵνα ἀσφαλῶς εἰδότες οἷς ἐπίστευσαν ὅρκοις ἐπευθυμήσωσιν.
Cette nuit-là fut à l'avance connue de nos pères, pour que, sachant d'une manière sûre à quels serments ils avaient cru, ils aient bon courage.
πατράσιν ἡμῶν - de nos pères: Soit les Hébreux du temps de l'Exode (Ex 11,4-7), soit même plutôt les patriarches à qui YHWH avait promis de délivrer leurs descendants de la servitude d'Egypte (Gn 15,13-14; 46,3-4).

Versets 7-8.
προσεδέχθη ὑπὸ λαοῦ σου σωτηρία μὲν δικαίων, ἐχθρῶν δὲ ἀπώλεια·
Ton peuple attendit et le salut des justes et la perte des ennemis;
ᾧ γὰρ ἐτιμωρήσω τοὺς ὑπεναντίους, τούτῳ ἡμᾶς προσκαλεσάμενος ἐδόξασας.
car, par la vengeance même que tu tiras de nos adversaires, tu nous glorifias en nous appelant à toi.
L'extermination des premiers-nés d'Egypte, la célébration de la Pâque et l'Exode désignèrent définitivement Israël comme le peuple de Dieu (voir Dt 7,6 sqq).

Verset9.
κρυφῇ γὰρ ἐθυσίαζον ὅσιοι παῖδες ἀγαθῶν καὶ τὸν τῆς θειότητος νόμον ἐν ὁμονοίᾳ διέθεντο τῶν αὐτῶν ὁμοίως καὶ ἀγαθῶν καὶ κινδύνων μεταλήμψεσθαι τοὺς ἁγίους πατέρων ἤδη προαναμέλποντες αἴνους.
Aussi les saints enfants des bons sacrifiaient-ils en secret et ils établirent d'un commun accord cette loi divine, que les saints partageraient également biens et périls; et ils entonnaient déjà les cantiques des Pères.
• ὅσιοι παῖδες ἀγαθῶνles saints enfants des bons: C'est-à-dire les descendants de bonne souche, d'une lignée sainte; on peut également traduire (en considérant "ἀγαθῶν" non plus comme un masculin, mais comme un neutre): "les saints enfants des biens", c'est-à-dire les héritiers des biens promis aux Pères.
κρυφῇ ἐθυσίαζον - ils sacrifiaient en secret
- La Pâque est appelée "sacrifice": voir Ex 12,27; Dt 16,2;5.
- Ce sacrifice est dit "secret" parce que célébré à l'intérieur des maisons: voir Ex 12,46.
πατέρων ἤδη προαναμέλποντες αἴνους - et ils entonnaient déjà les cantiques des Pères: L'auteur interprète le Seder Pessah', le repas pascal comme on le faisait de son temps (Ier s. av. - Ier s. de notre ère):
- Pâque et alliance sont liées - voir Jr 31,32; 2Ch 30,1-27; 34,31-35,1; NT: Lc 22,20.
- La solidarité entre les participants (les "saints") se fonde probablement sur la circoncision exigée par Ex 12,43-49; voir NT: Jn 13,34.
- Le repas pascal s'achève par le chant du Hallel, Ps 113-118 (voir à cette page); voir NT: Mt 26,30. 
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