Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Baptême du Seigneur

Années A








Introduction



Voir à cette page.








<-Le Baptême du Seigneur - troisième quart du XIIIème siècle - Monastère Sainte-Catherine, Sinaï, Égypte.


Les Textes 
 
• Première Lecture : 

• Is 42,1-4;6-7

Ce "Premier chant du Serviteur" trace le portrait d'un Envoyé de Dieu hors de pair. Doux et humble de coeur, infiniment miséricordieux à l'égard de tous, d'une force d'âme invincible, Lumière des nations et Alliance de Dieu avec son peuple, Messie pacifique, il s'imposera "devant les nations". Cet oracle tourne le regard des chrétiens vers Jésus, le Christ (= l'Oint) du Seigneur, le Fils bien-aimé du Père.

Remarques:
• Sur "le" livre d'Isaïe, voir à cette page.
• Sur Is 40-66:
Le chapitres 40 inaugure ce qu'on l'on appelle souvent le "Livre de la Consolation d'Israël" (voir 40,1 et note à cette page). En effet, le prophète y annonce l'œuvre de salut que YHWH va accomplir pour son peuple.
Il ouvre aussi la seconde partie du Livre dit d'Isaïe, dans laquelle on peut repérer une structure tripartite, chaque partie regroupant neuf chapitres (40-48; 49-57; 58-66) et se terminant par un avertissement solennel adressé aux méchants.
Le prophète, portant ses regards vers l'avenir, développe trois grands thèmes:
1- le retour de l'exil babylonien;
2- le salut du peuple de Dieu, et son libérateur;
3- la gloire de la Jérusalem future.
Dès la première partie cependant, Isaïe porte ses regards au-delà de la captivité babylonienne et du retour de l'exil. Écrasant les perspectives, il embrasse toute l'histoire du Salut d'un seul coup d'œil, sans en séparer les étapes.
• Sur Is 40,1-42,17:
Après avoir évoqué le passé et le présent - et blâmé Israël - le prophète tourne ses regards vers l'avenir, et annonce l'œuvre de salut que YHWH va accomplir en faveur de son peuple.
Il recevra le pardon et son châtiment prendra fin; Dieu va lui porter secours, intervenir puissamment et le libérer.
Isaïe s'attache à souligner le caractère incomparable de YHWH, le seul vrai Dieu: Créateur de l'univers, il est le Maître de l'Histoire et Souverain sur les nations. C'est pourquoi, contrairement aux faux dieux, il a la capacité d'annoncer à l'avance ce qui va se produire et de susciter ces événements nouveaux. Israël a donc toutes les raisons d'espérer.
L'œuvre divine de salut concerne à la fois l'avenir proche et l'avenir plus lointain. Le prophète - qui ne distingue pourtant pas toujours clairement ces deux époques - annonce que Dieu va accomplir cette œuvre en suscitant d'abord Cyrus, puis le "Serviteur de YHWH".
Le premier va rendre possible le retour de l'exil babylonien, tandis que le second, revêtu de l'Esprit, mènera bien plus loin cette œuvre de salut: elle ne se limitera pas à Israël, mais concernera les hommes de toutes les "גוים goïm - nations", c'est-à-dire les non-Juifs; elle permettra l'établissement de la justice et du droit, tout particulièrement en faveur des plus faibles
• Contrairement au Texte liturgique de ce jour, je donne le v.5.  
 
Traduction et notes:

Verset 1.
  הן עבדי אתמך־בו בחירי רצתה נפשׁי נתתי רוחי עליו משׁפט לגוים יוציא׃
Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui; il fera valoir le jugement à l'égard des nations.
Les vv.1-9 (certains disent 1-7) constituent le premier des "Chants du Serviteur" (2ème: 49,1-9a; 3ème: 50,4-11; 4ème: 52,13-53,12).L'identification de ce "serviteur de YHWH" est controversée: Israël (voir ci-dessous)? Cyrus? le roi messianique? Le NT l'a identifié à Jésus.L'interprétation la plus soutenue pour ce passage est la suivante: le "serviteur" est l'Emmanuel des chap.7-12, le Messie. Il est tout à la fois un nouveau Cyrus, un nouvel Israël et un nouveau Moïse.
עבדי - mon serviteur: Cette expression, qui revient à plusieurs reprises dans les chap.41-53 (41,8;9; 42,1,19; 43,10; 44,1;2;21;26; 45,4; 49,6; 52,13; 53,11), désigne tantôt le peuple d'Israël tantôt un individu.
Comp. Ex 14,31; Nb 12,7; 2S 3,18; 2R 17,13; Jr 7,25. Le titre a été attribué, entre autres, à Moïse (voir
Ex 14,31; Nb 12,7) et à David (2S 3,18).
Zacharie l'associera (en 3,8) au
"יהיה צמח - germe de YHWH", mentionné en Is 4,2 (dans ce dernier cas, la locution désigne probablement le salut que YHWH fera germer, alors qu'en Is 11,1 le prophète désigne par cette même locution le Messie, agent du salut eschatologique.
Cette expression
"יהיה צמח - germe de YHWH" désignera d'ailleurs le Messie dans la littérature prophétique ultérieure: comp. par ex. Jr 23,5; 33,15; Za 3,8; 6,12).  
נתתי רוחי עליו - Je mettrai mon Esprit sur lui: Comme autrefois sur Moïse et sur les rois. Les idoles ne sont que du vent (même mot hébreu: רוּחroûakh'), alors que le Serviteur de YHWH sera habité par l'Esprit de YHWH.
משׁפט לגוים יוציא - il fera valoir le משׁפט jugement à l'égard des nations: Cette mission, de dimension universelle (rappel: le terme "גוים goïm - nations" désigne tous les non-Juifs), est soulignée à trois reprises (ici, aux vv.3 et 4).
On retrouve ici la même association (habitation de l'Esprit et rétablissement de la justice) qu'en 11,2-5 (voir à cette page) à propos de l'Emmanuel, le rameau-roi messianique.

Verset 2.
  לא יצעק ולא ישׂא ולא־ישׁמיע בחוץ קולו׃
Il ne criera pas, et il n'élèvera pas sa voix, il ne la fera pas entendre dans la rue.
Contrairement à Cyrus, qui agira par la force de ses armées (41,2-3;5;25), le Serviteur accomplira son œuvre de manière non violente.
Verset 3.
  קנה רצוץ לא ישׁבור ופשׁתה כהה לא יכבנה לאמת יוציא משׁפט׃
Il ne brisera pas le roseau froissé, et n'éteindra pas le lin qui brûle à peine. Il fera valoir le jugement en faveur de la vérité.
קנה רצוץ לא ישׁבור ופשׁתה כהה לא יכבנה - Il ne brisera pas le roseau froissé, et n'éteindra pas le lin qui brûle à peine: Métaphores: il prendra soin des faibles, des opprimés, de ceux qui ploient sous le poids de la souffrance provoquée par l'injustice des forts.

Verset 4.
   לא יכהה ולא ירוץ עד־ישׂים בארץ משׁפט ולתורתו איים ייחילו׃
Il ne se découragera point et ne se relâchera point, jusqu'à ce qu'il ait établi le juste jugement sur la terre; et les îles espéreront sa loi.
Le caractère universel de son œuvre et la référence à la Loi évoquent l'afflux des "גוים  goïm - nations" à Jérusalem (voir 2,2-3 et notes à cette page).

Verset 5.
   כה־אמר האל יהוה בורא השׁמים ונוטיהם רקע הארץ וצאצאיה נתן נשׁמה לעם עליה ורוח להלכים בה׃ 
Ainsi dit El, YHWH-l'Éternel, qui a créé les cieux et les a déployés, qui a étendu la terre et ses produits, qui donne la respiration au peuple qui est sur elle, et un esprit à ceux qui y marchent:
Le rappel de l'œuvre divine de création prépare l'annonce de la nouvelle création - thème important de cette partie du livre, déjà évoqué en 41,20, et qui le sera encore par ex. en 48,7 et 65,17-18 - que YHWH va accomplir.

Verset 6.
  אני יהוה קראתיך בצדק ואחזק בידך ואצרך ואתנך לברית עם לאור גוים׃
Moi, YHWH-l'Éternel, je t'ai appelé pour rendre justice; et je tiendrai ta main; et je te garderai; et je te donnerai pour <être> une alliance du peuple, pour <être> une lumière des nations,
קראתיך - je t'ai appelé: Comme Cyrus (41,2: "העירותי", "je l'ai suscité" - verbe-racine "עוּר‛oûr", comme ici employé avec le substantif "צדק tsedeq" - voir à cette page - dans le même verset; 41,25: "החזקתיך", "je t'ai pris" - verbe-racine "חזק kh'âzaq"); et comme Israël (41,9: "החזקתיך", "je t'ai pris" - verbe-racine "חזק kh'âzaq").
לברית עם - pour <être> une alliance du peuple: Comme Moïse autrefois, le Serviteur sera le médiateur d'une "ברית berîyth - alliance" entre YHWH et son peuple (comp. 55,3;59,21; Jr 31,31-34); il est ainsi le nouveau Moïse annoncé (voir Dt 18,15). Ce rôle indique donc, cette fois, que le Serviteur est à distinguer d'Israël et de Cyrus.
לאור גוים - pour <être> une lumière des nations: Comp. Is 49,6. La mission du Serviteur s'étendra donc à toutes les "גוים goïm - nations", c'est-à-dire aux non-Juifs (voir plus haut, introduction à la section).En Is 9,1, l'image de la "אור גדול - grande lumière" (qui sert souvent à évoquer le Salut chez Isaïe) est appliquée à l' "עמנו אל ‛immânoû'êl - Emmanuel" de 7,15 (voir, à cette page, les notes sur ces locutions), le roi messianique - ce qui montre que, finalement, on peut assimiler le Serviteur à l'"Emmanuel".
Le NT appliquera cette parole à Jésus (Lc 2,32; voir Jn 1,4-5;8-9;8,12; Ac 13,47;26,27). 


• Psaume : 

• Ps 29,1-3a;3c;4;9c-10

Sur les bords du Jourdain, en Jésus son Serviteur, le Père a manifesté la puissance de son amour, révélé la gloire de sa vérité, déployé la force de son Esprit.

• Sur les Psaumes, voir cette page.

Sur ce psaume:
Ce psaume porte (v.1a) la suscription "מזמור לדוד".
1 - Le terme qui lui est appliqué: "מזמור mizmôr" (du verbe-racine זמר zâmar, "1.tailler (la vigne)" => 2."frapper avec les doigts" => 3."toucher les cordes d'un instrument de musique" => 4."jouer de la musique tout en chantant" => 5."célébrer avec musique et chant") désigne un chant de louange, un psaume (LXX traduit d'ailleurs "Ψαλμὸς", et Vulgate "Psalmus"); c'est en quelque sorte le terme hébreu "générique" pour désigner un psaume.
2 - Il est attribué à David: "לדוד".
LXX ajoute à cette suscription: "ἐξοδίου σκηνῆς" - ce qui destinait ce psaume à un usage liturgique lors de la "clôture de la fête des Cabanes", i.e. à la "sortie de סכת - Soukkot"(voir cette page), ce qui s'accorderait bien avec le sens général du psaume: on a fini l'engrangement, juste avant l'automne, saison des pluies attendues avec impatience (voire anxiété, comme c'est actuellement le cas dans toute la région - en cruel déficit d'eau et de neige); lors de cette fête, on priait pour demander la pluie: voir Za 14,16-19. 
Ce psaume célèbre la majesté d'YHWH qui se manifeste dans l'orage, formidable démonstration de force et de puissance: en particulier, dans sa partie centrale (vv.3-9), il assimile le tonnerre terrifiant à "la voix d'YHWH".
Ce psaume a peut-être une portée polémique contre le culte de Baal (comp. 68,5 et note à cette page), considéré par les Cananéens comme le dieu de l'orage.
La maîtrise des éléments qui se déchaînent dans l'orage - voire, autrefois, dans le Déluge - révèle qu'YHWH règne sur l'univers.
Comme la traduction liturgique a amputé le v.3 et "inventé" un "verset" ("Le Dieu de la gloire déchaîne le tonnerre"), je donne ici l'intégralité de psaume - d'autant que, comme on le verra, ce dernier, très élaboré, repose sur de nombreuses répétitions de racines, synonymies et reprises de termes - et fourmille d'images poétiques.

Traduction et notes:

Verset 1.
  מזמור לדוד הבו ליהוה בני אלים הבו ליהוה כבוד ועז׃
Psaume de David.
Rendez à YHWH-l'Éternel,
fils de Dieu, 
Rendez à YHWH-l'Éternel gloire et puissance!

הבו - Rendez: Le verbe-racine "יהב yâhab" exprime l'idée de "don"; en français, s'il est courant de dire que l'on "rend gloire" à quelqu'un, c'est-à-dire que l'on "célèbre" sa gloire, qu'on la chante, le verbe "rendre" avec tout autre COd signifie "redonner à qq'un qq ch qui lui a été préalablement retiré"... D'où la difficulté de rendre le verbe hébreu par la même verbe français dans les vv.1-2...
La Bible du Semeur tourne la difficulté en traduisant "Célébrez l'Éternel [...]
Célébrez l'Éternel en proclamant sa gloire et sa puissance [...] Oui, célébrez la gloire du nom de l'Éternel".
בני אלים - fils de Dieu: Le mot hébreu "אלים" donne bien du mal aux traducteurs et aux exégètes... En effet, s'il ne s'agit pas (voir à cette page) du nom "אלהים - 'ĕlôhı̂ym - Elohim" - c'est le pluriel du mot "אל 'êl"; adjectif ou adjectif substantivé,
1.
il signifie "puissant = fort" (on trouve donc ainsi, par ex., dans la trad. Darby française, "fils des forts");
2.de ce sens dérive "puissant = prince, souverain, etc." (et l'on  trouve alors, dans la trad. King James, "O ye mighty");
3.d'où "puissant/puissance = divinité" (et l'on trouve alors, dans la traduction liturgique française "vous, les dieux") ;
4.d'où "
אל - 'êl - El" = "le Tout-Puissant", d'où les traductions les plus nombreuses... (et les plus logiques, étant donné le contexte liturgique de ce psaume tel qu'indiqué par la LXX): "vous, les fils de Dieu".
Il semble en effet plus logique que, dans un psaume chanté à Soukkot, le maître des chants demande aux "fils d'El(ohim)", donc aux fidèles, de louer Dieu pour sa toute-puissance sur les éléments - et non aux seuls "puissants", voire aux "anges" (Bible du Semeur) ou... aux "dieux"!  

Verset 2.
  הבו ליהוה כבוד שׁמו השׁתחוו ליהוה בהדרת־קדשׁ׃
Rendez à YHWH-l'Éternel gloire pour son nom!
Prosternez-vous devant YHWH-l'Éternel avec des ornements sacrés!

כבוד שׁמו - gloire pour son nom: Littéralement "gloire de son nom" => "célébrez la gloire de son nom" ou "rendez gloire <pour> son nom (voir  v.1); rappelons que le "nom" représente la personne (d'où l'importance de celui-ci, et les nombreux changements de noms dans la Bible, qui correspondent à un changement de vie ou de vocation), et que השםHaShèm = "Le Nom" est l'une des façons de parler de YHWH sans prononcer le tétragramme.
• 
בהדרת־קדשׁ - avec des ornements sacrés:
"
הדרה hădârâh" est l'équivalent féminin de "הדר hâdâr" (voir v.4; il est lui-même dérivé du verbe-racine "הדר hâdar"); cet adjectif, substantivé aux deux genres, désigne tout ce qui est plein de magnificence, splendeur, ornement, beauté, etc.
"קדשׁ qôdesh" s'applique à ce qui est "sacré", "saint", et peut avoir valeur d'abstraction: "sainteté".
La locution "בהדרת־קדשׁ" peut s'appliquer à YHWH => "dans la splendeur de sa sainteté", le pluriel "הדרת" ayant alors valeur emphatique; ou aux fidèles => "avec des ornements sacrés".

Verset 3.
 קול יהוה על־המים אל־הכבוד הרעים יהוה על־מים רבים׃
La voix de YHWH-l'Éternel est sur les eaux,
Le Dieu de gloire fait tonner;
YHWH-l'Éternel est sur les grandes eaux.
קול יהוה - La voix de YHWH: L'expression est employée sept fois, chiffre de la plénitude.
אל־הכבוד הרעים - Le Dieu de gloire fait tonner: Comp. 18,14; 68,34; Jb 37,2;40,9.
• מים רבים - les grandes eaux: Litt., "les eaux abondantes".
Alors que terme "
המיםles eaux" désigne sans doute celles que les hommes connaissent bien et pensent comprendre (la Méditerranée, les fleuves et lacs, et même la pluie), la locution "מים רבים" désigne très vraisemblablement les eaux qu'ils ont davantage de mal à comprendre: "l'eau d'en dessus" (la pluie - qui en provient - arrivant sur le "disque terrestre" par des "fissures" de la "voûte du ciel", cachées par les nuages) et "l'eau d'en dessous"; et peut-être même les pluies anormalement fortes, ainsi que la Méditerranée lorsqu'elle est déchaînée lors d'une tempête (d'où "הרעים" - le tonnerre) - mais qu'YHWH, lui, maîtrise. 

Verset 4.
 קול־יהוה בכח קול יהוה בהדר׃
La voix de YHWH-l'Éternel est puissante,
La voix de YHWH-l'Éternel est majestueuse.


Verset 5.
 קול יהוה שׁבר ארזים וישׁבר יהוה את־ארזי הלבנון׃
La voix de YHWH-l'Éternel brise les cèdres;
YHWH-l'Éternel brise les cèdres du Liban,

ארזי הלבנון - les cèdres du Liban: Les cèdres du Liban étaient (et demeurent!) le symbole des arbres les plus majestueux et des plus robustes; leur bois a été utilisé (entre autres) pour l'édification des plus somptueux bâtiments de l'Égypte ancienne, et - cela est bien connu dans la Bible - dans la construction du Temple (voir à cette page).

Ci-contre: un cèdre de la réserve de Tannourine, dans le Mont-Liban ->

On notera d'ailleurs que le mot hébreu "ארז'erez - cèdre" vient du verbe-racine "ארז'âraz", signifiant "être fort". Comp., par ex., en Is 2,13: "כל־ארזי הלבנון הרמים והנשׂאים" - "tous les cèdres du Liban, hauts et élevés".

Verset 6.
  וירקידם כמו־עגל לבנון ושׂרין כמו בן־ראמים׃
Il les fait bondir comme des veaux,
Et le Liban et le Siryôn comme de jeunes buffles.

לבנון ושׂרין - le Liban et le Siryôn: Chaînes de montagnes.
- Le mont-Liban (73 occurrences), long de 170km, est parallèle à la côte de l'actuel Liban; certains de ses sommets dépassent 3000m, et sont couverts de neiges éternelles (d'où le nom "
לבנוןlebânôn", "<la montagne> blanche").
- "Siryôn" ("
שׂרין śiryôn"; 2 occurrences) est le nom sidonien de l'Hermon (16 occurrences), partie la plus élevée (sommet à 2814m) de l'Anti-Liban, chaîne parallèle au mont-Liban, à l'intérieur de l'actuel Liban, dominant la plaine de la Beqaa, et servant de frontière est entre ce pays et l'actuelle Syrie; l'Hermon est situé au sud de l'Anti-Liban.
Ce v. signifie que les arbres les plus énormes, les plus hautes montagnes tremblent et vacillent comme de jeunes animaux lorsque YHWH donne de la voix.


Verset 7.
 קול־יהוה חצב להבות אשׁ׃
La voix de YHWH-l'Éternel fait jaillir des flammes de feu.
להבות אשׁ - des flammes de feu: Exergasia (= synonymes, ici coordonnés) pour désigner les éclairs.

Verset 8.
 קול יהוה יחיל מדבר יחיל יהוה מדבר קדשׁ׃
La voix de YHWH-l'Éternel fait trembler le désert;
YHWH-l'Éternel fait trembler le désert de Qadesh.

מדבר קדשׁ - le désert de Qadesh: Deux (voire plusieurs) oasis différentes portent ce nom ("קדשׁ qâdêsh": "sanctuaire", "lieu interdit, tabou", "refuge") qu'elles ont donné aux territoires environnants; cependant, la proximité textuelle avec le Liban et l'Hermon peut faire penser qu'il s'agit ici de "Qadesh au pays des Hittites", le "תּחתּים חדשׁי takh'tîym kh'odshîy" de 2S 24,6, sur le cours supérieur de l'Oronte, qui a été recensé par David (ce qui ferait également incliner en faveur de ce lieu - puisque le psaume est attribué à David, voir la suscription).

Verset 9.
 קול יהוה יחולל אילות ויחשׂף יערות ובהיכלו כלו אמר כבוד׃
La voix de YHWH-l'Éternel fait enfanter les biches,
Elle dépouille les forêts.
Et dans son palais tout s'écrie: Gloire!

יחולל אילות ויחשׂף יערות - fait enfanter les biches et dépouille les forêts: Faune ("biches") et flore ("forêts"), tout comme la nature inanimée (montagnes, v.6, et déserts, v.8) réagissent à la manifestation de la puissance divine.
בהיכלו - dans son palais: Le mot "היכלhêykâl" (sans doute dérivé de la racine primaire "יכול ou יכל yâkôl", exprimant l'idée de "capacité") désigne un vaste bâtiment public; d'où les deux traductions que l'on trouve ici: "son palais" (Martin, L.Segond, BJ, Semeur par ex.) ou "son temple" (Darby française, Ostervald par ex.). Mais ici "כלו" - litt. "tout <ce qui est> à lui" - désigne la nature (voir note précédente) et non le peuple; on penchera donc plutôt vers la traduction "son palais" au sens de "demeure céleste" - voir 2,4;3,5;11,4;113,5; Is 6,1;40,22 - plutôt que vers "son temple" (qui fait davantage penser au Temple matériel).

Verset 10.
  יהוה למבול ישׁב וישׁב יהוה מלך לעולם׃
YHWH-l'Éternel trônait lors du Déluge;
YHWH-l'Éternel
trône comme roi éternellement.
Le psalmiste réaffirme la souveraineté ("ישׁב yâshab - être assis"; "מלך
mélék - <comme, en tant que> roi" => "trôner") de YHWH sur tous les éléments: le Déluge
("מבּוּל mabboûl") en a été une démonstration.

Verset 11.
  יהוה עז לעמו יתן יהוה יברך את־עמו בשׁלום׃
YHWH-l'Éternel donnera force à son peuple;
YHWH-l'Éternel
bénira son peuple par la paix.
La puissance divine
- qui se manifeste dans l'orage (v.3: la pluie; vv.3;4;5;7;8;9: le tonnerre, la "voix d'YHWH"; v.7: la foudre)
- et que tous (hommes: vv.1-2; et nature: vv.3, les "eaux"; 5, les cèdres; 6, les montagnes; 8, les déserts et leurs oasis;9, les animaux et les forêts) peuvent contempler
est finalement mise au service de son peuple pour lui assurer prospérité, bonheur et paix (rappel: "שׁלום shâlôm" n'est pas seulement l'absence de guerre, mais une vie dans l'entente et l'harmonie).




• Deuxième Lecture : 

• Ac 10,34-38

Les principales étapes du ministère messianique de Jésus, évoquées en un raccourci très dense, lors de la première annonce du "Sauveur de tous" faite à un "גּוי gôy - païen", auquel Pierre a donné le baptême.

Remarques:
• Sur les Actes des Apôtres, voir à cette page.
• Sur Ac 10-11:
Comme le souligne le déroulement du récit, c'est Dieu qui a dirigé de la rencontre entre Pierre et Corneille:
- un ange intervient auprès de Corneille (10,1-8);
- Pierre a une vision (vv.9-16);
- l'Esprit parle à l'apôtre (v.19),
- puis interrompt son discours en descendant sur les auditeurs de Pierre et en leur donnant de parler en différentes langues (vv.44-46).
On comprend donc que l'apôtre ait choisi de ne pas s'opposer à l'action de Dieu (vv.47;11,17)!
L'événement correspond à la troisième étape de l'ouverture du Royaume par Pierre (cf. Ac 1,8 et note à cette page - après l'annonce aux Juifs et aux Samaritains, vient le moment de l'annonce aux "גוים goïm - nations", i.e. aux non-Juifs/païens").
Cette étape sera périlleuse, comme le prouve la réaction des chrétiens juifs de Jérusalem (11,1-18). Car elle impose de réinterpréter certaines données de la TaNaKh, ainsi que Dieu lui-même le montre à Pierre dans sa vision des animaux qu'il offre à manger à l'apôtre (10,10-16). L'Église devra comprendre le rôle transitoire et pédagogique des lois de pureté du PT - qui séparaient Juifs (même christianisés) et non-Juifs, et que Jésus a permis de dépasser en assurant "le pardon des péchés" à "quiconque croit en lui" (10,43).
La tension que suscite la visite de Pierre à Corneille (11,2-3;18) annonce la crise de 15,1-5 concernant la circoncision.
À Antioche (11,19-30), les choses s'accélèrent, de nombreux גוים goïm - non-Juifs se tournent vers le Seigneur; on leur donne alors un nom: ce sont les partisans du Christ, les "chrétiens" (11,26).
Après le baptême dans l'Esprit de Corneille (10,44-45), c'est à la création de la première Église chrétienne pagano-chrétienne (11,26) que l'on assiste - et cette fondation s'opère dans la solidarité avec l'Église de Judée (11,29-30).
• Sur ce segment, voir également à cette page.

Traduction et notes:

Verset 34.

᾿Ανοίξας δὲ Πέτρος τὸ στόμα εἶπεν· ἐπ᾿ ἀληθείας καταλαμβάνομαι ὅτι οὐκ ἔστι προσωπολήπτης ὁ Θεός,
Et Pierre, ouvrant la bouche, dit: En vérité, je comprends que Dieu ne fait pas acception de personnes,   
οὐκ ἔστι προσωπολήπτης ὁ Θεός - Dieu ne fait pas acception de personnes: Voir Dt 10,17 ("האל [...] אשׁר לא־ישׂא פנים - LXX: ὁ θεὸς [...] ὅστις οὐ θαυμάζει πρόσωπον - le Dieu [...] qui ne fait point acception de personnes"); comp. Lc 20,21: "οἴδαμεν ὅτι [...] οὐ λαμβάνεις πρόσωπον - nous savons que [...] tu ne fais point acception de personnes".

Verset 35.
ἀλλ᾿ ἐν παντὶ ἔθνει ὁ φοβούμενος αὐτὸν καὶ ἐργαζόμενος δικαιοσύνην δεκτὸς αὐτῷ ἐστι.
mais qu'en toute nation celui qui le craint et qui pratique la justice lui est agréable.  
ἐν παντὶ ἔθνειen toute nation: Rappel: dans la LXX, le terme "ἔθνος
ethnos
- nation" traduit l'hébreu "גּוי gôy - non-Juif".
ὁ φοβούμενος αὐτόν - celui qui le craint: Rappel: "craindre" Dieu ne signifie pas avoir peur" de Lui, mais le respecter (voir cette page). 

Verset 36.
τὸν λόγον ὃν ἀπέστειλε τοῖς υἱοῖς ᾿Ισραὴλ εὐαγγελιζόμενος εἰρήνην διὰ ᾿Ιησοῦ Χριστοῦ· οὗτός ἐστι πάντων Κύριος·
Vous connaissez la parole qu'il a envoyée aux fils d'Israël, annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ (il est le Seigneur de tous),
εἰρήνην - la paix: Rappel: comme "שׁלום shâlôm" en hébreu, "εἰρήνη
eïrēnē
" ne désigne pas seulement l'absence de guerre, mais le bonheur d'une vie passée dans l'entente et l'harmonie.
Comp. Lc 2,10-14;30-32.

Verset 37.
ὑμεῖς οἴδατε τὸ γενόμενον ῥῆμα καθ᾿ ὅλης τῆς ᾿Ιουδαίας, ἀρξάμενος ἀπὸ τῆς Γαλιλαίας μετὰ τὸ βάπτισμα ὃ ἐκήρυξεν ᾿Ιωάννης,
Vous savez ce qui a été annoncé par toute la Judée, en commençant par la Galilée, après le baptême que Jean a prêché,
Pierre rend "témoignage" (vv.39;41) de l'histoire de Jésus, depuis le Baptême par Jean jusqu'à la Résurrection (vv.37-43; voir 1,21-22). L'œuvre, présente, de l'Esprit s'enracine dans celle, historique, du Christ.

Verset 38.
᾿Ιησοῦν τὸν ἀπὸ Ναζαρέτ, ὡς ἔχρισεν αὐτὸν ὁ Θεὸς Πνεύματι ῾Αγίῳ καὶ δυνάμει, ὃς διῆλθεν εὐεργετῶν καὶ ἰώμενος πάντας τοὺς καταδυναστευομένους ὑπὸ τοῦ διαβόλου, ὅτι ὁ Θεὸς ἦν μετ᾿ αὐτοῦ·
<vous savez> comment Dieu a oint du Saint Esprit et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l'empire du diable, parce que Dieu était avec lui.
Comp. Lc 4,1;14;18-19.


• Évangile :

Le Baptême du Seigneur
Reiner de Huy - Fonts baptismaux, 1107-1118 - Saint-Barthélemy, Liège (Belgique).
On notera que cette représentation respecte les principaux éléments
de la typologie iconographique (comparer à l'icône en tête de page; voir à cette page)

• Mt 3,13-17

Le "Fils bien-aimé" du Père n'avait pas à se soumettre à un rite de purification. Jésus insiste pourtant; Jean doit le baptiser, "c'est de cette façon que nous devons accomplir ce qui est juste".
Pour être "juste", il faut se conformer à la volonté du Père, comme ne cesse de l'écrire saint Matthieu tout au long de son évangile.
En se faisant solidaire avec nous, pécheurs, Jésus nous montre et nous ouvre la voie de la "justice".  

Sur l'évangile de Matthieu: Voir à cette page.
Sur Mt 3,1 - 4,11:
Alors que, depuis longtemps, le ministère des prophètes du PT avait cessé, un nouveau messager apparaît (3,1-12) et sa prédication de la pérennité du Royaume attire les foules. Il prêche la nécessité de changer et l'imminence du jugement, invitant Israël à revenir à Dieu. Il se présente comme le précurseur (voir cette page) de celui qui sera "plus puissant" que lui.C'est dans ce contexte que Jésus apparaît (3,13-17). Lui qui n'avait nul besoin d'être baptisé se plie au rite de Jean afin que le plan divin soit accompli (voir cette page). Dieu l'investit officiellement de sa mission. Représentant d'Israël à la manière du Serviteur (voir cette page) de la prophétie d'Isaïe, il devient solidaire des péchés de son peuple, déposés dans l'eau du baptême telles les pierres laissées par Israël dans le lit du Jourdain lors de l'entrée dans le Pays promis (Jos 4,8-9). Car pour Jésus le baptême a été sa traversée de la mer des Roseaux (Ex 14,21-25; voir 1Co 10,2), suivie du temps de l'épreuve et de la tentation dans le désert: pour représenter Israël devant Dieu, il lui fallait obéir là où le peuple avait succombé. Jésus en avait conscience car, conduit au désert par l'Esprit, c'est le Dt qu'il choisit de méditer, et dans lequel il puise les paroles divines qu'il oppose aux tentations diaboliques qu'il doit affronter. Certains voient encore à l'arrière-plan de ces textes l'image du nouvel Adam qui résiste à la tentation du serpent. 


Traduction et remarques:

Verset 13.᾿
Τότε παραγίνεται ὁ ᾿Ιησοῦς ἀπὸ τῆς Γαλιλαίας ἐπὶ τὸν ᾿Ιορδάνην πρὸς τὸν ᾿Ιωάννην τοῦ βαπτισθῆναι ὑπ᾿ αὐτοῦ.
Alors Jésus vient de Galilée au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui;

Verset 14.᾿
ὁ δὲ ᾿Ιωάννης διεκώλυεν αὐτὸν λέγων· ἐγὼ χρείαν ἔχω ὑπὸ σοῦ βαπτισθῆναι, καὶ σὺ ἔρχῃ πρός με;
mais Jean l'en empêchait fort, disant: Moi, j'ai besoin d'être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi!

Verset 15.᾿
ἀποκριθεὶς δὲ ὁ ᾿Ιησοῦς εἶπε πρὸς αὐτόν· ἄφες ἄρτι· οὕτω γὰρ πρέπον ἐστὶν ἡμῖν πληρῶσαι πᾶσαν δικαιοσύνην. τότε ἀφίησιν αὐτόν·
Et Jésus, répondant, lui dit: Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Alors il le laissa faire.
πᾶσαν δικαιοσύνην - tout ce qui est juste: Litt. "toute la justice"; i.e. la volonté du Père. En demandant à Jean de le baptiser, Jésus montre en effet son obéissance au plan de Dieu tel qu'il est révélé dans l'Écriture car - comme Matthieu l'a déjà souligné à plusieurs reprises (voir par ex. 2,15;18) - il vient l'"accomplir" (sur cet accomplissement, voir v.17 et note).
Lui qui n'a pas besoin de se faire baptiser (v.14) - puisque,
le baptême de Jean étant un rite de purification, Jésus n'avait pas besoin de se faire baptiser - mais par son baptême, il s'identifie à Israël qui reconnaît ses péchés et attend le Royaume de Dieu.

Verset 16.᾿
καὶ βαπτισθεὶς ὁ ᾿Ιησοῦς ἀνέβη εὐθὺς ἀπὸ τοῦ ὕδατος· καὶ ἰδοὺ ἀνεῴχθησαν αὐτῷ οἱ οὐρανοί καὶ εἶδε τὸ Πνεῦμα τοῦ Θεοῦ καταβαῖνον ὡσεὶ περιστερὰν καὶ ἐρχόμενον ἐπ᾿ αὐτόν·
Et Jésus, ayant été baptisé, monta aussitôt, s'éloignant de l'eau; et voici, les cieux furent ouverts pour lui, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe, et venant sur lui.
βαπτισθείς - ayant été baptisé: Rappel: "βαπτίζω baptidzō" signifie "immerger", "tremper intégralement"; dans le NT seulement, ce verbe désigne d'abord la טבילהTevilah, rite de purification par immersion dans le מקוהmiqvéh (voir cette page) - puis, après celui du Christ, le baptême.
ἀνεῴχθησαν αὐτῷ οἱ οὐρανοί - les cieux furent ouverts pour lui:
"αὐτῷ - pour lui" ne figure pas dans tous les manuscrits; ainsi Codex Sinaiticus, ci-contre, le rajoute-t-il en très petits carctères et en marge ->
Ce v. présente d'ailleurs de nombreuses variantes: "
βαπτισθεις δε ο ιησους ευθυς ανεβη απο του υδατος και ιδου ανεωχθησαν {VAR2: [αυτω] } οι ουρανοι και ειδεν {VAR1: πνευμα } {VAR2: [το] πνευμα [του] } θεου καταβαινον ωσει περιστεραν {VAR2: [και] } ερχομενον επ αυτον"
(
{VAR1: Recension Westcott-Hort,1881} ;  {VAR2: Recension Nestle-Aland 27ème/UBS4} )
"ἀνεῴχθησαν οἱ οὐρανοί - les cieux furent ouverts": Voir Is 63,19b; Ez 1,1.
ὡσεὶ περιστεράν - comme une colombe:Certains (voir par ex. la méditation ci-dessous) voient dans cette colombe une allusion à Gn 8,8-12 - où l'oiseau apparaît comme le signe annonciateur du monde nouveau qui sort des eaux (comp. Mt 24,37-39 à cette page; 1P 3,20-21).
D'autres voient dans ce v. une allusion à Gn 1,2, où il est dit que "l'Esprit de Dieu planait au-dessus des eaux".
La colombe servait par ailleurs dans le Judaïsme à symboliser Israël; Jésus pourrait alors être une représentation d'Israël par excellence.
... τὸ Πνεῦμα τοῦ Θεοῦ ...  - ... l'Esprit de Dieu ...: L'accent du texte tombe sur la descente de l'Esprit sur Celui que Jean attendait et sur lequel, précisément, devait descendre l'Esprit de Dieu:
- le Messie, fils de David (Is 11,2; voir à cette page)
;
- le serviteur de YHWH (Is 42,1; voir plus haut ou
à cette page et v.17, ci-dessous);
- le Prophète attendu (Is 61,1).

Verset 17.᾿
καὶ ἰδοὺ φωνὴ ἐκ τῶν οὐρανῶν λέγουσα· οὗτός ἐστιν ὁ υἱός μου ὁ ἀγαπητός, ἐν ᾧ εὐδόκησα.
Et voici une voix <venue> des cieux, disant: Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui j'ai trouvé mon plaisir.
Allusions à Ps 2,7 et Is 42,1.
La "
φωνὴ ἐκ τῶν οὐρανῶν -voix <venue> des cieux" révèle l'identité de Jésus: il est le Roi-Messie, le "Fils" de Dieu de Ps 2,7: "יהוה אמר אלי בני אתה - YHWH m'a dit: Toi, tu es mon Fils", et son ministère sera celui du Serviteur d'Is 42,1: "הן עבדי אתמך־בו בחירי רצתה נפשׁי - Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme trouve son plaisir", appelé à se substituer au peuple d'Israël dans la condamnation de son péché (Is 53).
Par son baptême-immersion dans les eaux du Jourdain, sépulcre liquide (voir la notion de "kénose", et les icônes typologiques commentées à cette page), le Fils prend symboliquement sur lui les péchés que ses contemporains avaient comme déposés dans l'eau du Jourdain.
Le lien que Jésus établit entre le baptême et sa mort en Mc 10,38-39 ("[...]Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé?
[...] Vous boirez bien la coupe que moi je bois, et vous serez baptisés du baptême dont moi je serai baptisé") et Lc 12,50 ("Il est un baptême dont je dois être baptisé") montre que c'est biende manière substitutive - à la manière du Serviteur - qu'il avait compris son baptême. 


Méditation:
Homélie du IVème siècle pour l'Épiphanie, la Sainte Théophanie.
« En lui j'ai mis tout mon amour »
      Le Christ, créateur de toutes choses, est descendu comme une pluie, s'est fait connaître comme une source, s'est répandu comme un fleuve (Os 6,3; Jn 4,14;7,38) et le voici baptisé dans le Jourdain [...] La Source insaisissable, qui fait jaillir la vie pour tous les hommes et qui n'a pas de fin, a été cachée par des eaux pauvres et éphémères. Celui qui est présent partout, qui n'est nulle part absent, celui qui est insaisissable par les anges et invisible aux hommes, vient au baptême selon sa volonté [...]
      « Et voici que les cieux s'ouvrirent, et il y eut une voix disant : ' Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour '. » Le Bien-aimé engendre l'amour, et la lumière immatérielle engendre « la lumière inaccessible » (1Tm 6,16). « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » [...] Dans l'arche de Noé, la colombe a manifesté l'amour de Dieu pour les hommes (Gn 8,11). Maintenant l'Esprit descend sous cette apparence, Il est pareil à la colombe qui a apporté une pousse d'olivier, et Il s'arrête au-dessus de Celui à qui il rend témoignage. Pourquoi ? Pour que l'on comprenne avec certitude que c'est bien la voix du Père [...]: « La voix du Seigneur sur les eaux, le Dieu de gloire déchaîne le tonnerre, le Seigneur sur la masse des eaux » (Ps 29,3). Que dit cette voix ? « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour. » Il est celui qu'on appelle fils de Joseph, et il est mon Fils unique selon l'être divin. « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » : il a faim et il nourrit des foules innombrables, il peine et il soulage ceux qui peinent. Il n'a pas où reposer la tête et il porte tout dans sa main, il souffre et il guérit les souffrances. On le frappe mais il accorde au monde la liberté, on transperce son côté mais il répare le côté d'Adam.
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