Au service de l'Ecriture - Yvette Mailliet le Penven

Ascension du Seigneur 

(Années B)


Introduction générale et éléments de méditation - voir à cette page.

___________________________________________________________________________

Les Textes  

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

• Première Lecture :  

• Ac 1,1-11.

En plaçant au début du Livre des Actes des Apôtres, comme à la fin de son Evangile, une notice sur l’Ascension du Seigneur, saint Luc fait entendre d’emblée que la mission de l’Eglise continue celle de Jésus.
La tradition a surtout retenu qu’au moment de son départ le Seigneur a institué les Apôtres témoins de sa résurrection et prédicateurs de la Bonne Nouvelle dans le monde entier.
Saint Luc ne manque pas de le rappeler. Dans le Livre des Actes, il situe la promesse de l’Esprit et l’ordre de mission dans le cadre d’un ultime repas que le ressuscité a pris avec ses Apôtres avant de disparaître à leurs yeux : ce qui rappelle l’apparition aux deux disciples d’Emmaüs, et donne à ce repas d’adieux une coloration eucharistique.

Commentaire rhétorique sur la première phrase des Actes des Apôtres (Ac 1,1-3):
On oppose souvent la rhétorique biblique – qui est une branche de la rhétorique sémitique – à la rhétorique dite « classique », gréco-romaine. Roland Meynet résume la nette différence entre ces deux façons de s’exprimer par la formule « le Grec démontre, le Juif montre ». La binarité, la parataxe, les constructions concentriques que nous avons souvent rencontrées en hébreu sont en effet bien différentes des développements linéaires de la rhétorique « occidentale ».
Cependant, on trouve bon nombre d’hébraïsmes dans la LXX, ainsi que dans nombre de textes qui ont été rédigés en grec. En revanche, la culture grecque, ses catégories, et surtout sa logique – donc sa rhétorique – ont certainement exercé une influence sur ceux qui, par la force des choses, se sont inculturés dans le monde grec du seul fait qu’ils écrivaient dans sa langue.
C’est le cas dans les longues périodes ( = phrases très structurées) des Ac et dans les épîtres deutéro-pauliniennes.

Cette première phrase des Ac – particulièrement longue, puisqu’elle se déroule sur trois versets, et complexe – ressemble par sa forme aux prologues des orateurs grecs, et est très éloignée de la parataxe hébraïque.

On peut en schématiser ainsi l’analyse logique (les numéros qui précèdent les propositions indiquent leur degré de subordination ; les verbes, noyaux des propositions, sont soulignés, les subordonnants encadrés) :

Ø.  J’ai fait mon premier livre sur toutes les choses, ô Théophile : PRINCIPALE
1. {que} Jésus avait commencé à faire et à enseigner depuis le jour : SUBORDONNEE RELATIVE, complément de détermination de l’antécédent « toutes les choses »
2. {où} … il fut enlevé : SUBORDONNEE RELATIVE, complément de détermination de l’antécédent « le jour »
* ayant instruit les apôtres : participe apposé à « Jésus » repris par le pronom « il » -> inclusion dans la relative
3. {qu’} il avait choisis par l’Esprit Saint : SUBORDONNEE RELATIVE, complément de détermination de l’antécédent « les apôtres »
3. eux {auxquels} il s’était présenté lui-même vivant … avec de nombreuses preuves : SUBORDONNEE RELATIVE, complément de détermination de l’antécédent « les apôtres » repris par le pronom « eux »
4. {après qu’} il eut souffert : SUBORDONNEE CONJONCTIVE, complément circonstanciel de temps de « s’était présenté »
* pendant quarante jours leur étant apparu : participe apposé à « Jésus », repris par « il » (dans « il s’était présenté) -> inclusion dans la relative
* et les ayant entretenus du règne de Dieu : participe apposé à « Jésus », repris par « il » (dans « il s’était présenté), coordonné au participe apposé précédent par « et » -> inclusion dans la relative.
-------
* Remarque : les participes apposés ne sauraient constituer les noyaux de propositions participiales, puisqu’ils n’ont pas de sujets propres (les pronoms « il » étant déjà sujets de verbes noyaux d’autres propositions).
Comparons:
-          Les parts (S) ayant été faites, le lion (S) parla : 0. Le lion parla : principale ; 1. Les parts ayant été faites : subordonnée participiale, c. circ. de temps de « parla ».
-          Ayant fait les parts, le lion (S) parla : indépendante avec le participe « ayant fait (les parts) » apposé à « lion », qui est déjà sujet du verbe « parla » ; le participe apposé est donc inclus dans l’indépendante.
-------
Nous avons néanmoins cinq niveaux de propositions :
-          la principale ;
-          une subordonnée relative déterminant la principale ;
-          une subordonnée relative déterminant la première subordonnée relative ;
-          deux subordonnées relatives déterminant la deuxième subordonnée relative ;
-          une subordonnée conjonctive complément d’une subordonnée relative de quatrième niveau.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

• Psaume :  

• Ps 46.

Le règne de Dieu vient dans le monde – pour les chrétiens par le Christ intronisé à la droite du Père.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

• Deuxième Lecture :  

• Ep 4,1-16.

C’est une sorte de testament spirituel que l’Apôtre Paul, en prison « à cause du Seigneur » (il vaudrait mieux traduire « pour le Seigneur », ou encore « en communion avec le Seigneur »*), adresse aux Ephésiens.
« Descendu » sur la terre et jusqu’à l’abîme de la mort, « monté » au ciel où il est désormais à la droite de Dieu, le Christ a pris en charge l’univers entier pour en faire une création nouvelle. Il distribue à chacun les dons multiples de l’Esprit.
Que les disciples du Seigneur, fidèles à la grâce qu’ils ont reçue, vivent dans l’unité du Corps dont le Christ est la Tête et que chacun, selon sa vocation, travaille activement à sa cohésion.
-------
* εγω ο δεσμιος εν κυριω – Littéralement : εγω – moi ; ο δεσμιος – le prisonnier ; εν dans ; κυριω – le Seigneur.

Ou: Ep 1,17-23
(Deuxième Lecture des années A - mais possible en année B)

Dieu a déployé dans le Christ une puissance dont il nous est donné de déjà bénéficier. Les mots se bousculent sous la plume de saint Paul, lorsqu’il essaie d’écrire ce que représentent pour le Christ sa résurrection et son intronisation à la droite de Dieu – ainsi que les incommensurables bienfaits qui en découlent pour nous.
La prière de l’Apôtre se fait alors action de grâce, « eucharistie » (sens étymologique), adressée au « Dieu de notre Seigneur Jésus Christ », le Père qui a fait de son Fils « la tête de l’Eglise, son corps ».
 
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

• Evangile :

• Mc 16,15-20
 
Ces derniers versets de l’Évangile selon saint Marc sont un condensé des données de la Tradition.
De l’Ascension, il est dit seulement ce qu’on trouve dans le « Symbole des Apôtres » (Credo) : « Jésus, monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu ».
Le départ du Seigneur marque le début de la mission universelle confiée aux Apôtres par Celui qui a reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre.
___________________________________________________________________________


Assistant de création de site fourni par  Vistaprint